Nids des maisons
Cette catégorie, intimément liée à la précédente, ne s'en distingue que par ce que plusieurs espèces qui en font partie attaquent aussi les poutres et les planchers qu'elles perforent souvent entièrement. Ce sont surtout les C. ligniperdus, herculeanus et vagus qui peuvent, cette manière, causer de grands dommages.
Le Lasius fuliginosus établit parfois son nid en carton entre les planchers doubles des + maisons, ou dans d'autres cavités appropriées. Il constitue alors une véritable infection pour la maison, qu'il rend presque inhabitable tant qu'on n'a pas découvert et détruit son nid. Comme, suivant les pays et les climats, ce sont des espèces très différentes qui s'établissent dans les maisons, je rappellerai que je m'en tiens à la Suisse. Il est inutile de répéter ici ce que chacun sait, c'est que nos Lasius emarginatus, une fois qu'ils ont envahi une maison, s'établissent dans les fentes de tous les murs, et peuvent arriver jusqu'au toit, qu'ils entrent dans les chambres, dans les cuisines, en un mot qu'ils se considèrent comme les vrais propriétaires du bâtiment, On peut regarder une fourmilière de maison de cette espèce comme une colonie qui établit ses nids dans les fentes des divers étages et des diverses façades, les reliant entre eux par des chaînes de fourmis qui suivent ordinairement les corniches et les pieds de murs. J'ai eu l'occasion, lors de réparations faites à la maison de mon père, de voir les grands vides ou salles basses horizontales des Lasius emarginatus entre les pierres fondamentales des murs qu'on démolissait. Des milliers d'ouvrières défendaient avec fureur leur couvée privée si inopinément de son abri. Les F. cinerea, rufibarbis et fusca, les L. niger, T. caespitum, C. scutellaris, M. structor n'habitent jamais les étages supérieurs des maisons, et ne pénètrent presque jamais dans les appartements ; ils se contentent de s'établir dans les murs extérieurs et entre les escaliers et les corniches du rez-de-chaussée : parmi ces pièces, les deux dernières ne se trouvent qu'en Tessin ; les autres offrent ce genre d'habitat plutôt dans la Suisse centrale et septentrionale, Le Las. umbratus vit aussi parfois dans les maisons ; je ne l'ai vu qu'une fois sortir des murs extérieurs, tout en bas.
I] niche dans les scubassements. Le L, affinis fait parfois un peu de carton autour des poutres ou des racines d'arbres. Parmi les quatre sortes de fourmis que nous avons vu s'établir dans la partie ligneuse des maisons, le C. vagus ne le fait que dans le sud de la Suisse, en Valais et en Tessin, où il s'établit surtout dans les poutres et dans les planches des maisons en bois ; les trois autres espèces ne sont, nulle part en Suisse, fréquentes dans les maisons, maïs, là où elles sont, elles font du mal. On trouve ça et là dans toute la Suisse le L. brunneus dans les maisons ; il vit dans les poutres où il sculpte son nid, mais il est plus inoffensif que le L. emarginatus ; au sud il vit surtout dans l'écorce des noyers et des châtaigniers, Les deux dernières espèces sont les vraies fourmis domestiques : le L. emarginatus dont nous avons déjà tant parlé et qu'on trouve dans les maisons, de Zurich à Mendrisio et de Bâle à Genève, mais qui y est beaucoup plus répandu au sud qu'au nord ; puis la P. pallidula qui ne se trouve qu'en Tessin, où elle s'établit dans beaucoup de maisons et y devient encore plus insupportable que le L. emarginatus. La P. megacephala, de Madère et des presqu'iles de la Méditerranée, vit dans les maisons : ses mœurs, etc., ont été décrites, dans tous leurs détails par Heer fan. d. Zürch. Jugend, L. IV Stück. 1852). Maïs en Tessin, la P. pallidula est beaucoup moins hardie que dans le sud de l'Europe ; l'on peut aussi remarquer en général qu'il y a beaucoup plus de fourmis dans les maisons du midi de la Suisse que dans celle du nord, et qu'elles y sont beaucoup moins timides. ‘)