LA CRITIQUE
Groupe d'amitié :
I«a masse enÛ€[ae faeétinuement l'individu.
Groupe d'ambition :
Le supérieur critique gravetnent l'inférieur.
Groupe d'amour :
L'individu excuse aveugUinent l'individu.
Groupe de famille :
lia masse excuse inâtdgemtnent l'individu.
' Entre amis tout est commun ; amitié est égalité. PvTHAflORR.
jti TBéORtE SOGi^AlllC.
Il ne fdadrait pas se prévaloir de ce qui se fkit dans la société aetuelle contre rexactitode de tel oo tel dé ees ca-* ruelères. En Cmlisatkm, le devdr et la prudence sont d'ordinaire efl plein désaceoi^ avec les impalsions de la nàtdret Ainm, dans le groupe de famille, paretemplë, les Itères et inëfes tfe penvent conâtataméiit céder aat enfants ni les exensef ed tout, ecminie ils )r sont natorelleijient|>or* tés : lèi eonirimatfees de Pédocatiôii oblî^iit le pèl« ft tetiir Fetifant dans la dépendance et le n^peét^ et ft Itti êàtéêser de fréquentes remontrances, presque tonjotlts flfÀl accueillies. Maté dans le régime sociétaire, les pères et mères, affranchis de cette pénible tâcke, penvent se livrer sans danger au gâUment dont Hnfluence est conlrè-balancée par la critique efficace des compagnons de travaux et des supérieurs industriels de leurs enfants* « La nature, ayant voulu , dit Fourier, que la ei-itiqtte !i'ejterçât pili* les deux groupes mÉ|etirs ( amitié j ambiti(lti}, iidd§ ft donné de la répugnance pour celle qui vient des deux groupes mineurs (amour, famille) : ceux-ci ne soiH faits que pour aimer et flatter; ils deviennent bafârâitbleâ (}t<fltfd \\ê 9*adonnent à moraliser et à censurer; ils sortent Je leurs attributions. La critique, étant attribut essentiel des dens groupes majeurs d'amitié et d'ambition* n'est jamaîa désobligeante de la part de ces deut groupes, lorsqu'ils sdint régulièrement organisés suivant la loi dés SéHes pàssiôqnelles. Cependant la Civilisation, société construite à rebours de cette loi, est obligée d'employCt Sâtis cesse Tun des deux groupes
I Faisons à ce propoa Mm» nJiite^a* wmé «i trail èi «i«raM àé notre société.
L'on sait que du tatoiement universel, mis che« nous ^ iisa^e sar la République de 93 , il n'est resté qu'une chose, le tutoiement rcciproqtie au père et du fils, qui s'est introduit dans presque toutes les familles, et m4me dans les plus antipathiques aux idées républicaines. En adoptètft Wtté Miifiiitfe , les pères et mères ont cédé à une tëïMlaiieè iiM<lttfU« tih TufR^Mlëii éè famille; mais, comme dans l'ordre actuel il y a incompatibilité entre plnsiours de ces tendances et le rôle imposé aux pères vi*-à-vis de leurs enfanta , certains partisans des vieilles mœurs ont prétendu, non sans quelque apparence de raison , que l'emploi du TU familier à l'égard des ascendants était une des causes qui ont contribué À affaiblir parmi hoHt rautortié paternelle ifi lé Hisjiect fillat.
w^m^nàr^fUdui de femllb» à eritiqi»er«t remooim IWAmi» 11 en résulta ifmhle eoaifet«€Bs au lim dpm^^quç > d'iioa purt, HYitaiioB ei rébellion secrète de feofant, qui ftuî^ la loi d« nfttiife »ii dédiûgnant lit critique du père ei du pré^ ««pleurs 4'aiitre part, giftue eit ffusimtimi du père ^, rrâ|^i8aa9t à rc^[p^ ce p4uible devoir^ n'eu reeaeille pour salaire que Tindifférencc ou même Taversion de Tenfant. GiBS ineonfénîeuls ditparaifMnt p^einem^it eu Hemiome, eè r«uia«t| fréqu«nlaut une trentmue de grevpei et dp eériet , y rtaeontre use fieule d'amie et et eeotaif«i irke« sévères sur «en.pnipéritie^ leur franchise dispense bien le père de remontrances.
n Cliacun des ^[roupes est proéuit par rhopulrion de deux pfineipes ou ressorts; Ton sphituelfi, l'autre matèt riel M, dont voici le tableau.
Grpuf» d'amitié pa Ufffomajtur :
S. Mf^nWé apiiit.vclle de cf ract£>jcs.
M. Affinité matérielle de penchants indu^irids.
Qn»^ d'ambitioD ov hffjierwMjeur :
& Aiùaiifi tpixHi^Dp , ligne powr ia ai^flifL. If. Affinité matérielle, ligue pour l'^nt^r^f.
(tfpnpff i'uQonr on hffftrmiiuw; M. Affinité matérielle par le charmb des sims. •' •S. Afi»aiU npirityplle par ^i U^m ^^ fiœ^r.
Groupe de famille ou &y/M>m«nei(r:
M. Affinité matérielle par coKSANçqNiT^'. 9. Affitffté spirita(4le par adoption.
en idenlipté.
eli contiutè.
