‹ < > fourmis de la Suisse notices anatomiques et physiologiques, architecture, distribution géographique, nouvelles expériences et observations de moeursChapitre 76 sur 139 · RO TS OC · texte numérisé non relu

RO TS OC

de © caespitum et un grand nombre de nymphes © et « atratulus. Il y avait à côté de

cela une certaine quantité de larves dont l'espèce n'était pas détérminable, maïs qui

ne pouvaient être ni © ni caespifum vu leur petite taille (tout au plus des 8, ce qui, -

nous le verrons, n'était pas le cas), En outre un grand nombre de © aïlées et quelques G' aptères atratulus étaient éclos et se promenaient inactifs au milieu des caespitum. Pour compléter le tableau, une unique © féconde aptère afratulus gisait au centre de la fourmilière. Je dis gisait, car la peinture de von Hagens reste encore au-dessous de la vérité. L'abdomen de cette © féconde était si fabuleusement distendu que le reste de son corps n'était plus à côté qu'un appendice qui ne pouvait prendre terre ; elle était

naturellement incapable de marcher, et c'étaient les 8 caespitum qui la transportaient d'un

lieu à l'autre. La tête et le thorax étant ensemble gros environ comme une puce, l'abdomen seul atteignait le calibre d'une lentille. Les lames chitineuses dorsales et ventrales des

segments abdominaux formaient comme deux rangées longitudinales de taches noires, l'une à

en dessus, l'autre en dessous, sur la ligne médiane de l'abdomen dont les parois étaient presque en entier formées par la membrane blanchâtre intersegmentaire incroyablement distendue (cela rappelait tout à fait les dessins du Myrmecocystus melliger de Mexico qui gonfle tellement son abdomen d'une substance sucrée, que les indigènes le mangent). Le contenu de l'abdomen donnait par transparence à cette membrane une teinte d'un jaune

pr

rougeâtre (Fig. 28). Je ne pus, malgré des recherches minutieuses faites dans ce but, L

découvrir aucune nymphe © caespitum. Les (;' atratulus ne sont pas si absolument maladroits que le disent Schenk et von Hagens ; ils savent fort bien marcher quoique très lentement ;

c'est surtout leur abdomen recourbé en dessous et très raide qui les gêne (Fig. 29). Leur. |

allure ressemble à celle des poux ; comme ces insectes ils étendent souvent leurs six pattes

latéralement en les animant de petits mouvements rythmiques d'apparence convulsive dans toutes les articulations à la fois. Les © font aussi parfois de même, surtout lorsqu'on les

effraie ou qu'on les prend par les ailes, mais elles sont incomparablement plus lestes que les : leur couleur noïre, mate, contraste avec la teinte gris jaâire” très clair de ces

derniers.

Je pus m'emparer de la majeure partie de la fourmilière que je mis dans un sac et

que j'établis le jour même à mon retour dans une arène de gypse. Je conservai mes prisonnières pendant un mois (jusqu'au 5 août). Mon temps ne me permit malheureusement pas

de les scigner et de les suivre comme je l'eusse voulu. Les © caespitum creusèrent une infinité de cases et de galeries dans la terre qui occupait le milieu de l'arène, et qui leur servit de nid, Elles prirent un grand soin de la © féconde atratulus, la transportant toujours dans la case la plus spacieuse et la plus habitée. Une quantité de nymphes © et © atratulus

se mirent à éclore, et augmentèrent ainsi le nombre de mes élèves atratulus, mais beaucoup

d'entre ces derniers périssaient en compensation. Les © comme les (y, étaient incapables de manger seules ; il fallait que les 8 caespitum leur dégorgeassent le miel mis à leur portée. Le

12 juillet, en soulevant une motte de terre qui couvrait une case, je vis une © ailée afratulus

