‹ Fourier, sa vie et sa théorie (volume 3)Chapitre 11 sur 36 · SIX · texte numérisé non relu

SIX

Moyenne et haute enfance.

Lei jennes tribus de mùjenm et hstttié enfance (âges de 5 à 9 ans et de 9 ft 15) sont divisées en deux eofpoi'atîons : les Petitêê Hùrdéi, Vc^éeê aux ifBMntai répugnants pour les sens ou Famom^-propre ; les Petites Bandes , que de» indinations contraires portent à faire ré^er partout rélégance et le bon ton.* Ces dent Corporations emploient utilement les instincts que You cherche vainement à comprimer daiis chaque seiré, le ^oàt àe la saleté chez le plus grand nombre des petits garçons, eeluî de la parure tihex la plupart des petites filles*.

La Petite Horde est le corps dtf dévonenf euf» la milice dé Dieu y eo«nné Fourîer Tappelle, le Soutien de Funité et de la concorde sociale* €*est elle qui s^empare de toute httdi* che d'Industrie Miscepttbie d^avilir, de décorisidéfir h classe du peuple qui Festerceraft par intérêt et par besoin, et qui serait dès lors dédaignée, rebtrtée : d'oà un obstacle insurmontable à la sociabilité générale, aux bôiines et anficitles relations entre toutes les classes ; d'ôA lé mainiitfu forcé, en utt mot, des âàstes que présenfrla Cîtili- «atioii Conime la Barbarie , (Castes fneompatibteâ non-seulement par préjugé de naissance, niais surtout par préjugé d*état. Voilà de qui àôM disparaître k jamais par Tinter'» vention deâ Petites Hordes. Elles sont le foyer de foutes

^ D'autres contraste! de goftts et d'aptitudes se font remarquer antre les deux sexes dès l'âge le pfos tendre. Ainsi les petites fiUes , en g^n^I , saisisi^ oiieiÉi las modileatim» d« calaria que fos diff^neetf 4és farméi. CBés diilingMiit tiài-TÎte ds blan de plnaienrs anaïuiaf , al Uê petils garç^aa distMgn}^ niieax uoe-fosange d'an carr^ , un hexagone ^nn octo^ue.

les vertus religieuses et civiques; aussi, quoique chargées du travail le plus répugnant et le plus difficile , sont-elles de toutes les Séries la moins rétribuée , si ce n^est en gloire et en prérogatives d'honneur. Dans les cérémonies publiques , elles ont le pas sur toutes les autres corporations , et Ton montre par là quelle place doit occuper le déyoue-ment sincère dans Testîme des hommes. A titre de confrérie religieuse^ les Petites Hordes se relient au sacerdoce, et, dans 1* exercice de leurs fonctions, elles portent sur leurs habits un signe religieux, une croix ou autre emblème. (Fourier, Nouv, Monde ind,, p. 248.)

Mais trouvera-t-on les enfants disposés à exécuter par goût, par point d'honnenr et esprit de charité, ce qui rentre dans les attributions de la Horde ? — C'est un fait d'observation qu'il y a, au grand déplaisir des parents, qu'il y a bien les deux tiers des petits garçons qui ne témoignent rien moins que de la répugnance pour le maniement des choses sales. Ils aiment à se vautrer dans la fange, à braver les intempéries, à affronter le danger en dépit de toutes les défenses. Que fait-on par l'institution de la Horde , si ce n'est employer dans un but social ces singuliers penchants que la nature n'a pas donnés peut - être à l'enfance sans quelque motif? Pour ce qui est du point d'honneur, du sentiment de charité, ils ne sont jamais plus puissants qu'à cet âge , dont la générosité naturelle et le désintéressement irréfléchi sont souvent en lutte avec la prudence défiante et calculatrice des pères. « C'est chez les enfants, dit Fourier, que l'amitié peut prendre un bel essor; elle n'y est contrariée ni par la cupidité, ni par l'amour, ni par les intérêts de famille. L'amitié , dans le bas âge , confondrait tous les rangs , si les pères n'intervenaient pour habituer leurs fils à l'orgueil. »