Ou 9^ k le pvmM aUemalîfe de« dçonLAeMw ^M' % «pie le neeaori epMuel ti«ii lie preuiier nuKg deo^ If» 4eu« groupis taUfQMrf d'emilié el d«iiAitîeo« et fue ^ mmot^ ittetériel démine dans les deux greefep mx^^n d'amour et de JaniUe. fie générale» rhauaM a la aupérioriié dauf
â4 THÉORIK SOCIETAIRE.
les deux groupes majeurs; la femme dans les deux groapes mineurs. Cette division, qu'on retrouve partout dans la création (exemple, les deux sexes), se fonde sur la nature et le rôle différents des groupes : les premiers ont un domaine pour ainsi dire illimité; les affections que les deux derniers produisent s'exercent dans un cercle beaucoup plas étroit
Fourier appelle groupe simple celui qui n*est stimulé que par r un des deux ressorts. Les groupes simples, ajoutet-il, sont d'ordinaire lien méprisable en dominance du matériel; lien de duperie en dominance du spirituel.
Les tableaux que nous venons de transcrire exigeraient peut-être pour quelques lecteurs des commentaires qui ne peuvent trouver place ici. Ces commentaires se présenteront d'ailleurs d'eux-mêmes à quiconque aura pris la peine de méditer un instant ces tableaux, et voudra ensuite en cbercber la justification dans la vie réelle, au dedans comme autour de lui. Ainsi, par exemple, cette formule : essor dbs GROUPES en identité, en contraste, exprime que dans les groupes les liens s'établissent, soit par similitude, soit par opposition contrastée de penchants, de manières d'être. C'iêst un fait d'observation journalière en amitié, en amour.
Passons au 3' but de TAttraction : Mécanisme des caractères et passions.
Trois passions président à ce mécanisme et forment, sous le nom de mécanisantes ou distribitives, un 3* ordre de passions dirigeant le jeu des deux autres : .
1** La Cabaliste, sentiment de Témùlation, goût de llntrigue, principe et âme des dissidences, des coteries. Elle est pour l'esprit humain un besoin si impérieux , qu'à défaut d'intrigues réelles, il en cherche avidement de factices an jeu, au théâtre, dans les romans, u La cobalisté, disait Fourier, est le sel mental des actions humaines; » C'est eHe
THKORIE SOCIETAIRE. ^
<|ui inspire, suscite, anime les efforts par lesquels on cherche à surpasser ses rivaux. L^artiste, le savant, Thomme d^Ëtat lui doivent presque toujours une grande part de leur renommée.
2® La Papillonne ou Alternante, besoin de variété périodique, de situations contrastées, etc., qui est une loi générale de la nature. Dans les occupations ordinaires, ce besoin se fait sentir modérément d*heure en heure, et vivement de deux en deux heures. S'il n'est pas satisfait, rhomme tombe dans la tiédeur et Tennui.
3" La Composite, enthousiasme résultant de plusieurs excitations simultanées , sorte d'ivresse ou de fougue aveugle qui naît de l'assemblage de deux plaisirs au moins, un des sens, un de l'âme. La Composite est le principe des accords, comme la Cabaliste est celui des discords, non moins nécessaires que les premiers à l'harmonie sociale.
Ces trois dernières passions n'ont pas d'emploi normal dans l'état social actuel, et elles y deviennent une source incessante de désordre : aussi les regarde-t-on comme des vices. Pourtant ce n'est que leur intervention qui établira l'accord des passions affectives entre elles et avec les passions sensitives.
Récapitulant cette analyse que nous venons de faire des passions, nous trouvons cinq Sensitives, quatre Affectives et trois Distributives , formant en tout douze passions radicales dont la tendance collective est TllMTéiSME ou passion de rUxiTÉ, c'est-à-dire de l'ordre, de l'accord universel C'est le sentiment le plus élevé dont l'homme soit susceptible; il comprend Tamour du bien public et de l'Humanité, ainsi que toutes les nuances du sentiment religieux.
Les douze passions fondamentales produisent par leur mélange et leurs diverses combinaisons des passions mixtes en grand nombre.
THIâORIË SOClËTAIRIâ.
La dQmiMfice (i'iin^ mi de plpsiejur^ pa^ioas ^st ce (|i|i Q^fliliite le (s^r^ctèfe 4p çb^qu^ indiFidw, l^ tpire i^ cf^
des passions dominantes. Il faul au moins deu$ pA^M)fî«^ ]u4inûiii«s papr foriBér m car«i^të;-e que}fif§ ]fBu ^l#yé.
l,%iéfH i'^n roman, d'^n^ pièce <te thé^rp, ^ien> çf^mr Q^n^ept à )a htt» iw^ ps^m ih cet prdre pQ^tre une Qf p^si«urs fiiiJtres, Un caxapière dan^ l^qpe} hfi Distrî))utiy^s d^wii)ent les i^ffeetives toufrnfi pf esque jnévi.tf biement au mal dans la société pipUielle,. .« liJae fefflwe i doniinantes damoy.F, de cabaliste et de papillopne sera communément trj^^-vicieuse ^n civilisation. » {Nouveau l\fpndef p. 407. )
J^a po^A^i^sance des caractères^ indispenSfSibJe p.(^r le bpp jçJ^^çiBn^ent des iqdividus, est aujourd'hjai ici possible^ tpjji^ leji par^fÇtère^ étant p}us oja poins faussés par les tentatiy^s de répression dont ils sont Tobjet dès le jeune ftge çt par Tajïçence .des conditions de leur franc et naturel développement. Les caractère? ne sont pas, d^aillenrs, produits au hasard^ n^ais dans une juste proportion avec les bespins du rêgipie social, qui est la destinée deTliomme, c'est-à-dire du régime sociétaire. ( Voir la note 2 de la î" partie, sur rêchelle ou gamme des caractères.)