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ne entrée de Fa case ; ayant voulu la prendre par les ailes avec de fines pinces, j ‘entrainai à

ne ‘sa suite un qui lui était uni, et qui ne lâcha pas prise ; je l'abandonnai aussitôt et pus cbserver l'accouplement à mon aise, Îl a donc lieu à l'intérieur ou à l'entrée du nid, comme . le dit von Hagens, et le «ÿ, tout maladroit qu'il est, sait bien attraper la ©. Ce « était plus

fortement uni à sa © que ne le sont en général les « de fourmis aux leurs, ce qui tient peut-être au développement considérable de ses valvules génitales internes. Il se sépara cependant d'elle au bout de quelques minutes. Les © caespifum tuèrent et mangèrent

plusieurs insectes que je leur donnai, les préférant en général au miel. De nombreuses

larves grossirent et se transformèrent en nymphes, maïs toujours en nymphes atratulus cj'

cu; je crois pouvoir affirmer qu'il n‘y eut pas une seule nymphe de Teframorium caespitum

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ë; dans cette fourmilière pendant tout le temps que je l'observai, car je concentrai toute mon attention sur ce point. Or on trouve précisément à cette époque une masse de nymphes © caespitum dans toutes les fourmilières de T. caespitum et de Sfrong. tesfaceus. Je vis encore que les © atratulus perdaient souvent leurs ailes très tôt (après avoir été fécondées ?),.

Une déduction fort intéressante à tirer de ces faits est que chez l'A. atratulus tout

accouplement autre qu'entre frères et sœurs (© et «j de la même fourmilière) est impossible.

Des © de fourmilières étrangères ne pourraient en effet pas s'introduire dans le nid pour y chercher les «, car elles seraient tuées auparavant par les © caespitum qui sont beaucoup plus agiles qu'elles, et qui sont une des fourmis les plus guerrières et les plus fortes. Quant

aux (, ils ne sent pas même capables de sortir du nid. Le départ des © ailées seules,

qu'observa von Hagens, ne peut donc avoir pour but que la fondation de nouvelles fourmi-

__ Jières par des © déjà fécondes. Reste à savoir comment elles s'y prennent.

Le 24 juillet je trouvai la © féconde morte ; son abdomen flétri et ratatiné avait

diminué de moitié. Quoique elle ne donnât plus signe de vie et fût même desséchée, les

8 caespitum prenaient encore soin d'elle, la léchant et la portant d'un lieu à l'autre avec plus d'empressement que les nymphes ; elles firent tous leurs efforts pour m'empêcher de la leur ôter, ce que je fis à dessein très lentement.

Le 5 août la plupart des © et des «; atratulus avaient péri ; les nymphes périclitaient. Les ® caespitum seules prospéraient et cherchaient depuis quelques jours à sortir de leur prison en déblayant le mur de gypse à sa base avec leurs pattes pour y pratiquer des tunnels. Je leur donnai la liberté.

8. Le 24 mai 1873, je découvris à Vaux une fourmilière d'A. atratulus comprenant une O féconde analogue à celle dont j'ai parlé plus haut (Fig. 28), des © caespitum, :des nymphes © afratulus et beaucoup de larves.

Je voulus la suivre à l'état de nature :

Les larves devinrent toutes nymphes pendant le mois de juin, et ces nymphes étaient

toutes de l'espèce À. atratulus © et (. Je ne pus pas trouver une seule nymphe caespifum ; il paraît donc qu'il n'y en a positivement jamais, puisque leur défaut se confirme dans

chaque cas,

Malheureusement le temps devint très sec, le dôme de mes fourmis s'aplatit, et les

8 caespitum se réfugièrent avec leurs élèves au fond de la terre, tout en changeant souvent de place au moyen de canaux souterrains pour éviter les brèches que je faisais à leur nid. Je ne pus donc plus les suivre comme je l'eusse voulu. Le 1° juillet, les © et les S étaient éclos ; le 4 juillet je vis une © prendre son vol, et je découvris un dans la terre, Dès lors je ne pus plus trouver que des Ë ep éparses.

