DE LA PREMIERE PARUE
seul et même mode de eoltiire saos égard pour h diversité des terroirs, des climats, des produits.
&^ Mais voici réaormité , le côté vraiii)ent rétrograde ehes Fonrier. Il admet ^'aa Phalanstère il y anra encore des nrAe# et àetpaucres.
Richesse et pauvreté relatives, c'est-à-dire inégalité des foi^ tQoes, oni. Mais Fonrier n'entend pas qu'il j aura, comme dans la société actuelle, des indigents, des mendiants « des porto-hail* Ions; le plus pauirre des phalanstériens anra toujours la garantie des premiers besoins de Fezistence et d'un travail conibniie à ses goûts et à ses aptitudes.
Vous admettes aussi, reproçhe4-on à Fonrier, la transmisaiop héréditaire des biens et tout ce qui constitue l'idée de propriété.
Voilà un témoignage dont nous sommes heureux de prendre àde en faveur de Fourier. Oni, sa Théorie maintient la propriété individuelle et Théritage , dans oe ipi'ils ont de légitime , en les dégageant de ce qu'ils offrent encore aujourd'hui d^ahusif , de ce qui par conséquent soulève contre ces deux droits une hostilité redoutable.
Au reste, les anciens chefs de l'école saint -simonienne, si l'on en juge par l'attitude qu'ils ont prise depuis quelques années , sont bien revenus de leurs répu^ances à l'endroit de la propri^ individuelle et de l'hérédité. Combien d'antres institua tions et coutumes, beaucoup moins justifiables, de la société civi* Usée, de cette société fétide qui leur soulevait le cœur autrefois, avec lesquelles ils se sont pourtant réconcihés depuis ! Gonunent se fait-il que beaucoup d^entre eux adorent aujourd'hui ce qu'ils voulaient alors brûler? Les temps actuels sont-ils donc si diffé* rents de ceux-là? Les misères du peuple , dont les apûtres de la me Taranne et de la rue Monsign| traçaient des tableaux si pa-» thétiques et si sombres, ont^fies donc disparu du monde où nous vivons? Cet antagonisme de tous les intérêts « ces désastres d'une concurrence sans règle et sans frein qu'ils signalaient,, qu'ils déploraient avec tant d'amertume, ont- ils donc cessé d'afBigev leurs regards, que les voilà devenus, quelques-uns du moins, les apologistes du Laissez faire, laisses passer, contre lequel ils n'avaient point, dans les temps que nous rappelons, assea d^anathèmes?...
180 XOTÊS
Cette réflexion qui s'élève malgré moi dans mon esprit, quand je rapproche la politique du Globe de 1831 des doctrines économiques professées en 1849 au Collège de France, cette réflexion, il est juste de le dire, ne s'applique pas à tous les anciens membres de la famille saint -simonienne. On en pourrait citer plusieurs qui n ont jamais mis en oubli la devise de leur maître : Toutes les institutions sociales doivent avoir pour but l'amélioration morale, intellectuelle et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. Ceux-ci sont toujours dans les rangs des hommes de l'avenir ; les autres, comme les apostats de fous les temps, sont retourné» vers les hommes du passé, et ils calomnient les continuateurs de l'œuvre généreuse qu'ils ont délaissée !
J'arrive à une autre observation de la lettre de M. Enfantin , observation mieux fondée que les précédentes , je suis tout disposé à en. convenir.
M. Enfantin fait voir très-spirituellement à Fourier que c'est bien à tort qu'il se flatte d'opérer la rénovation sociale sans rencontrer d'obstacles de la part des privilégiés , gouvernants , prêtres , propriétaires, etc.
Hélas! il est trop vrai, l'expérience parle ici dans le même sens que le Père suprême. La Théorie sociétaire a beau garantir aux privilégiés, soit la conservation des avantages dont ils jouissent, soit un ensemble de compensations au moins équivalentes, cela n'empêche qu'ils ne la voient guère d'un meilleur œil que les autres doctrines socialistes , moins soucieuses de concilier le respect des droits anciens avec la reconnaissance des droits nouveaux.
Parce que ses plans ne portent en réalité atteinte à aucun des intérêts existants à titre légitime dans la société actuelle , Fourier ne s'en faisait pas moins illusion , quand il croyait que ces mêmes intérêts ne se dresseraient pas contre lui. Les intérêts sont égoïstes et aveugles ; leur première tendance , surtout après des crises comme celles que nous avons traversées, est de traiter tout novateur en ennemi. Le réformateur phalanstérien n'échappe pas plus qu'un autre à cette proscription commune , en dépit de son équitable et impartiale devise : Jlc'partition proportionnelle
DE LA PRiaUKRi!: PARTIK. llll
au capital f au- ùraoail et au talent. Des temps ph« caloMt vieil* dronl, il faut Fespérerf où les poueneon de la richefte, remis des frayenrs qui trouMenl «ojeu^hni leur jogément, eiamiae» ront avec plus de sing- froid et avec moins de prévealiMU les diverses théories d*améiicff«tioii soeiâie qoi se sont prtéiites de nos joun.
Encore an point pour clore celte polëmiqne rétrospcefive. — Serait-il vfai, comme le prétend IL Enlutin dans le denier pft» ragraplie de sa lettre, gne les vnes de.Fomier, par rapport à Tavenir, ne fussent appuyées sur aucune tendance indiqQée par Fétode des faits humains dans le ptusé?
Que Ton compare entre eux les systèmes historiques des dewi écoles saint- simonienne et phahinslérienne , et Fon verra leqpel est à la. fois le plus complet et le j^s eonforme, soit aox traditions piîmitlvcs deThumanitc et aux monuments aothentîqiies de rhisioire , soit à Vobsenraition elle-même.
D*ahord, le système de Fonricr embrasse toute la carrière so« ciak du genre humain , partagée en quatre grandes phases ^^ correspondent aux quatre phases ou âges princqMUU de la vie individuelle : enfance, jeunesse, virilité, déclin. Pais dsaeane de ces phases est elle-même divisée en périodes parfaitement distinctes dont chacune a son type, non-seulement dans les so* ciétés dvs temps antérieurs, mais encore dans les sociétés qui se partagent aujourd'hui même la swface du globe. C*est ainsi que Térudit , en fouillant les annales des peuples ^ et le voyageur, en parcourant les diverses contrées de la terre, pèoyent reconnaître également Tun et l'autre des spécimens de tow ces états sociaux ({ue Foarier a classés , depuis la Sauvagerie jusqu'à la Chrilisa^ tion, Q a est-ce , auprès de cette analyse profonde qui dissèque ensuite chacune des périodes sociales et en met à nu les éléments distinctifs, en signale méthodiquement les caractères soit permanents , soit transitoires ; qu'est-ce que la vague division de l'histoire en époques critiques et en époques organiques, telle que l'avaient établie Saint-Simoij et son Ecole?
Si Foarier méconnaissait la tendance réelle de l'humanité, les Saînt-Simoniens commettaient la même erreur. X'inscrivaient'ils pas, en effet, à son exemple, sur leur drapeau, ces mots : Association uxiVBSSBLLK? La dissidence entre les apôti*es de la rue
Monsigny et Tiiiventear da Phalamtère portait uniquement «ir le» Bioyenë à mettre en usage pour réiiUtel* raMociation. Le» premien prétendaient y arriver par la prédication d'une religion noiivoUè; le leco&d par la fondation d'étahUssements agricolei eiinduatriolf qui montreraient l'accord de tons^es intéràtion» jourd'hoi divergents, ainsi que la puissance féconde dn travail ■odétairek
' De 4|nel c6té se tronvaii-on .dana le vrai ? Fourter, tant qn*il a véotti etapr^ lui sei disciples, ont toujours persévéré dans la mAme voie; les chefs du Saint«^monisme , ata contraire, ei le contradicteur deTonrier en particulier , ont quelque peu aban* donné) ce me aemUe, lapoatolat religieux pour s'occuper d'entreprisea industrielles, chose dont je suis loin, pour ma paH« de leur faire un reproche ; je les en féliciterais plutôt^ et d'au* tant plus volontien qu'ib passent pour n'y «f oir pas mal réutai. Quoi qu'il en fsoit, il y a lien de constater que , ce. faisant, ils se l'approchaient de la méthode par eux critiquée cbes Fau« rier : prierilé dnphf^tte sur le moral; ce qui, hicn entendu, ne veut dire en aucune façon -supériorité on prédominance du physique. On commence un édifice par les fondations, en eut» ployant les matériaux les plus grosliers; on termine par les décorations, qui sont dues au concours de tous les arts les plus délicats et les plus sublimes.
ie ne veux pas finir sans rendre hommage an ton de courtobie qui règne dans la lettre de M. Enfantin et qui contraste , il Hint Men l-avouer, avec l'âpreté de quelques-unes des critiques de Fooricr à rencontre des Sahit^Simoniens.
(Mote 5, page 124.)
Voici quelques autres portraits de Foorier qui suppléeront à llnsuffisanee de celui qtte j*ai moi-même essayé de tracer.
Le premier est de la main d'une femme que l'amitié unit i Fourier pendant les six dernières années de sa vie, et au sujet de kqtielle il écrivait, le 9 fétrier 1852 : a J'ai fiill connaissance avant-hier d'une très-aimaMe ^sdple , madame Lacomhe, de* ^ moiselle Courvolsier ; c'est une Bisontine. « Cette dame est eu fffét la ftisur de (pu M. Conrvoisier, qui a été garde des sceaux soo«
DE M PRElflilE PARTIE. iM
CMmX. Uoe leUre qu'elle a pnUlée da« U PiM^Mf* d» 1» juillet 1838 dépeint àliuî Fonrier :
« Son extérieur était empreint d'une ineflable kwilé i mm em»
diousiAime tout divin aninwit spontanément cette ittitide Mde
et AiédttatiTe de Thoaune que rien n*étonnat parce qn'U a lont
prévu; qui ne redoute rien, parce qne hors de lui il ne vit qu'en
Dieu; et chncnn des traits de sa personne répondait à k diîpillé
et à la ^piicité de l'ensemble. A son âge de soizante<*qaatra
ans, ses cheveux blancs , légèrement ondulés, formaient comme
une claire couronne sur sa tête large et d'une harmonie parfaite;
son œil bleu , perçant et profond, lançait parfois nn regard dont
la sévérité d'énergie devançait celle de la parole. Son nos nn
peu arqué complétait l'expression de ses lèvres fines et la oonpn
d'une bouche annonçant des. passions diverses et fortement pro*
noncces! Toute sa physionomie tranchée et saisissante « où Tac*
Uvité de l'âme et la puissance do génie resplendissaient toor à
tour à travers l'irritation profonde et le calme imposant, révélak
au premier abord l'hoinme en Intte avec son siècle, maïs man|oé
du doigt de Dieu pour les siècles â venir. C'est fous ce dernier
aspect, y joignant tout ce que le caractère -de l'homme de bien
peut offrir d'aimable , que Fourier se manifestait à ceux qui U
romprienajent et l'aimaient. Sa conversation vive et animée , qnl
répondait à tout et expliquait tout; cette aflabilité, expression
toujours vraie de ses sentiments; cette large bienveillance, cêltn
indulgence qui avait sa source à la hauteur n)ème de son génie,
reflétaient en raille traits lumineux ses infinies perfections •
Dans le Siècle du 16 octobre 1837 , M. André Delrien dit au sujet de l'auteur de la théorie sociétaire :
c Pourier était un vieillard petit, maigre, au front de Socrate ; tontes les facultés supérieures de l'esprit et de l'âme se trouvaiput accusées dans les lignes de sa physionomie par les con^ toqrs irréprochables dé sa téta. Si le portrait de Gigoux est une toile irrésistible et fière devant laquelle, au dernier salon, les plus railleurs s'arrêtaient avec enthousiasme^ qu'aoraient-ils donc fait à l'aspect dn modèle , type singulier et fort dont la repro* docUon manque à l'œuvre de Léopold Robert? Dans les yeux de Fourier, oà brillait incessamment un feu fixe et abstrait, où le désespoir du penseur inconnu perçait à travers les continnelles
48V XOTES
prédccnpfttions de récônomiste , on lisait tant de malheur , tant de persévérance, tant d'élévation, que iHien avant de le connaître on se doutait de son génie. « .
