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EcUmon des vocations.
Pour devenir on homme excellent en quelque profession que ce soit , il faut s'exercer dès l'enfance dans tout ce qui peut y avoir rapport ; il faut que celui qui veut être un jour bon laboureur ou bon architecte, s'amuse dès ses premiers ans , celui-ci à bâtir de petits châteaux , celui-là à remuer la terre; que le maître qui les élève , fournisse à l'un et à l'antre de petits outils.
PLâTON. Us Un*» liv. I«r.
Les vocations faussées sont non - seulement un malheur individuel , mais encore une perte dont la généralité souffre. — Les forces latentes que Dieu a déposées dans la société, et que l'on paralyse en paralysant les vocations, sont immenses ; et le pi*ogrès se produirait sans effort , si ces forces elles-mêmes pouvaient se produire.
HiPP. DB LA MonVONKAIS.
Voici le moment où Fenfant qui marche déjà seul , éprouve le besoin d'exercer ses forces et ses facultés naissantes. Ce besoin de mouvement et d'activité , qui fait aujourd'hui le tourment des parents, va être pour nous le signal de Finiliation de l'enfant à de petits emplois qui , en même temps qu'ils feront son bonheur, vont préparer un fonctionnaire utile , un travailleur adroit pour la Phalange.
On le promène donc dans les ateliers où il verra d'autres enfants, ses aînés, occupés déjà de petits détails d'industrie ; il voudra se mêler à eux , manier les petits outils dont ils se servent , et qui feront sur lui , s'ils correspondent à quelqu'une de ses vocations, le même effet que produisit sur Achille l'aspect des armes étalées par Ulysse. Pourquoi nos savants admirateurs de l'antiquité ne se sontils pas encore avisés de mettre en ceavre le procédé dui
iTO 0£OONDE PARTie.
plus sage des Grecs pour faire éclore et discerner les vocations? Ne leur en faisons pas au surplus un trop grand reproche, car la Société, organisée comme elle Test, ne saurait, dans les neuf diiièmes des cas, tirer aucun parti des vocations, lors môme qu^elles seraient parfaitement connues, Cependant, comme le fait observer Pascal, « la chose la plus importante k la vie , c'est le choix d'un métier; le hasard en dispose. La coutume fait les maçons, les soldats, les couvreurs. »
Pour revenir à notre enfant du Phalanstère, il n'aura plus de repos qu'il n'ait été admis au groupe des petits camarades qu'il a vus & Tœuvre : mais ceux-ci le repousseront s'il n^a appris à le rendre utile sur quelque nuance de leur menu travail. Ce ne sont pas eux qui auront la patience de lui donner ce premier enseignement. Qui donc s'en chargera? la personne qui accompagnait l'enfant dans sa coursé euploratrioe à travers les ateliers; et ce sera presque toujours una personne âgée, un patriarche, comme dit Fourier, car chacun sait l'affinité qui existe entre les deux âges extrêmes de la vie<
La nécessité de l'éducation établit un lien précieux entre la génération qui vient d'entrer dans la vie et celle qui va en sortir. Le vieillard n*a plus la forée nécessaire pour participer activement aux travaux des Groupes et des Séries ; mais il possède des qualités qui le rendent éminem« ment propre à initier Tenfant aux premiers exercices d'une fonction industrielle. Par goût autant que par aptitude, le vieillard est porté à ce rôle» C*est une consolation pour lui, lorsqu'il ne peut plus donner son concours actif, de sentir qu'il est encore utile à l'Association en lui préparant, en lui formant des travailleurs, en transmettant à des continuateurs aimés les fruits de sa longue expérience. Par là aussi les droits du vieillard à l'affection , au respect de la jeunesse se trouvent assurés mieux que par aucune prescription législative.
THéOHIE SOCIÉTAIRE. 271
Mais pour spéculer comme il le fait sur les dispositions des enfants, Pourîer les avait-il bien observés? On en jugera parle tableau des goûts qu'il cite comme dominants chei eux. Ces goûts sont :
V Le FURETAGE OU penchant à tout manier, tout visiter, tout parcourir ; 2<* Le fracas industriel, goût pour les travaux bruyants; 3<^ La singerie ou manie imitative; 4** La miniature industrielle, goût des petits ateliers; 5® L'ENTRAtifEMENT PROGRESSIF* du faible au fort.