Avant d'entrer dans le détail des dispositions de ce rêfgm^t fmm^ remarquer %]^è iOJ^ les jpobiles |>9JSsioQiiels ^)lk^^flf^(^ fk9t> bïeni^ pftf3^ m mm àj^n§ r.analyse qui pjoicèfter U » y » j?#Sa jçp ^/fel* nm *«*»M J^f4im Iwuaaine, te ^## 4e iémm^ m^ept^ S ÇJl» Wie dpive éjlre rapporl^e ^ Tij^eapi? i'im pi^ âfi plm^i^r;? djç «es çi.obile? cowme prWîH?^. Qywit à /iwt*iA«^ «wnière;? d'êfre, telles q u^ U cçlër^v i«^ Win*, ïmyl^t i'/IFaiice., etc,^ #u^qjmelles on donne c^mmmèv^nt- le j^pi^t d^ pçmçns, ce ne spQt là que des effets de quelqu'une des passions énumérées, effets prèsqiM tosjpur^ dépendaniâ des «fasteled que celkfi^^iprQu-
' Peat-être qu'à la rigueur nous ne devrions pas admettre d'excojition , h» actes de l'aliéné lui-même ayant leur cause première daiis io ê^plàme jBgpijimfjl.
THÉOAifi SOGiÉTAIHIL 17
vent à se satisfaire. Pourquoi nous arrive-t-il, par exemple, de nous laisseï' emporter à I& tolétë od êe concevoir, de nourrir quelque animosUé haineuse ? N'est-ce pas d'ordinaire parce que nous aurons été, ou parce que nous îious sèrens ems tontluriéft^ Iroîssés^ lésés dans nos tendances, stfîl àe Tordre wnsîlîf ^ soit de Ferdre affectif, soit mène dans le plus ifoble de nos sentiments , celtfi de la justice et du droit? t>é ^è qttë h&dè nd édtisidérons |^as eotoffie ptU ftidrdiàles, tbihtiië ëxUi&tit par ellès-Mdthé^ m âiipë^iîôfii de Fâme, la colore, ta jalousie, etc., qtiî fibissëtit pAf devenir habituelles et par imprimer leurs traits aux caractères, il ne s'ensuit nullement que nous méconnaissions la grande et déplorable influence de ces nhees sur la eondaile des honmea et dans les rapports sociauB. Mais neus diitma qaë ^ posr eà prévenir le dévelo|ipe»eol, pour pa« Tët au« fftcbeiix effbts qàlk pi>od«iMnt dana la sdeîété i il faut remonter aux mobiles essentiels et prittlM^itfiix dëë« qufels dérivent ë( iépètiiehi ceÈ hftbHtidèstidetfséft| Il (Slut voir leur raîs&ii â^êiifè dàiïs Pàbs^dcè déâ (^ÔtldiflOtls &eÉÉô¥ harmonique des passions â leur état normal
Maintenant que nous avons reconnu les puissances auxquelles rbomme obéit spontanément , avec plaisir et bonheur pour lui-même, tâchons d'arranger les choses de manière ft n'atroir à réclamer d^ lui que par Tintermédiaire de ces ptlisiances et tous l'empire de leur înfluenee vrai-* nlëni magnétique, totite Taetitité dont i« Soetété a besoin de sa pàti {lour êire fiché, fldrtss^àittë et prospèhe. Gettil coridilion, qui ti^âhsfôrnië érl plaiSiri la pInpâH dés travaux utiles, et qui seule résout pkt* cela ffit^dié Ia quê^tibtt de liberté, si mal comprise encore après tant de débats, ne peut s'obtenir que dans l'organisation désignée par t^'ourier sous lé nom de séries 0e oroupes.
Mais, airànt de décrire l'orgartisation dont il s'agit et de faire par conséquent la sytithèse de l'altraetion passion-* ftelle, il convient de parer â quelques objections () revues.
APPENDICE A l'Étude de l'homhb.
Après avoir pris connaissance da chapitre qui précède , beaucoup de lecteurs se croiront en droit peat-étre de me reprocher qu'il ne répond pas à tout ce qui est compris dans le précepte de Tantique sa<][esse que je lui ai donné pour épigraphe : Connais4oi toi-même. Tout Thomme, il est vrai, n est pas dans Tattraction : il y a chez lui autre chose ; il y a chez lui des facultés dont Tétade doit compléter la notion de l'être humain , mais n*est point indispensable, comme Test celle des impulsions on analyse passionnelle, à la constitution de la vérité sociale. Telles sont : 1 o la faculté de connaître et de juger , ou Fintelligence , Fesprit , la raison; ^^ la faculté à* agir physiquement y ou la puissance musculaire , la motilîté.