M. X. Marmier raconté de k manière suivante une visite qu'il fit à Fourier, peu de temps après U révolution de juillet :
« £n ra'étayanl du nom de M. Considérant , je Gs demander à M. Fourier un moment d*cUtretiôn ; il vint lui-même le lendemain m*apporter une lettre pour m'assigner riieure à laquelle il serait chez lui. Je fus exact au rendez -vous. J'antrai rue Richelieu , no 4â bis, . . Je montai cinq étages ; c'était peu pour moi , mais c'est bien haut pour le vieillard. M. Fourier était assis devant sa cheminée, en cravi^te blanche, en petite redingote bleue; sa mise est icelle de l'homme qut a peu de souci.de ce que^ près- j
crit la mode , mais qui a cependant une ouvrière pour blanchir son linge et un .domestique pour brosser ses habits. La figure de M. Fourier est belle et intéressante; des cheveux d'un blanc d'argent tombent sur son front et lencadrent saUs le voiler; ses grands yeux bleus possèdent une vivacité et une expression de regard comme j'en ai peu vu ; le caractère distinct de sa physionomie est celui de la méditation. Sans le connaître, on pourrait dire, en l'apercevant, qu'il ne doit pas être confondu dans le vulgaire, et l'œil de l'obE^ervateur n'a pas de peine à découvrir, sur ce visage fin et spirituel, sur ce front large et bien arrondi, le reflet d'une âme peu commune.
« J'expliquai à JA. Fourier l'objet de ma visite , et il se bâta de me parler de l'ensemble de son système.... «
{France littéraire , tom. II, 5° liv. (183Î}.)
(\'ote 6, page 143.)
Répugnance de Youner pour les rapprochements entre sa Théorie et et autres doctrines. Son opinion sur la scier.ce des Anciens. Citation de Bacon sur le même sujet.
uBellef. IG février 1817.
«... Vous me parlez des moyens de concîUer.ma Théorie tvec celles de diverses sectes sans compromettre leurs doctrines, sans supposer une rétractation de leur part. Toutes rrs que-
DR LA PRRMIKRE PARTIE. i«5
relies de dogmes ne sont pas le point csscntkL LaUsons la forme et occupons -nous du fond. Quels sont les résnllafs de leurs sciences depuis trois mille ans? L*indigenc6, la fourberie, l'oppression et le carnage : dès lors , si je me concilie a¥ec cet doctrines, je donnerai donc les mêmes résultats. Il n'en sera rien....< «
Il Quaiad tous voudrex analyser brièvement la coïncidence des auteurs anciens on modernes avec la Théorie des destinées , appliquez-leur la pierre de touche qui décide subitemenl si Tor est bon on faux; eiamines-les cPabord sur l'accord arec Dion dont vous connaisses les propriétés :
l L'Universalité de providence ; Propriétés spéciales : < La Répartition proportionnelle;
t L'Économie de ressorts ; Propriété collective :•**- L'Unité de système.
i<> Admettent -ils l'Universalité de providence? \on, ils ne croient en Dieu qu'à demi , puisqu'ils ne cherchent pas le code social qu'il a dû nous donner, et qu'ils croient ceUe fonction ré* servée aux hommes, à l'exclusion de Dieu..
2» Adme(tent->ils la Répartition proportionnelle? Non, car ils veulent entretenir la Civilisation , qui n'observe en aucun sens l'équilibre de répartition selon les trois facultés , travail , capital et talent , et qui n'admet pas même la concession du minimum.
3" Admettent-ils l'Économie de ressorts? Non, car ils vantent comme industrie louable l'état civilisé et barbare qoi fait travailler par contrainte ou crainte de famine, et ils vantent comme nature l'état sauvage qui ramène à l'inertie^ Ils n'ont donc aucune notion du ressort économique et divin,. l'Attraction- qui cnf rainerait au travail le riche comme le pauvre, l'esclave comme le libre, le sauvage comme le civilisé.
4" Enfin se rallient-ils à FUnlté dé système? Nullement, puisque , voyant TAttraction suHirc à diriger les mondes en harmonie, ils ne songent pas à mettre en jeu le même agent pour harmoniser le monde social et coordonner le matériel et le pas* sionnel à un même système.
Voilà donc des gens hétérodoxes avec Bien sur toutes les propriétés fondamentales dont l'admission conduit aux études utiles. Qu'importe après cela qu'ils soient orthodoxes sur quelques
1B6 KOTES
points accessoires de doctrine-, sar la partie abstraite qui, ne s*appli^uaiit pas à l'industrie^ ne sert à rien pour conduire rhoinme à s& destinée et devient notion inutile, même en cas de succès , si on ne sait pas la rallier aux trois propriétés de Dieu appliquées à Tordre industriel !
de n-est pas de la science qu*il faut, c'est du bonheur, qui ne peut naître que de l'organisation de l'industrie conformément aux vues de Dieii; et si Moïse ou Thant ont attrapé dans l'étude de la nature quelques -lambeaux de la partie scientifique , ils n'en sont que plus coupables de n'avoir pas continué et passé àTutile. — Cette branche utile était l'étude synthétique de l'Attraction et la formation- des Séries ou 3* foyer d'Attraction...
Chacun choisit dans une science la branche qui lui platt. Si vous préférez la partie abstraite, les notions qui n'ont pas de rapport à l'industrie et au bonheur social , au moins considéres*les pour ce qu'elles sont, pour accessoires insignifiants, et gardezvous' de croire que tels auteurs lûent eu quelque idée saine du Dieu actif, quand ils n'ont rien étudié de l'Attraction qu'on peut appeler Dieu en action; au lieu de voir une fonle de mérites dans ces auteurs anciens , voyez-y d^abord le tort principal, celui de faire de Dieu un être passif et nul dans la régie du monde social , régie qui est sa plus haute fonction , puisque le mouve* ment passionnel csl celui auquel sont subordonnés les quatre autres.
Les anciens , pour avoir eu sur Dieu des préventions ai ÎDJiirieuses , sont déjà suspects de n'avoir rien découvert sor ce qui le concerne, et, tout en leur accordant quelques perceptions fortuites sur le passif seulement , on doit être fort sobre d'éloges et se garder de leur concéder une aptitude à expliquer les lois de la nature : leurs succès partiels prouvent au contraire qu'ils ont abusé des dons de l'instinct ou du génie, pônr ae jeter tous dans les études abstraites et inutiles, écart qui interdit tonle apologie de ces esprits faux , alieurtés à envisager Dieu en sens passif et jamais en sens aclif.
J'explique son essence contradicloirement à eux tous... Ils ca font un être simple et j'en fais un être composé ^ et à coap s&r j'opine selon le droit sens. Mais tout cela n'est qu'accessoire ; qu'importe son essence? Qu'il soit, si l'on veut, le solivean que
DE LA PRKMIKRR PARTIE. \Mff
iupker donna aux «^neuilles, pourvu qo^ noua expliiiniona l'exercice de lei deoltét 4>n a^df, et d'abord VUtdtersitUié 4$ prùtideHce, la confection et révàaâon dn code aocfad d' har ma» nie, aans lequel Dieu noua deviendrait innfile. t
Lea jngemènla de. Foorier aur lea anciena ponRionl Utn ir» révérencienx. ie ferai obaerver qu'iia difl&rant trAa-pen de aelnl que portait Bacon loi-méme, cette grande anloriCé déaormnla bon de conteste, rhommc à la niëtbode duquel on rapporte avec raliott la conatîtifâim et les progrès modenies des ariencea physiques , mais dont les sages préceptes n'ont Jamais M anivia en matièire sociale^. Il est certain' que les principes de logique seientiflque établis dans IciVovimi organmn n'ont point encore été appliqués aux sciences morales et politiques, si ce n'est par l'auteur de la Théorie aoclétalrp. — Voici l'opinion du cbanco» lier Bacon sur la science antique, qui était à peu près toute eello de son temps. Le passage qui suit est le commencement de la préface de XlntiaurûUo magna :
a Lès hommes nous paraissent ne bien connaître nt leurs forces ni leurs richesses, mais se former une trop haute Idée des dernières et présumer trop peu des premières : et c'est afaisi qu'attachant un prix insensé aux conpaissances admises, Ib ne cherchent rien de plus, ou que, se méprisant eux-mêmes plus qu'il ne convient, ils s'épuisent dans des bagatelles et n'essaien pas leurs forces dfms ce qui mène au vrai but. Aussi les sciences ont-elles en quelque sorte leurs colonnes fatales, leur non phts i^fra, les honmies n'étant, excités à pénétrer plus avant ni par le désir ni par l'espérance. Or , comme l'opinion exagérée qu'on a de ses richesses est une de» plus grandes causes d'indigence , et que par conBance dans les moyens acquis on néglige les vraies ressources de l'avenhr, il est à propos et même tout à fait néeessatre, dès le début de cet ouvrage , d'enlever (et cela aans am» bages et sans dissimulation aucune) l'excès d'honneur et d'admiration qu'on accorde aux choses jusqu'ici inventées , afin que , grâce à cet avertissement , les hommes cessent d'apprécier et de vanter outre mesure l'abondance et rutilitc de ces prétendues inventions. Car si Ton regarde d'un peu près à toute cette variété de livres dont 1rs arts et les sciences sont si fiers , on y trouvera
188 XOÏKS
partout des répétitioiis sans fin de la même chose y ne différant que par la forme, mÀis dont Tinvention s'était saisie depuis longtemps; en sorte que toute cette. abondance qu'au premier coup d'œil on avait cru y voir se réduit, après examen, à bien peu de chose. Et quant à l'utilité, il faut dire que. toute cette sagesse, que nous avons puisée principalement -chez les Grecs, n'est qu'une sorte d'en£uice de la science , et qu'elle a cela de commun avec les enfants que, prompte à babiller, elle est impuissante à engendrer faute de maturité et de force. Féconde en controverses, elle est stérile en œuvjres ; de fiiçon qu'on peut appliquer à l'état des lettres tel qu'il est, ce que la fable raconte de Scylla, qui avait la voix et le visage d'une jeune fille, noais qui, à partir de la ceinture, était entourée de monstres abojants, faisant corps avec elle. De même, les sciences auxquelles nous sommes accQutumés offrent certaines gépéralités. spécieuses qui flattent au premier coup d'œil ; mais vient-on ensuite aux particulariés, et à ce qui est conune les parties de la génération, pour en tirer des fruits et des œuvres, alors s'élèvent des disputes bruyantes : c'est à quoi elles aboutissent, c'est là tout ce qu'elles savent enfanter. De plus, si de telles sciences n'étaient absolument mortes , eùt-U été -passible qu'elles restassent ainsi durant plusieurs siècles comme clouées à la même place, et qu'elles ne prissent aucun accroissement digne du genre humain? et cela au point que non-seulement l'assertion demeure assertion , mais même que la question demeure question ; que toutes les discussions, au lieu de la résoudre ne fassent que la fixer eu place et la noumr , et que lo tableau de la succession et de la tradilion des sciences ne représente que les personnages d'un maître et d'un disciple, an lieu de celai d'un inventeur et d'un homme qui ajoute quelque chose de notable aux décoovei'lcs accomplies. Cependant nous voyous que le contraire a lieu dans les arts mécaniques; ces arts, comme s'ils étaient pénétrés d'un certain souffle de vie , croissent et se perfectionnent de jour en jour... La philosophie, auconiraire, et les sciences intellectuelles, semblables à des statues, sont encensées et adorées, mais ne font aucun pas en avant, >
Puisque je viens de citer Bacon , c'est le eas de rapporter ce que Fouricr dit quelque part de ce profond et méthodique peu-
seur, qu'on nonnne le père de la philûsophie moderne, nuis qni répudierail cert&inement la paternité d'une science aussi crense et aussi vaine pour le Lonheur des hommes, que cette Idéologie abstruse à laquelle on a voulu rédufrc de nos jours la philosophie. Au surplus, lorsqu'il 8*élève contre cette prétendue science, Fourier a bien soin de distinguer et d*e;icepfer de Fanathème les sages principes établis par quelques philosophes : Reprendre les idées à leur origine; explorer en entier le domaine de h nature: croire que tout est lié dans l'univers, etc. c J'ai fait, dit Fourier , pour Thonneur de ces principes , beaucoup plus que n'auraient ose exiger leurs auteurs mêmes , et je serais le seul homme fondé à prendre le titre de philosophe , si ce nom n'était déshonoré par l'abus qu'en ont fait les sophistes, qni l'appliquent indifféremment aux grands génies comme Newton, et aux démagogues tels que Marat. « [^Sommaire du Traité de tAssocia* tion, chap. 111, p. .1431, 1« édit.)