Remarquons (1919) enccre qu'au lieu de chercher à ir des cd comme le font les o re. ailés, les © d'Anergates sont au contraire fort prévenantes envers eux lors de l'accouplement, qu'on peut ainsi observer tout à son aise, comme je le fis plus tard.

Strongylognathus testaceus

Nous avons ici exactement le même cas, semble-t-il, que pour le P. rufescens : des fourmilières composées de Tetram. caespitum Ÿ et nymphes %, puis de S. testaceus 89 et cd et des nymphes correspondantes. Remarquons bien qu'on trouve toujours ici (à l'époque voulue, soit dès le commencement de juin à la fin de l'automne) une grande quantité de larves et de nymphes $ caespitum dans les fourmilières, ce qui paraît ne jamais être le cas chez l'Anergates atratulus d'après les observations de von Hagens et les miennes, Le S. testaceus ayant de plus les mandibules pointues et arquées comme le P. rufescens, Schenk qui le découvrit en conclut qu'il devait aller piller des nymphes de T. caespitum comme le P, rufescens pille celles des F. fusca et rufibarbis. Mais il se présenta ici trois objections

capitales que von Hagens fit le premier : 1° Des chservations assidues n'ont jamais rendu

témoin d'expédition de S. festaceus sur les fourmilières des Teframorium. 2° Le S. testaceus 8 est plus petit, plus faible, et a une allure plutôt plus lente que le T. caespitum. 3° Dans une de ces fourmilières mixtes il n'y a qu'un très petit nombre de S. festaceus $:), tandis qu'il y a une masse énorme de T'etramorium $ et de S. festaceus © et . Von Hagens déduit de ces trois faits que le S. festaceus n'est probablement, comme l'A. atratulus, qu'un hôte pacifique du T. caespitum. Mais ici nous retrouvons les mêmes objections que nous avons énumérées à propos de l'A. afratulus. Si le fait du manque de nymphes 8 caespifum chez l'A. atratulus se confirme absolument (il peut être déjà considéré comme presque certain), il constituera du reste une différence capitale entre cette fourmi et les Sfrongylognathus :).

1) Mayr (Ungarn's Ameisen) dit, il est vrai, qu'il trouva une fourmilière où il y avait presque autant de S. testaceus que de T. caespitum ; je n'ai jamais vu de cas analogue dans le grand nombre de fourmilières que j'ai trouvées, et mes observations concordent entièrement sur ce point avec celles de Schenk et de von

Hagens,

?) Dès lors Wasmann a découvert la solution de l'énigme du Strogylognathus testaceus. Il trouva dans la même fourmilière mixte une © de Teframorium et une © de Sfrongylognathus, toutes deux fécondes et vivant en parfaite harmonie pacifique ensemble, Evidemment la © du parasite, une fois fécondée, cherche

une ® de Teframorium, fécondée aussi, pour se joindre à elle lorsqu'elle fonde sa fourmilière, Il n'est pas

impossible non plus que la ® fécondée du parasite se fasse adopter par une fourmilière ordinaire de Tetramorium. Quoiqu'il en soit, les Tetramorium S préfèrent élever les petites formes ailées du parasite aux leurs propres qui sont très grandes, car on ne trouve ces dernières qu'exceptionnellement dans les fourmilières mixtes des deux formes (1919), ù

NÉ MTS RSR EE TITRE.

