Jupiter, Vieillesse : Paternité. Planète-Blnisexe
Avw 1#8 pl^iiàtes Jupiter e\ la Terre, qui représentent les 2 âges extrêmes, n'ont pas le 3^ sexe, l'Androgyne, qui existe dans Saturne pt Uranus, même en vie terre»tre. {^es 2 autres ne l'ont qu eii vie céleste, selon le ^ableaU'
L'âme doit efTeetuer au moins trois fois ce parcours des 4 planètes lunigéres, avant d'être apte à résider dans le Soleil et les L.aetéenife«, d'o^ elle passera dans d'autres soleils, puis dans 4' autres unii^erSy biniverf, triniyers, etc., variant à l'infini ses jouii«a|tfii98 p^. fx^t^riei comxœ en spirito^l, pendant l'éternité.
ÎOO XOTK?.
Vm passani de Tu ne à Faulrc lunigèrr, notre âme fait une sfa* tioD de wie , entre terre et cîel , dans Tétoile ambignë
de la Terre, Vénus, d*Urann8, Sapho ) . de Jupiter, Mars, de Saturne, Protée ]
Observation sur les extraits qu'on vient de lire.
Je ne me dissimule pas qu'il pourra bien s'élever une difficnllé dans l'esprit de ceux qui auront lu les deux citations de Foarîer qui font l'objet de cette note. Dans la première de ces citations, en effet, il est dit que, lors du décès corporel de la planète, nos petites âmes se réuniront à la grande âme planétaire ; et dans la seconde Fourier prétend qu'après un certain nombre d'existences sur la Terre en état d'Harmonie, nos âmes pourront aller habiter d'autres planètes plus favorisées, ,pnis des astres d'un ordre plus élevé.
Ces deux opinions ne sont pas contradictoires : il n'y aura probablement qu'un certain nombre d'âmek, plus raffinées que la masse, qui seront devenues aptes à l'émigration progressive dont parle Fourier. Les autres suivront la destinée de notre Globe, dont le séjour suffira pour l'œuvre de perfectionnement qu'elles auront encore à éprouver. Voilà une explication qui concilie, ce me semble, les deux assertions de Fourier : il y a , au surplus, des questions au sujet desquelles nous aurions mauvaise grâce d'exiger tant de précision, vu que ni la philosophie, ni même la religion, ne nous ont habitués jusqu'ici aux détails circonatanciés à leur égard.
Qu'on rapproche de ces aperçus sur l'immortalité tout ce qu'enseignent sur le môme sujet les théologiens et les philosophes! On pourra juger, d'après la grandeur et la clarté des notions, qui d'eux tous ou de Fourier a le mieux interprété les desseins de Dieu.
L'idée qu'on nous donne généralement de la vie future, est si peu satisfaisante pour l'esprit, qu'elle se trouve critiquée par les apologistes même des croyaUces religieuses ou nous' les puisons. Témoin le passage suivant du Génie du christianisme :
t Pour éviter, t dit M. de Chateaubriand, c la froideur qui rét suite de l'éternelle et toujours semblable félicité des justes, on ■ pourrait essayer d'établir dans le ciel une espérance, une attente
9 quelconque de plus de bonheur, ou d'une époque inconnue dans » la révolution des êtres ; on pourrait rappeler davantage les choses 9 humaines, soit en en tirant des comparaisons, soit en don- » nant des affections et mênoe des passions aux élus : FF^criture » nous parle des espérances et des saintes tristesses du ciel.,.., « Par ces divers moyens on ferait naître des harmonies entre no- » tre nature bornée et une constitution plus sublime, entre nos « fins rapides et les choses éternelles : nous serions moins portes 9 à regarder comme nne fiction un bonheur qui, semblable au n nôtre, serait mêlé de changement et de larmes. » Génie du christ, 2« part., liv. IV, chap. 16.
