‹ Fourier; sa vie et sa théorieChapitre 35 sur 66 · Par les plni petites réanioDS en travaux et en ménage · texte numérisé non relu

Par les plni petites réanioDS en travaux et en ménage

2. Par séances de la plus longue durée et delà plus grande monotonie ;

3. Par complication la plus grande, affectant à on seul individu toutes les nuances d'nne fonction ;

Par la coxtraintb , le besoin.

niscLTATS

De l'industrie sociétaire :

Richesse générale et graduée.

Vérité pratique.

Liberté effective.

Paix constante.

Températures équilibrées.

Hygiène préventive.

Issue ouverte au progrès.

GoKriAKCB cÉMiRALB et onité d'action.

De l'industrie morcelée :

Indigence.

Fourberie.

Oppression.

Guerre.

Intempéries outrées.

Maladies provoquées.

Cercle vicieux.

. MiSfiancb GiNto&LB et du^icité d'ac* tion.

Les Sociétés dont Thistoire nous a transmis le souvenir ou qui existent encore de nos jours reposent toutes sur le Morcellement industriel , ou exercice de Tindustrie par familles non associées.. Aussi ^ toutes ont-elles présenté, dans des proportions variable^ sieulement , les fléaux énumérés ci-dessus comme résultant de Tindustrie morcelée. Je me borne pour le moment à cette simple observation, me réservant de donner plus loin quelques aperçus sur la nature et Tordre de succession de ces Sociétés diverses qui répondent à Tenfance du genre humain. Jai hâte de passer des généralités de la théorie au mode d'application réclamé pour elle.

THEORIE SOCIETAIRE. M

Principes cùncreU de V Organisation du travail Aperçu des conditions d'un Essai sociétaire, ainsi que des éco^ nomies et autres avantages qu'il procure.

Vivre , ce n'est pas seulement respirer , c'est agir , c'est faire usage de ses organes , de ses facultés , de toutes les parties de nous-mêmes.

J.-J, ROVSSRAU.

Tant qu'une chose n'est pas faite, les hommes s'ëtonnent si on leur dit qu'elle est possible ; et dès qu'elle se trouve faite , ils s'étonnent au contraire qu'elle no l'ait pas éiè plus tôt

Bacon , Grande instaurât, de» te. « liv. 1.

Le mode d*applicatioo , ou platôt de jirérificatîon , de» mandé pour la Théorie sociétaire, consiste dans une épreuve sur un terrain d*une lieue carrée au plus. La première condition d^une semblable entreprise, c^est d*avoir pour indus* trie de base Fagriculture. D^autres industries doivent s*y adjoindre, même dès le début, mais sans sortir du rôle secondaire et en se greffant sur Fagriculture, pivot obligé de tout le système.

Aussi bien qu'il faut à la plante pour son développement de Tair , de la lumière et de Thumidité , aussi bien il faut' pour Tasaociation, à son début, le soleil, les champs, la verdure et Faction directe de Fhomme sur le sol. C*est en face de la nature^ sous la voûte azurée du ciel, au milieu de ces végétaux, parure et richesse de la terre, intermédiaires de vie entre elle et ses autres habitants ; c'est an milieu de ces bons et utiles animaux, compagnons et auxiliaires de Fhomme' dans le travail champêtre; c'est au contact de tout ce qui a vie sur notre globe que le premier germe d'association doit éclore. Au sein des villes, dans leurs sombres et méphitiques ateliers, dans leurs rusés

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comptoirs, une telle création est impossible. Bienveillance mutuelle et relations véridiques entre les humains ne peuvent là ni naître ni s'acclimater.

Autant que possible , on devra choisir pDur Tessai un pays agréable, permettant une assez grande variété de cultures et traversé par un cours d'eau.

La proximité d'une grande ville, de Paris surtout, aurait le double avantage d'assurer le placement des produits de la colonie et d'en faire connaître rapidement les résultats matériels et moraux dans le monde entier. Quelle que soit, au surplus, la contrée où l'essai se fasse, le succès entraînera infailliblement l'imitation de proche en pro che , pat* suile de la (Comparaison des avantages immenses attachés pour toutes les classes à la vie sociétaire , avec les soucis, risques et misères de tout genre, dont nul, ni riche ni pauvre, ij'est âtempt dans l'état social actuel.