Les S. testaceus. se montrent du reste inaptes à maçonner la terre et à aider les Tetramorium dans leurs travaux, comme l'ont dit Schenk et von Hagens. Voici les obser-

vations que j'ai pu faire sur cette fourmi, depuis trois ans à peine (1872) que je la connais :

1. Je trouvai une fois, en 1869, une © féconde de S. festaceus seule dans une four- milière de L. acervorum (voy. I).

2. Je trouvai au Petit- Salève, le 11 avril 1870, plusieurs fourmilières de S. festaceus sous les pierres, Dès lors j'en trouvai à Zurich, en Valais, en Tessin, à Fribourg et finalement à Vaux même où je n'avais pas su les déccuvrir jusqu'alors, ce qui me confondit, Malgré toutes mes recherches, je ne pus jamais les voir faire une expédition, ni même se rassembler sur leur dôme. Et cependant je constatai toujours dans leur nid la présence d'une foule de larves qui devinrent des nymphes de T. caespitüm 5, mais jamais © ni . Les $ testaceus variaient en nombre suivant les fourmilières, mais je n'en trouvai jamais une proportion qui me parût plus forte qu'une ou deux sur plus de cent Tetramorium ©. Du 24 juin au 4 août, je trouvai dans ces fourmilières, chez les unes plus tôt, chez les autres plus tard, des centaines de © et de de S. festaceus, dont le départ et l'accouplement s'effectuèrent comme chez les T. caespitum et chez les autres fourmis. Plusieurs de ces fourmilières étaient des colonies comprenant quelques nids dont les uns contenaient ‘un peu plus de S. festaceus que les autres. Dans les environs on trouvait, comme partout, : beaucoup de fourmilières ordinaires de T. caespitum avec leurs © et leurs .

3. Je voulus voir d'abord si ces fourmilières normales de T. caespitum étaient enne- mies ou non de celles de S. festaceus qui n'étaient distantes d'elles que de quelques décimètres souvent. Le résultat fut positif, Je mis une poignée de caespitum naturels devant

une fourmilière de S. festaceus. Les T. caespitum hôtes les attaquèrent avec fureur : le venin et l'aiguillon furent employés. Mais tandis que Schenk et von Hagens disent que

les S. testaceus sont lâches et maladroïts (feig und unbeholfen), je les vis se mêler au combat et attaquer très courageusement l'ennemi. Chose digne de remarque, ils combattaient à la manière des P. rufescens ; je les voyais se jeter au milieu de leurs ennemis,

menaçant à droite et à gauche, et prenant la tête de leurs adversaires entre leurs deux mandibules comme pour la transpercer ; je remarquai même que cet acte en imposait aux

Tetramorium qui lâchaient souvent une patte qu'ils avaient saisie, lorsqu'ils étaient ainsi menacés. Mais ce cembat, chservé sans prévention, était une véritable caricature de ceux des P. rufescens. Un Sfrongylognathus ne parvint jamais à transpercer sous mes yeux la tête d'un Teframorium ; il s'y serait plutôt cassé les mandibules. D'un autre côté je vis plusieurs Tetramorium saisir des Strongylognathus par le thorax, les inonder de venin (les perçant peut-être en même temps de leur aiguillon), et les tuer ainsi en un temps fort

court, Ce furent les Tetramorium auxiliaires des Sfrongylognathus qui furent les vrais

défenseurs de la fourmilière et qui mirent l'ennemi en fuite. Je pris trois couples de

combattants Tetramorium et Strongylognathus, et je les mis dans une boîte; les S. festaceus furent tués tous les trois. Je répétai dès lors souvent des combats analogues, toujours

avec le même résultat; l'un d'eux mérite d'être mentionné : 4, Le 22 juillet 1871 je pris une grande quantité de T. caespitum d'une fourmilière

naturelle avec leurs nymphes © (les © et les «; étaient déjà partis), et je les plaçai à

trois décimètres d'une belle fourmilière de S. festaceus qui renfermait encore beaucoup de

