‹ Fourier; sa vie et sa théorieChapitre 36 sur 66 · PRODUIT · texte numérisé non relu

PRODUIT

Quadruple pcodait effectif, mais vingtuple relatif ei plus parle mécanisme de participation. Poqr expliquer ceci, prenons un exemple. Un cabinet littéraire fournit, pour la modique somme de 6 fr. par mois, une masse de journaux et de brochures de circonstance qu'on ne se procurerait pas isolément pour 300 fr. parfnois; i} met dç plus à votre disposition des milliers de volumes. Ce qui arrive aujourd'hui pour une branche de joui^sancç intellectuelle est gé-? néralisé dans le régime sociétaire. Ainsi , au lieu d'entre* tenir à grands frais un équipage et tout ce qui s'çnsuit, pu s^abonne aux voitures de divers degrés que possède la Pha-* lange, et Tau se prpcure de même* par voie 4'abonneineut, avec uqe économie immense, toutes les choses qui ne sont pas d'un usage exclusivement personnel.

On allègue, comme obstacle invincible à l'adoption de cette coutume de participation sociétaire, que chacun veut pouvoir dire : « Mon champ, mou jardin t in$ bibliotb^-' que, etc., » et que, n'était ce sentiment de proprjété ex-^ dusim, personne n'aurait ^ouci d'aa)él)or'er, d'embellir quoi que ce soit.

Ou se trompe : il suffit , pour que le goût des amMiora* tions subsiste et s'ej^erc^ aptivement, il suffit que celui qui .les opère ait la confiauce qull ne pourra être privé d'eu jouir, ni lui, ni les siens^ autrement que de son gré pu du leur. C'est une garantie qu'il a toujours au phalanstère, et presque jamais dans la Société actuelle.

Quant à la satisfaction d'attacher son souvenir à une œuvre qui dure après nous, combien aussi ne sera-t-fUe pai mieux assurée dansTOrdre sociétaire! D'abord l'œuvre elle-même, si elle se recommande par l'utilité ou à quelque autre titre, ne périclitera da"s aucun cas par suilo

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du décès de rhomme qui Favait fondée. Le Groupe et la Série sont des continuateurs qui ne meurent pas, et qui conservent, glorieusement inscrits dans leurs archives , tous les noms méritants, sans préjudice d*un témoignage plus éclatant de la reconnaissance publique, suivant rimportance du service rendu.

En régime morcelé, Fingratitude est le prix des travaux d'embellissement et d'assainissement du sol, comme de toutes les œuvres utiles. A la vue d*une belle plantation ou d'une construction élégante et saine, demandez par qui ces choses ont été faites , la plupart du temps on ne pourra vous répondre; le possesseur actuel n'en sait souvent rien lui-même. Le contrat de vente, constatant que la propriété a passé de Jean à Pierre , de Pierre à Philippe , voilà toute la tradition du domaine : envers lapensée, envers les bras surtout qui Font fertilisé et orné, rien que Findifférence et Foubli. Pure illusion d'ordinaire que de se dire comme F octogénaire du bon La Fontaine : -

«... lies neveux me devront cet ombrage. >

Car quel est aujourd'hui le propriétaire qui puisse à coup sûr se promettre que sa postérité jouira des travaux qu'il exécute, et qu'elle conservera, ne fût-ce que pour vingt ou trente années, avec Fusage du bienfait, la ùiémoire de celui qui en fut l'auteur? Hélas ! à peine l'homme mort, tout ce qui faisait l'objet de sa sollicitude s'ensevelit avec lui ou se disperse dans des mains indifférentes; les collections qu'il s'était plu à former sont vendues à Fencan (témoin la bibliothèque de M. dèTalleyrand lui-même), et la garderobe d'un illustre maréchal de France n'est pas à l'abri de la profanation ' !

La tâche des Civilisés, même de ceux qui sont le plus favorisés du sort, est une tâche de Sisyphe. Sous ce rap-

' Les habits du m.iréchal Moncey , peu de jours après sa mort , se trouvaient étalas derant la boutique d'un brocanteur.

port , il en est des particuliers comme du corps social luimême : il a bieau redoubler d'efforts , la misère et le crime ne cessent pas d y faire irruption et de le ronger de toutes parts.

L^Harmonie seule, société qui a pour élément et pour base le grand ménage combiné ou sériaire, FHarmonîe seule mettra un terme à ce double désordre^ en créant les moyens de r aisance générale et en en procurant Téqui table répartition.

Sous un autre point de vue, quelles facilités une population, réunie ainsi que nous Tavons supposé, ne présentera-t-elle pas pour le développement des aptitudes et des facultés de chaque sujets pour Téducation en un mot!

tDUGATIQN.

lUad antem in exercitiii perpetoo fen^odam eit nt mnnU (qnam tei poteti) nusiaie reprcwDtent e« que in vite «gi ^«ileQt; alioqni motm et f«calUtes mantb perver* tent, non praeparabunt '.