L'épreuve peut avoir lieu en grande échelle avec 1,800 personnes , ou en édhelle réduite avec 1,200 ou 600 personnes de tous les âges , telles que les présenteraient des familles entières de cultivateurs et d'ouvriers. Ou bien encore on peut opérer seulement avec des enfants âgés depuis 3 ans jusqu'à 13 ou 14, et au nombre de 300 à 400 environ ; c'est à ce projet que Fourier s'était fixé presque exclus! vemeiU Sur la fin de sa vie. On conçoit que, datis les dernières hy- 'pothèses, l'étendue de terrain. à exploiter se réduira dans la proportion des forces destinées à cette exploitatidb.

Pour réunir les capitaux hécessaires à l'entreprise^ il s'agit de codstituér une compagnie d'actionnaires sous l'in*^ fluence d'un personnage capable d'inspirer la confiance par sa position de fortune , par son renom d'itidustriel ou d'administrateur. Le terrain sar lequel on établira l'essai peut être acheté ou seulement pris à bail avec la faculté d'achat dans un délai déterminé. Sur les préparatifs du matériel, sur la nécessité d'admettre les eolons par essaims successifs et non pas tous en bloc, ce qui produirait

THëORIë sociétaire. 43

de la confusion , du désordre, Fourier présente un grand nombre de considérations que nous omettons ici afin d'abréger. Disons seulement, en général, que les dispositions doivent, être faites de façon que tout se prête i Forganisation des Séries de groupes, appliquées aux travaux de culture , fabrique et ménage.

Occupons-»ttous premièrement du bâtiment d'hubitation* Placé au centre dil domaine de la Pbalange , il devra pré* senter, avec des appartements particuliers pi^oportionnés aux différentes fortunes des colons , des salles publiques (Séristëres) pour Texercice de chaque industrie en grande réunion* Dans toute Fétendue de Tédifice doit régner une rue^galeriC) établissant une communication couverte entre tous les points. Les appartements prendront jour d'un côté sur cette galerie, de l'autre sur la campagne. « Le centre du Phalanstère est affecté eux fonctions paisibles ; Ttine des ailes réunit 4ou8 les ateliers bruyants. Ainsi Ton évite un fâcheux inconvénient des villes civiUsée$ ou Foq trouve à chaque rue quelque ouvrier aU marteau, quelque marchand de fer ou apprenti de clarinette, brisant le tym-? pan à cinquante familles du voisinage. — Tous les enfants logent à Fentre-sol pour jouir du service des gardes de nuit. ».

Je pourrais insister sur les nombreux avantages que prér sente cette dernière disposition ; sous le rapport de la décence et des mœurs, je pourrais Fopposer à ce qui a |icù aujourd'hui, particulièrement dans les familles pauvres » qui n'ont souvent qu'une seule pièce pour père, mère ci pnfants. Mais, obligé de m'en tenir aux considérations ca-» pitales, je passe à Tindication de quelques-unes des prin*? cipates économies (|ui vont résulter du ménage sociétaire*

De même qu'un seul édifice a remplacé avantageuse • ment, sous tous les rapports de salubrité , commodité et même économie, les deux ou trois cents laides masures do nos villages ou bourgs (l'économie portera sur les frais d'entretien et de renouvellement); de même, au lieu de

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300 feux de cuisine et de 300 ménagères, on n*a plus que 4 ou 5 grands feux , et une douzaine de personnes expertes préparant des services de divers degrés assortis &-^usîeurs classes de fortune ; car TAssociation , fort différente de la communauté, admet partout les inégalités, qu'elle utilise en même temps qu^elle leur ôte tout ce qu'elles peuvent avoir de blessant dans Tétat actuel. 11 y a des salles à manger communes offrant des tables de trois prix au moins , graduées suivant les âges ou les autres convenances, au gré des commensaux; mais chacun est libre, quand bon lui semble, de prendre son repas chez lui , en famille ou solitairement : Fépargne, qui tient surtout à la préparation culinaire en grand , reste la même. Elle n'est guère moindre sur les autres branches du travail domestique. A 300 greniers, 300 caves placés et soignés au plus mal, TAssociation substitue un seul grenier, une seule cave bien placés, bien pourvus d'attirails et n'occupant que le dixième des agents qu'exige la gestion morcelée. (AT. M, ind»)