C'est dans le même écrit , deux pages plus loin , que Fourier parle de Bacon ainsi qu'on ra voir. Mais il est nécessaire de prendre la citation quelques phrases au-dessus de celles où il est -question de l'immortel auteur du Novum Organum Scientia^ 7'um, Ces quelques ligues de préainbule offriront d'ailleurs, quoique. dans un autre genre, un intérêt particulier, et répareront une omission de notre récit biographique.
t L'inadvertance à- déplorer dans ce genre d'inventions (inventions des voies d'issue de civilisation ) est celle des architectes et des économistes, qui avaient dans leur ressort les deux issues les plus naturelles , concurrence réducthe ou téridique, et architecture unitaire od propriété cotnposée. Ce sont les denx voies que j'ai découvertes avant d'arriver au calcul db l'associa» tiou générale. Il y- a trente -trois aps que, parcourant pour la première- fois les boulevards de Paris, leur aspect me suggéra l'idée de l'architecture unitaire dont j'eus bientôt déterminé les règles. Je dus principalement cette invention au boulevard des Invalides , et surtout aux deux petits hôtels placés entre les mes Acacias et N. Plumet.
> Peu de temps après je découvris le calcul de la coucnrrencc rédnctive. Les voies d'association tiennent et acheminent l'une à l'ail Ire : je m'étonne que Baron , esprit éminemment fait pour re
i90 NOTES
^enre de découverte, ne m ait pas devancé : il avait bien quelque idée de la concurrence réductive , lui qui voulait qu'on flt dans chaque profession des livres de garantie ou tableaux des fourberies usitées. Ce serait un vaste ouvrage, 'd*aprés le volsth hlime qu*a pris chaque branche de fmude commerciale.
> Bacon en sen^ classique ou méthodique ,. et Jkan-Jacquks Rousseau en sens romantique, étaient les deux modernes les plus aptes à la découverte des lois du mouvement sociétaire. On peut leur adjoindre , dans Fantiquité , Pvthagore , Tun de. ces génies pénétrants faits pour a dérober au Destin ses augustes secrets, » Il avait tout entrevu , m()me le calcul newtonien sur Tattraction; mais il fut, comme la plupart des civilisés transcendants, détourne des bonnes voies pârj'esprit de controverse qui a perdu Lkibkitk et tant d'autres beaux génies, i
Il s*en faut que Bacon , sous le rapport de ses vues économi* ques, ait été toujours apprécié comme il l'est par Pourier , dans le passage qu^on vient de lire. Ainsi, l'historien Humé, le philosophe Dugald-Stewart ne témoignent que du dédain et da blâma pour sa -tendance à réglementer l'industrie. Le dernier dit, en parlant de Bacon : « Ses notions sur la politique commereiale » étaient surtout erronées. Il faut sans doute l'attribuer à l'opi- * nion ti*op favorable qu'il avait de l'efficacité des lois dans dea » matières où il eût fallu laisser agir les causes naturelles, t Jo* gemeni qui montre bien l'asservissement de l'esprit pbilosAphique moderne k. l'esprit mercantile. On a laissé- agir ces caoïct prétendues naturelles, et elles ont produit de beaox résuIlcAi! la falsification des denrées, les accaparements, les banqueroutes, l'agiotage, etc. Ainsi les génies du tout premier ordre, Eaton, Pourier, s'accordeUt sur certains points, à l'égard desquels se trouvent en dissentiment avec eux des esprits trés-élevëâ aussi , mais d'une portée de vue moins générale et moins vaste , d'une trempe moins inaltérable aux préjugés de leuri^ièclo.
(Note 7, page 146.) Quelques lignes de Béranger,
Peu de temps après la première publication de mon travail sur la vie de Pourier, mon ami M. Kdouard de Poropery, ayant donné
DE LA PRBMIKRl!: P.ARTli:. 191
liri*inèflie , à ia taite d*mie expoiitiaB qu'il avtîl faite à BretI de la Théorie lociélaire , an préeie de la bîegnpliie de soû aoteor dont il envoya on exemplaire à Béranger, vefnt de fillotire ehansdimîer une lettre oà eelni-ci disait :
« Je vons reprocherai de n'avoir pas eonpiëlé votre noilee Ue* f grapUqne par ni^ trait, de Fonrier qnj me semMe le peindre t admiraMement^ c'est cette exactihide avec laqnelle , pendant 9 dix ans , il rentra toojonrs cliet Ini à midi , henre de rendes* » vous qu'il avait indiqaée dans ses puMicatioBs , à l'homme riche « qui voudrait lai confier on million pour ériger le premier Phaf laostère : rien n'est plus tonchaut que cette foi si vive et si dn* « rable ! Oh ! qne j'anrait voulu avoir un million k lui porter ! * bien que sa science me semble incomplèlc^ et que par loi
> rhonuBC n'ait guère été envisagé que sous le point de vue de
> l'ordre matériel Vous voyes, Uonsieur, que, conraïc vous, t je ne me gèae pas pour dire toute ma pensée , même quand il
> s'agit de grands hommes... *
Le cœnr de Béranger a parie dans ces lignes , dttâs ce souhait surtout : « Ohl que j'aurais voulu avoir on miUioh à loi porter! • . Quant à l'opittion que Koarier n'avait' guère envisagé Fhomme que sons lepoint de vue de l'ordre matériel , je ne saurais y sous» crire. SfL Théorie a pour base essentielle une étude pycholpgi* qne, et l'auteur ne va-t-il pas, à propos d'association agricole, jusqu'à traiter, au grand scandale des esprits potit^s, la thèse de l'immortalité de l'âme ! Que faut-il de plus pour écarter de Fonrier le reproche de matérialisme ?
Quoi ! vous aussi , poète , vous qui avei si bien dit :
.... Le plaisir k ma philosophie » Révèle asscv des cieux intelligents ; 9
Vous ne pottvei reconnaître qne Fourîer se soit occupé des plus hautes questions métaphysiques et morales, parce que, en traitant de Dien et des destinées ultérieures de l'homme , il n'a pas parlé le langage du séminaire on celui du Portique ! Étrange empire du préjugé , même »ttr les esprits du premier ordre et sur les jugements les pks droits I ^
Le billet de Béranger , si hienteillant d'aiUcurs et si honorable pour l'auteur de la Théerie sociélahv , pomrait laisser croire que
i9i xotës
celui-ci demaudail qu'on remit à sa disposition et entre ses mains les capitaux réclamés pour la fondation d*un Phalanstère. Il n'en était rien : Fouricr «vait toujours grand soin de déclarer qn'il ne demandait pas, qu'tV ne vou/atV /TOT la. gestion .financière; son rôle à lui devait se borner à ét^re directeur du mécanisme , organisateur des Séries industrielles. Il récusait par avance tonte par* ticipation an maniement des fonds , dont les aclionnairas ou leurs fondés de pouvoir resteraient exclusivement chargés.
Les disciples de Fourier se font une règle et un point d'honneur de suivre à cet égard la ligne de conduite tracée par leur Maître.
Une lettre de Béranger»
A raison du contenu de la Note qui précède, et comme témoignage de respect , d'admiration et de s]fmpathie pour Bérangcr, je m'empressai de loi ofTrir un exemplaire de la* deuxième édition de mon livre. Ce qui me valut de sa part une lettre de remercîments, lettre infiniment trop flatteuse pour l'aoteurf mais exprimant de nouveau l'opinion du grand poète sor .Fourier et sur sa doctrine. A ce titre , la lettre dont m'a honoré Béranger est un doctmnent qui se rattache essentiellement à l'objet de ce travail biographique. Je pense donc qu'elle doit trouver place ici, nonobstant l'appréciation par trop élogieusc qu'elle confient du présent opuscule. Au surplus, le lecteur saura faire, comme mol /la part de l'extrême bienveillance qui est, au su de tout le monde, dans le caractère et dans les' habitudes de Béranger.
« A monsieur Pellarin, docteur-tnèdecin,
> Monsieur,
1 Vous êtes médecin, vous aurez pardonné à un pamrc ma- « lade de ne vous avoir pas reçu, bien à son grand regret, le jour - où vous avcs pris la peine de lui apporter votre volome sur « Fourier. Mes souffrances étaient si vives alors et ont duré si
* longtemps, que ce n'est que depuis peu que j'ai pu lire cet ou* f vrage, le plus intéressant et le mieux conçu, à mon gré, de « ceux qui ont été publiés sur le même sujet
« Je sois grand amateur de biographies; jugea, monsieur, de
• la satisiaclion que j'ai éprouvée à compléter, grâce à vous, l'é»
y tode d*aD homme comme Foorier. Il est inalile que je Yoat « haie jage de moo opimon à ce «aj^; elle peut diffifirer on pen ' de la T6lre , sans diminuer rien à Fidëe que j*ai eonçae du > génie de votre maître.'
» Vous avec eu raison , monsieur , à propos de ma lettre à ' M. de Pempery , de relever le désintéressement personnel de 9 cet homme illustre, que je ne mettais pas en donte, vous de* 9 vet le croire. A ce sujet , je vous surprendrais hicn , si je vous « disais que /ai toujours pensé que, si Fou eût procuré à Fourier 9 les moyens de ifréer un phalanstère complet et sur la plus r> grandç ^helle , il eût hésité à se mettre à la tète de la fonda- ^ tion. Peut-être même eût-il refusé, non qu'il eût douté de son t système (il l'eût vu échouer cent fois qu'un pareil doute loi « eût été impossible) , mats je crois qu'il se fût senti incapable 9 d'en diriger l'application. Enfin, je vous demande pardon de le 9 dire , monsieur , c'était un savant et non pas un apôtre , un 9 philosophe et non pas un pasteur dliommes. De là peut-être ^ le peu de soin qu'il prit de se faire comprendre du Commun
V de ses contemporains. Quanta moi, je le confesse en tonte hu- 1 milité, il y a treize ans, les ouvrages de Fourier étaient au- 9 dessus de ma portée; et, sans MM. Transou et LechevaKer, « j'aurais été condamné à ne pouvoir me rendre compte de la "f partie scientifique de son œuvre , beaucoup plus compliquée T> d'ailleurs qu'elle ne le parait à ses disciples. Aussi ai-je été
V trèsH*econnaissant à tous ceux qui, depuis, ont expliqué ce sys- 1 tème aux courtes intelligences.
« J'ai trop le sentiinent des erreurs de notre prétendue civili- « sation pour ne pas me tenir au courant de toutes les tentatives « faites pour ramener les hommes dans une voie meilleure. Celle 1 de Fourier est de beaucoup la plus remarquable , malgré les 1 objections qui lui ont été faites et que j'y trouve à faire mol- «mème. Ses disciples me convei'tiront peut-être unjour, j*en « doute un peu; mais en attendant, monsieur, c'est avec le plus « vif intérêt que je suis le progrès de leurs efforts.