O et de «ÿ. Un combat ne tarda pas à s'engager entre les Tetramorium S (alliés des Strongylognathus), et les Tetramorium N les nouveaux venus). Les T S sortirent bientôt … en trois files noires de trois trous de leur nid ; on voyait çà et là un Sfrongylognathus © : au milieu d'eux. Ces trois files formèrent comme les deux ailes et le centre d'une armée ; Nos un champ de bataille distinct se forma bientôt à mi-chemin entre le nid et le tas des T N qui accouraient aussi en masse, et le combat atteignit un degré inoui de fureur. Toutes les scènes décrites ailleurs dans un combat entre F. pratensis de fourmilières différentes (V, 4) se répétèrent ici en plus petit, maïs avec tout autant de violence ; seulement les ©? Teframorium mouraient moins vite que les © pratensis parce qu'elles sont plus dures, Les T S avaient le dessus, maïs n'avançaient que très lentement, millimètre par millimètre, Pendant ce temps les S. festaceus sottaient du nid en nombre toujours plus grand, et vraiment très grand quand on pense au peu qu'il y en a dans une fourmilière ; malgré cela ils ne formaient pas plus d'un cinquantième des combattants ; on les distinguait facilement des Teframorium au milieu desquels ils couraient par leur couleur … d'un roux clair et par leur petite taille, Je les suivis attentivement, et je remarquai qu'arrivés au champ de bataille beaucoup d'entre eux le dépassaient, comme font les Polyergus, et se jetaient seuls au milieu de milliers d'ennemis, en mordant à droite et à gauche. Ils cherchaient toujours, mais en vain, à percer la tête des T N: par contre je remarquai distinctement que cette manœuvre, jointe au courage aveugle de ces petits êtres contribuait beaucoup à semer une grande agitation parmi les T N que je vis bientôt commencer à fuir de l'autre côté de leur tas. Cependant presque tous les Sfrongylognathus qui dépassèrent ainsi le champ de bataille furent tués sans arriver à tuer un seul T N. Ceux qui restaient sur le champ de bataille des Teframorium s'occupaient à mordre la tête des prisonniers T N faits par les T S, mais leurs efforts n'aboutissaient absolument à rien ; les T S seuls étaient capables de tuer les T N, Le champ de bataille se transports peu à peu au pied du tas des T N que les deux aïles des T S cherchèrent à entourer; mais tandis qu'une partie des T N se retiraient en assez bon ordre avec leurs nymphes, les autres continuaient à se battre à outrance, Les T S commencèrent à ravir une foule de nymphes à leurs ennemis et à les emporter dans le nid, Les Sfrongylognathus voulurent en faire autant ; j'en vis même qui essayèrent d'arracher des nymphes à des T N, en s'y nee prenant comme les Polyergus. Leurs efforts étaient curieux à observer. Ils faisaient comme - 2e les Polyergus, retournant une nymphe en tout sens afin de la placer commodément dans 00 l'arc de leurs mandibules, mais, lorsqu'ils y étaient arrivés, leurs forces suffisaient à peine à porter ce fardeau ; ils s'accrochaient à chaque brin d'herbe, tombaient à tout instant, et retournaient de nouveau leur nymphe pour la prendre autrement, ce qui contrastait singulièrement avec l'allure rapide des T S qui couraient avec leur charge en relevant la tête, sans s'accrocher à rien. Plusieurs de ces S. festaceus, perdant courage, remirent leur fardeau Fe à des T $S avant d'être arrivés à leur nid. En somme, donc, les S. festacaus ne furent ss qu'une aide des plus accessoires dans la victoire que remportèrent les T S, et la quantité qui en périt fut énorme relativement aux faibles services qu'ils rendirent, Je crois que le récit fidèle de ce combat suffit pour montrer que cette nouvelle 7 amazone n'est qu'une triste caricature du P. rufescens. Il est impossible, semble-t-il, qu'elle puisse piller à elle seule une fourmilière naturelle de Tetramorium, et surtout qu'elle puisse

DE

en rapporter les nymphes chez elle sans être vingt fois culbutée par son ennemi. Cela

devient presque évident quand on pense à l'énorme disproportion du nombre. Pourquoi le

S. testaceus a-t-il tant de © et de G et si peu de # ? Ce dernier fait le rapproche d'une manière évidente du genre Anergates. D' après l'idée darwiniste, ce doit être une espèce où l'ouvrière est en voie de disparaître, probablement parce qu'elle est devenue inutile : von | Hagens a déjà fait cette remarque.