Je ne parle pas de plusieurs amorces qu'aura, suivant Fourier, la haute Harmonie pour attirer les enfants à la corporation du dévouement social , à la Petite Horde ; je

THÉORIE SOGléTAIRË. 277

ne ferai point, comme lui, caracoler et manœuvrer cette troupe enfantine sur ses petits chevaux nains, parée de ses dolmans éclatants et variés, qui remplaceront, la tâche une fois accomplie , le sarreau de travail J^omets aussi de dire que, parmi les attributions de la Petite Horde, se trouve la police du règne animal; celui qui maltraiterait un animal quelconque se verrait traduit, quel que fût son âge, devant ce tribunal d'enfants, comme inférieur en raison aux enfants mêmes.

Cette protection des animaux, qui n'est encore instituée législativement qu'en Angleterre, ne serait pas sans influence sur la conduite et les sentiments des hommes les uns à regard des autres. Celui qui fait souffrir ou qui voit souffrir avec indifférence des êtres vivants est bien près d'en agir de même envers ses semblables.

La Horde est pour les caractères fortement trempés qui ne reculent devant aucune épreuve, pour ces enfants amis du vacarme, rudes d'écorce, au ton rogue et farouche, dont la rebelle indocilité fait souvent aujourd'hui le désespoir des parents et des maîtres^. Mais ehez la majorité des petites filles ce sont des dispositions contraires que l'on remarque. Elles allient à une humeur douce et pacifique le goût précoce de la parure et des belles manières. Délicats comme elles, un certain nombre de petits garçons leur ressemblent beaucoup par le caractère : tels sont surtout ceux qui, de bonne heure, montrent de rinclination pour l'étude et les arts. Cette seconde catégorie d'enfants va former les Petites Bandes, comprenant 2/3 de filles et 1/3 de gar-

z Qnelqaes écrivains judicieux avaient senti ce qu'il y avait de faux dans cette lutte de Tëducation contre le naturel de l'enfant. • Pas trop élever , dit avec raison Diderot , est une maxime qui convient surtout aux garçons. J'aime qu'ik soient violents , étourdis , capricieux. Une tète ébouriffée me plaît plus qu'une tête bien peignée. Laissons -les prendre une physionomie qui leur appartienne. Nos petits ours mal léchés de province me plaisent cent'fois pins que tous vos petits épagneuls si ennnyeusement dressés. »

(Lettres à nudemoiêdle Vciand, n^ 88.)

^8 SËGOIfDE PARTIE.

çotiBt Les deux oorpopaikms soni, quant à leur effet, ca* ractérisées oomne il soit par Foarier :

Les Petites îfôrdeft vont au beau par la route du bon; Les Petites fiantes vont au bon par la rotite du beau.

Les Petites fiandet font ainsi contraste avec les Petites Horde<4 Elles sont ctoservatriees du charme iocUU, àppl^* quant leurs goûts peur la pariiFe et la recherche, leur sentiment délicat du beau, non dans un biil de vanité indivi** doelle, mais au luxe collectif» à rornement du eantoo tout entier en matériel et spiritiieL Les modèles de eostdnes corporatifs à offrir au choix det Séries , la décoration des salles de réunioii i le sôiâ des espèces animales difficiles & élever, là smrvsfflanèe des parterres et des serres, la pu* lice du règne végétal , i^ardent les Petite^ Bandes. Pas^ sionnées pour la politesse et Fattieisme ^ elles ont aussi la censure des mauvaises manières et du mauvais langage^ prévenant par là «ne duplicité de ton et de parler qui 8^op«' poserait à 1» fusion àet classes , cèiivre spédak des Petites Hordes. Ma» notre eo^pol'attoii d'enfants serait-elle en mesure d^exeroer avee compétence cette seconde partie de sa tâche eritique? Geei nous conduit à parlitf de Fen* seignemeni

SX.

Enseignement.

tï léfA tfoê le pMttr que let honniés prennent à ce qu'ils font, ou à ce qa'ils doivent faire, qni leur donne de l'application ; et il n'y a qné fftpp lto e^p qui faste acqnërir dn mé' TÎtê, êtià vient fefltine et la relation...

