‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 55 sur 139 · PERTE · texte numérisé non relu

PERTE

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fait sortir quelquefois deux ou trois gouttes l'une après l'autre ; d'autres fois, lorsqu'elle a mangé un liquide visqueux (miel épais), on ne voit pas sortir goutte, car la demandeuse lèche à mesure la substance gluante qui ne sort que lentement. Cet acte du dégorgement joue : un rôle très important dans l'économie d'une fourmilière : c'est un signe parfaitement certain … que les deux fourmis sont amies, Vient ensuite le transport mutuel. La porteuse prend sa compagne par une mandibule ou par le corps, selon les espèces. Dans le premier cas la 4 portée recoquille son corps, replie pattes et antennes, puis se laisse faire. Dans le second caselle ne fait que replier ses membres, Le but de la porteuse est soit de montrer à l'autre un chemin qu'elle ne connaît pas, ou qu'elle a perdu, soït de la mener à un endroit où elle . veut des aides pour exécuter un travail. Lors d'un déménagement, les & qui savent le chemin À du nouveau nid y portent celles qui ne le savent pas. Ebrard assure que les £ portent quelque- 1 fois leurs compagnes fatiguées revenant d'une longue course, J'ai vu des faits qui viennent à » l'appui de cette opinion, Huber a déjà montré que le transport mutuel était un signe d'amitié - et non d'inimitié. C'est même un signe très sûr pour reconnaître des fourmis amies, mais on

Dout tomber dans une grave erreur si l'on n' y fait attention, En effet, lorsque deux fourmis ennemies se sont battues sans employer le venin, il arrive très souvent que l'une, se sentant

© faiblir et ne pouvant plus résister, cesse tout à coup de se défendre, replie ses antennes et ses pattes comme une fourmi portée par une amie, et laisse faire son ennemie, Celle-ci sait ce

que cela signifie, et l'emporte paisiblement, soit dans son nid, soit dans son camp où la pri- sonnière est ensuite lentement déchirée et tuée, Ordinairement, dans ce cas, les ennemies se tenaient par les jambes ou par le thorax, bref par un membre qui n'est pas celui que saisit

une porteuse amie, lequel est dans la règle une mandibule ; le vainqueur, se gardant de

lâcher prise une seule fois, continue à porter le vaincu par ce membre quel qu'il soit, Maïs il arrive souvent aussi que les adversaires se battaient en se tenant par les mandibules, et

alors l'analogie avec une fourmi qui porte une amie est vraiment frappante. Il y a cependant

un moyen certain de distinguer les deux cas : prenez un objet délié, une feuille de gra- minée p. ex. et placez-le entre les têtes des deux fourmis, de manière à forcer la portée à lâcher prise ou seulement à se dérouler, puis observez. Si ce sont deux amies, elles se lâcheront aussitôt ; la fourmi portée ne s'enfuira pas, maïs, après s'être cachée un instant, elle se mettra à chercher de tout côté la porteuse qui en fera autant de sa part. Elles finiront le plus souvent par se retrouver ; vous verrez alors la porteuse saisir l'autre par une mandibule, et celle-ci se laisser prendre sans résistance et se replier aussitôt ; souvent elles se frapperont un instant auparavant de leurs antennes. Si ce sont deux ennemies, vous aurez le plus souvent beaucoup de peine à les séparer ; la fourmi portée se déroulera immédiatement, il est vrai, mais l'autre ne la lâchera pas de sitôt. Si vous arrivez à les séparer, vous

remarquerez souvent que la # portée est malade où éclopée, ce qui n'a presque jamais lieu

quand ce sont deux amies ; si ce n'est pas le cas, elle s'enfuira prestement, ou bien, ce qui …. n'est pas rare, vous les verrez recommencer à se battre, Souvent vous verrez la porteuse 3 rattraper l'autre, la mordre à diverses places et l'entraîner finalement par une jambe ou par … Je thorax ; l'autre après avoir résisté plus ou moins longtemps se rendra de nouveau. Du reste nous aurons occasion de voir une forme intermédiaire entre le transport de fourmis amies et celui de fourmis ennemies, à propos des alliances entre fourmis adultes ennemies (VI. 6). …. En somme cependant, on peut considérer les cas de fourmis ennemies qui se portent comme