Nous dirions en langage phalanstérien : Il faut des essors de Papillonne et de Gabaliste même en Paradis ; car voilà ce que de-» mande Tillustre écrivain, et il est en cela bien inspiré. Un paradis qui a donné lien à ce proverbe : Bâiller comme un Bienhetireux, semble avoir besoin , en effet, qu'on y retouche un peu pour le perfectionner et le rendre bien désirable. Tel qu'on nous le représente, il tire son principal mérite de la comparaison avec le Purgatoire et l^nfer, où rien, en revanche, ne se trouve épargné de ce ^ui peut exciter la terreur et Teffroi.
Contrairement à l'opinion de Fourier sur l'alternat d'un sexe à l'autre, saint Augustin dit, dans la Cité de Dieu^ que les femmes ressusciteront avec leur sexe.
Quant aux philosophes, tels que Pytfaagore, qui ont admis la métempsycose^ ils croyaient que nos âmes peuvent revenir dans des corps. d'animaux. Platon, ce Dieu des philosophes, comme Gicéron l'appelle, mais qui était plein de préventions contre les femmes, Platon, dans le Timée, professe les idées suivantes sur la vie future :
a Celui, dit-il, qui passera honnêtement le temps qui lui a été donné à vivre, retournera après sa mort vers l'astre qui lui est échu et partagera sa félicité ; celui qui aura failli sera changé en femme^ à la deuxième naissance ; s'il ne s'améliore pas dans cet état, il sera changé successivement, suivant le caractère de ses vices, en l'animal auquel ses moeurs l'auront fait ressembler, t (Trad. de M. Cousin. )
2M N03XS*
Sur la Chute, et^ à ce propos, sur la création de T homme et des
autres espèces organiques.
La Cbaie, ce faii don& le souvenir est resté dans la tradition de tons les, peuples et qui a reçu du ^énie de Fourier nue interprétaliai^ si lumineuse, la Chute ne saurait êfre rejetée sans que Fan soit foEcé d'.admettre, sur les premiers temps de Fexistence homanitairpt dea.ch03es rationnellement inexpîicahles et dont Fexpérience de chaque jour démontre l'impossibilité. Gomment concevoir, en effet, que THumanilé, si elle avait été placée, an moment de sa création, dans, des conditions terrestres telles que celles qui existent aujourd'hui , eût pn survivre et se conserver, dépourvue quelle était de toute industrie, de tout moyen de défense. Qu'on en juge par ce qui arrive de nos jours aux émîgranf s qui vont chercher à s'étahlir dans les régions encore incultes du Globe : quoiqu'ils emportent des notions de tous les arts les plus utiles et un certain approvisionnement des choses nécessaires à la vie et à leurs travaux d'installatioOi quoiqu'ils arrivent munis d'une £oyale de ressources, tant ii^atériellea qu'intellectuelles, qui manquaieni à la p^emièra génération humaine, ces colons succombent pour la plupart dans leur tentative. Que seraient donc devenus lea^ premiers humain^, ail^ uavaient pa& trouvé, k leur apparition sur la^ terre, une nature plu;i clément et plus facilement prodigue de ses largesses? IJ& n'flturaienl pn , selon, toute probabililé, résister aux causes de destruction qa*iU]| auraient ainsi rencontrées à leurs premiers pas. Il faut par conséquent admettre, conformément aux traditions, qu'il exista dans le premier âge du monda un, état de choses plus ou. moins semblable à celui que Fourier décrit sous le nom d*Edénisme, (Voj[. Théorie des. quatre mouvements, %^ éd., p. 76 et suiv.)