ttLe progrès, c'est l'économie du temps, » a-t-on dît. Ce n'est là qu'une demi-vérité , on c'est plutôt même une contre-vérité quelquefois, tant que les intérêts des maîtres et des salariés ne seront pas unis par l'Association. Mais, sous le rapport du temps, quelle économie que celle qui, pour la France seulement , se multiplierait par le chiffre de six ou sept millions de ménages qui existent dans ce pays , et qui emploient à peu près tout le temps d'un nombre au moins égal de personnes ! Ces six millions de ménages isolés, convertis en 18 ou 20 miUe grands ménages combinés , réduiraient le travail domestique dans la proportion de 6 & 1 pour le moins. Ce travail n'exigerait donc plus que le temps d'un million de personnes, quoiqu'il dût , par suite de la pluralité des fonctions de chaque individu en régime sociétaire , rester réparti sur un bien plus grand nombre de sujets de l'un et l'autre sexe, mais qui variera ion l oc gcnre--d'occupatîon par des séances de

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culture et de fabrique. Ajoutez Femploî utile de la moyenne et de la haute enfance, qui aujourd'hui ne Tait guère autre chose que nuire et détruire, et qui, entraînée au bien par Tesprit corporatif si pubsant sur cet âge, rendrait tant de services, particulièrement dans les cuisines, où il y a une foule d'oeuvres appropriées à ses forces , à son intelligence et à ses goûts. Mais , pui^ue j'ai nommé l'enfance, par anticipation sur ce qui sera dit ailleurs à son sujet, envisageons-la un moment dès le berceau, car ici nous touchons à Tune des plus belles branches d'économie que réalise l'Ordre sociétaire.

Les soins que réclame le jeune âge, et qui aujourd'hui absorbent constamment un bon tiers des femmes, sont assurés au Phalanstère, moyennant un assez petit nombre de bonnes, qui ont alternativement la garde des salles où sont réunis les enfants. Ces Séries ou compagnies de bon» nés ne sont pas fournies exclusivement par une classe de la société, pas plus que ces femmes elles-mêmes ne sont astreintes à ce seul genre d'occupation. Toutes les per» sonnes qui ont le goût de quelque nuance du service enfantin, élevé, comme tous les autres, au rang de fonction publique, s'y enrôleront, quelle que soit leur position de fortune. La mère, au surplus, vient aussi souvent qu'il lui plaît visiter son enfant, lui prodiguer ses caresses, l'allaiter à son heure si elle nourrit; puis elle peut retourner en tonte sécurité aux occupations diverses qui l'appellent : un groupe affectueux et zélé veille en son absence sur l'objet de sa tendresse.

On peut reconnaître ici une extension du principe des salles d'asile et des crèches, extension praticable seulement en régime sociétaire. Mais remarquez quelles garanties offre aux parents une semblable organisation des personnes chargées du soin des petits enfants; comparez ces garanties à celles que présente parmi nous, aux familles riches elles-mêmes, une pauvre bonne isolée, qui

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n'a, pris que par nécessité le plas souvent cette tâche pleine d*ennai, de tracasseries et de dégoûts, et qui doit sans reUche, pendant 12 on 16 heures chaque jour (si«non pendant les 24 heures de la journée), surveiller, apaiser, nettoyer Tenfant ou les deux ou trois enfants confiés à ses soins. Dans les familles pauvres, grâce à la disposition que nous venons dlndiquer, le père, qui a tant besoin du repos de la nuit après une journée de labeur pénible, ne sera plus privé de sommeil par les cris con* tinus d'un marmot Ici se rattachent beaucoup de vues que nous reprendrons plus loin en parlant de Féducation.

Passons aux considérations agricoles. Inutile désormais, sur les terres de la Phalange considérées conmie propriété d*un seul homme, d'élever et d'entretenir les murs de clô» ture, les haies, les bornes, qui occupent, au grand détri* ment des produits , une notable partie du sol, et qui sont Toccasion de tant de procès. Les diverses cultures sont ré^ parties suivant les convenances du terrain. L'on ne pdut songer aujourd'hui à mettre en verger et eu potager une foule d'expositions favorables, mais qui ne seraient pas à l'abri du vol et de la dévastation. C'est l& le grand obsta«» cle à la multiplication des arbres à fruits. Pourtant, que peut-on comparer aux vergers pour la valeur du rapport? L'aménagement des eaux pour des irrigations générales i l'utilisation de toutes les matières pouvant servir d'en-* grais, le choix des meilleures graines d'année en année sur des quantités considérables, le même soin de n'em-> ployer pour la reproduotion que les plus beaux sujets de chaque espèce animale, le secours des machines dans une multitude d'opérations, seraient autant de causes d'enrichissement. Ce qui contribue à éloigner des poptilations adonnées à l'agriculture l'aisance et une certaine prospé-^ rite ûnancière, c'est qu'en général leur temps ne saurait Olre orrupé d'une manière fructueuse pendant la mnu-