ÉoLBERT , Instr. à ton fils.

Bien des gens seront étonnés sans doute que, traitant dé réducatioD, nous soyons tenu jusqu'ici sans dire Un mot de ce qui semhie à peu près seul la constituer aujour-

THeOMS SOCIETAIRE. t70

d*hiii. Qaoil penseroiiWiis, nul sovet d^apprendra aux en» fant3 à lire , à écrire et à edculer comme dans nos éeoles primaires, ou le latin et le grec comme dans nos collèges ? i^!** Si fait , vraÎQient. Loin de nous Fidée de s^crifiev li^ culture intellectuelle proprement dite, Finitruction soien-i' tifique et littéraire , sauf à Tappropriev aut besoins de lu Société. Il s^agit seulement de savoir si, par la marche que nous voulons suivre, nous n'aurons pas rendu F acquisition de ces connaissances beaucoup plus facile, Tenfant se trouvant amené par ses occupations industrielles mêmes à en sentir le besoin, & en sollieiter renseignement Indépen* damment des motifs d'amour-propre qui ne lui permettront pas de rester illettré au milieu d'une réunion instruite, indépendamment de ce qu'un certain degré d'instruction sera pour lui la condition du passage d'une tribu inférieure à la tribu plus élevée, croyez-vous qu'il ira bien loin dans Texercice d'un art mécanique quelconque sans s'apercevoir de l'avantage qu'auront sur lui ceux de ses collaborateurs qui peuvent s'aider de quelques notions de géométrie, de calcul et de dessin, ou des données théoriques qu'ils puisent dans les livres qui traitent de ce même art? C'est donc de l'enfant lui-même que viendront le désir et la demande de l'instruction ; il la sollicitera comme une faveur, ce qui est une condition de l'accord affectueux du maître et de l'élève, et la meilleure garantie des progrès de celui-ci. Je me borne à indiquer le principe, tout à fait méconnu dans l'enseignement actuel, qui se voit obligé de suppléer par la contrainte aux dispositions favorables qu'il n'a pas su faire naître chez les enfants. L'immobilité , le silence prolongés leur sont impossibles , et c'est justement ce qu'on exige d'eux. L'étourderie et la gaieté , naturelles au jeune âge, leur sont imputées à crime. Renfermés dans une classe sombre et triste, en dépit des instincts et des besoins mêmes de leur âge qui réclame le grand air, le soleil et le mouvement, condamnés à pâlir sur des livres^ ^xsv^rcûssNK»^

des choses qui n^ont aucun rapport avec leur situation présente, avec les faits de leur vie réelle, de leur vie de passion, c^est-à-dire avec leurs jeux ou avec la part quils peuvent prendre chez leurs parents à quelques travaux productifs, — comment les enfants ne concevraient-ils pas pour Fétude et pour ceux qui la leur imposent la répugnance et Fa version quils montrent généralement?

Voilà le fruit que Féducation civilisée retire de ses prétentions à contrarier la nature. Car c'est la nature qui pousse Fenfant à exercer ses facultés corporelles avant ses facultés intellectuelles ; c'est elle qui veut que Fenfant soit attiré par la pratique à la théorie, qu'il remonte des faits aux notions abstraites qui les résument et les coordonnent En suivant la marche inverse, outre que vous faites de Fenfant un membre pour bien des années inutile à la Société et restant tout ce temps à la charge de celle-ci, vous n'arrivez qu'à bourrer sa jeune tête de mots, vous l'hébétez en quelque sorte par un exercice routinier et quasi mécanique de la mémoire. C'est pitié qu'on ne songe à développer nos facultés intellectuelles qu'à l'aide des livres, suivant le procédé scolastique. Aussi consultez les honunes qui se sont trouvés en contact avec des populations barbares, telles que les Arabes ou les Kabyles de la régence d'Alger; ils vous diront que là, sans avoir jamais fréquenté d'écoles d'aucune espèce, les garçons de dix à quinze ans se montrent en général bien supérieurs aux nôtres par la finesse et le jugement. Pour le développement sensitif , il n'est pas besoin de faire remarquer à quel point notre éducation nous laisse en arrière des Barbares et des Sauvages : même infériorité de notre part sous le rapport du développement physique, sous le rapport de la vigueur et de la santé, malgré l'avantage que devrait nous donner sur eux une nourriture plus abondante et plus variée.

