XXXIII
Considérations sur l' origine des fourmilières, sur leur continuation et sur leur fin
Durée de la vie des fourmis
P, S, (1919). Tout ce que j'avais publié en 1874 à ce sujet est erroné pour deux raisons : 10 libre
| alors la longévité des © fécondées des fourmis, prouvée dès lors par Lubbock et Miss Fielde ; 20 J 'ignorais de même, d'un côté, la commensalité parasitique de beaucoup de ® fécondées de Formica, Bothriomyr-. mex, etc. chez certaines fourmis, démontrée par Wheeler et Santschi ; 30 J'ignorais enfin la preuve qu'Huber
avait raison contre Lepeletier et Ebrard, et que les ® fécondes des autres espèces parviennent, quoique
péniblement, à fonder seules de nouvelles fourmilières, comme l'ont montré Mac Cook, Blochmann, Lubbock ni
et moi-même plus tard (voir Ve partie, ch. I). y
Sans doute les grandes fourmilières, avec colonies polycaliques (à nids multiples) peuvent vivre de
nombreuses décades (j'en ai pu suivre une, à Vaux, depuis plus de 55 ans), en retenant de temps à autre des 9 fécondées de leur propre fourmilière ; mais ces grandes peuplades polycaliques sont des exceptions,
de même que leur scission dont j'ai cité un cas dûment prouvé.
La règle ordinaire, c'est la fondation d'une fourmilière isolée par une ® fécondée, seule (quelquefois
| par plusieurs). La fournuiliere vit alors aussi longtemps que la mère fondatrice, unique ou multiple, et
s s'éteint avec elle.
(2 1. PAT Mais il existe d' autres cas curieux, Adlerz a prouvé que l'Harpagoxenus sublevis © et © s'impose de
force à une fourmilière de Leptothorax (Mychothorax) acervorum qui, de guerre lasse, finit par l'adopter.
Un autre cas singulier est celui des Anergates, Formicoxenus et Cardiocondyla, cas que j'ai appelés
« Adelphogamie » (mariage entre frères et sœurs). Chez les Anergates surtout, la fourmilière provient toujours
d'une seule mère, et l'accouplement par des 4 aptères n'étant possible que dans ou sur le nid, il ne peut avoir lieu qu'entre frères et sœurs, Il s'agit donc là d'un inceste normal à l'infini; et pourtant l'espèce ne
fourmilière, coutume qui consiste à manger leurs frères, c'est-à-dire les œufs pondus subséquemment,
Nous avons déjà cité les Bothriomyrmex ® qui décapitent celles des Tapinoma pour se faire adopter, tandis que les Strongylognathus testaceus © s'allient pacifiquement à la © des Teframorium pour sé faire
adopter par sa progéniture. Les Wheeleria d'Algérie; elles, se font adopter par une fourmilière de Monomo-
rium Salomonis et les © de ces derniers sont assez sottes pour occire ensuite elles-mêmes leur propre (@ féconde ; Santschi l'a: prouvé,
s'éteint pas ! Soit dit en passant, il ne faut pas confondre le terme d'adelphogamie avec celui d'adelphophagie, par lequel j'ai désigné la coutume des premières larves écloses des œufs pondus par une mère fondatrice de.
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Ces exemples suffisent, Combien se trompent les vulgarisateurs qui généralisent à coups d' ÉUp tes Il faut observer soigneusement les mœurs de chaque espèce, Et même ici les cas varient; la Formica sanguinea p. ex, nous l'a prouvé à satiété. +94
Rs ; Fe
Les faits ci-dessus donnent la raison pour laquelle tous les membres d'une fourmilière naturelle M appartiennent, sauf de rares exceptions, non seulement à la même espèce, mais encore à la même race, ou
pas
variété. Cela n'empêche nullement la naïssance de produits hybrides par croisements entre variété ou même entre races diverses, lors des noces aériennes, Bien au contraire, c'est là l'explication pourquoi des dits hybrides constituent des fourmilières dont les individus sont, en règle générale, tous assez également 4