Les causes de la désorganisation de l'état primitif (Société à. Séries confuses), ainsi que la raison providentielle et nécessaire de ce changement, survenu dans le sort des hommes, et de leur passage par des périodes d'initiation pénible, Foui^ier les explique d'une manière pleinement satisfaisante, et sa version s'accorde avec celle qui a été transmise jusqu'à nous par le verbe inspiré des poètes. Lisez à ce sujet, au premier livre des Géor-^
giqmes /VépHoàe Ante JiHmti^ete»., dans lequel Virgile a décrit 'kitrami^Dide l-Âge d'or aux âges pénibles de rHamanité; sur lesôireotisteiiees et sur le 'but de eet événement, il règne entre le ^poëte et 4esocia]iste un remarquable aecord. 11 ny a pas jas- -qu^Ks mythes religieux doiit le «eus obscur ne se trouve adrairtiblemeiit ^éekirci- par la coneeption de Fourier. C'est ainsi qn'a^^ i6n intiarpréttttion de la Ôhute d'une part, et avec les doonées de Fanalyse passionnelle d'autre part, on se rend trèsbien compte du rôle attribué à la femme dans l'acte, ou.plutôt -dao» la- série d'actes qui amenèrent la fin dû bonheur primitif, l'expulsion du Paradis terrestre, comme dit TEeriture.
Get-ééat dcbonheur «vviit 4enu, suivant l'opinion de Fourier, 'à'-eetque Vabondance relative des aliments, l'abseoee des préju- .gés*ainêi*que des diverses influences uMilfaisantes qui se produi- 'Hitoiplusitard dans les.- phénomènes de la nature, avaient permis ftux.-pi«nEiiers)hommes de fmrmerpar Lustioct des Sociétés d'ordre sériaire, '&MSiétéstqui ont la propriété d'harmoniser les passions -^et de (prévenir ainsi la discorde et la .guerre. Mais il arriva un « moment oUf par suite de l'acci^issement de la > population, inex- -|>erte eâeoredans l'agriculture et dans les autres industries, dont le besoin s'était peu fait «sentir tjusque-ià, grâce à la libéralité de-la-iiiikire;'il«rriva un moment, disons-nous, où l'abondance néèessaire au mécaaisme des Séries cessa graduellement pour faire «i^laee à 'la détresse. L'esprit de prudence égoïste naquit alMrs. On commença à se préoccuper exclusivement de ses propres-besoins et de ceux de ses proches. La femme, chez laquelle dawaine, ainsi que Fourier l'a fait observer, l'affection de famille, dut être la première à s'inquiéter pour ses enfants, à vouloir leur ménager des ressources particulières en dehors de l'association t générale. L'ascendant que l'amour lui donnait sur l'homme permit atsémmit à la* femme d'entraîner cdui-ci duis ses projets. C'est ^aittsi que les couples se détacherait successivement de la masse ; 'les^nes' furent' rompues, et avec elles l'Unité et la Solidarité^ gages- de force et de bonheur.
Quiu'aperçeif maintenant le sens allégorique du récit de Moïse^
relativement à'k Chute? Le serpent (l'esprit de. prudence égoïste
'et de ruse) vient d'abord tenter la femme, et la femme à son tour
«édtit T'homnieèt 4ai*persiiade de mordre au fruit défendu, c'est*
à-dire au travail morcelé y qui est contraire aux vues de Dieu.
204 iVOTES.
Il est évident, d*après les termes mêmes de la Genèse, qn'il dot y avoir dans le principe an mode d'exercice do travail, ne présentant point le caractère pénible du travail qui fut imposé à Adam en punition de sa faute. Avant celle-ci en effet, et an moment où le premier homme fut placé dans le Paradis terrestre , ce fat , suivant Texpression de la Bible, pour qu'il le cultivât et qu'il le gardât Tulitergo Dominus Deus hominem , elposuit ewn in paradiso toluptatiSf ut 0¥EKARSTVR etcustodirct Ulum, Gen., II, 15.
L'homme, avant sa faute et dès Tinstant de sa création, fat donc destiné par Diea au travail, et le travail ne pouvait avoir alors le caractère d'une peine, puisque Fhomme ne s'était pas encore rendu coupable.'