5; Je mis un jour (12 avril 1870) une fourmilière de S. testaceus dans une arène de | gypse communiquant avec un appareil de fer blanc (système D). Les Tetramorium commencèrent bientôt à déménager dans l'appareil. Ils firent absolument tout, Les Sfrongylognathus ne portèrent pas une larve et se laissèrent porter eux-mêmes par les Tetramorium - qui les prenaient soit par une mandibule, auquel cas le Sfrongylognathus se repliait sur le » dos du T'eframorium ‘), soit par le cou, le thorax ou le pédicule et alors le Sfrongylognathus

s repliait simplement ses pattes et ses antennes (méthode des Tapinoma). Je vis aussi

| . souvent, comme Schenk ei von Hagens, des Sfrongylognathus se laisser tomber comme - morts dans un ccin, en repliant pattes et antennes. Les Teframorium le font aussi quelque- » fois, mais très rarement. Les Sfrongylognathus que je mis sur ma main me mordirent, - mais sans recourber leur abdomen jusqu'à leur bouche comme le font les T. caespitum. Je » vis beaucoup de Sfrongylognathus solliciter des Tetramorium de leurs antennes pour se * faire porter. Mes fourmis allaient fort bien, lorsque j'eus l'imprudence de les exposer à un . soleil trop ardent ; je les retrouvai presque toutes mortes après trois heures d'absence. Je censervai cependant celles qui survécurent, car c'étaient surtout des Strongylognathus ; » qui avaient, paraît-il, mieux supporté la chaleur. Je leur redonnai même une arène de gypse

- en guise de mangeoire, et elles vécurent ainsi tout l'été dans ma chambre, jusqu'au 7 sep-

» fembre (donc pendant cinq mois), sans me montrer beaucoup de particularités. Quelquesunes des petites larves qu'elles avaient avant leur accident y avaient survécu, et je fus fort “étonné d'en voir sortir plus tard des © de Tetramorium caespitum. Pendant tout le temps - de leur captivité, les Strongylognafthus ne surent que se promener et ne rien faire ; ils man- É geaient cependant quelquefois eux-mêmes un peu de miel. Ce furent les Teframorium qui scignèrent les larves et creusèrent les galeries, J'avais mis une fois quelques T'etramorium - ennemis dans l'arène. L'un d'eux avait saisi un Sfrongylognathus par le cou ; je serrai le - thorax du Teframorium et le tuai, Mais il était resté accroché au Sfrongylognathus qui ne » pouvait marcher avec ce fardeau. Je mis ce couple à l'entrée de l'appareil ; un T'etramorium allié des Sfrongylognathus prit l'ennemi mort par la patte sans s'inquiéter du Sfrongylo- > gnathus vivant qui y était attaché, et alla jeter l'un et l'autre vers le mur de gypse. Je répétai deux ou trois fois l'expérience avec le même résultat. Je coupai alors le cou du

1) Lespès (Revue des cours scientifiques 1866) prend cet acte pour celui du dégorgement ! Il dit que lorsque les S. fesftaceus ont faim, ils prennent leurs esclaves, les couchent sur le dos, et qu'alors l'esclave (T. caespitum) dégorge ; il ajoute que les longues mandibules du S. fesfaceus rendent cela nécessaire. Une erreur pareille d'observation me rend, je l'avoue, un peu sceptique à l'égard d'autres cas de dégorgement | » affirmés par Lespès à propos des Lomechusa (XXXV). Je puis affirmer que le dégorgement se fait ici . exaclement comme chez les autres fourmis, et en particulier comme chez le P. rufescens (VIII, 3, 4) et chez

le S. Huberi (XVII) dont les mandibules ont la même conformation. Le S. festaceus se tient debout sur ses » paties, et lape la goutte que lui dégorge de T. caespitum aussi debout.