Lat anfanft. eoMÎdMi dm mos otmw Q«lf

en pécapigiie fOc|«]e . sont U cbeyilje oii- Trière de 1 harmonie sociétaire et de Tattnçtion i«d«ttHe4«.

FooKiKa, Komv. Monde

Partout oà j'ai tu les enfanta niis^rabloa, je les ai vas laids et nukbants ; partout oà je les ai vos henrenx . je les ai vus bensx et bons.

BnxABDiH 01 Saint-Pisibb , éhtdes de la natmv.

§vi.

Aperçu général.

L^Ëducation a pour objet de préparer les générations npuveJles à raccomplissement de Tœuvre sociale. Aussi l'Education sociétaire se garde-t-elle bien d'isoler le jeune âge de la vie active pour le reléguer à des études purement théoriques dont il ne sent pas l'utilité : elle a soin au contraire de le rattacher à l'œuvre sociale par tous les moyens de développement qu'elle emploie à son égard. Elle a pour

' c'est on principe qu'il faat sans cesse observer, dans les exercices de l'éducation , qne tout y représente , autant qu'il est possible , ce qui doit se faire Itabituellement dans la vie: autrement ces exercices pervertiront les mouvements et les facultés de l'âme , au lieu de les.préparcr et de les former. ( lUcox. lie l'accroisxement df$ sciences . liv. II. )

But, 00 même temps que de développer intégralement les facultés ph]f8iques et intellectuelles ^ de les appliquer & P industrie productiire* Ne séparant jamais la théorie de la pratique ^ l'éducation sociétaire ou phalanslérienne les fait constamment marcher de front Tune et l'autre , et plutôt la théorie à la suite de la pratique vers laquelle Tenfant est instinctivement porté. Qu'il ait de petits outils sous la main| Tenfant voudra tout d'abord s'en servir; c^est donc avec cette amorce de la pratique qu'il faut l'amener au désir de connaître la théorie par le besoin qu'il en sentira bientôt* La marche contraire est celle que l'on suit aujourd'hui : faut-il s'étonner si l'enfant prend en si forte aversion ces livres sur lesquels on le fait pâlir, sans qu'il aperçoive aucun rapport entre eux et les amusements^ les petits travaux auxquels il aime à se livrer, si ce n'est qu'ils sont l'obstacle interposé continuellement désormais entre lui at la satisfaction de ses goûts les plus chers ? Ainsi l'Education civilisée se met Immédiatement en lutte contre la tiature. De là pour elle la nécessité de réprimer et comprimer sans cesse; car de ces penchants de l'enfant qulelle ne sait pas diriger, de ces forces qu'elle ne sait qu'étouffer au lieu de les employer utilement, tout ce qui pourra échapper à son action va tourner, contrairement au but que Dieu leur avait assigné, va tourner au mal, au dégât, à la destruction. La guerre commence entre l'homme et une société antipathique à sa nature ; étld ne finira qu'avec lui : guerre ouverte ou déguisée, suivant les positions et les circonstances *.

^ Dans son 'traité, de ['Éducation eomidérét par ra]^^t h tom les étnt vivante. M. le docteur Lallemand fait bien sentir que la résistance aux moyens do contrainte et la réaction contra le« tnanVali traitements loni M raison mima de la générosité , de la délioatesse et de l'énergie des natures auxquelles on applique de pareil! procédés, « Ce. sont, fait observer le savant irtembre de l'Institut , oe iont précisément les clievaux les plus ardents , les plus sensibles et les plni (bugtteux, qui se cabrent le plus facilement et m roldisseat contru les jnauvais traitements; cent dont l'ardeur , U sensibilité, l'ontraincment offrent le plus de ressources quand on en sait tirer parti. Il on est de même dhni IVi^

Procédant d'une façon toute différente et se ralliant tonjours au vœu de la nature, TEducation hannonienne observe, épie en quelque sorte les instincts, les goûts ^ les aptitudes diverses de Tenfant, a6n de leur donner occasion d*écIore et de les employer avec sagacité, au fur et à me-^ sure de leur éclosion et de leur développement normal, pour Pavantage commun de la société en même temps que pour le bien particulier , poitr la satisfaction propre dn jeune élève qu'elle doit former et instruire. Ainsi elle fait de Tenfant tout à la fois un être heureux et un membre utile de l'Association. Lui-même, n'ayante essuyer aucune de ces contrariétés qui aigrissent et faussent le caractère , n'éprouve que des sentiments de bienveillance pour tout ce qui l'entoure. Jamais, dans le nouvel ordre, il ne se trouvera, pour la satisfaction de ses goûts ou de ses intérêts, en opposition avec le bien de la masse.

