‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 27 sur 139 · TON · texte numérisé non relu

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s'élèvera beaucoup au-dessus du reste du dôme, etc, Aussi n est-ce pas la règle de trouver un pareil nid ayant vraiment un dôme de forme régulière, On voit ordinairement un dôme plat, surmonté’ de plusieurs dômes secondaires irréguliers et grimpant autour d'un appui. végétal quelconque. De plus la base du dôme n'est pas un cercle ni une ellipse, mais une courbe irrégulière faisant des avancements dans divers sens. Les dômes secondaires disparaissent presque totalement en automne, et il ne reste alors que le dôme fondamental très. aplati, inégal, composé de terre nue et compacte ; on ne le reconnaît que difficilement. alors pour un nid de fourmis, La F. fusca construit les dômes les moins irréguliers de ces groupe avec le T. caëspitum. Ses dômes sont presque toujours fermés à la surface et ne. s'ouvrent que latéralement ou par des galeries qui s'éloignent du.dôme. Souvent deux ou plusieurs dômes éloignés de quelques pieds les uns des autres sont en communication. souterraine, La F. rufibarbis, qui est plus souvent mineuse que maçonne, au contraire de la précédente, sait aussi bâtir des dômes analogues à ceux de celle-ci. Ils sont plus irréguliers, d'une construction moins massive, moins élevés et percés de plusieurs ouvertures soit au. milieu, soit sur les côtés : les y entrent et en sortent continuellement. La F. cinerea fait. plutôt des cratères en sable que des dômes. La F. sanguinea bâtit souvent des nids de. terre pure qui ont alors tout à fait l'architecture des deux formes précédentes, mais sont. toujcurs percés de plusieurs ouvertures latérales très visibles. Le P. rufescens ne travaillant pas, son nid est bâti par ses esclaves fusca ou rufibarbis, chacun à leur manière, Les nids de P. rufescens sont ordinairement plus grands que ceux de F. fusca ou de F. rufibarbis. seules ; ils sont surtout plus étendus et ont souvent plusieurs dômes secondaires, La F. gagates fait parfois des dômes maçonnés tout à fait analogues à ceux de la F. fusca.. Les F. pressilabris et truncicola font très exceptionnellement des nids à dôme de terre pure” à la façon des F. fusca. La F. pratensis même peut avoir temporairement un dôme analogue. Le T. caespitum rentre dans le type fusca quoique beaucoup plus petit et d'une autre sous-. famille. L'art de bâtir est chez lui au fond exactement le même, seulement les nids se trouvent beaucoup plus finement construits vu la taille des artisans. Les dômes secondaires” atteignent ici une dimension relativement très grande, rendue nécessaire par la masse de grosses larves © et «' que les & doivent élever. Ces dômes secondaires sont un labyrinthe” des plus élégants qui a très souvent pour centre une touffe d'herbe servant d'échafaudage, ou. une tige de plantain ou une autre tige analogue servant de pilier central, Mayr (Ungarn's. Ameisen, p. 19) fait la même remarque à propos de cette fourmi, Le dôme principal est. toujours massif, assez plat, et ressemble à s'y méprendre à un dôme de F. fusca lorsque les. dômes secondaires ont disparu, tellement il est compact, nu et fermé, Ces nids maçonnés de T. caespitum paraissent toujours fermés, sauf lors de la sortie des (; et des ©, et lorsque | les & bâtissent ; mais en réalité ils sont percés à une foule d'endroits de très petites. ouvertures, obstruées ordinairement par quelques grains de terre meuble ou de sable, et qui vomissent des files innombrables de petites ouvrières dès qu'un danger ou une proie se présente. Cette espèce sait du reste bâtir de diverses autres facons, Enfin le Solenopsis fugax, qui vit ordinairement d'une toute autre manière, bâtit quelquefois de très petits dômes en. terre, semblables à ceux des T. caespitum, mais toujours plats, et contenant quelques grandes cases réunies par de longues et étroites galeries à d'autres cases semblables situées plus loin, soit dans la terre, soit dans le nid d'une autre espèce,

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| Nous avons encore à parler des dômes temporaires dont nous avons dit quelques mots plus haut. Quelques fourmis, surtout le T. erraticum, n'en font jamais d'autres. Le but des ômes temporaires est de procurer de la chaleur à des larves ou à des nymphes, et cela romptement, lorsqu'une cause passagère quelconque produit de l'ombre sur le nid. Lorsque a cause qui a nécessité la construction du dôme disparaît, les fourmis l'abandonnent, et il s'écroule bientôt, vu sa fragilité. Le T. erraticum qui doit son nom à ce qu'il change très souvent de demeure, et qu'il déménage avec une rapidité étonnante toute sa famille à des distances souvent considérables, est un des hôtes les plus communs de nos prairies natuelles. Or ses © et ses ' éclosent en juin, c'est-à-dire avant que les prés soient fauchés. Comment se procurent-ils du soleil ? Dès l'apparition des premiers rayons de soleil du printemps les © sont en activité, plus tôt que la plupart des autres fourmis ; elles sortent ‘ pa | leurs œufs des souterrains et les placent sous la croûte superficielle du terrain, car leur nid simplement minè n'a pas de dôme apparent. Là les œufs éclosent rapidement et les lar- ves grossissent. Mais le soleil fait aussi pousser l'herbe et les larves se trouvent bientôt à l'ombre. Alors on voit sur tous les prés s'élever en peu de jours des centaines de petits dômes en forme de tours, auxquelles les touffes d'herbe servent d'échafaudage. Ces dômes s'élèvent per- ‘ pendiculairement ; ils sont à peu près cylindriques ; leur base à peine plus grosse qu'une pièce de cinq francs n'est souvent pas plus large que leur sommet. Ils atteignent ainsi une

ment plus, mais cela leur suffit ordinairement pour dominer la partie la plus touffue des graminées qui se tordent - en cherchant à croître et que les fourmis relient quelque peu entre elles par de la terre pour les fixer. Pas question de distinguer ici des salles ou des galeries, car tout le dôme ne forme qu'un grand hangar. Aussi les ouvrières se tiennent-elles toutes accrochées par leurs pattes au plafond de la voûte ou bien aux innombrables poutrages de terre et de verdure qui composent l'édifice, ou encore accrochées les unes aux autres, portant chacune une larve ou un paquet de petites larves et d'œufs agglomérés suspendu à ses mandibules. Ce dôme

Fig. 45

est toujours percé de plusieurs trous. Sitôt que l'herbe est fauchée, ces dômes s'aplatissent ; dès que les © et les se sont envolés ils disparaissent à peu près totalement, On voit en automne surtout la F. sanguinea élever rapidement des dômes exactement semblables à ceux que nous venons de décrire chez le T. erraticum. J'en vis une fois un de trois pouces de haut élevé en une seule nuït par des sanguinea ; j'ôtai la croûte et ne trouvai en dessous

hauteur de deux ou 3 pouces, rare- :

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aucune trace de maçonnerie, mais simplement une épaisse touffe d'herbe couverte d'ouvrières qui portaient des nymphes. Cette croûte maçonnée ne servait qu'à concentrer la chaleur solaire, Enfin l'espèce Myrmica rubra et toutes ses races, surtout la M. laevinodis, élèvent, des dômes. temporaires presque identiques à ceux du T. erraticum, mais à parois moins. verticales ; cependant elles se passent le plus souvent de tout dôme, sauf la M. laevinodis. Elle ne font jamais de dômes permanents ‘).

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