De même en ce qui concerne particulièrement la femme, qœ Dieu avait faite d'abord ïassociée de rhomme^ sa compagne égaie en droits (mulier quant dedisti mihi sociatn, Gen., UI, 12), ce n'est qu'après la faute de rébellion commise, qu'elle est placée sous la puissance et la domination de l'homme. « Je multiplierai,! dit Dieu à la femme, a vos chagrins et vos conceptions : vous ai-
V fanterez dans la douleur; vous serez sous la poissance de " l'homme et il sera votre maître» ^ Multiplicabo œrumnas tuas et conceptus tuas : in dolore paries filios, et sub viri potestate erisy et ipse dominabitur iui. Gen. , III, 16.
Toutes les expressions de ce texte se prêtent admirablement i l'explication que Fonrier a donnée de la Société édénieiine. Ainsi, suivant lui, la fécondité des femmes y était moindre qu'elle ne le devint une fois que la division par couples conjugaux eut été adoptée, et nous voyons qu'un des châtiments que Dieu dénonce à la femme, pour prix de l'infraction dont elle fut l'instigatrice, c'est qn'il multipliera à l'avenir ses conceptions.
Les paroles que Dieu adresse à Adam ne sont pas moins favorables à l'interprétation de Fonrier : « Parce que vous avez Il écouté le conseil de votre femme et mangé de l'arbre dont je f vous avais défendu de manger, la terre sera maudite à l'endroit f de votre œuvre, et ce n'est qu'à force de travaux pénibles que
V vous vous nourrirez d'elle tous les jours de votre vie.' Elle vous « produira des épines et des ronces. . . i Mdledicta ten^a in opère tito, spinas et trihulos germinahit tibi. Gen., III, 17, 18.
Enfin Dieu chasse Adam du paradis de volupté , du séjour du bonheur, et place devant l'entrée de ce lieu de délices des Ghé-
NOTES. i05
rubins agitant des glaives de feu pour garder la route de Tarbre de vie. V. 23, 24. Ne peut-on pas dire encore , dans le sens de TexpUcation de Foorier, que les Chérubins qui gardent, avec des épées de feu , la route de Tarbre de vie, sont les préjugés moraux et religieux qui, sous la menace des plus terribles châtiments, et au nom du ciel même, ont longtemps écarté l'homme de la recherche et de la réalisation des conditions naturelles de sa vie. sociale ?
II ne faut pas, d'ailleurs, voir dans Adam un seul individu, ce qui se concilie mal avec le texte même de la Genèse, oui il est dit, dans un passage antérieur aux précédents et avant qu'il soit encore question d'Adam et d'Eve comme individus :
t Dieu créa l'homme à son image, et il les créa mâle et femelle. Dieu les bénit.et leur dit : Croissez et multipliez-voUs , remplissez la terre et vous l'assujettissez, et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui se meuvent sur la teire. v Ch. I, v. 27 et 28.
Il faut donc, avec plusieurs savants commentateurs, reconnaître dans Adam l'homme universel , le genre humain pris abstractivement, la collection des premiers types humains, qui durent êt^e créés en assez grand nombre pour satisfaire aux conditions de sociabilité et pour expliquer la variété, toujours subsistante, des races. Voir sur ce sujet les Transactions sociales de Virtomnius ( Just Muiron).
Suivant l'opinion de Fourier, l'espèce humaine fut créée en échelle ou série de 32 races et les pivotales (2 ou 4) ; total 34 ou 36 races. F. Ind., t. II, p. 806, j. 9.
Ces races, dont quelques-unes ont péri, auraient été ainsi réparties : 20 en ancien continent, 14 ou 16 en nouveau continent. Il dut être créé, toujours d'après Fourier, dans chacune des races primitives 36 à 40 couples, afin qu'elles eussent , en divers travaux, des Séries de Groupes complètes. Ces premiers couples furent créés en âge de pleine puberté.