« Vous pouves juger, d'après cela, avec quelle attention j'ai lu
« votre ouvrage, qui, je le répète, me parait le plus propre à faire
^ connaître Fourier et son système , et à les faire admirer tous
« deux*
194 NOl'ËS
fl Recevez doii& à l&fois mes fêltciUiion» cC met reineittiiieiilD,
« monsieur^ ainsi que raisarance- de nui conûdérmiien la ploi
t' distinguée»
V Votre très-humble serviteur,
n fiéRAXGBft.
» Pauy, 11 jain 18i5. «
On inc pardonnera d'avoir cité jusqu^au bout; je ue pouvais
mutiler une lettre écrite de la main de Bcranger, encore bien . qu*elle me parût porter beaucoup trop haut le mérite de mon ouvrage.
Sans méconnaître ce qu'il y a de fonde dans robservatioh qui a trait.au caractère de Fouricr, sans nier, par conséquent, qu'il pouvait manquer à riuveuteur du phalanstère des qualités pré* cieuses pour mener à bieii la réalisation de sa théorie , je pense que Béraoger était complètement dans l'erreur en croyant que Fpurier eût reculé , k l'occasion , devant la tâche de diriger luimême nue fondation sociétaire, c*est-à-4irc d'en organiser et distribuer les travailleurs suivant sa méthode ; car, à cela, se réduisait la part que Fouricr se réservait dans Tcxécution. Il y aurait lieu de rappeler ici quelques-unes des réflexions suggérées par la lettre de M. Enfantin; citée plus haut, et d'insister encore sur la différence qui existe entre le rôle que s'était conçu Fourier et la mission d'apôtre, de pasteur d'hommes. Mais tbute discussion, à la suite de la charmante épîlre de Déranger, serait déplacée, sinon môme inconvenante. '
Pour ce qui est des courtes intelligences qui ont besoin d'assistance étrangère pour comprendre un système quelconque, pas n'est besoin de dire qu'elles n'ont rien de commun avec rimmortel auteur de cent chefs-d'œuvre aussi parfaits de pensée que de forme. Les disciples de Fourier n'ont point. Dieu merci, à convertir le chantre de Lisette, de la Scetir de Gbarit^i du Vieux Vagabond, etc.; sa mu.'-e n est-elle pas toute phalanslérienoc? et la muse de Béranger, c'est son eœur et son esprit à la fois : c'est bien l'homme tout entier.
DE LA PREmÊilE PARTIE. It5
(Note 8, page 147.)
Fragment dune lettre adreuée par madame Lomse Comvoieier au Rédacteur de la Phalange, et insérée dans te ii« du f'Juil^ ht 1838.
. . . Nnl n'a àW que le pina grand par l'intelligence était aatai le plas grand par le eœor ; qne rhomme de génie était auwi le plus bomine de bien et le meilleur des hommps.
Jamais une douleur , un<* plainte , une nécessifé quelconque , ne parvint jusqu'à Fourier ^ans trouver près de lui soulagement on consolation.
Cn jour, rentrant chez lui, j'y trouvât Fourier et lui racontai que j'étais allée faire une visite , que je n avais pas rencontré la maîtresse de la maison, et qne j'aviûs, en l'attendant, cansé avec la servante , bonne paysanne qui était occupée & raccommoder des bas* Comme elle avait les yeux rouges et fort malades, je lui avais demandé pourquoi elle augmentait son mal en travaillant ainsi. & Il faut bien, s me répondit-elle; et prenant Toccasîon de dégonfler son pauvre cœnr gros de chagrins , elle s'était mise, en pleurant, à me faire le détail des travaux qui dépas* saient ses forces depuis cinq heures jusqu'à minuit. « Ce ne si* rait rien, ajohta-t-elle, si au moins je pouvais contenter ma mal* tressé, n'être pas toujours grondée, injuriée, maltraitée. Si la tAché qu'elle m'a donnée à ces bas n'est pas faite quand elle rentrera, elle est dans le cas- de me battre, et depuis trois mois que j'-ai quitté mon pays , et que ma tante , fruitière an faubourg Saint-Martin I m'a placée ici, je n'ai pu sortir une seule fois pour aUer lui dire comme je suis mal en maison.. « Gt ce disant, elle fondait en larmes et séchait ses yeux malades du revers de sa raain tout enflée et crevassée.
c Oonnec-moi l'adresse de cette tante, que j'y aille sur-le* champ , I interrompit Fourier , dont la physionomie s'était animée de cette indignation si expressive qui lui était propre. « Je ne la connais pas, t lui répondis-je, car madame de B** étant rentrée, la conversation avec la bonne s'est trouvée interrompue. 4 C'est égal, j*iraî, » reprit-il. Et changeant sa petite canne acrontnraée contre un parapluie, car il pleuvait, le voîlà en
route du faubourg Saint-HoBoréau faubourg Saint-Martin. Ce vieillard sexagénaire, le plus grand homme du siècle et de tout les siècles, celui qui a révélé à rbumanité ses éléments et sa puissance , s'en allant de boutique en boutique , tout an long de ce faubourg si étendu et si populeux,, s'enquiert, questionne, interroge, demande à chaque fruitière, si elle nest pas la tante de la pauvre fille, en troute une enfin qui lui répond : oui, Tlnforme de la souffrance de sa nièce, et revient, ayant jrempli de tout point sa mission de charité.
Toutefois il n'était pas satisfait, a Cette femme, \ dit-il essuyant sa tête chauve mouillée de sueur avec le petit mouchoir de coton quil tira de sa poche , c cette femme ne paraît pas avoir grand souci de sa nièce; j'irai demain à Sablonville, il y a là quelqu'un de ma connaissance qui a besoin d'une domestique, et de façon ou d'autre on la tirera de là. *
Et en effet il pourvut au sort de cette créature misérable avec la même activité que nos savants moralistes ou philosophes en pourraient mettre à briguer le fauteuil académique ou quelque sinécure.
Une autre fois , ne prévoyant pas la conséquence qu'«n pourrait tirer la générosité de Fourier, je luis dis que j'avais une voisine veuv€ d'un officier de mérite et mère de trois «nfants , qai, réduite à une extrême nécessité, s'était vtie conti*ainte de se défaire de divers objets de valeur. Le tour était venu d'une petite statue, en bronze de Napoléon , laquelle lui tenait tant an cœur que, dans sa détresse, elle délibérerait, disait-elle, si elle ne se laisserait pas mourir plutôt. que de vendre sa statue.
tt Combien en veut- elle, demanda Fourier, je racbélemî. * Et le lendemain il apporta les 70 fr. qui en étaient Je prix , disant qu'il ferait prendre la statue.
Huit jours s'étant éconles sans qu'il l'eût retirée , on U lui envoya. Mais le même commissionnaire , dont il eut soin de payer la course, la rapporta, et Fourier le suivant de près, gronda bien fort de ce qu'on avait contrarié sa volonté, disant qu'il prendrait cette statue plus tard, qu'en attendant il désirait qu'elle restât où elle était; et quelques instances qu'on lui ait faites depuis, elle y est si bien. restée qu'elle s'y trouve encore.
Que 1rs critiques de Fourier r-itent dans leur vie qnelqurt
DE LA PREMlteE PARTIR. 197
tnH» analogues, et on lec abtondjrado manque iTéiégaace dant Jes formes, de qnelqoe inégaiitë daos l'homettr; on les dispenssm même de présenter ponr eieose les Iravam immenses , les veilles laborieuses , les sublimes conceptions de rhomme de gdnie, et aussi les contrariétés, les amertumes, les lisvleors Ainf fut abreuvée tonte sa vie. Ssns compter cette macération poignuite et babitnelle dn génie aux prises avec Factiiité créatrice qpi le dévore, et la nécessité de gagner son paîn de chaque jour, et tant et tant de choses bien capsbics de troubler k la surface la nature la pins forte et la plus magnanime.
Si personne ne se fût douté que Fourier était pauvre quand H s'agissait de partager avec ses frères plus pauvres que lui , tout le monde eût pu le croire riche dans ses relations de société : dans le* premier cas, il tirait de sa bourse 70 fr. pour une bonne œuvre ;'dans le second , il' n eût pas ronlu qu*nne fenmie payât trois sous pour le port d*ane de ses leUrcs. Couvert de véte« ments grossiers^ vivant de privations et dur à lni*niéme, il trouvait toujours le moyen de vous devancer en délicates et trop généreuses attentions; toujours daos l'occasion se montrait le plus libéral et le plus grand ; toujours à propos et avec grâce savait répandre quelques dons, quelques largesses, et, honorable en tout, savait avec les plus petites ressources subvenir et suffire à tout.
... Mais 8*il est possible d'exprimer les diverses manifestationt de Tâme et du génie dé Fourier, qui pourra dire celles de son noble cœur dans Famitié? Si jamais il ne s'engagea dans les voies de l'intrigue, ni ne flétrit son loyal caractère par une adulation envers aucune sommité sociale , encore moins le vit-on , ponr se donner la nuance d'une certaine popularité , contracter hautement des alliances ou des amitiés réprouvées par ses antécédents. Les grandes proportions de Fourier n'allaient pas à ces petites mesures. Son œuvré, k lui, ne finissait pas, elle commençait; s'élevant sur toutes le» gloires qui font ruine, et fort, et sAr de lui-même, il fut toujours un, invariible, absolu, dant les tctes de sa vie comme daos la conception de son génie , et n'eut jamais de relations morales que selon ses sympathies avouées , d'amitié que selon son cosur et sa consctence ; une fois qu'ils avaient prononcé^ ce n'était pas une banale promesse s'ef-
fecfoant au gré de la oonvenaifce oo du. caprice, c^étalt la parok •de cœor dVo grand homme, le réalisaDt en aciet de dévosemant •ans restricllon, sans bornes, comme toutes les autees manifeata- ■tioas de eette natore grandiose et énergiqttè. . Ce stoïqve qui jamais, quelle que fût son ang[oiise intérieure, ne laissa écliapper une plainte ; si impassible dans la sooflranee qu'on Teût dit étranger à sa propre personnalité , comme il reasentait celle de l'âme à laquelle il était uni par Taccord intime 1 comme 11 coroprenaii la souffrance de cette Ame 1 comme il sa plaisait à Tabriter au sanctuaire- de sa sainte amitié, à latsonso* 1er, à la réconforter , et par ronotion de la parole et lui montrant , non à travers de mystérieuses prophéties , cette étoile qni brille À rOrient, mais lui faisant toucher au doigt et compter les merveilles de cette terre promise où sa science laisaif entrer rhumanité , et où nos douleurs retomberaient en béatitudes sur la tête de nos enfants!
En présence de cet -homme si. grand, si puissamment vertneux, aux prises avec la stupidité, l'ingratitude, l'égoïsme et tous les vices de son siècle , qui eût osé faire compte de sa pe» tilè individualité?... Le contennplant à travers son génie, sa misère et sa foi , on se sentait élevé , agrandi. La lumière de sa divine auréole se reflétait sur vous ; transfiguré comme les disciples de Jésus, on s'écriait : «■ Seigneur, nous sommes bien ici; t rime ravivée croyait, espérait^ aimait, et Ton n'était pli|s malh/çureux...
... L'amitié de Fourier n'était ni adulatrice ni scrvile. U disait haut la vérité, il était sévère dans ses conseils. Il tranchait au vif quand il s'agissait d'une fauté k commettre ; mais une fois qu'elle était commise, il ne songeait plus qu'à U réparer, at à ses périla et dépens, et sans que jamais un reproche , un mot , rappelât la faute et encore moins le bienfait...
La dirai-je , 6 le meilleur des hommes ! les torts même de l'ingratitude ne déconcertaient ni ne lassaient ta longanimité, et l'expression du repentir n'était pas nécessaire pour te trouver magnanime. Placé si haut dans féchelle des êtres, t« les doon* nais par Timmensité de ta vertu comme par celle de ton génie. C'était avec une tendre compassion que de ton ciel tu voyais eea pauvres civilisés se débattre au sein de leurs erreurs et de leurs
DE LA niElIlrilRE PARTIE. IM
«Max, rétoTlate taëvifalilet les jons des airtret; tendant la main aux plos proches., , ta les relevait ^t les relerab encore , tant compter et sans t*irriter, cdme et îmmoable en ta mbéricorde -antant <|ae Diea lui'^néme... Louisk ComvofMitR.
