SENS
d'une intégrité parfaite à l'extérieur ; seulement vers Ta base, on apercevait, en regardant attentivement, quelques petites ouvertures arrondies cachées dans les anfractuosités de l'écorce et prêtant passage aux fourmis. Non seulement le tronc, mais les racines de l'arbre L sont souvent aussi occupées et le labyrinthe y est encore plus fin que dans le tronc, comme le montre Huber. Le carton est ordinairement de couleur noirâtre, comme du noir de fumée ; il en est de même du bois naturel servant de paroi, mais le microscope montre souvent sur celui-ci une couche de . éarton travaillé, J'ai cependant vu une exception remarquable rate phénomène ; c'était un nid construit dans le tronc d'un € grand sapin, près de Zurich ; le nid entier était d'un jaunâtre très clair, et l'on distinguait déjà à l'œil nu la différence entre nn ne le carton ligneux. Cela se voyait surtout bien sur une fine lamelle verticale de bois naturel, laissée telle quelle au milieu du labyrinthe, et contfe laquelle les étages horizontaux venaient s' appuyer. Je n'ai jamais vu de couleur intermédiaire entre le noir de fumée ordinaire et ce cas particulier ; je ne puis m ‘expliquer ce fait, Tous les auteurs ne parlent que du bois noir, Je crois, comme Huber, que les L fuliginosus habie. tent indifféremment tous les grands arbres, J'ai vu leurs nids É dans des chênes, saules, bouleaux, noyers, châtaigniers, pommiers, pins et sapins. De plus ils s'établissent quelquefois dans les maisons et dans les murs. Dans les maisons ce sont les interstices entre les poutres et les planchers qui leur servent à ‘installer leurs labyrinthes. Les L. fuliginosus recherchent les : ‘arbres creux pour ÿ construire leurs nids. Ne pouvant en donner de figure, je remplace celle-ci par celle du nid en carton de l'Azfeca Mülleri, construit en carton dans la tige maîtresse de l'arbre tropical Cecropia, dans le Brésil du sud. Enfin les fourmilières du L. fuliginosus sont les plus riches en individus de | toutes celles de nos contrées, aussi forment-elles fort souvent Fig. 49 des colonies polycaliques dans les bois dont chaque arbre devient L. un nid ou une succursale de cette espèce. L'arbre le plus gros et le plus vieux sert ordi nairement de métropole ; des chaînes de fourmis relient ce gros arbre aux autres, et ceux-ci entre eux. J'ai compté ainsi 10 arbres rapprochés occupés tous par la même fourmilière. Outre cela il y a des arbres environnants où les fuliginosus grimpent pour chercher des pucerons, mais sans faire de nid dans leur tronc ; il n'est pas toujours facile de s'assurer dès
J'abord si un arbre n'est habité qu'extérieurement ou s'il l'est aussi en dedans ; maïs on y arrive sans peine par une observation un peu suivie, Les arbres sains ne sont jamais attaqués à l'intérieur.
Tout récemment M, le D' Marcel, à Lausanne, a découvert dans les carrières de
fuliginosus. M. Marcel à eu l'obligeance d'en recueillir une partie à mon intention et d' observer avec soin le lieu où il se trouvait ainsi que la manière dont il était construit,
. Villars, au-dessous de cette ville, un nid très remarquable habité et construit par des Lasius.
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commencement il s'échäppa quelques vapeurs empyreumatiques, puis plus rien; les
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ce dont je lui témoigne ici toute ma reconnaissance, Un mur au bord duquel croissaient :
des buissons d'aubépine était en démolition ; le terrain sabloneux du pied de ce mur avait été enlevé en partie au niveau des racines de l'aubépine qui étaient à découvert. C'était là, en dessous du niveau du sol, que se trouvait le nid en question à demi détruit et attenant encore au mur aïnsi qu'aux racines de l'aubépine. Ce nid était un labyrinthe dont l'aspect était presque identique à celui des nids ordinaires de L. fuliginosus dans le bois ; ses cloisons
étaient tout aussi minces. Sa couleur était aussi noirâtre, mais avec une teinte un peu plus
grise, et la surface des cloisons était recouverte aussi en grande partie de la même couche veloutée de fines villosités que nous avons décrite, Vues au microscope, ces villosités pré-
sentaient les mêmes chapelets de cellules (Fig. 32, V) pourvues d'un noyau distinct, Mais
toutes les cloisons du nid étaient en outre incrustées de nombreux: points blancs qui
n'élaient autres que divers petits grains de sable blancs ou gris (cristaux de quartz entre
autres) dont quelques-uns étaient roulés. Plusieurs cailloux de plus grande dimension étaient aussi pris dans les parois du nid. De plus la consistance de ce nid était plus cassante, moins élastique que celle
même dès l'abord du fait très important que le nid était entièrement
avant de construire, ou tout au moins en construisant. Il soumit aussi Fig. 39 ‘des morceaux du nid à la calcination au moyen du. chalumeau ; au
fragments conservèrent leur forme et diminuèrent à peine de volume, mais ils prirent une couleur rouge de brique, et devinrent lus friables. Donc la majeure partie de la matière des parois du nid est inorganique, et de nature terreuse. Je refis cette expérience avec le même résultat, et pour comparer je traitai aussi par le chalumeau des fragments de nids ordinaires de L. fuliginosus en carton ligneux. Ils furent en quelques instants réduits en fumée, ne laissant qu'un faible résidu de cendres blanches comme le premier morceau de bois venu.
La différence est donc aussi tranchée que possible. Les fragments du nid de M. Marcel ne peuvent pas plus être désagrégés par l'alcool, le chloroforme, les acides, les alcalis et l'eau froide ou chaude que ceux à
des nids ordinaires. Comme ces derniers, et presque plus qu'eux, ils deviennent concu
mous, flexibles, un peu gélatineux dans l'eau, Donc la substance évidemment organique qui r
relie les parcelles terreuses et les petites pierres dont ils sont composés est insoluble dans les
des nids construit dans le boïs, sans être moins solide du reste, Sa : densité paraissait aussi plus considérable. M. Marcel fut frappé lui-
souterrain, et que par conséquent les fourmis devaient avoir miné
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e Les constructions du nid de M. le D: Marcel venaient se coller au mur et aux racines
n aident à nd la structure des autres, ds ne peuvent malheureusement pas expliquer la manière dont les : L. fuliginosus s'y prennent pour bâtir. Cette question ne pourra être résolue que par l'observation directe,
: minées be # re à la façon des autres fourmis mi- neuses, sans ‘ciment spécial, souvent à une certaine distance du nid principal. Il sait aussi employer la sciure de bois pour boucher des ouvertures qui le gènent au lieu de les 1 murer avec son carton ligneux. Il sait en un mot maçonner et travailler la sciure de bois, dans son état naturel, sans se servir de la substance .collante dont il fait son carton. Il a Re enfin un trait commun avec les autres espèces du genre Lasius, c'est une certaine symétrie, 2 ‘une certaine routine dans son architecture !). PES
; APS (1919). br le sud-est de l'Europe et en Italie, le Liometopum microcephalum construit, dans les arbres creux, des nids en carton analogues à ceux des L. fuliginosus. Dans les tropiques, les nids en carton abondent, maïs là on en trouve bien plus à l'air libre, perchés sur des branches ou adossés au tronc,