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Tetramorium mort, et le Strongylognathus put marcher, n'ayant plus que la tête de son. ennemi à porter ; dès lors il ne fut plus rejeté par ses T'eframorium, mais, au contraire, porté par l'un d'eux dans l'appareil, 5

Je ne pus jamais me servir de cet appareil pour essayer de faire faire une expédition. aux Strongylognathus, car il y avait beaucoup trop peu de fourmis.

Un autre essai du même genre, fait en 1871, manqua par suite d'un accident de même nature que celui des Strongylognathus dont je viens de parler. <

6. Le 6 juin 1871 je mis dans une boîte en carton 4 ® de S. festaceus avec de la. terre humide, plus 4 larves et 5 nymphes de T. caespitum. Ces S. festaceus vécurent six jours. dans leur boîte : ils portèrent d'abord les nymphes çà et là, puis les abandonnèrent et les | laissèrent périr. Ils mangèrent un peu de miel, mais très peu seulement, et n'essayèrent pas même de se creuser une case.

Strongylognathus Huberi

Le 23 juin 1871, en soulevant des pierres sur les côtes de Fully en Valais, je trouvai,. sous l'une d'elles, une grande fourmilière de T. caespitum mêlés avec des fourmis rousses plus grandes qu'eux et formant environ le tiers de la population. Ces fourmis ressemblaient à des Leptothorax aceérvorum, mais je reconnus aussitôt à leurs mandibules que j'avais affaire, à une nouvelle espèce de Sfrongylognathus qui semblait devoir être moins innocente que le. S. testaceus. Voyant que cette fourmilière formait une colonie et occupait le dessous de. plusieurs pierres, je ne craignis pas d'aller remplir un sac de Tetramorium et de leurs nymphes 8 dans une fourmilière ordinaire de cette espèce, pour le verser à un décimètre des! S. Huberi. Il y eut d'abord quelques luttes entre les Teframorium des deux fourmilières, puis. le combat s'arrêta un moment. Mais quelques minutes ne s'étaient pas écoulées que je vis une. véritable armée de S. Huberi sortir du nid et se diriger vers l'ennemi en formant une tête, distincte. L'analogie avec une armée de P. rufescens était frappante : je vis aussi des Sfrongylognathus qui retournaient en arrière, comme pour donner aux autres la direction. Quelques Tetramorium alliés des Sfrongylognathus marchaient avec eux, mais en très petit nombre. Arrivée au tas des ennemis, cette armée se divisa en deux colonnes dont l'une (A) suivit un des bords du tas, bord qui fourmillait de T'eframorium, et bouscula tous ces derniers sur son. passage. L'autre (B) grimpa sur le sommet même du tas qui était très exposé au soleil et. presque vide de défenseurs. Cette armée de S. Huberi grossit énormément en quelques. minutes, et il lui suffit d'un instant pour culbuter les Teframorium qui prirent la fuite avec. leurs nymphes. Le combat fut cependant extrêmement violent, vu le grand nombre des Tetramorium. La colcnne B surtout, arrivée de l'autre côté du tas après l'avoir traversé, y trouva une résistance très vive. Rien ne fut plus curieux pour moi que d'observer la manière de combattre de ces nouvelles amazones qui, elles, méritaient bien ce nom. Elles saisissaient les Tetramorium par la tête, exactement comme le font les P. rufescens, mais elles n'arrivaient, pas plus que les S. festaceus, à les transpercer. Par contre, lorsque les’ S. Huberi se mettaient trois ou quatre à mordre un T'eframorium, ils réussissaient souvent à le tuer. Le fait le plus important est qu'ils se jetaient sur tous les Teframorium qui

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