(.Vote 9, page 150. )
Langage de Founer sttr Jésus^Christ et snr les eroyaures
religieuses,
Fourier loi-méme a donné le commentaire des paroles de Jesii^Gbrist an sujet de la femme adaltère.
« Pour la femme; il (Jésus) établit la réciproehé de libertéa, en disant aux dënoncîaleors de la femme adollère : Que celui de. vous qui n* est pas coupable lui jette la première pierre^ Cest dire en substance : k N'êles-rTons pas autant et plus coupables ff qu elle? Vous passez votre jennesse à séduire les femmes , et B vous les dénonces quand elles tombent dans vos pièges. » — Il faut punîv les deux sexes ou n'en pnnir aucun. Cette justice n'est pas praticable en civilisation, mais dans les sociétés 6,, 7, 8, qoi étaUîssent la greffe préservative des jexcès en passions. • Fausse indust , t II. p. 511,
Dans plnsjeurs antres passages du même ouvrage et du Ntm^ veau Mande industriel, Fourier rattache sa Théorie aux préceptes donnés par Jésus^farist. -
Il est deux personnages (dit-il , Fausse indust, . 463) dont je ne pourrais' pas m'isoler sans me renier moinnéme : ce sont Jésus-Christ et Newton» Jésus a prédit et provoqué très-instamment \% découverte du mécanisme d'industrie attrayante. Ses contenir porains ont refusé la tâche.
f Seize cents ans plus tard , Neuton a corameneé le calcnl de l'Attraction, en matériel seulement, sans l'appliquer à l'industrie, à la mécanique sociétaire dont je suis inventeur. Aveugle sur cette partie , Kcwton a été trés-clairvoyant sur tonte antre. Ma Théorie se rallie en tout point à Ja sienne et aux préceptes de Jésus-€brist que je vais extraire de 4'£vangile.'
« Gemment donc pourrais «je outrager mes deux guides? Je défie que, dans mes Traités et écrits, on puisse trouver une
200 X^OTES
phrase, qui, en parlant de Jésus -Christ, ne fiuse rélo||e de son noble cai*actère et de sa haute sagesse. •
Ceci' avait trait aux attaques dirigées par ÏUnwer$ reUgieux et la Goutte de France contre la Théorie de Fourier, k l'occa» sipn d*un discours prononcé par M. Considérant au Gotfgrès historique , séance du 11 décembre 1835^ , tt Je laisse à chacun de mes partisans , — disait k te propos Fonrier, — : ses opinions religieuses, sans les controverser ni m'en informer.
v Si donc il était vWii que M, Considérant eût émis quelque idée offensante pour Jésus-Christ (ce qui est très-faux), il n*y aurait aucun sujet d*attaquer ma Théorie sur des additions , ou gloses , ou commentaires, qui ne serafent pas admis par moi.
> Mais la fougueuse GaxetU m* a. impliqué dans raflaire et a déblatéré contre le Fouriérisme (nom qu'elle donne à ma Théorie de l'industrie attrayante). • >
B Elle dit que « je veux me faire Diett du monde matériei; t ailleurs elle fait de mol un- Messie t que de hautes dignités t C'est dommage quelle n'y joigne pas un honoraire de quelque mille francs de rente.
« Est-ce donc se faire Dieu que de suivre le précepte divin : Cherchez et votts trouverez? Etlontiu on a trouvé quelque loi de Dieu, prétendH>n se faire Dieu en Texpliquant anx hommes? Newton et Kepler se sont-ils faits Dieu en cherchant, trontant et puUiant les lois de Dieu sur le mécanisme et Téquilibre des astres? «
Je ne rappoHerai pas ici les divers passages de TÉvangile sur lesquels Fourier s'appuyait pour montrer que la doctrine de Jésus-Christ se concilie parfaitement avec la perspective d'nn ordre social qui procurerait le bonheur dès ici-bas; nais /engage les hommes religieux, vraiment animés de l'esprit de charité chrétienne, à lire cette partie des écrits de Tantenr de U Théorie sociétaire. Xouv. Èionde ind., 423 k 450; Fausse în<i, L II, 457 à 516.
Fourier s'étayait surtout de ces paroles du Christ : hommes de peu de foi,- ne vous inqmètet pomi e» distmi : Que mongerons-fious , que boirons-nous? de qwn mous v^tfroHs^ous? Car rotre père sait que rous en as>ez besoin* Cken^
DE LA niEIIIKRE PARTIE. Ml
ekez d<mc premiéremeni le myanme de Dieu et saJusUee , ei toute* ces choset vota tennU données par eureroft, S. Maldi., VI, 31, 82, 33.
Paroles qu'A commentait ainsi :
« Jésos-Christ promet Tabondance des biens matériels , mais sons condition qnon cherchera le royauwte de Dieu etsajui^ tice : or, qu'est-ce que ce royaume? G est le régime d'industrie combinée, attrayante, où la pratique de la vérité et de la justice conduit à la. fortune, tandis que le mensonge et Tinjustice conduiraient à la nifoe et an déshonneur : dès lors tous les humains sont justes et vrais par amour ois rjchrsiiks; la cupidité, aujourd'hui vicieuse , deviendra source de vertus ^ parce qu'elle ne pourra se satisfaire que par emploi des vertus sociales , jus* tice et vérité. «
Fourier trouvait dans sa conception même sur les sociétés humaines', la justification du dogme chrétien de la résignation et du sacrifice, a La Civilisation, disait-il, établit toujours privation graduée pour les 7/8 au moins des individus ; il faut donc à celie société une religion qui prêche les privations, v
(ConrtrsiiHon écrite de i%l\.)
a Jésus, 9 dit ailleurs Fourier, a Jésus prêchant la résignation , le sacrifice , pour les quatre âges de chaos social , émet la plus sensée des doctrines; c'est la seule impulsion sage qu'on poisse donner à des peuples ches qui l'immense majorité manquera constamment du nécessaire.
V Mais à cette doctrine de sagbs^e mrgativk , Jésus joint celle de SAGRSSi POSITIVE , admettant l'amour des richesses , des biens de ce monde et de l'insouciance, dans les quatre sociétés d'industrie attrayante, où régnera la grande abondance, et où les passions , étayées de la greffe à quadruple contre-poids , seront garanties d'excès, n ¥, ind.^ II, 510.
Deux pages plus loin il ajoute :
iL Toujours les sophistes ont médite et tenté nue réforme religieuse , il n'en est aucun besoin : lo christianisme s'allie à toute la doctrine d'harmonie,, pourvu qu'on accepte la prédiction des saintes Ecritures et qu'on pratique selon le droit sens les trois vérins théologal ps.
20Î B^OTES
D On leâ a travettiei toutes trois poor lei plier aux convinMi* ce» du chitos social ; on à trtnafonâé :
• La Foi en scepticisme et demi'^Uhéisme;
« L'ËsPBRABircR en immobilismB et fatalisme;
« La CHARSii en pessimisme ei. obscurantisme, «
Après avoir explique ces trois propositions, Fourier continua ainsi : . . .
» Lft charité est précisément ce qui manque aux chrétiens mo« demes et surtout au clergé : je parle de la charité tnA^fnoltf, spéculant sur le bien de Thumanité entière, et non pas sur Finefiicace. charité ê^ aumônes qui ne sert qu*à enraciner le mal, comme on le voit en Angleterre où le secours |nnnel de ^0 millions , en taxe des pauvres, n aboutit qu'à envenimer la plaie.
n Un clergé charitable serait ëmn à l'idée d'abolir d*nn seul coup l'esclavage et l'indigence par tonte la terre,
T) Un clergé ch&ritable dirait : Si G. R n'a trouvé qu'un germe de mécanisme sociétaire , deux ou trois essais euccessifa condni* ront au but, en rectifiant les erreurs*
» Ce sera une voie de conquête ireligieuse sur les barbares et sauvages et sur les dissidents chrétiens. . . «
Dans plus d'un passage du Traité de VUnîté universelle, il est aussi rendu hommage au christianisme. Proposant aux philosophes modernes l'exemple de saint Augustin, afin de les engager à se rallier à la vérité sociale, comme l'illustre pénitent s'était rallié à la vérité religieuse , Fourier disait dans son oui'rage de 1882:
« Lorsqu'il vit le culte des faux dieux chanceler, saint Augustin ne balança point & se ranger sous la bannière du vrai Dieu. Lui seul fit plus pour le progi'ès de la religion que n'aurait fait une grande armée. En suivant un parti perdu, il serait resté dans la médiocrité ; en se ralliant à la lumière naissante , il s'éleva au faîte de la renommée; La conjoncture est ici la même : c'est toujours la cause du vrai Dieu. Ghes les anciens, il fallait arborer sa bannière religieuse, la doctrine de Jésus «•Christ, eu voie du salut des âmes; chez les modernes, il faut arborer sa bannière industrielle, la théorie d'association unitaire, ou voie du salut des corps. Rome enfanta l' Augustin religieux; que Paris enfante l' Augustin social. » {Pro/égomène; intermède.)
DE LA PREMIERE PARTIE. m»
. Fourier,.d*«iileim, ii*avaît pM «Menila Tige «upitl, omohm «n dit, k diable se fait ermite, ni Tépoque d'une* prétendre fêteliaii r«Ugieaie, pour le pnmoncer coDtfc TathéMM «t l« matéliilinM. Dès le priaeipe, il raageak cet de«x epiwwi diM la gMnme des nésolUU faaesles de k sedéM dtiliiée, rteiHdB iervuit, wlvaiit loi, d'indicée d'ëgarenent; et, e m i irmnma â i CB qo'oB raconte de eertaias pUloeepbcs coaleiBpeniWt II a'anH pcs à cet égard deux laogagea, Fm pour FiiitliiHlë , Tantra pe«r le poidic* Fonrier, en effet-, écrirait 4 Meirbn sow la date ém 6 décembra 1818 :
' • L'atiiëtsme est ime maladie morale qui nègoe clies cent mêmes qui s'en crotetit le plus eiempts ; car tous lea liommes pîenx sont des denii*» athées qui ne croient pai à l'iMiivenMlHé et î l'intëgralilé de la Protidi>iice ; qoi veulent que la raison Iramaine soit sopérienre à Dîeti en législation , que celui qui a sn faire des lob d'harmqliie sociale pour les astres et les insectes, n'ait pas sn en composer une pour les hommes. Rousseau et Uontesqnieo sont au nombre de ces demi ^^^ athées qui, se croyant aptes à faire an code, plaçant la divinitë au^^dessous de la raison bomalM, rédnl« sent la Provideniïe au rôle de génie limité, intafflsant C'est une iojare peut-être pire que de la renier.
f Les matérialistes sont bien plus nombrrnt qu'on ne pense. La civilisation donne à cette opinion on accroissement rapide, une Influence qne ne lai donne pas la barbarie. Les religions qui admettent Timmortalité ne sont poltit prrsnasires et ne démontrent rieA. Elles rendent la divinité odieuse par leurs brasiers d'enfer. Elles restreignent les plaisirs de l'autre xte à des visions contemplatives, tandis qu'il est prouvé par le iioctambiili»me que notre âme pourra jouir des plaisirs sensuels sans l'intervention des sens actuels , puisque le noctambule voit fort bien les yeux fermés et malgré te carton interposé. Enfin, tandis que la philo^ Sophie exerce l'art de nous dissuader de l'immortailfé , la religion, inhabile à persuader, consomme en sens négatif le mal que la philosophie fait en positif: admirable concours de maladresse, qui obtient dans notre sièûle tm succès toujour^i croissant et coaplète la gamme des sept plaies snbierslves. t
le n'exposerai pas ici les iddés de Fourier touchant la vie future. Seolement je rais citer quelques lignes de sa corrpspon-
dance rclalivcs k des objections qui lui étaient faites sur ce point : '
« Les observations 4c M, G"*^** contre la théorie de rimmortalité sont déraisonnables. Que nous a-t-on appris à ce sujet? Rien du tout Au moins j'enseigne quelque chose , et je n'enseigne qu'en application et connexion au système de l'univers , an mouvement composé. Ainsi ma théorie ne donne point dansTarbitraire et l'imaginafifé. D'ailleurs , tenez pour certain que les hommes qui avec le mot de folie esquivent tout raisonnement et prodiguent dix fois dans une phrase les verbiages de fon, folie, démence, verbiages qu'on appliquait déjà à Colomb et k Galilée, sont généralement des hommes bornés en génie et Jaibles en raisonnement. « (Lettre du 22 décembre 182S^.) '
Quelques personnes allèguent des scrupules religiemi^, la crainte d'être ébranlées dans. leur foi, lorsqu'on les engage à prendre connaissance de la théorie sociétaire. Voici ce que Fourier écrivait en 1823, au sujet d'un scrupule de cette nature témoigné par un homme que M uiren voulait amener à la lecture du Traiié de FAssociaHon :
« Vous me racontes une plaisante réponse de ce personnage qui craint que telles idées ne le fassent chanceler dans âa/oi. C'est donc une foi bien faible. Si ces Messieurs avaient foi en Tuniversalité. de la Providence , ils ne craindraient pas d'en calculer les eflets. Mais avec leur demt*piété ils sont aussi pitoyables que ceux qui n'en ont point. >
(Note 10, page 161.) Discours prononcés sur Un tombe de Fovrier.