Voilà donc les principaux mobiles auxquels il faut qu'on s'adresse pour attirer Tenfant aux fonctions de Tindustrie. Pourier trace un tableau non moins frappant des moyens par lesquels ils seront mis enjeu, ou de ce qu'il nomme les ressorts d'éclosion des vocations : tels sont entre autres le charme de petits outils , en dimensions graduées pour les divers âges , et de petits ateliers ; les gimblettes harmoniques ou application de tout l'attirail des gimblettes actuelles, chariots, poupées, etc., à des emplois d'apprentissage ou de coopération en industrie ; l'appât àes ornements gradués, des panaches et autres signes d'honneur; les. privilèges de parade et de maniement d'outils ; Finfluence de l'esprit de corps et de l'exemple des enfants d'un âge un peu supérieur ( entraînement ascendant); la gaieté des réunions enfantines, soit au travail où elles s'exaltent par des hymnes , où le charme des manœuvres unitaires leur fait oublier la fatigue, soit à table où elles sont servies en mets adaptés aux goûts des enfants, qui ont en Harmonie une cuisine spéciale ; la gastronomie sériaire ^, qui stimule les cultures par la gourmandise et lie
^ La gtstrOQomie ne ier« louable qo'à deux condiliona : l^ lonqo'dle sera appliquée directement aux fonctious productives, engrenée ^ mariée avec le travail de cultufe et piréparatioa , etattainant le gastronome à cultiver et cuisiner ; S<* lorsqu'elle coopérera au bien^tre de la multitude ouvrière, qu'elle fera participer le peuple à ces raffinements de boune cbèro que la civilisation réserve aux oisifs. ( Fourikr , Traité de l'A$sociati<m domest. -agr. ]
tout le mécanisme industriel ; Torgueil enfin d^avoir fait quelque rien que Tenfant croit de haute importance , etc.
De ces ressorts divers, le plus puissant est celui que Fourier désigne sous le nom d'entraînement ascendant, ou penchant de tout enfant à imiter, à suivre ceux qui sont déjà un peu plus grands que lui. C'est à ces derniers que Fenfant veut toujours s^ mêler ; il se fait un point d'honneur d'être admis dans leurs jeux. A 3 ans, il révère Fenfant de 4 ans et le choisit pour guide; à 8 ans, celui de 10 ; à 12 ans , celui de 15. C'est ainsi que notre jeune Thémistocle trouve toujours devant lui quelque Miltiade dont les lauriers Fempêcheront de dormir. La puissance de cet entraînement redouble si Fenfant voit ses aînés organisés en compagnies hiérarchiques , qui ont leur place dans les rangs actifs de la Phalange et y jouissent déjà d'une considération méritée.
Cette tendance de Fenfant à Fimitation de Fâge supérieur n'a guère que des conséquences pernicieuses aujourd'hui ; les enfants , qu'on ne sait employer suivant leurs goûts et instincts , s'entraînent mutuellement au mal ; 11 y a de leur part une sorte de conspiration permanente contre F œuvre des grandes personnes, de qui ils ne sont habitués qu'à recevoir ou des rebuffades ou des flatteries sans vérité. Le père pèche naturellement dans le dernier sens ; aussi n*est-il rien moins que propre à élever son fils , et pour triple motif, suivant Fourier :
« Le père cherche à communiquer ses goûts à Fenfant, à étouffer Fessor des vocations naturelles presque toujours différentes de père à enfant.
» Le père incline à flatter et louer à Fexcès le peu de bien que fera Fenfant, il excusera toutes ses maladresses; il entrave donc tous les progrès que doit opérer une critique juste et soutenue, si elle est goûtée de Fenfant, et celle-ci ne peut venir que de collaborateurs un peu plus exercés. «
Tout préoccupé enfin du besoin de la fortune dans une Société comme la nôtre, où l'argent est tout et Thomme presque rien , le père ne songera le plus souvent à faire germer chez son fils que des vues de cupidité.