Sur le mode même suivant lequel s'est opérée la création des espèces végétales et animales, l'explication de Fourier cadre assez bien avec les termes du récit de Moïse. D'après l'auteur de la Théorie de l'Unité universelle, les astres sont des créateurs intermédiaires auxquels le créateur premier, Dieu, confie le soin de produire les espèces organiques qui doivent habiter leurs surfaces ;
206 \OTES.
car» aiafi qne Fa dit Bacon : Dieu ne fait rien que par les cmuses secondes. Or, on lit dans la Genèse, an chapitre premier :
c Dien dit encore : qne ]a terre produise de Fherbe verte qnî porte de la graine , et des arbres firnitiers qui portent dn frnît chacun selon son espèce, et qui renferment leur semence en eoxmêmes. Et cela se fit ainsi. — Dien dit anssi : Qne la terre produise des animaiiT fîTants chacnn selon son espèce, * etc. V. il ett4.
Platon, de son côté , dans le Timée , exprime une opinion qni a dn rapport avec ceDe de Fonrier. < Quand tous ces Dieux 'ditil en parlant des dieux secondaires}, et ceux qui brillent dans le ciel, eurent reçu la naissance. Fauteur de cet univers leor parla ainsi : Dieux issus d*nn dieu..., écoute» mes ordres. Il reste encore à naître trois races. Afin qu'ils soient mortels, appliques- TOUS, selon votre nature, à former ces animaux, i (Traduction' de U. Cousin.)
«Dieu (dit encore Platon au même endroit] doima une âme à chacun des astres, i
Hais arrêtons -nous ; car plus d'un lecteur nous accoserait peut-être de le retenir trop longtemps dans le domaine des fa]'* pothèses....
(Note 6, page 122. ) Qvieis sent les vrais éUuunis du procès social?
Il importe beaucoup d*êire fixé sur ce point et d'apprécier avec .justesse le degré relatif d'influence des faits que Ton considère comme les causes du progrès des Sociétés. Car suivant Fidée qu'on se fera de ces causes, on dirigera ses efforts sur tel ou tel élément de la vie sociale, efforts infructueux s'ils ne s'attaquent pas à Félément essentiel.
Or nous soutenons , nous , qne cet élément est l'industrie, que la réforme industrielle est Findispensable acheminement à toute salutaire réforme d'un autre genre. Et nous croyons, en professant une telle opinion, être plus d'accord avec les faits passés du développement humanitaire, que les gens qui s'obstinent à vouloir régénérer le monde par des constitutions politiques, par des morales et des religions, ou restaurées ou nouvelles. On a beaucoup tenu compte des influences de cette nature sur la marche des Sociétés,
XGliBS. 207
et Ton 'a -trop, n^gligiî, ponr-ne pas dire omis complètement, la part moins apparente, mais pius réelle et plus positive, suivant nous, cpi'y eot de tout temps i'indugtrie'en créant aux hommes de nouvelles. ressources. L'on a fait,^en jugeant de la sorte, comme celui qui ferait dépendre toute la vigueur d'un arbre de la main qui en taille et en dirige les rameaux, au lieu de rapporter principalem^it cette brillante végétatioa que Uarbre déploie , à la riche nature du sol où il &*iraplaDte et & Tengrais quon a soin d'entretenir à son pied.
L'ascension d'un peuple, soit à une période sociale supérieure, soit à upe -phase plus élevée de la période dans laquelle il se trouve, est tonjour» marquée par des circonstances qui augmentent la quantité des produits et en procurent une meilleure , une plus générale distribution. Il est vrai qn à chaque période correspondent des croyances religieuses qui lui sont appropriées : chez les hordea sauvages règne le fétichisme, chez les populations barbares le fatalisme, chez les nations civilisées les dogmes de la résignation et deTenfer. Mais^ce sont là des conséquences de la forme sociale, plutôt que des causes déterminantes de celle-ci.