Mais ces facnltés-ci ne sont que des moyens .-les passions seules sont les ressorts qui font mouvoir Thomme, et les impressions qui s*y rapportent sont le principe unique de tonte Facti* vite qu'il déploie.
Quelque élevé que soit le rôle de Fintelligence , quelque supériorité que Fhomme ait par elle sur les animaux, le Sentiment, le Désir , en d'autres termes, F Attraction passionnelle , n'en est pas moins le fond , Fessence véritable de Fàme humaine ; et l'homme n'est pas moins supérieur aux animaux par la nature et le degré de ses attractions que par son intelligence elle-même.
Celle-ci a beau s'enorgueillir de sa puissance, elle n'est, comme le corps , qu'un instrument an service du Désir , de la Passion. L'intelligence , en effet , est de sa nature une faculté absolument neutre, qui n'est mise en jeu que sous le stimulant de F Attraction, mobile de tous nos actes , soit intellectneb , soit physiques. Nous admettons , sans souscrire aux conséquences matérialistes qu'en tirait l'auteur, la justesse de cette proposition du physiologiste Broussais : * Les émotions de la sensibilité deviennent les mobiles de nos actes de toute espèce, t (De Firritation et de la folie.)
Volontiers dirons-nous comme M. de Lamennais : i Conm^* tre, aimer, agir, voilà tout Fhomme > (Ess. sur flndiff. , tome I). Mais nous admettons un rapport hiérarchique entre ces trois facultés. Aimer, si Fon comprend par là toutes les impressions
ÏHKORIK SOCIiyrAIRK. 29
passionacUcs, aimkr, ou mieux sk.ntir, iSproi vkr attrait, prime et commaode les deux autres modes de manifestation de la vie.
Quant à la fameuse définition de M. de Ronald : t L'homme est une intelligence servie par des organes, » elle omet ce qui est le principal dans l'homme. Il serait beaucoup plus juste de dire ; L'homme est une combinaison de DisiRS (ou Passions) servis par fine intelligence et un corps.
De cette erreur sur le rang de chacun des ordres de facultés qui sont dans l'homme , découlait une autre erreur bien plus fâdieuse sur leurs fonctions respectives.
Ainsi, tandis que le but de notre destinée sociale était marqué d*une façon immuable par l'attraction passionnelle, qui nous sollicite incessamment vers loi , l'Intelligence , qui avait pour tâche de découvrir les moyens d'atteindre ce but, l'Intelligence, foulant aux pieds les instincts de notre nature et rebelle à la volonté de Dieu révélée par les tendances de l'Attraction, l'Intelligence, disons ^ nous , s'est avisée, elle, d'assigner à notre destinée un autre but , un but arbitraire , en vue duquel elle a prétendu refaire et façonner à son gré le cœur de l'homme. Elle s'est présomptueusedient arrogé le droit de décider que telle chose serait bieti on mal, suivant que cette chose était en accord ou en déaaccord avec ce but chimérique qu'elle avait rêvé.
L'histoire de la lutte des Titans contre Jupiter, celle de la désohnissance du premier homme dans le paradis terrestre , son^ autant de mythes exprimant cette transgression de l'Intelligence humaine, infidèle* à sa mission, qui était, quant à l'ordre des faits passionnels comme à l'égard de tous les autres ordres de faits , qui était , disons-nous , de saisir les rapports des choses, au lieu de s'arroger le droit de les décréter. L'Intelligence a prévariqué en voulant se Jaire directrice arbitraire du mouvement passionnel : de là ses longs égarements, ses méprises encore subsistantes sur la destinée sociale de l'homme et sur les voies & suivre pour la réaliser. (Voyez la note 3, sur la Chute , à la fin de cette 2^ partie de l'ouvrage.)
Du montent qu'elle usurpait ainsi une des attributions de Dieu, à qui seul il appartient d'établir, les rapports des choses, ou de créer les lois ( les lois du monde social aussi bien que celles du monde matériel), l'Intelligence humaine tombait nécessairement
30 THEORIE SOGlETAmE.
dans le faax , et elle ne pouvait tnanqner d^f rester fltiMi ioiijf* temps qu'elle persistcrrait dans cette usurpation iiisessëej
Néanmoins, nous petfsoils àvee Descartes (Prineijk pkitôs.^ pars 1^ g$ âO et J^3) ({taé riÉteUigencë est infaillible ^oalid eflé ne prènoiice que siir ce qu'elle âpet^oU cMtèmenîM êàsthustg^ 'ment TOus nos faux jUgetbenis j sans eieeptioii) pi^trieMNMt de ce que nous prenons ou acceptons pditl* «raies des ebteea dMrt liêtis A'sVoiii fias assez de ednnaisssnoe.