Faut-il conclure de ce qui précède que l'enseignement

scientifique et littéraire doive perdre de son importance en régime phalanstérien ? Loin de là : il est rendu accessible à tous sans frais, sans déplacement coûteux; il continue pour chacun durant tout le cours de la vie , associé qu^il est sans cesse aux diverses occupations et aux réunions même purement de plaisir. Ne croyez pas toutefois que cet enseignement n*aura pas son organisation régulière. U sera, comme toute autre fonction , Tœuvre d'une ou de plusieurs Séries dans lesquelles chacun, suivant ses goûts, pourra s'enrôler et prendre la part qui lui convient de la noble tâche de développer et d'agrandir Fintelligence de ses semblables, pourvu qu'il fasse ses preuves de capacité, pourvu qu'il sache se faire agréer et de ses collaborateurs du corps enseignant et des élèves appelés à suivre ses leçons*. Les motifs qui pourraient porter aujourd'hui à écarter un candidat de mérite dont on craindrait la rivalité militeront au contraire en sa faveur, puisque la Série tout entière chargée de l'enseignement sera rétribuée en raison de ses succès d'ensemble; elle aura intérêt par conséquent à s'adjoindre tout individu capable d'y contribuer, enfant, vieillard, homme ou femme. La leçon d'un enfant à d'autres enfants moins avancés profitera souvent beaucoup plus que si elle avait été donnée par une grande personne. C'est un germe qu'ont entrevu les fondateurs de l'enseignement mutuel, mais qu'ils n'ont su employer qu'en mode simple, et qu'il fallait allier à tous les autres moyens susceptibles de rendre l'instruction attrayante.

Au lieu d'une méthode unique d'enseignement appliquée indistinctement à tous les élèves, l'Harmonie en emploie toujours plusieurs qui s'adaptent à la diversité des caractères. La concurrence qui s'établit entre ces méthodes vivifie les études et devient un nouveau gage de leurs progrès.

I En harmonie , l'instraction doit êtn sollicitée: il faat qa'il y ait attraction raspective de la part de rélàve et dn maître, accord affectocw «ntMY ^a& «W voicM

Autant la société actuelle fait un sort mesquin aux in* stituteurs de Teufance, autant THarmonie relève cette fono» tioQ par les avantages et les honneurs qu^elle y attache, Côst une des voies qui conduisent aux plus hautes distinq* tion^ dans cet ordre , où la justice distributive n'est pas un vain mot, où les fonctions s'apprécient suivant leur im« portance réelle et suivant leur concours au bien général» £t quelle mission plus importante et plus noble que celle de préparer, d'initier la jeune génération à l'œuvre sociale ?

Les principes élémentaires de toutes les sciences $on4 enseignés dans chaque Phalanstère, ainsi que toutes les industries usuelles. Mais chaque Phalanstère, on le sda( bien , ne saurait posséder la réunion d'hommes éminentt et les collections diverses qu'exigé le haut enseignemeal scientifique, littéraire et artistique^ Il y aura donc toi^iHBirê des points qui seront plus partieulièrement le siège de eë haut ensmgnement et dans lesquels il eoncentrerâ ses ree^ sources \ des foyers où se réuniront, ^pour se féconder par une action réciproque, tous les éltoent» de la vie in* tellectuelle.

D'un autre côté, il arrivera que telle Phalange, par suite de sa position, du goût de ses habitants, ou bien par l'efifet de quelque autre circonstance, aura perfectionné une branche spéciale d'industrie ou ii'étude : c'est là qu'on viendra des autres Phalanges compléter son instruction dans cette partie. Mais, en quelqne Heu que se rende la jeunesse harmonienne dans un pareil but, trouvant partout les industries de base organisées comme dans sa Pha* lange natale , elle peut s'y employer activement et se dé-* frayer par son travttll, tout en acquérant les connaissances qu'elle était venue cheirher. Une antre excellente école de perfectionnement se rencontrera dans les armééà inâtti^^ trielleSy appliquées à Texéculion de tous les grands travaux d'un iett^rét général. — Mtfis j'anticipe iéi sur àc9

(Uapoiitioiift de T Ordre sociétaire qui ne pont pap encore censées connties du leetçur.