On fait tous les jours honneur à telles et telles croyances de résultats qui non-seulement n'en découlent pas d'une manière directe , mais encore ont été obtenus quelquefois en contradiction formelle à ce» mêmes croyances. Le christianisme , par exemple , tel que l'ont fait des esprits sombres qui n'avaient rien de l'universelle bienveillance et delà divine charité du doux Sauveur, ce christianisme issu de la défiance et de la peur, non de l'amour, — qui condamnait le monde comme domaine de Satan , qui ne voyait diuQs cette terre qu'une vallée de larmes, peut-il êt^e à bon droit regardé comme le promoteur du développement des arts et de rindustrie auquel les peuples modernes doivent les moyens de jouissance et de luxe qu'ils possèdent ? La religion leur prêchait le renoncement aux biens temporels; cependant, poussés par leurs irrésistibles tendances vers les trois foyers d'Attraction i, les hommes ont poursuivi la conquête de ces biens avec une ardeuc croissante. Qu'on voie là un sujet d'éloge ou de blâme, le principe et les fruits d'une telle conduite peuvent-ils*, sans une inconséquence ioouïe , être rapportés à une doctrine à* ahnéqation , en
^ Lnxe, Groupes, Séries de Groupes, page 18.
i08 XOTES.
vrria de la mauvaise lo^jique du Post hoc^ ergo propter Aof * ? Supposez un chasseur qui ^ayant visé une perdrix an vol, tnenûl, au Heu du volatile, un lièvre gîté à ses pieds : aurait-il après cela bonne grâce à se faire un mérite du succès de son tir ? Ce chasseur ne serait pas aussi ridicule, à mon avis, que les gens qni prétendent que le christianisme, en préchant les privations et la pauvreté, a stimulé les hommes à la recherche des moyens de bien-être et de plaisir , à l'emploi des ressources industrielles, et qu'il a contribué ainsi au développement de la richesse. Il a en toutefois, sous ce rapport, une influence favorable, mais simplement négative : c'est comme agent de concorde sociale, en prévenant quelques conflits entre les convoitises rivales qu'il a désarmées ou amorties.
Je reviens au principe général de ma thèse , et je dis que le Progrès, qui, à en croire certains auteurs, n'aurait jamais maFché qu'un code de morale et de religion, on bien encore un glaive de conquérant à la main, je prétends que le progrès s'est beaQCoup mieux et plus souvent frayé la route avec les outils obscars de l'industrie. La charme, la scie, le rabot, la brouette, les ciseaux, l'aiguille à coudre elle-même, voilà des agents de Progrès, aux services desquels on n'a pas, il s'en faut, assez rendu justice. L'action incessante de ces instruments vulgaires, en procurant aux homnres réunis en société des moyens abondants et faciles de satisfaire leurs besoins d'alimentation , de logement , de vêtement , a décidé plus qu'on ne pense généralement de l'essor qu'ont pris les Sociétés humaines, et des formes mêmes qae celles-ci revêtirent jusque dans leurs sommités religieuses et politiques. Aujourd'hui , les grandes inventions de la mécanique et de la chimie , la navigation à la vapeur, les chemins de fer, le télégraphe électrique , etc. nous emportent évidemment vers de nouvelles formes de sociétés.
Les animaux, ces utiles compagnons et serviteurs de l'homme, voilà encore de précieux, d'indispensables auxiliaires poar loi dans l'œuvre du Progrès social. Le retard qu'éprouve sons ce rap^ port l'Humanité de notre Globe, Fourier n'hésite pas à l'attribuer en grande partie, à l'absence de quelques termes de la série animale, certains types d'animaux du genre le plus utile ayant avorté,
* Après cola, donc à cause do cola.