^ M. CûXSIDKRANT.
Voici descendu dans la tombe l'Homme puissant par l'intelBgcnce, qui seul a accompli l'œuvre la plus auguste que puisse concevoir le génie de l'Humanité : la découverte des lois de Y Harmonie sociale et des Destinées universelles. :•• FOURIER, le Rédempteur du monde, a subi le sort que fait à toutes les intelligences transcendantes une société qui n*a pour ses grands
hommes que le fiel , le vinaigre et la couronne d'épines U est
mort obscur et encore méconnu de son siècle
DK LA PREUIERE PARTIK. 5M
Dés radolcscencc, H se sentit obsédé par la passion des déeonvcHes, toiinnenté da besoin de créer et de s' illustrer en s'aventarant dans les régions ineiplorées de l'inteUigence.
A dtx-neof ans, iTdécooYrit en se jooant le chemin de/er, idée négligée par lui, et qui plus tard a changé la face da Nouveau-Monde et devient maintenant un des premiers éléments de la haute indostrie européenne.*
FOUJRIER ne s*arréla point à cette invention ; on pareil irophéc était bien peu de chose pour retenir le mouvement de ce Génie, qui, iMcntôt après, entrant à pleines voiles dans l'océan de l'inconnu, devint le Christophe Colomb du Monde social et le Révélateur de la Loi des Destinées universelles.
FOURIËR n'avait pas encore atteint sa trentième année qu il avait fait déjà ses découvertes capitales dont la prise de possession* ne date pourtant que de la publication de la Thèoiie des quatre fnouvetnents , qui parut en 1808. Il ajouta en 1814 à ses découvertes précédentes celle dos lois du mouvement aromai. Son œuvre fut dès lors complète dans ses bases, et, depuis cette époque , il s'occupa d'en organiser ie^ détails qu'il produisit , en 1822, dans le Traité de F Association, ce monument colossal qui dépasse de mille coudées lès œuvres des génies les plus transcendants, et qui n'aura jamais de pareil sur cette Terre, car on ne peut pas découvrir deux fois sur' le même Globe les lois de l'Harmonie sociale et le système des Destinées universelles.
Eh ! comment s'est passée cette Vie qui a produit des travaux si merveilleux que la postérité refusera peut-être de croire qu'ik soient l'œuvre d'un seul homme! La société an sein de laquelle ces facultés si prodigieuses se sont manifestées , en ap-t-elle du moins /atorisé l'essor? L'horortie doué de cette intelligence ine^ fùAe a-l-il trouvé une providence sociale qui l'ait accueilli , qui l'ait soutenu dans ses grands enfantements? Hélas I FOURIER atteignait bientôt sa soixantième année , quil était cosdamné en* cpre à passer sa journée dans un bureau et à copier des lettres de commerce pour gagner le pain du lendemain!...
Cette profession, qui avait éveillé de si bonne heure les repu* -gnances de son caractère et les réprobations de son géine, absorba sa Tie presque entière : et (comme si tout devait être
prodigieux dans rhistoire de cet esprit si haut et « transcendant!) les occupations contioueiles qu'entraînaient des fonctions si pen en rapport avec 'sA nature ne laissent pour ainsi dire pas de moyen humain à la raison pour expliquer ses travaux et ses décottirertes
Mais ce n était pas tout qu une vie pareille fut sacrifiée aux fonctions les plus subalternes. La société dans laquelle nous vivons réservait encore à Fourîer le prix dont elle a rémunéré jusqu'à présent ses grands hommes : le délaissement , la dérision , l'insulte, le crucifiement..... Cette société, qui appesantit sur les masses le joug de la misère et de la faim , qai abandonne les enfants sans secours, et qui ne laisse au génie pendant sa vie que Toubli, le dédain et le désespoir; cette société impie, Fourier Ta blessée à mort. Mais avant de succomber , elle s*est vengée : Fourier meurt sa victime ! Il n*a seulement pas pu , comme Moïse , contempler les riches vallons de la terre promise , de la ten*e de Tavenir, vers laquelle, dès maintenant, le pouvoir de son intelligence conduit et pousse, encore k leur Lnsii, les générations humaines
Ce qu il a fallu d'énergie à Fom-ier pour accomplir sa destiné^i nous le ferons conQa2ti*e uti jour....
.-'La résistance et Ténergie de cet homme ^traordinaire tie pett;vent être comparées qu'à la puissance de son intelligence. Dana sa dei'nière année , sa volonté seule faisait vivre son corps lué , exténué.... Rien n'a cédé dans son âme , et le grand homme est mort comme il a vécu , daqs son Génie et dans sa VoLoivTé....
£a seodant aujourd'hui les dernière devoirs à Fourier, ses disciples Me lui font qu^ des funérailles provisoires. Fourier n'apfKartlent pas au petit nombre d'hommes qui ont jusqu'ici compris sa parole; sa parole est adressée à THumanité entière, elle doit être comprise de THuroanité entière. Cet Homme appartient i l'Hanninité* Ses funérailles ne peuvent être faites que par le Giobe, anqnel ii« apporte la vérité, la liberté, lajoslice et k bonheor.
Nfous nous sonlflMf. considérai comme les «jardient d'va dép^ aaeré; n'ayant pu conierv«r, dans le Monde inCéHtnr, jar^'an jnnr dn triasiplia, YAub qui vivifiait ce oorpt, nous avana «mbanmé reHgiensemeat las restes ponr les transmettre nna généra»
DE LA PRBIimiE PARTIE. tÊli
Haim foftires , qui vé^Êsretùoi par la ploa imaiMiM gloire la plai imoiaiMe ingratitiide.
Dés aujourd'hui la postérité eommanoe pour le Grand Homme ; dès aujourd*hi]i sans doute (puisqu'il est descendu dans la tombe !) la justice et le respect vont remplacer à son égard le dédain et la dérision, qui sont fatalement, dans cette société, le lot des gén^s utiles. Quant i nous, ses disciples, noua n'avons maintenant qu'un monoment k élever h sa mémoire ; ce moirament eet un PBâLtNsriaK.
La gloire de Fonrier est assise, dans ses oenvre8,sur one base inébranlable. Il s'est bâti son monument lui-même ; et voici Tin* scription qu'il a graréc de sa main sur ce monument étemel :
c C'est peu de désavouer la philosophie morale qui prétend changer les passions; il fallait-, pour rentrer en grice avec la nature, étadier ses décrets dans \ Attraction passionnée qui en est TUiv torprète. Vous faite» parade de vos théories métaphysiques; à quoi donc les employes-vous, si vous dédaignes d*étudier FAtrnACTiON , qui tient le gouvernail de vos âmes et de roe pusions?' Vos métaphysiciens se perdent dans les minatiei de l'idéologie. £h! qu'importe cette bronlille scientifique? Moi qai ignore le mécanisme des idées , moi qui n'ai jamais lu ni Locke ni Goodillac , p'airje pas en assex d'idées pour inventer le eyatème entier dn mouvement universel, dont vont n'avex découvert que la quatrième branche, après 2500 ans d'eflbrta scientifiques?
B Je ne prétends paa dire que mes vues soient iAimenaes, parce qu'elles s'étendent là où les vâtres n'ont point atteint i j'ai fait ce que mille autrea pouvaient avMit moi , mais j'ai marché au but, seul, sans moyens acquis et sana chemina frayée. Moi seul j'aurai confondu vingt siècles d'imbécillité po« litiqne , et c'est à moi seul que les générations présentes et futures devront l'initiative de leur immense bonheur. Avant moi, FHumanité a perdu plusieurs mille ans à lutter follement T< contre la Nature; moi, le premier, j'ai fléchi devant elle, en » étudiant l'Attraction, organe de ses décrets. Elle a daigné » sourire au seul mortel qui l'eût encensée ; -elle m'a livré tous » ses trésor». Possesseur du livre des destins , je viens dissiper
» les ténèbres politiques et morales, et sur les ruines des sden* V ces incertaiBes, j'élève la Théorie de rHarmonie universelle :
■• Kjtefi nuntwiuntum tere perefknht», • M. PHILtPPB HaUGKR.
Quel cri de douleur sera digne de donner le signal k U
douleur de rHumanité ! . . . L*bomme du dit-neuvième siècle, rhomme qu*airait pressenti le génie perçant de De Maistre , est là couché devant vous , et ce peuple innombrable , qui vient de perdre le Rédempteur social , se meut aujourd'hui comme hier dans les angoisses de son travail' maudit
Insoucieux comme Tenfant que la mort de son père trouve occupé des hochets que lui présente sa nourrice, il ne sait pas, ce peuple , que le dernier mot de nos longues discordes est enfin trouvé ; il ne sait pas que celui-là nVst plus, qui a démontré les magnificences de la loi naturelle du développement social, qui a sondé lies profondeurs de nos plaies et en a assigné , d'une main sôre, le terme et le remède , et que du sein de cette tombe àu-> giiSte jaillira pour lui , dans un avenir que tontes les classes de la société sont intéressées à rap])roclicr, la synthèse vivifiante de Fabondance et de la justice^ de Tordre et de la liberté , rHarmonie enfin solidement assise sur Tintimc commnnion de tous les intérêts , le bonheur résultant de la satisfaction intégrale des besoins de tous , devenue possible par le plein esereico des facultés dé tous.
Qu'il me soit permis, en rendant ce dernier hommage à notre Maître vénéré , de répéter les beaux vers du poète qu'il aimait , ces vers que je voudrais voir consacrés par l'inscription funéraire , parce que , assortis à la nature pi*opre du génie de Fonrier, ils fixent avec autant de précision que d'éloquence la grandeur de son œuvre , et semblent enfermer le sublime dans le cadre simple, sévère et beau d'une sensible démonstration.
Auei longtemps régna la Loi du sacrifiée :
Ijft vie asseï longtemps Toi poar l'homme nn supplice Où de pleurs et de sang il arrosait koii pain. . KocniBR nait , et pour lui rétemclle H.)Riio\'tK Qiif régit tons les corps dans la sphère infinie Devient la loi du genre humain.
DR l\ PREMIBIE PARTIR.
Kk quoi ! en ymÊÛam, BM^ilM de Mt ioMa.
D'un oëleile fofer tabliam, uimlm Ikamct.