On n'aura pas manqué de faire cette remarque, qu'4 propos d'édueation et d'enseignement nous retombons toujours sur le terrain de Tindustrie. C'est, en effets un des caractères diatinetifs de Ift conception de Fourier en cette matière, d'avoir rattaché à Findustrie productive tous les moyens de développement que l'éducation peut em« ployer à Tégard de l'homme. Faeultéa de l'esprit, de l'âme et du corps, trouvent dans l'industrie purifiée» ennoblie ^ agrandie par TAssociation, le champ dans lequel elles doi* vent être cultivées parallèlement » conjointement) où elles vent crottre, fleurir et fructifier ensemble. Bt quoi d'éton*» nant à cela si, comme Fourier l'admet, comme les saintes Ecritures elles-mêmes nous l'enseignent, la destinée de l'homme ici<*bas est VëeopMaiUm et la geêtion du Globe qui lui a été donné pour domaine? Tout, dès lors» ne doit«il pas se rapporter plus ou moins directement à cette fonction pivoiak et à l'industrie qui en est l'agent? Le rôle ainsi assigné à l'homme est, au reste, loin de le ra« baisser. Il fait de lui, suivant la belle expression d'Amédée Paget, N un fonctionnaire intelligent de l'univers; il le fait participer» en quelque sorte» à la direction suprême du mouvement dont Dieu tient les ressorts entre ses mains ^ »

Dans cette analyse, je suis loin d'avoir indiqué toutes les vues de Fourier sur Féducation. Je n'ai rien dit» par exem« ple, d*nn puissant ressort qu'emploiera» suivant lui, l'Or-» dre sociétaire pour former Fenfant à l'unité mesurée» source de nombreux avantages. L'opéra, cette école de toutes les harmonies matérielles , est le moyen dont il s'a«> git et que possédera presque sans frais tout Phalanstère , inon au début de l'Association , du moins au bout d'un

' Introduction () l'étude de la Science sociale.

certain temps après qu'elle aura été établie. Mais je me suis abstenu de parler de Topera, parce qu'il aurait fallu entrer dans les détails nécessaires pour montrer que cette institution n'aura plus aucun des inconvénients qu'on peut à bon droit lui reprocher aujourd'hui, a L'opéra n'étant parmi nous, pour me servir des termes deFourier, qu'une arène de galanterie, un appât à la dépense, il n'est pas étonnant qu'il soit réprouvé par la classe morale et religieuse, n En régime sociétaire, c'est tout autre chose : l'opéra, dans lequel figurent activement, soit à l'orchestre, soit sur la scène, tous les iiabitants de la Phalange, l'opéra et les autres divertissements , sans perdre aucun de leurs charmes artistiques , sont en liaison intime avec le travail productif et coopèrent à ses progrès. Ai-je besoin d'ajouter qu'en tant que moyen d'éducation pour l'enfance, l'opéra ne lui offrirait pas le spectacle des mêmes passions qu'il étale parmi nous devant tous les âges indistinctement ? La remarque s'applique pareillement à tous les autres genres dramatiques, qui pourront être employés dans l'éducation phalanstérienne.

Redoutant les fausses interprétations en sens divers auxquelles pourraient donner lieu ces quelques lignes sur le théâtre, je renvoie, pour des notions plus complètes à ce sujet, aux ouvrages ^e Fourier {Traité de VAuociationy t. II, p. 190 et suiv.; nouv. éd., t. IV, p. 75; Nouveau Monde ind.y p. 260). Je rappellerai toutefois ici que les Jésuites, qui ont été, à certains égards, les meilleurs instituteurs qu'ait produits .la Givilisation^ ne négligeaient pas l'action théâtrale comme moyen de former la jeunesse, et que Bacon, qui les en loue, attribue aussi une grande utilité à ce moyen.

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