suivant loi, lora de la création qui a foarai à la Terre son mobilier actuel 1. Quelque opinion qu on se fasse de ces hardies conjectures de Fonrierf sa remarque au sujet de l'influence des animaux sur Im sociabilité bumaine, n'en subsiste pas moins, remarque fondée ' en fait comme en raisonnefnent, et qui trouve sa confirmation dans Fétat comparatif des peuples de l'ancien et du nouveau continent. « Une observation importante à faire,! dit M. de Chateaubriand, 9 sor la lenteur avec laquelle les Américains se civilisent, c'est « que la nature leur a refusé les troupeaux, ces premiers légis- 9 lateurs des hommes. Il e»i très-remarquable qu'on a trouvé ces « Sauvages policés là précisément où il y avait une espèce d'ani- « mal domestique, t (Essai sur les réeôluUons,)
Le même écrivain dit avec beaucoup de raison, dans un autre endroit du même ouvrage :
c Si la philosophie a jamais rien présenté de. grand, c'est sans V doute lorsqu'elle nous montre les Anglais semant de graines » nutritives les îles inhabitées des mers du Sud. »
Dans le même ordre d'idées, je citerai ici quelques lignes de M. Désiré Laverdaiit, extraites du journal la Phalange, n^ du 5M) janvier 1843.
c M. Dupetit-Thouars a introduit aux Marquises des juments ci deaânesses pleines, et des étalons. Il faut, en effet, que le Civilisé donne aux pays sauvages tous les animaux qu'il a domestiqués conformément aux vues de Dieu. On songera sans doute à porter des graines et des plants, pour créer des potagers et des vergers dans le creux des fraîches ravines. Les Marquises ont en abondance des porcs, des chiens et des chats. Le chat y a été laissé par Cook ; c'est une trace précieuse du passage de l'illustre navigateur. Certaines gens trouveront bien trivial qu'on attache de l'importance à une introduction de chats ; ils aimeraient mieux une cargaison de livres philosophants et prédicants. En vérité , pour notre part, nous serions plus fiers d'avoir introduit les chats à Noukahiva, que les méthodistes aux Sandwich. Il y a cette différence entre ces deux espèces importées , que les chats détruisent les rats, animaux malfaisants, tandis que les méthodistes
' Les naluralisteB reconaaisoent pareillemeni des lacunes dans l'échelle animale , ce qui est un des obstacles qu'ils éprouvent à établir des classiOcations régulièrement graduées. ( Voyei à ce sujet les travaux de M. Is. Geoffroy-Saint- Hilaire.)
âéîrnkenî \é» b«nmet. Dm doéttincvli qu'on boqs doBae ^
certains, étebussênt qoé depnis ces demien tempr, unie morl^ lité effrayante décime la population des Stadwicli, et e'eot le frnît de Faction-' des Eoropéens, et particulièrement deonnéA»dîstes. Le régfime pnritanif rigonrenseilient impose, a attristé ces' pauvres sanvages ; le bbirleTerseraent apporté lo'osqaemeBt dans leurs habîtndes, a portî atteinte à la santé générale; An moment où les matelots chrétiens versaient dans iear sang le vînis véné^ rien, les missionnaires cfarétiens lenr défendaient eipressénaent le bain, et affublaient leur nudité d'habits lourds et gênants, pour motif de pudicité. Ainsi emprisonnés dans dès haillons, et éloignés de Teau où ils se plongeaient chaque jour en sonnant, la . malpropreté a développé , entretenu et eiaspéré* chex eux des maladies de peau terribles. Ces pauvres gens, autrefois jojenx, qui apparaissaient tout ruisselants et lustrés, dans lenr nudité naïve et saine, à TEuropéen charmé , et le saluaient de si doux sourires, aujourd'hui passent tremblants et honteux , dégœmllés et puants, flétris, corrompus et pourris, sous le regard do missionnaire qui, poui* un tel succès, élève stupidement vers Dien set actions de grâces. Allez ! Dieu détourne sa face de iiokre osnvre maudite, et il prend en pitié vos misérables folies ! t v.