Qui font que ThMimc lent , time , <Uurê , agil : Il faudrait . réprimant leur painénlt iaineace ,
Ln combalire ionjoun . let rMuire an silenc«
Kt pourtant c'est DIKU qui lot fit.
.Von , non : tout ce qn'il lait eet bon , est admraUe; II s'est traduit lui^méma en son omcra inninalili' , Kt vonloir changer l'hooMne est une impiété.
Depuis quatre mille ans que ta la moMÛses .
l'kitosùpiic impuissant . faut-il donc qu'on te dlsie : Qu'as-tu fait de l'Huinamté?
Le monde vaut-il mieux qu'en ses jenoes années? Les générations par le temps moi s s on nées Ont-elles plus soàffert , Iwlaa ! que nous sonlTnMsY Sous la nécessité , sens la loi de coateainle . Qui brise tout notre dtrc en la mortelle étretnie , Fant-U moins bas conrlier nos froola?
Va . tu parlas sans frniL .... et ta parles encore ; l<e vide de tes mots d'un grand nom se décoré , Kl sans la praliquer, tu pr^es la Vertu.
Ces préceptes si beauK que la science étale/ Ce Devoir, qui toujours ressort de ta morale , Ob ! dis -noos , les aocompUa-to "i
Cesse donc . -à la fin , une -entreprise vaine ; Changer le corar hwnain ! — Tn monmi à la peine. DIBU fit les Passioss; il les faut aeeeptor.
Leur essor comin-imé dot les rendra fatales ; Trop semblables alors à ces fortes cavales
Qu'on peut guider.... , mais non dompter.
Crois- moi , ce o'est pas là que le Malheur téaide; Il est tout dans le cercle anarchiqaa.et stnpide Où malgré tant d'efforts toorae le genre humain. Crest la Société qn'il fant qne l'on réforme ; Seule elle peut changer, elle seule est difforme ; C'est Ji qn'il faut porter la main.
Non pas à la façon des parleurs politiques , Misérables pillards des vieilles répnbliqnes , On mourait de famine' nu Peuple sonveraia :
Réformateurs mns but » apAtres sans eroyaaœs , Qui courtisent la fonle , et n^ ont pour set souffrances Qu'an luigag« p^vfida et vata.
Non. — Mais voici Fourier! écoutes sa parole': w Humanité , £t-fl , J'apporte la boufsolo
tfO NOTES
Qui, te fen trouver Jm 6tli «•Hii eo eooffMf. • Et tel que Dieu l'a f«H. M Mbiiniit é« l'Hoaine, Toos Ms penchaali diirert , il lei eompte , il !«• noinn* , Et sa loi les accepte toofl.
Ces besoins , ces inslioctt ^oe d^rit tùù génie . Détiennent les ressorts de l'hamaine llarmonie Dont la création âsi l'iaiage k ww yrax.
Notre âme . à set aeeMits.iiobk;aiMit élargie^. Comprend mieux sa puissance et son analogie Avec Dieu , la Terre et les Cleni.
Sa loi oe contraint pins , mais elle attire . exclle , Ouvre large carrière an talent qu'elle invite , Sans appauvrir le riche . enrichit l'indigent. Dé notre Destinée ex^iqnant le proUéme , Cesl sur l'ATTaxcrioa qn'il base soU. système. Vaste, complet, intelligent.
Toute capacité dans ses groupée se range ; Des groupes rapprochés il forme la Phalange.
Nos efTorts , jusqu'ici divtfgenis , opposés , Dans on accord parfait enfin se rénnitieni ; L'aniverselle paix , rOaiTii s'établissent ;. Les hommes sont harmonisés.
Prophète de l'espoir, Newton de^l'âme humaine. Pu Ciel avec la Terre il rattache la chaîne , Et snr l'ordre absoU Cuode U Liberté ; Le Globe n'est ppni^ ton< qn'on immense hérltago. Chacun suivant son droit est admis an partage ; N'est-ce pas là rigalitér
U rend la force an corps , 4 l'âme il rend la Joie ; Dé sa main inspirée il nous montre la voie ; Le plaisir est le guide , et le but Ir Bonhenr I . m voili qne . ponr pris de son essor subUoie , De nos savants do jour U foule magnanime N'a pour lui qu'us dédain noquenr !
Ainsi l'homme toujours eti ingrat an génie!
Colomb de l'ignorance et de la calomnie Languit qninse ans victime . à la hoiite des rm : La ciguë , A Soerate ! k te eonpe est m^lée t Sons l'Inquisition succombe Galfiée ,
Et l'Homme-Dien menrt snr la croit !
(Cette pièce de vers, publiée d'abord dani Vtmptniiaide Bfsaneon en 1834, est de M. Auguste Dbmksmav, dépoté du Doab«, membre de r.^cadëmip de Besituçan* )
DE lA PRElOillE PARTIS. «If
UNB ODB DB FODRIBB.
Gomme complément des manifesUtions de Foorier sur lui* même , je vais citer quelques strophes d'oM ode qu'il composa peu de temps avant sa mort et qu'il laissa inachevée. Après avoir subi pendant trente ans la raillerie et Tiasalte, n est-il pas bien permis à l'homme de génte , an moment où il va descendre dails la tombe , de protester une dernière fou en fiivear de son œuvre toujours incoDBtte , et d entonner ainsi lui-même rbymne de sa propre apothéose qu'il pressent? Cette noble assurance n'a-t-elle pas quelque chose de sublime et qni l'élève bien au<-dessus d'un mouvement de vanité ou d'une suggestion de Torguell ?
Justes qui sovffrei eu silevoe .
Au dédain purtont CMMbmiiës ; Peuples qni donnai encbaln^ Par la (erreur et l'indigeafee , L'instant du réveil est aonnd ; Un prophète aux humains dsnné Vient du sophisme écraser l'hydre.
Cinq mille ans le crime a régné ; Enfin s'épuise le clepsydre V Aui temps d'infortune assigné.
L'homme aux faux savants se confie; Détrompes-vons , peuples et rois , Cesses de demander des lois A l'absurde philosophie :
De ses rhéteurs présomptueux Naissent des codes tortueux , Dédale aux méchants bTotablc Mortels , repoussez ce poisOn .
N'attendes un code équitable Que de ia divine raison.
Rendes grâce à sa providence ; Receves cett6 loi def cieux/.
Dont un génie audacieux Sut acquérir l'intelligence.
Réformaleors civilisés , Fléaux des peuples abusés , Fuyei , la vérité s'avance :
Tombes , légistes ténébreux , Peuples , chaules la délivrance , Voici venir les jours heureux.
212 \OTES DE LÀ PREMIKHE PARTIE.
Les strophes qm viennent ejitioUe roulent sur les torts de la science et les travers de Fesprît civilisé. Elles ne sont qu ébauchées et elles sont suivies d'une apostrophe aux détracteurs :
Bt toi , volcan de ealomuie .
Siècle abject , farde de progrès .
DoDt les irooiipies arrêts .
Kncbatnent l'essor du <{enie* C'est par an calice de fiel Qae des hautes faveurs du ciel Tu récompenses le message.
Mes travaux seraient donc flétris !
Trente ans de dégoûts et d'outrage De mes veilles seraient le prix !
Paris , moderne Babylone , Lorsque do mes pénibles jours La Parque aura tranché looours , Tu voudras tresser ma couronne, Tes -fils viendront sur mon -cercueil Déplorer ton vandale orgueil , Illustrer, venger ma mémoire : Us conduiront an Panthéon - Ma cendre . jilus riche de gloire Que César, que Napoléon.
Fl!« DF.S VOTES DR \.\ PRKUlànK PARTIK.
THÉORIE SOCIETAIRE.
Df tt Autefli que •gHv pellaoi irf fctii h» mm «m
BlOW.
(Ce «Ml. pMiit id ••€ liaipl» «Matw, t«tl «m «egvre , œwre d'olMCnratioii «t M calcoL )
coNsioÉRAîiONS ratUMUMmcs.
ceptenr» d« oationi ont dtfji tant lemioaii^ «rte tint d'ntttit^?
VoLtAtu, Cotre i fonJtmut p êÉOÊét 1758.
Hi bien diuit à f lionmit d^an^antlr 1m pMfloflf q«*H tnt donne , t>ien vondrtSt et ne vondrâtl pu , it •« contredirait lai -même..; Ce qae piea vent qn'nn Immm TatM , fl ne le tni ftit pM dire pnr an tnfn komnfe , 11 le ]al dH Ini^méoM » il réerk m fêtd de ton eoraf .
}.*l. BotsstAe.
L*flQiiiiE et 1b forme ioeîale, voîlà kt deux tcroMt qu'U fiiot mettre d* accord:
Pour y partenir^ deux voies peavenl être t«ol^ :
Agir sur Thomme pour changer aa nature et la pliei^ aux eaigencea de la forme sociale;
On Meii , eoosMéraiH la forme sociale comme le âeal des dettx termes qui soit eiieotieOeaieiii variable, Tappro^ prier tBX dispo>Hîoiis naliireUes de lliomme.
IjH seconde voie est la ^eulc qui paisse conduire au but
216 SHCOXDE PARTIE.
Celle proposition 9 évidente poor nous, n*a pas encore, il s^en faut » le même caraetère & tous les yeiuu Cest qu*il y a très-peu de personnes qui comprennent bien en quoi réellenient consiste et où s* arrête de toute nécessité Tinffoence qull est possible d^exercer sur Thoninie.
On peuty àTaide deVéducationy donner une certaine direction aux idées; on peut inspirer telle ou telle manière de %'oir sur quelques points, et, par suite, modifier la forme sous laquelle se -produira la r.^ssiox^ ce grand et universel mobile de Fétre humain ^ Mais quant à Tempecher de naitre au cœur de Thomme ou à Ty étouffer, cela u*est pas possible. C'est même en vain que Ton tenterait d'arracher la passion à ses tendances natureUes ; en vain qu on s'efforcerait de la faire renoncer aja but qui lui fut assigné; en vain qu'on s'obstinerait à la vouloir dévier de ce but posé par la main de Dieu même : elle ne cessera pas moins d'y aspirer toujours , et alors elle y tendra par des voies indirectes et détournées. C'est là, sous un certain
1 Ij4 raÏMMi mH « cckirer dm éélerminatioiu en nous en monlnnl lei mo* tib et Ict conWqneDces , elle pèse le pour et le contre da pniti qn'il f'asit ponr nous de prendre on d'éviter-; mais à cela se rédaît ion rÂle , et c'eit toojonrt en «ertn d'nn iésb-, d'nne wjimence ptuiionHeUe ptr contéqnent, qne nont noof déterminons.
Par le mot Patêion il ne fant pas entendre ici , eomme on le fait oonuannément, \'exci$ habituel de qnelqne sentiment, l'o^s d'nne alTection on d'nn plaisir sensncl , mais bien k. force intérieure par laquelle nons oons sentons sollicités, poussés vers les objets qui sont en affinité avec notre âme on nos sens.
Dans la Passion ainsi envisagée comme elle doit l'être, on (ronve la véritable cause des actes les plus sublimes, aussi bien que des acUons vulgaires, on basses et infâmes. Qni ne voit, en en^el, qu'elle est le resiort des vertus mim m les pins ascétiques qui sont, en définitive, pratiquées en vue d'nn bonbenr plus «n moins éloigné ? L'exercice de la pensée elle>méroe n*a pas d'autre motif, comme l'exprime cette balle parole de saint Angnstin r ifutta tU kambki cmum jpMossfhtmdi nM ni bttUmê rit.
« Tous les hommes , « a dit avec non moins de raison Pascal . • désirent éttt
• heureux ; cela est sans exception. Quelques différents moyens qn'ih y em* « ploient , ils tendent tons k ce but. La volonté ne fait jamais la moindre dé-
• marche que i ers cet objet (le bonheur). C'est le motif de toutes les actions <» de .tons les hommes, jusqu'à ceux qui se tuent et se pendent. *> Bn d'autres let^ mes : Tons les hommes se déterminent par des motifs passionnés, el onl on ton! et toujours la Patsion . uni* passion quelconque , pour mobile.