L'Ordre sériaire, qui procède toujours par classement régulier , commence par distribuer l'enfance en six tribus actives , suivant les divers Ages , à partir de 3 ans. Audessous de cette limite, se trouve la période que Fourier nomme de dégrossissement, pendant laquelle les soins matériels sont plus spécialement nécessaires.

§ VII. Basse enfance.

Nous avons déjà dit comment, dans la Phalange, les tout jeunes enfants sont réunis, sous la surveillance de la corporation des bonnes, dans quelques salles bien aérées,

p^ bniD«in« : lei nafores molles se soumettent facilement à la imne^ mais on n'en peut obtenir de grands efforts : les natures énergiques et généreuses se révoltent contre l'injuslico , et la violence les rend indoroptaUes : ^«a entrent en guerre ouverte contre le pouvoir inintelligent qui n'a pas su en tirer parti. (Notedela3«ëdit.)

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chauffées convenablement pour qu^on puisse les y tenir en vêtement léger. Indépendamment des deux catégories de nourrissons et àe sevrés ^ ils sont encore distingués suivant leurs dispositions pacifiques et tranquilles ou malignes et criardes, non - seulement pour que les uns ne nuisent pas au repos des autres y mais encore pour que les personnes chargées de les soigner se partagent elles-mêmes la tâche suivant leurs propres aptitudes et inclinations. Les bonnes les plus patientes et les plus douces s'attacheront au service des enfants les plus difficiles , sûres d'en être récompensées soit par Thonneuï* qui leur en reviendra, soit par une rétribution plus forte de la part de la Phalange , soit par une reconnaissance plus vive de la part des parents. Dans les salles, sont suspendues des nattes élastiqlies, présentant des cavités où peut se caser chaque enfant sans gêner ses voisins, dont il est séparé par des filets placés de distance en distance, qui ne Fempéchent ni de voir autour de lui, ni de se mouvoir en liberté. Pour promener tout ce peuple enfantin , Ton se gardera bien de détourner de leurs travaux le tiers des femmes de la Phalange ; on aura des voitures transportant Tappàreil de nattes que nous venons de décrire ou tout autre appareil remplissant le même usage. Ce sera, si Ton veut, une sorte de nid mobile où, sous la maternelle sollicitude de deux ou trois surveillantes, la jeune couvée s'ébattra joyeuse à la douce influence d'un rayon de soleil printanier.

Les enfants sont visités chaque jour par le médecin et le dentiste, qui donnent les mêmes soins au pauvre et au riche, rétribués qu'ils sont par la Phalange et non point par les particuliers. Au lieu d'être proportionnée au nombre des malades et à la durée des traitements , ce qui place le médecin dans la singulière position d'avoir intérêt à ce qu'il y ait bel et bien des maladies , cette rétribution est en raison inverse du nombre de celles-ci, en raison directe par conséquent de la bonne santé que les médecins savent

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maintenir dang la population confiée à leurs soins. Ainsi la médecine sera surtout préventive ; elle disposera dans ce but de tous les moyens hygiéniques sur lesquels son action est à peu près nulle aujourd'hui , Thomme de Fart n*étant appelé que lorsque le mal eidste, on plutôt lors* qu'il a fait déjà de qptables progrès.

Cette première phase de Teufance, qui nous a jusqu^ici occupés, est a^ssi celle de la premifire éducation des sens; toutes les impressions qui pourraient en léser ou en fausser les fonctions doivent être soignensement évitées. Une personne qui viendrait chanter fai|x au milieu de pos inarmots serait repoussée comme si elle appp^lait nn^ maladie contagieuse, u Dès le berceau, dit FoMrier, pn habituera r^nfant à la justesse d'oreille en faisant chanter <)^ trioa et quatuors dans les salles des nourrissons, en promenant los poupons d'un an qu bruit d'une petite fanfare i^ tpntes parties. On anra de même des méthodes pour joindre Ip raflinement ^qditif au raHinemeqt muMçal, poi^r donner aux enfants la finçss^ d'ouïe qi|i distingue le Sauvage, et pour ei^ercer de mto^ le^ autres seqs. On prendra de^s précairtions pQ»»r former l enfant de bonnç henre à la dextérité, pour prévenir l'emploî exclusif d'une main et d'un bras, qni condamne l'autre bras à nne oialadri^s^^ pçrpétqrile. n

Il s'agit jpi, comm^ on vpif, de T^inploi de la gjintnai^ tique ou somascétique intégrale, qtii §era dViUeurs secondée on roêw suppléée de plus .çf^ pljis , à mesure çjue

l'enfant avancera pn âg^î, par la grande variété des fpnç-»

tipns industrielles, exerçant oUernfitiyement toutes les puissances musculaires, toutes Içs parties du çprps de clia-

qup jeunfi PQrmpniej].

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