N'ayant tôbla, d'ailleurs, eU donnant cet Afifiéndice, qa'idier au-devant d'un reproche d'èiiiisSioti qu'otf flonrhiit ndus adresser, noos ne tenterons pas d'analyser ici les facultés de flnteUigisnce, qui est elle-même une hcnlié synthétique^ an eaSemUé de ft^ cultes diverses^ Qette analyse est l'objet spécial de ïldéBh§ié, Or ridéologie , àilisi que nous l'avdbs déjà fait i'emarqne^^ n'a point direetement trait à la détermination du syétèkné sbdal na^ tttrelf tandis que cette autre partie de la Métaphysique qui tfoite des PaSsionSj e'est-à-^lire Amforx^ virtneUes^ des reuêrts mi^fk de nos âmes , et que Foùrier a Tédtablcliient eréée , est la baoK essentielle dé cette dëtérminatiDn et finirnit la donnée Ibudaraëiitàle dtt probléttle. (Voyez le tableau dés sept ganuHies que FAl» traction établit entre Dieu et rttoainie. Thème de f Unité unie,, t. II, p. 2^, â« édit.)
Pour tehniner par des définitions qui rendant plbs nette enèore notre manière de voir^ nous dirons :
Llfifèlligence est la résultante des forcés qui sont en nons pour confmttfe.
La VolotUé peut être considérée comirie là MséItaHtë dëi fbl^ cek qui sont en ndoS pour HnHr, pdnr êtiN) Imtiressientté ittrtfctifreinent 6u répulsivetnént.
Cette distinction n'a pas pour objet de scinder éc t\i&\ m êesentléllëmèut un , rhomme agissant avec le eoncddl^ de ses fltcùltës diverses. Ainsi, d'une part, rihtelligëncë n'ent^'è jéniàis en exercice Que sous l'influence d*nâ stimulus passionnel ; et,'d*ànti^ part, il n'y a réellemeut volonté qu'avec lliitët'téntion de ribtélli<][ènce qîii pèse les motifs de détermination , qui apprécié les sollicitàthins et les actes par lesquels nous nous disposons à y répondre.
C'est, répétons -le, c'est toujours en vertd d'an attrait qae
rbodifiiè a^i titrait direct od indirect, on même iiufêr*e (repugiiaiieé){ Éltt^it pouf tM bien préftentf oa ponr un bien nltérieu^ cftie Itfi ihéàtfè l'Ibt^lligebce. La volbntâ de l'homme n eét in* ûùéaéée en défiflitive que par des motifs tirés de son orcfànisatida passionnelle. Un désir ne flëehil jiinàis qnë devant an antre dé«> sir; car, encore bien que celui-ci, pour s'éveiller dans Tâme, puisse avoir besoin du secours; de rintermédiaire de la réflexion, il ne laisse point pour cela d'être lin désir, d'être une impression dé ifftftiNi pàiSlannelle. Un boînme ne difTèrè ë'dn autre Aftmifie à oef ëjjafd, et l'hodimei en général, ne didlfcre des animaux que par la faculté de combiner un plas grand nombre de désirs , et d'être déterminé par des désirs dont les objets sont plus éloignés ou placée ikûi ÛÛè sfitièrê pUl hàdtë : ë'ëél un privilège qu'il doit tout à la fois ^ et à la richesse plus grande de son clavier passionnel , et à la supériorité de ton intfelligence , deux conditions qni sont eorrélatives dans les Ltres.
Quant à cette liberté que ftiâ l^trëiidique quelquefois ponr l'homme comme un des signes de sa grandeur, liberté qui consisterait à vouloir pour le plaisir de vouloir , autrement , à se déterminer sans motifs , nous la IroÙvôns ûné idée singttliêi*êiheôt iiiepitë. Ë'éSt aUàsl l'àHé de Vdltàtte i i tt6iis faddè i%ui^6ii!i, att-il , 4dê rioni àiroiis lè don llteBdiflf ëHëfi^iblë et akhi'dé dé votaldi^ ftdtt« Mtitrë raistfn, èâdS iutrë motif ^Ue eëltat de tdttldil-. t (Métaph,, eh. xi. Le phil. ignonmt)
Là LibmécàiàhHi^ à pbÛibW àëcddiplii< léë actë^ àdf^uéis nous SdlHëitéttt hoÈ litiiitttidlis , cH voix faitérietitM qUi sont autant d*)Éeh4M de la v^ix de Dieu mériië et les interprètes de la volonté par rapport an Inode des relatiëus sddales. L'homme est d'autatit plus libre qu'il est plus à même de suivre tontes les impulsions de sa nature, sans en contrarier aucune. Le malaise moral qu'il éprouve dans l.état actuel tient moins pedt-étré encore à l'impuissance où il est dé donner essor & ses àitràctiôns , qîi*à rimpbssikliié dû rhotHmë sëbt bleti qù'tl Se itàïHie de ddtidër ëét ësstir à qttèl()ttes-tiilés sâdâ en froi^Sël* et ëh ëébtiffler a*àiltrës éiifaleméni im^iériéb^ës. (Gtieirê ÎHiertib de fhmMM met M- MNne, sHaàtidtf que fait à ehaëlin le régime civilise.)
Le /{«mordfj est justement cette réaction d'un sëAtirtient qu'on iaéëoiitih et violé fmur ek satisfaire on antre. Aussi , plaê une
32 THEORIE SOCIETAIRE.
nature est d'un titre passionnel élevé , varié , nuancé , plus , on le conçoit, elle sera susceptible de remords. Le sentiment qui produit celui-ci peut d'ailleurs se fonder sur une opinion fausse, comme il arrive, par exemple, quand on croit que tel ou tel acte indifférent est une offense à la Divinité.