THËORIË SOClËTAIRE. 217
rapport, toute Thistoire de la Civilisation. L'effet commun des prohibitions morales, qui portent sur les essors naturels de passion, est de créer le mensonge et Thypocrisie. Ce qu'on peut invoquer de plus puissant et de plus élevé à r appui de ces prohibitions, les croyances religieuses par exemple, peuvent bien modifier la manière de voir, déjuger, mais non pas la. manière de sentir ou d*étre affecté, impressionné. Aussi ne sauraient-elles étouffer, même chei les hommes sur qui elles ont le plus d'empire , les attrac-* ttons du cœur, ni empêcher cet état de lutte intérieure et de véritable anarchie des facultés spirituelles et des penchants, qu'ont dépeint avec éloquence, pour l'avoir res« senti au dedans d'eux-mêmes, les plus pieux personnages du Christianisme. Était -il digne de llntelligence Suprême et du Suprême Econome de créer ainsi l'homme avec des forces divergentes qui le sollicitent et le tirent en send opposé , avec des puissances condamnées «à sVntre-combattre et à s'entre-détmire dans son sein , au lieu' de concourir toutes à le pousser vers sa destinée et de Paider à remplir sa tâche providentieOe au milieu de la création ?
Si Ton s'élève, au contraire, à cette idée vraiment reli* gieuse que tout ce qui se manifeste de facultés dans l'homme Ait destiné par son ^vin Auteur à un emploi utile; que rien n'existe chez lui , Hans sa constitution passionnelle et intellectuelle, aussi bien que dans son organisation physique, qui n'ait pour objet de contribuer à l'harmonie sociale, au bien de la masse et de . l'individu , — on cherchera une forme de * Société qui admette et provoque Je libre exercice de toutes ces facultés, qui emploie avantageusement toutes les force» passionnelles dont le cœur de l'homme est le foyer. Eh bilen! c'est là ce que Fourier a fait. Ne tenant nui compte des préjugés qui condamnaient telle ou telle manifestation de la nature humaine, — dès que l'observation lui avait révélé une force de ce genre , il s'appliquait à en découvrir l'emploi social, et il est par-
U9 SBCONDS PAme.
jvua à dénontrer. qu'il n'y en avait réelbitieiit aocmia qui ne fût toMqittUa dîe icrvw an bien , ci qvî fftt par consé* qwnt vaoée cTona Maniera fiatata à {HPodmre ki«liaa le mal, kdésonbe.
CeU dans caa CMidtlioBi, en appaienee ai té a a iraif gi t^^M serait tenté tj voir an premier menMnt la gafanra d*nB foB , qne Faolenr de la Théotie toeîétaM a* est ton- Jonn plaeèeinainlen«po«ri*èdiicaftM»idet«nlteBvaalB
Akifft deoc» ocellence de la natare kaaMine telle que Oien Ta £aK#, aecepUtÎMi de tons lea pendbanti qn*eUe pctfte ea eUe, noSk le point de d épart de Fonriai^ an donnée picvièf e et feodainwatalfe De là il eal rendait à sin* t^ire la conUmmU ceoune moyen UgîliDdM» d'aetîen aar lea hoaunea. Ce n'eat qpe par tMmU qn'il a^oUige à lear iaite accomplur leur tâcbe daaa la SeeîAfeft « nMâs^ dans «ae Société aatiement orgaaUée qne la nâtce #è la dtvoîr est jtrefqne tei^îoitft pénible, oè la pvaAîqne dn Inen el mcth fice sont preaqna nne snale et aéne chaes,
Lea parolet de i«an4*8Ht fse j*ai eîtées en tte de la UagrajjÂie de Founer s tt De tentée lea eerdni cpd vifenrent • dans rame hnmtlne» Il n'en eonpait ancnne^ mais il Im » aecerdml tonte»» n -^^ eea peiete» a'appUqiient ndmifn* Uement k ea Jocialiste et elksne smaraieni s'appliqner an* tièrement qn'à hn senl* ËUea eMaetériseot eà ne pcnt mienx la philoflOfliie phalaneiérienne. VeîU nbtin do^me fondamental à nous, en effet; dogaM fvi n*eet adarf» qa*avee des leetricfien» plna on moins namhmneM» et tontm très^incanséqnenles» pm* Im antrm écoles pUeaoplûqnee qui s'ecenpent de ClmBune et de la Seeiétè. En admettant la bonté de la natnre delhemme» ta imnletéde teua les pensante qne Dien a mis dans son eoMHr eC qne ^1 Tîiingiîi rnmliiaiiîni sirialfii aanïsnt siwlfs
vkH fèàr ni^Cfè (SviKsatWHi p*i Mt « o li e pM aonmê eei Haiw pies q^ taliiiaie&t «I eiMmgBtîMit m taumÊàmm loot at ^'élleftftVBi«fitto«eliét); en xfc»êttMit, 4to fo , ciit Mct y du «tt ftmemé., pAr fe^tvttpMiieat A'om bgiqw înréfi»» UMe, à adopter nos Idées sur fei eondiltoiis ée IVNndrs si^ eial. Ce premier point aeeofdé , sons peine dk se me n tt e r ineonsé^ent, en est pfceknslériea, epnplélenienC ph^ lenstériea. Qaé l'on tnelle, mx eéntrabe» en donte FcneeU lence native de Tliôainie, on ntombe MusHIt dans les 8}tlènie»de répression et de oontrûnte evee lesqneb toote Tne4iMrttIe n'est qn'nne exeeptfony et^ en réalité » me in* eoniéqnenee; en n*est point dés lors TérltaUsment plA« brtistérien , ^fuktpm partiel dn SfMvia ipi'on tdopla d*a01eiirs.
'U ne faut p«é m tmnper ntr k nntendes prMsntioos tfàê nous avons, nous antres disetpies de Fonder» en dmrm ehant à fixer l'attention sur ia Talottr de sa Tiiéorie. Ce n*est pas, Je ,ie répMe> nne règle de eendnile ponr Pindî» tridn. pbeé dans la eoeiété ëetuMê-, <|ne nons snn({eons à api^drt^ avK hommes \ ee n'est pas d'approprier les hom mon, lenrs sentlmarts, lenrs intéréÉs^ aux eonditîons io elalêê ûeiUêUet, que nous nous ocenpons : fenlatire à pen prfta infroetneose de la plupart des philosophes, de ioos les moralistes ; objet spéeUd de tontes Iss prescriptions reli* gjlienses et législatives.
Cette tâche, dont, an surplus, je ne m éeo nn a is pas» ponr ma part, l'importance relative; cette tâche n'est point la nôtre. Ponrier a retouméle problème. Négligeant Ta^ tien sur Fliomme, action qui anrait ponr bnt de changer son immuable nature ,. de s\ttaquer à ses invincibles penchants, il la reporte tout entière sur la fionne sociale qu'il an propose d'adapter précisément é cette nature de l'iiompEie» 11 ne faudrait donc pas mesurer la valeur de la Doctrine de Foorier sur ruUlité qu'elle peut avoir pour l'todîvidu au
no SECONDE PARTIE.
milieu de notre monde incohérent, et tant que subsiste cette -incohérence qu^elie a justemelit pour objet de faire cesser, en y substitu{int la combinaison harmonique de tous les éléments sociaux. Je dirais presque dans ma franchise: A quoi bon la vérité dans un ordre social réduit forcément à. pratiquer le mensonge? A quoi bon suftout cette vérité à regard des^ sentiments iiumains dont les droits ne sauraient être reconnus, dont la satisfaction est impossible sous le régime où nous sommes placés ^.
Je fais , on le voit, bon marché dès mérites de la Doc-> trine phalaiistérienne envisagée autrement qu'à titre d'instrument et de moyen de transfonnation sociale. £t cependant, je ne sache pas de conception plus capable d'inspirer au]E hommes les sentiments d'une bienveillante indulgence et d'une tolérance éclairée pour tous leurs semblables. Il y a, en effet, dès aujourd'hui, de bonnes leçonspratiques* à tirer pour chacun de nous des vérités établies par Fourier sur la nature passionnelle de l'homme, et sur les résultats forcés de sa discordance avec le mécanisme social dans lequel elle est condamnée à fonctionner. Ainsi , tandis qu'avec toutes les hypothèses différentes de la nôtre , c'est aux personnes que chacun est porté à imputer ce qu'il peut avoir à souffrir dans ses relations de société, d'affaires, de famille ; tandis qu'on est porté à s'en prendre aux indivis' dus, à accuser leur mauvais vouloir et leurs vices ; qu'on est toujours prêt à s'aigrir, à s'emporter contre eux, à leur jeter -l'ànathème et le blâmé ; — au contraire, à la clarté des principes posés par l'auteur de la Théorie de l'Attraction passionnelle, tout ce qui nous indisposait contre les individus se tourne contre les entraves qui résultent de la
■ Il y a cependant » même an miliea du conflit dei intérêts et dee painoas qui caractérise l'état subversif , nne normale , la ligne da devoir , dont il cet possible i cbicon de nous de s'écarter plus on moins dans sa condnile. Celle idée , qui maintient la notion de mérite et de vertn , la distinction da bien et du mal, a été développée par l'autour dans un discours sur la Re$pom$mhUité ^ •Trit 1847. {AUocutioiud'un toeialhtê, broch. in-S». )
THÉORIE SOCIÉTAIRE. tSl
forme sociale. Or, quelque vif qull çoit, ce sentiment contre un être de raison (la forme sociale) ne mettra jamais à. personne ni le poison, ni le poignard à la main.
Fût-elle une erreur, cette idée qui, sans effacer pour nous le caractère bon ou mauvais des actions, sans nous faire confondre le bien avec lé mal, le juste avi^ Tinjuste, tend à disculper à nos yeux Tindlvidu par qui nous sommes blessés dans nos intérêts, dans nos affections ou nos opinions ; cette idée serait encore une heureuse erreur, un principe par-dessus tout humain et charitable, absorbant avec plus de force qu'aucun autre et neutralisant les haines, les pensées de vengeance, au profit de la concorde et de la paix domestiqué ou sociale. Sous Tempire de ce principe, il n'y a plus de saintes colères contre les bonmies; et celles-ci, F histoire nous Fapprend, qu'elles agissent au nom de l'intérêt de Dieu, au nom de la patrie, du bien public, de la liberté, de l'humanité même, ne sont ni les moins sanguinaires, ni les moins implacables.
Mais, sans prendï^e nos exemples dans ces grandes crises qui agitent de temps en temps le monde ou du moins tout un peuple à la fois , — autour de nous , dans les circonstances ordinaires de la vie, que voyons -nous chaque jour? Celui qui a un vif sentiment de l'Unité, s'irriter contre les gens dont la conduite est en désaccord avec l'idée qu'il s'est faite de l'ordre ; celui chez qui le besoin de telle ou telle affection est ardent, énergique, chez qui par conséquent les désirs sont impétueux et l'empire de la passion puissant, celui-rlà, faire éclater une haine furieuse ou nourrir en secret une .aversion profonde contre les personnes qui sont un obstacle à ce que cette affection soit satisfaite ; enfin ces créature^ moins nobles , qui sont dominées par les appétits sensuels, se révolter aussi, encore et toujours, contte dès personnes. De là ce ricochet universel de mépris et de haines, qui est le fonds en quelque sorte do
la vie civilisée.
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VoLTjiitf , C»efe$fOHiëiUê » UMét 1758.
%\ bien diutt • f^ommt à*%nitnûr tct ptafUflf qg*n tnl d<Mine , Dieu toadrtit et n« vtfadnlt pu , it •« contredirait lai -même... Ce qne pien reat qa*an iMMie fiiM , fl M le loi fêil pas dire par an antra kommn , il le lai dit lai^nént . il l*éerk an Wnd de lan cceof .