Afin dé résumer, en finissant, la. discussion établie dans eehit note, je reproduis ici les termes d'une définition que je donnaii, il y a dix ans, dans le premier journal de l'Ecole sociétaire :
c Convergence de plus en plus grande des forces humaines vers la production , en même temps qu'essor de plus en plus libre des faculfcs Individuelles, voifà ce qui pourrait, il me semble, être considéré comme la formule la plus générale du progrès , de ce progrès véritable dont aucun siècle ne répudie l'héritage. Il n'a jamais été rieti entrepris, ni proposé, qui répondit aussi bien à ces deux ternies & la fois, que les combinaisons d'ordre purement industriel que nous travaillons à faire comprendre et à faire essayer, t Réfomk indusMeile, il» du 17 mai 1833.
(Noter, )>agel36.) L0 gouvernement et le commerce.
Il y a tant de pages instructives et curieuses dans la correspondance de Fourier, qu'il nous vient incessamment des
X«TES. «if
«■ nqei de beaneou]» dVstre elles c^ae nous avona forcément omis àe eiter, poar ne pas grossiv oatre mesure ce volume. Parmi ces passages àwm havt iniépét, il s'eft irouve im dam une lettre en date du § décembre 1818 ^ qui offre des considérations trop importantes sur la méprise du génie politique à regard du commerce, pour que nous puissions nous résigner à en priver nos lecteurs*
Nous sommes forcé de prendre la citation un peu haut , mais le préambule lui-même ne manquera pas, croyons-nous, d'intérêt.
Foiiriert qui insistait alors auprès de son disciple , Just Muiron, pour que celui-ci, dans ses tentatives de propagande, voulût bien s*en tenir aux arguments négatifs, à la critique de la Civilisation, la Théorie attractionnelle n'étant pas encore publiée, — vient de lui tracer à cet effet nn programme, dans lequel il éuumère et commente les 7 fléaux limbiques (veyei-en le tableau, p. 40 de cet ouvrage). Puis il continue ainsi :
c Le résultat collectif est la duplicité d'action. On la trouve en tout sens, dans le matériel et le spirituel.
c Duplicité dans les fonctions : deux Sociétés exercent l'industrie ; une autre, la Sauvage, refuse l'industrie et occupe l'ample moitié du Globe. Duplicité* parmi les peuples industrieux (Civilisés et Barbares) qui forment deux sociétés incompatibles, fit parmi les Civilisés , duplicité de peuple à peuple , de pravinee à provinee , de famille à famille. Duplicité dans l'administration, toujours elas* sée en deux partis : hier le nobiliaire et le saeerdatal, aujaard'hui le propriétaire et le mercantile. Duplicité dans l'ordre domestique par le mariage qui ente le lien de famille sur une alliasee d'am» bition , et qui n'offre que perfidie dans les relations conjugales. Enfin, duplicité radicale dans le mécanisme social qui, avec ses illusions de contre-poids, garanties, équilibrées, n'est qu'une vi<H lence fardée, à tel point que si on supprime les tribunaux , sbires et gibets, le peuple soulevé renversera le lendemain l'édifice.
K Nos sciences n'ont produit que la gamme régulière du mal , et si on donnait le monde à gouverner à Béelzébuth, on pourrait le défier d'organiser plus savamment le règne du mal parsemé de quelques lueurs de bien.
I Raisonnons sur le remède , et toujours en sens abstrait, sans recourir à aucun des dogmes de l'Attraction, et comme si sa théorie n'était pas décauverte.
îiî XOTES.
1 Si le canevas do mal est la daplîcité universeUe, le canevas du biea doit être rnnité aaiverselle. La connaissance de ses lois doit nattre de Fensemble des études qui composent le système de la nature. Classons-les en gamme régulière.
Accords cardinaux.
i. Mouvement matériel.