Synthèse de F Attraction passionnelle. - — Application des passions à l'industrie, ou principes abstraits de VOrga^ nisation du travail.
Travail agréable et plaisir utile , voilà en deux mots la vie sociétaire.
J. Lbcbevalisr.
Prends un rabot
( Conseil donné par l'aDieur da Koran an riche qni s'ennaie.)
L'Industrie, dans la plus large acception de ce mot, comprend tous les emplois dé Taclivité de Thomme ayant pour objet d'assurer ou d'embellir son existence. Elle est vraiment la destinée de l'homme sur la terre ; c'est par elle que ce roi de la création est appelé à faire régner dans son domaine l'ordre et l'abondance.
Les sociétés humaines éprouvent encore aujourd'hui, sur toute la surface du Globe, un malaise diversement senti, diversement manifesté, mais qui partout consiste principalement dans FinsufQsance des objets de consommation pour la satisfaction des besoins de la masse. Ces objets sont le produit du concours de l'industrie de l'homme avec les forces de 1^ nature. Celles-ci ne font point défaut; celle-là manque souvent à remplir sa tâche, parce qu'elle a pour caractère général d'être répugnante, et d'autant plus répugnante en quelque sorte qu'elle devient mécaniquement plus puissante et plus perfectionnée chez les peuples civilisés.
Or, il s'agit de diriger l'activité humaine vers l'industne
THEORIE SOCIETAIRE. 33
productive, et de faire qu^elle y déploie spontanément toute son énergie. Pour cela, il faut trouver des amorces qui aient prise sur tous les hommes ; il faut mettre en jeu la puissance qui parle incessamment à tous : rATTRÀiT, la ten* dance au plaisir, à la satisfaction des sens et de Tâme. Le procédé dWganisation industrielle de Fourier s^adresse uniquement à, ce ressort qu'aucune morale philosophique ou religieuse , qu^aucune tyrannie de Thomme n'a pu bri« ser au cœur de ses semblables.
Voyons donc , d'après Fourier, quelles conditions réclament, dans le mode d'exercice de l'industrie , dans l'organisation du travail et des travailleurs, les passions que nous avons reconnues former le clavier passionnel de l'homme, pour qu'elles soient mises en jeu, pour qu'elles trouvent essor et satisfaction dans l'exercice de cette même industrie.
Conformément aux exigences des passions sensitives qui tendent au double luxe, interne et externe, ou santé et richesse, il faut que les ateliers réunissent la salubrité, la propreté et l'élégance ; quUls soient embellis de tout le luxe que chacun d^eux comporte dans sa spécialité ; qu'il n*y ait non plus , soit dans Fextérieur, soit dans les manières des travailleurs, rien de grossier ni de repoussant. Il faut enfin que , par la récompense qui s'y trouve attachée, le travail assure le bien-être de celui qui l'exécute , et lui fournisse le moyen de s'élever au luxe de consommation , de participer aux jouissances que le travail prépare. Cette dernière condition se trouve remplie avec équité par la participation du travailleur au bénéfice proportionnellement à son concours, participation qu'exige aussi le principe ou ressort matériel de deux passions de l'ordre animique , V Ambition et V Amitié,
Suivant les passions de ce deuxième ordre, les quatre Affectives qui tendent aux groupes, le travailleur ne doit jamais être isolé; il faut» au contraire, le placer au mi-
34 THÉORIE SOCIÉTAmt
lieu d*uiie compagnie dgréable de coopératéufs sYtiipkthl^ cfiies avec l6sc[uels il pdlssë fottner et entretenir dés Uèfi^ affectueux. II faat, ëîi bnitë, \e stîttiiilëf pHt Tàftpàt âë dJstinctidtils ëi de gràrfeS k conquérir. Ce dërnië^ àspeët âià groupe iJoiis fait tottctiéf- en ^liëtqire sorte ft Ftfnë âe§ passion^ dii ihai^ième ordre bit Distrtblitives , lesqt^éflè^ «tîgent t)Our leùf é^ibv \à tbtrtmWaii de U Série bit pUttài des Séries de tfrmipêè. Këttdi^qdons d'dilleufs t^iië iont est si admirablement lié dahs rôrgàHisiriè pa^tdriiit^l âë rhomme , më les ëôffdilidiis exigées ^af cbàcitn êë^ itois ordres de Pas^iorià cdricoùrëtli à la sértirfàctidn àë dèltèi dès deiix attirés oriirei, VimttÈ êèi partout éerifë âàhk M cëùvres ië Dlëu.
Ausri le^ Irôîs hdts 6ti io^efê dé rAttractîdn jja^j^lrtiriëlle, ^tti ^diii, cdiiiiftè ofl H vu, lè Ltt*e, là rêtinîcWi tftrf individus en Groupes libres, et la distribution HgtiWiiiiè (Série) dû tiiéè^tiïémë âêè Gtmpééy sdhi dàhi më dépendance fécîprdqtië et lié pmèm êïfé aiiéihtà qjâë émëii^ Hmtnétii,
Insifitdtis hh pëti snt éëi dètii èipFë&^iëti^ dé la ÎMdM socîétali-ë : ÔtHhipè, Sé¥iè.