II y a cependant, comme nous Favons dit, auprès de Fenfant qui débute des adultes chargés spécialement de diriger ses premiers pas, de le mettre en contact avec tout ce qui peut donner Féveil à ses vocations. Quel que soit le genre d'industrie vers lequel Félëve se sent porté d'abord, on se garde bien de combattre son goût : il n'-en est point de si vulgaire, en effet, qui, grâce au lien existant dans la Phalange entre toutes les industries, puis entre les industries et les sciences, il n'en est pas qui ne puisse servir de point de départ et d'acheminement vers une éducation industrielle et scientifique aussi complète que les facultés du sujet la coifiporlent. L'enfant aura voulu débuter par quelque branche du travail culinaire, ou dans un atelier de cordonnerie, je suppose; ne craignez pas que F Harmonie ne fasse de lui qu'un Laridon ou un saint Grépin : le voilà par cela même sur la voie de la chimie , de Fhistoire naturelle, de Fagronomie; de l'horticulture; et s'il y a chez lui Fétoffe d'un Lavoisier, d'un Laurent de Jussieu ou d'un Mathieu de Dombasle, aucun moyen ne lui manquera d'accomplir sa noble et utile destinée. C'est du conscrit de nos Phalanges qu'on pourra dire en toute vérité qu'il porte son bâton de maréchal dans la poche du premier tablier de travail qu'il revêt. De ce moment, il appartient à un grand corps dans lequel la route est ouverte à tous les genres de distinction. Dès lors aussi c'est le suffrage de ses compagnons de travail et d'étude qui lui confère ses grades fonctionnels, qui le désigne, s'il y a lieu, pour des récompenses honorifiques. Et ce mode d'avancement par le choix des pairs et coîntéressés ne laisse guère accès aux passe-droits et à la faveur, a On peut regarder, disait un prélat à la distribution des prix de son ^ivl ^\sv\\vsâ:s^
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on peut regarder comme io&Ulible le jugeaient porté par une r^nbn d'enfant» chrétiens et pnrg sur les qoalitée et les défauts de leurs égau;(, sur la justice ou les erreurs de leurs maîtrea, h D*où vient donc que , dans la plupart des institutions , on ne songe & tirer aucun parti de cet esprit de justice, si remarquable dans le jeune Age, et que Fourier n'a garde, lui, de laisser sans emploi? Il en fait le plus précieui^ ressort d'émulation et d'honneur pour les corporations enfantines qui sont juges d'elles^-mémesy juges de leurs propres membres comme les autres corpo* rations , avant d'ôtre , quant à leurs œuvres et à leurs produits, soumises à l'appréciation de la masse ou des autorités compétentes.
. L'entretien de l'enfant est aux frais de la société jus» qu'au moment où il commence à intervenir activement et d'une manière lucrative dans les travaux, et, griee au soin qui aura été pris d'exercer ses facultés naissantes, ce sera dès l'âge de 4 ou 5 ans. Pour ses progrès ultérieurs^ l'en-* fant n'aura guère désormais qu'à suivre le courant au mi« lieu duquel il est lancé. A chaque pas dans la carrière, il y a des stimulants et des épreuves pour le tenir constam** ment en haleine. Ainsi Ton ne passe de chacune des six tribus de l'enfance à la tribu suivante qu'après avoir fait preuve de capacité et avoir produit des états de service qui justifient cette promotion. Jusqu'à ans, les épreuves roulent suf le matériel plus que sur le spirituel ; au delà de 9 ans, c'est Tinverse.
Nulle distinction des sexes dans la basse enfance, afin que les goûts naturels se développent en plus entière liberté, et que la différence de costume ne soit pas un obstacle à ce qu'une petite fille prenne parti dans une industrie mas«* culine si elle y est portée, et réciproquement pour un petit garçon. Cette disposition existe, en effet, ches certains sujets de Fun et de Fautre sexe^ à empiéter sur les attributions industrielles du sexe opposé : disposition heureuse
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en ce que, entremêlant dans tonte fonction une propor^* tîon variable d'kommee et- de lirauBei^ elle y f tfit naître une titile rivalité entre ktf deux »ex«0.