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vaisc saison. Mais le Phalanstère a, lui, ses fabriques, qui préviennent tout cbômage et toute nécessité d*un travail ingrat et intempestif au dehors des habitations. 11 n^ a point de morte saison pour la population sociétaire. Les ventes et les achats se font au moment le plus favorable, par un petit nombre de personnes, les plus aptes à ce genre d'opérations. On voit aujourd'hui cent laitières por-^ ter au marché 300 brocs de lait, que remplacerait un tonneau sur un char à soupente, conduit par un homme et un cheval. Autant de sacs de grain à vendre, autant de villageois, pour ainsi dire, qui vont perdre une demi-jour* née dans les cabarets de la ville ou du bourg. L'Association, au contraire, expédie ses convois de grains et d'autres denrées sous la garde d'un ou de deux agents, et elle a son entrepôt à la ville en cas de non-vente.

Pour son approvisionnement de toutes les choses qu'il ne produit pas lui-même, le ménage' sociétaire ne passe point par les hiains des petits marchands qui rançonnent à plaisir le ménage morcelé ; il achète en gros et presque toujours en fabrique. Par là il s'affranchit du tribut énorme prélevé par le corps commercial sur le producteur et le consommateur, tribut qui, suivant des ealculsi de M. Lemoyne, ingénieur en chef des ponts et chaussées^ s'élève en France à 1,350 millions au moins su^ les seul? produits de l'agriculture, évalués à 4 milliards 1/2 ^ Voilà donc un budget que personne né songe à discuter, et qui pourtant est plus louni que celui de l'État

C'est le cas de dire un mot du commerce dont Fourier a si bien exposé tous les vices, sauf à revenir sur ce sujet quand nous ferons l'analyse de la Civilisation.

- La fonction du commerce consisté à servir de lien entre le producteur et le consommateur, à faire arriver à la

I Calculs agronomiques. Un vol. in-8*>. Gbci Carilian-Gœury, libraire , quai deft ilugnstins , 41, à Paris. '

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portée du second les objets créés par le travail du premier. Le commerce, d'ailleurs, n'ajoute rien par lui-mên^e à la quantité ni à la qualité du produit. Multipliez tant qu'il vous plaira les agents de Véchange ou de la négocia^ (ion, il ne sera pas ajouté par leur fait la valeur d'une obole à la richesse sociale. Tous ceux que vous aurez en plus du nombre nécessaire pour remplir la fonction dé— finie ci -dessus seront des parasites sociaux, gens vivant aux dépens du travail d'autrui, sans que leur travail k eux-mêmes profite en rien à la Société. Qu'il y ait vingt épiciers dans une localité où quatre magasins de ce genre suffiraient amplement, il n'en résultera absolument aucun avantage p.oar la population, qui, d'une manière ou d'une autre, supportera néanmoins, les frais des seize établissements de trop, et ceux peut-être de l'enrichissement d'une partie de ces marchands inutiles.

Mais le parasitisme n'est pas le seul vice du commerce. Constitué comme il l'est en civilisation, le commerce se trouve en opposition directe d'intérêt avec le producteur et le consommateur. Son intérêt est d'acheter à bon marché du premier et de revendre le plus cher possible au second; c'est-à-dire qu'il doit déprécier de son mieux le travail de l'un et exploiter les besoins de l'autre, les dominant tous les deux en outre par l'avantage des capitaux et par la nécessité qui les lui asservit à heure une , pour ainsi dire. Voilà ce qui explique les fraudes, les malversations sans nombre du commerce, qui croissent naturellement partout avec le noikibre des commerçants.