Le firbûpè, edvisdgé sdti^ k [^apport dé l^liidtt&êrle , è^ la ï'éiihiôn d'un certain tiodibrë de personrië^ pour Texël*cice d'une fonction. 11 fat^i que cette réunidii soit pMà\\é^ mëtit libi'e ël résullé sedlemëtlt defe sytdf)àih2ë§ qdi existent entt-e des dilf^rëritës pel^Sdhnës et de lëdr IhëllUttlidti crfl pà^Éidtf dôtbihuiië |)ôd^ lé tt'àvàfl qùll ^^agfi d^àccdiiipllt' ensemble. Lés détails de la fbnëtidâ âe i'él)â^tissëhi ehtté les inëtiibrës dit gfoupë âtiiifttht lë^ ^Qtiii et les dl>titadë^ de chadud. 11 ^ à de lit sorte une fe^d/ïsdbifilé pbpfi poui" ëha^tië hiënibrë ; illâtà il se ivô^H ëh même téfâps affranchi de toutes les [lartjes du tfàrail qui ont pùixt lui peu db pôitlt d^àttt'àii : 11 petit se rëposef de Id cdtlfëction de celles-là sdr des coopératdurs pleins de zëlë et îHiérë^-* ses comnne lut au succès de rensemblë.
THËOQJK SOCIKTAitt£. ^
l^i^ SÉRIE * est Taffiliation de tous les troupes opérant siyr Mfiç piênae branche de travail, comme serait la ci^llurç
* Sérit «t( m MMt tort hemn»»mâêat tbmii pu fmemr pfiir rrpfjjnrr
blage , pue réonion de choses ayant des caractères communs et des caractères diffiei «utrols , et 4is{Mpp«e daas «a oartain «rdre wmvtmt Im nç^ortê •» ime»* b|^CiM ^^ilAeiit ev^e elles : p'/osl 9ff>f* ^ff'fm d^.t la f^ri; animale, la Mriç végétale, poor indiquer l'ensemble de» groupes d'animaux ou de v^g^taux qai comfitaeBl les 4cnx' iggne» organiqve^.
«M09 Vwwmf* hu pftftfitf^^l^, l9f ^Ù^ i^ftiwelf fk l>opnpe. I(eii P^i^f enfin , sont pareillement assujettis à la distribution par séries , et pour que ces forces incoerciblef de lenr nature paissent ^e^ercer tanaonicascment', sam M ^^imr «i^f |B^ , ff^tv ffi^WP ^ *<W?}W^ ^ mal , il fai^i ffv'f^kt npnco^trcnt na milieu /disposé li^i-méfoe conf/ormement à l'ordre sériai^-e, c'est-àdire qu'il faut que -ce mitien (qui est la forine pocMle^ offre des fonctâoiM 4is> trtêfuén pv Muv. #o/t ^^^^ à Ww^ «P«up/Ma, saî^ ^f^n^^^^t^ ip^aAces^vc^-j^s de jcjiapune d'elles considécée ^n particulier.
L'ordre ^ri^re appliqué à l'organisation sociale exige donc que tonies les pvaisMNHis «oiairt ttÊiéca oalm ellea . «t qo» ilaaw o^aie p<«l««pL«n Un étlfila dilVMss /)n'^ fù/^^f^ ^piepl dytribnés de fa^on f ^ou^,oir être ef ccntés par va certain nombre de personnes reliées entre elles aussi. Par la première dispoaMiea. «Me évHea de «foliaer aacna âfdiv»4v .4mii liwtér^t «l»j«»f , iiaM U p)F9%|^ ffi/ff^ifitfi /l'joa ffifà Quftier; f!U fa seconde, vousécartey du travail l'isolement et la comp/tcatton ^ les deux conditions qui ont le plus de part à l'ennai et aa 4ég«4t ^uc la trmmi OÊfin mmmmâmfipt.
f ^ frffcédé^^inavf p'fi^t- »ati)e c^ow 4^ ^ yroç^dé géj^i^raf éfi jclasstficaliou a qui .consiste , comme on sait » à diviser les .ordres en genres , les genres en n c^ècrs, les espèces en variétés, etc. Vovrier a daooaaf rt les iarnMS générales • fif, ^ fd^yaj^ rmin^* «fffDJflf^ 4e fe ^tpMè, gpi a fié jusqjv'ict em- » ployé seuleipent à mettre de l'ordre <^ans les études ou dans les abstractions, » mais qui jouit avssi de la yro|Miélé 4e meMaa -do l'ordre dans les faits d'in* » lèfpirie . d'^c^vi^ ç^ ê(t rtApt^fiaf^ , «ip tf» ipot .dani tous les J^aUa ^e V^! ajux- » quels ^n sfit l'appl^uer. » (^Afan^esie de l'École sociétaire^ 2^ édit. , p. 98. )
Suivant nous, disciples de Fourier, ÎAaeoeiatimi te peut s' établir que par la distribution sériaire de tous les genres de travaux et do tous les traiipil/yDyrf an sein de la Commaae industrielle ou Phalange. La Phalange elle-même n'est qu'une Série composée , de même que les termes supérieurs de l'.^ssociation setent 4ea SérisB As PÉdangw, eft«iMi 4e «ôto jaiqu'ià 1» M«A» ^ne eqOpctiivB jju^, fornu:rf le ^/W|p«|pri]^emen^ ii^itaire du Globe. Alnf P sera réalisé , dans l'ordre des faits sociaux, ce qu'on avait remarqué depuis longtemps dans l'ordre An ftiti ««l«i«ls , M -que tout s'sflàce far .wm forts d'éfikél0 » l'uMé^é , t onm^ jlgrtffdfltf^0VfH9^4^ià.%nitfttm^fceit4*T*' (Pen^e d/o Parme uide et de Platon, que Baco/a cite en leur faisant un sujet de reproche d'avoir laisse cette vérité à FéMyvMBM»af ipéoalatlC.) (^ ouf». $piem., U». $» c 4.)