de rares anomalies, tandis que chez les fourmis amies (de certäines espèces) c'est un acte des plus fréquents, Aussi lorsqu'on rencontre des files de fourmis où beaucoup de $ en portent d'autres roulées autour de leur tête, on peut être certain que ce sont des compagnes (amies) de la même fourmilière,

c) Si vous mettez ensemble des fourmis amies dans une boîte ou dans un bocal, elles se réuniront au bout d'un moment et se coucheront les unes à côté des autres ou sur les autres. Si elles sont ennemies, elles se battront ou se fuiront, mais jamais elles ne resteront

tranquilles, se touchant l'une l'autre sans se mordre, Ces mêmes fourmis amies se lécheront |

les unes les autres avec leur langue en avançant la bouche, se dégorgeront de la nourriture, se frapperont de leurs antennes ou de leur tête en imprimant une secousse au corps, se porteront les unes les autres, maïs ne se mordront jamais ne recourberont jamais leur abdomen l'une contre l'autre. | |

d) Deux fourmis ennemies se rencontrent, se sentant toutes deux soutenues par de nombreux camarades, Supposons-les de même taille, Si elles se rencontrent à l'improviste, se trouvant l’une sur l'autre avant d'avoir pu se reconnaître, elles saisiront aussitôt chacune le premier membre venu de son adversaire avec les mandibules. Suivant les espèces et suivant l'animosité plus ou moins grande, il y aura ensuite tous les degrés du combat. Le plus violent s'observe lorsqu'employant d'un seul coup toute leur force et toutes leurs armes, elles s'étreignent avec fureur, se roulant toutes deux sans chercher à se terrasser, mais en recourbant leur abdomen autant que possible et en s'inondant mutuellement de venin (ou en cherchant à se percer de leur aiguillon quand elles en ont un). Si ce ne sont

pas deux fourmis d'espèce très robuste, il suffit souvent de quelques minutes pour que

1 # » # de 0 « , LR L 7 une ou toutes deux soient tuées, suivant que l'une arrive à piquer ou à inonder l'autre la

première ou que toutes deux y arrivent à la fois. Cela ne se voit qu'au fort d'une bataille …

violente, Le plus souvent, les deux adversaires s'étant saisis, commencent, après s'être palpés un instant avec leurs antennes, ou sans l'avoir fait, par chercher à s'entraîner ou à se terrasser réciproquement, À cet efiet ils se tirent chacun en sens inverse par le membre qu'ils ont saisi, ou bien se roulent sans s'inonder d'abord de venin, sans se piquer. C'est une lutte à outrance, Cette lutte finit soit lorsque, le venin ou l'aiguillon s'en mêlant, un des ennemis tue l'autre, soit lorsque l'un des deux, plus faible, se rend et se laisse entraîner par l'autre, auquel cas il est bientôt tué par les © du camp ennemi. Souvent il replie ses pattes alt ses antennes, et se laisse emporter ainsi (ce dernier cas n'a lieu que dans les combats faibles),

Mais si les deux ennemis ont eu le temps de se reconnaître avant d'être l'un sur l'autre, chacun cherche ordinairement à saisir son adversaire sur le dos du thorax. À cet

effet ils se menacent l'un l'autre, les mandibules ouvertes, les antennes retirées en arrière,

et souvent l'abdomen à demi recourbé en avant, Ils s'élancent plusieurs fois l’un contre l'autre, maïs rarement l'un des deux arrive à son but ; le plus souvent ils se prennent tous deux à la fois par les mandibules, et se battent ainsi, ou bien se lâchent et recommencent (ce qui arrive souvent aussi dans le cas précédent où ils se sont pris à l'improviste). D'autres fois l'un d'eux arrive à saisir son adversaire par une antenne ou par une patte, et peut l'entraîner ou être entraîné ; dans ce dernier cas il lâche souvent prise. Quand un des ennemis a été assez heureux pour saisir l'autre sur le thorax, c'en est souvent fait de ce dernier, car le premier glisse ses mandibules jusqu'au cou de sa victime, et fait des efforts inouïs pour

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