Il ne faut pas confondre le commerce avec les industries productives, l'agriculture et la fabrique. Il es( même à remarquer que les malversations de celles-ci , telles qu'altérations de produit et de qualité ,^ n'ont lieu que sous l'influeiace de l'esprit mercantile, à l'instigation du commerce le plus souvent et pour ses convenances; les sophistications opérées par les agents commerciaux, au contraire,

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réagissent de la manière la plas fâcheuse sur la production. S* il se fabrique, par exemple, tant de vins frelatés dans le commerce, qui donc est le premier à en souffrir, si ce nV^t le vigneron , les débouchés que devaient trouver les produits de son industrie étant usurpés par ces drogues de la composition du commerce? Je passe sous silence les lésions causées à la santé du peuple par suite de ces manœuvres coupables et de beaucoup d'autres inspirées également par la cupidité mercantile : qu'il suffise de dire que le mal produit sous ce rapport est incalculable. Toute cause nuisible qui agit, ainsi d'une façon permanente sur la. sauté des masses étend ses ravages aux générations successives par l'influence de parents daturos soholem deteriorem.

Jugeons par les résultats si le commerce (et nous y comprenons la banque, qui est le commerce de l'argent ) ne jouit pas de quelques singuliers privilèges. 11 élève à W seul plus de fortunes que toutes les autres professions ensemble. L'agriculture est évidemment, à l'envisager sous le rapport des profits, l'industrie la plus ingrate, u Nous voyons chaque jour,. » dit Adam Smith, « les plus brillantes fortunes acquises dans le cours d'une vie d'homme par le commerce et les manufactures, fort souvent au moyen d'un petit capital, quelquefois même sans aucun capital; tandis que l'exemple d'une pareille fortune acquise par l'agriculture, dans le même laps de temps et avec un semblable capital, ne s'est, peut-être, jamais présenté en Eurppe pendant le cours d'un siècle. " (Richesse des Nations, liv. ii, ch. 5.)

Objectera-t-on que, si le commerce a de plus belles chances de lucre, il entraine aussi des revers plus fréquents? Mais ces revers retombent en grande partie par la banqueroute sur les autres professions, tandis que le succès de ses opérations hasardeuses tourne au profit du

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commerçant tout seal. u En bonne politique, disait Fourier, le corps commercial doit être solidaire et assureur de Im-ràème : la Société doit èite garantie cbiltre les banquetotites, Tagiotàge, Taccaparement »

Cette inatiëre n'étant, au surplus, tt'âltêe ici qu'éplsodiqdenient, je iiie borne â faire observer (}uë Tagricultiire n*a contre lès maltersatiods du cotiiniertie qu'un seul recours, TAssociation.

C'est aussi rAssoclaiioil qut peut ititfbdulre dans TagricuitUre la division du travail, ce pAhdpe de là plupart des progrès industriels. C'est elle eiicbre qui, réunissant les avantages de la grande et de la petite iiulturé, dispose de tous les moyens de la (iremifere et de tous les stimulants de la seconde, dont Je plus puissant est Tesprit de propAéiè, (( On travaille bien et joyeusenietit, a dit J.-J. RousseaUj quand on travaille pour soi. » Of, tous les t^avàiUeurs, dans notre Phalange sociétaire, savetit que leur rétribution sera proportionnée au bénéfice général; ils ont à ce titre, aussi bien que le capitaliste lui-mêiUe , intérêt à la pt'ospérité de l'entreprise et une part en quelque sorte dans toutes les propriétés qui eU dépendent. Chacun d'eux apportera donc partout l'œil et les soinâ du maître. Le tort qu'on ferait à là masse, on se le ferait â soi-même. Si ce ii^était pas assez de ce ihotlf contre les tentations du voT, il y en aurait un autre dans la difficulté de cacher et d'employer le fruit du larcin. S'il n'y aVàlt pas de receleurs, dit-oU communément, il n'y aurait pas de voleurs. L*axîome admis, il faut admettre cjue le vôl eét sùppHihé par le fait de l'établissement du Phalanstère \

I Le malfaiteur ne peat foirç aucun emploi de l'objet volé , à moins que (NI ne soii du numéraire, dont il n'est fait presque aucun usage , chacun ayant nn compte Ouvert. Tout anti^ objet ne |»etti se mettre en fente sAns pobUeitë et enquête préalable sur l'origine , sur l'évaluation qui en fut faite en congrèe provincial on autre à l'époque où ledit objet entra en commerce.

Volerait'-oii uû objet de propriété collective, comme an sae de farine? le voleur n'en pourrait rien faire. On ne vend jamaia isolément un sac.

FooaisR, manuscrit.

THPORIË SOCIKTAIBK. 51

Nous n^en finirions pas, si nous voulions énumérer tous les avantages matériels que Fourier démontre inhérents à Tordre sociétaire et qu'il résume en ces mots : Quad^ijp(.e

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