Wp^^ ^'wyjiy<Mycff -cfi^ilflffae daaa cdto n4»ta, os devra faix s'étonner de nous voir employer quelquefois comme équivalentes ces locutions : Organisation sériaire^ ^dre soeiÂaire, Associati&n. Harmonie. La première de ces exprcs- 49» i« tfffffuU plos an m^yen , an mo^e ; ie« irois dâmières . an but , au rés)^ltat que nous avons en .vue.
36 THKORIË SOClbTAlRË.
d'un fruit, par exemple. De ce rapprochement des groupes dans la Série naît entre eux une émulation ou rivalité qui double leur ardeur (Cabaliste). L effet passionné sera d^aotant plus sûrement et plus vivement produit, qu*il y aura plus d'analogie entre les produits de deux groupes voisins, et qu^il pourra ainsi s^ établir entre eux plus de termes de comparaison. De là le principe d'ordonner les groupes d'une Série par nuances trës-rapprocbées, autrement d'en former une échelle compacte.
Les Séries enfin doivent être en certain nombre et engrenées de telle sorte qu'elles offrent aux travailleurs la faculté de passer d'une série à une autre, c'est*-à-dire de changer d'occupation au moment où ils sentent leur ardeur se ralentir pour le genre de travail auquel ils étaient d'abord livrés {Papillonne), « Cette passion, la plus proscrite de toutes, est celle qui produit l'équilibre sanitaire : la santé est nécessairement lésée, si l'homme se livre douze heures chaque jour, pendant des mois et des années, à un travail uniforme qui n'exerce pas successivement tontes les parties du corps et de l'esprit. La variété des fonctions et la brièveté des séances ont encore l'avantage de multiplier les liens affectueux, de corriger ce qu'il y aurait d'exclusif dans l'esprit de corps , enfin de faciliter l'accord des associés sur le point capital de la répartition des bénéfices. »
Les dispositions qui précèdent assurent donc l'essor de deux des Distributives , la Cabaliste ou Emulative, la Papillonne ou Alternante. Quant à la troisième, la ComposUe ou Enthousiasme, elle tient surtout à la faculté de ne choisir de chaque travail que la partie qu'on aime passionnément (exercice parcellaire). Mais beaucoup d'autres circonstances concourent à la développer au sein des grandes réunions sociétaires, où rien n'est omis de ce qui peut exalter le travailleur, en agissant à la fois sur ses sens et
THEORIE SOCIETAIRE. 37
sur son âme. « 11 faut , dit Fourier, que cette passion s*applique à tous les travaux sociétaires , que la Composite et la Gabalisle y remplacent les vils ressorts qu'on met en jeu dans rindustrie civilisée, le besoin de nourrir ses. enfants, la crainte de mourir de faim ; ou d'être mis en réclusion dans les dépôts de mendicité. » {N. M, ind,, p. 87.)
LMnfluence des ressorts passionnels mis en jeu par le mécanisme sériaire n'est pas sujette à faire défaut, comme celle des mobiles sur lesquels on a spéculé J9«qu'ici pour décider l'homme au travail ; elle est aussi beaucoup plus grande. Enfin, par ses avantageuses combinaisons, le mécanisme sérîaire est lui-même une admirable source de puissance et d'économie. Fourier disait avec raison que tt la Série est à nos moyens actuels d'économie ce que le cric est au bras de l'homme , une force décuple. »
Ajoutons ici quelques indications élémentaires.
Un Groupe, en mécanique sociétaire, doit être de sept personnes au moins, et contenir trois subdivisions, dont la moyenne soit plus forte que les extrêmes qu'elle doit tenir en balance. Le Groupe de sept fournit les trois divisions 2, 3, 2, appliquées à trois parcelles d'une fonction. Mais un Groupe serait mieux équilibré avec
12 Sectaires , divisés par 4 — 5 — 3 16 — par2,3 — 2,3,2 — 2,2
Chaque Groupe a un ou plusieurs chefs, des adeptes et des apprentis.
11 faut un engrenagb de Séries au nombre de 45 à 50 au moins, pour que l'on puisse tenter une approximation de lien sociétaire et d'attraction industrielle.
38 THKOKIE SUUIKTAIRE.