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Cabania, Rapport du physique et du moral, p

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résultat. Toutes choses égales d'ailleurs, b' imtral doit rire plia développé ; et c'est aussi ce qu'on observe ordinairement chez les enfants rachitiques ; car les faits contraires notés par quelques écrivains, paraissent n'être qu'une exception rare dans nos climats, et d'ailleurs ils s'expliquent par certaines circonstances particulières qui ne tiennent pas toujours à la maladie primitive et dominante. »

Au rachitisme se rattache d'une manière intime une affection dont l'action morbide ne lui cède en rien.

Nous avons nommé la Sgrofllk.

Scrofule

Généralement, ou pour être plus exact, dans la presque totalité des cas, Scrofule et Rachitisme marchent de pair, se montrent simultanément les mêmes sujets, et il n'y a qu'à parcourir les chez hospices destinés aux enfants pour voir presque toujours ces deuxafTections réunies chez les idiots et souvent aussi chez les imbéciles et les arriérés.

Le même fait s'observe également chez les individus ayant subi, seulement au point de vue physique, la loi de dégénérescence héréditaire.

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l'activité cérébrale psychique ayant suivi, dans son développement, sa marche régulière et normale.

Les scrofuleux qui sont le plus ordinairement de petite stature peuvent parfois atteindre une taille démesurée. Lugol ' qui a fait de la scrofule une élude toute spéciale, a eu dans son service à Saint-Louis des enfants de 18 à 20 ans, n'ayant que de 1°' 20 à ^"'30^ D'autres du même âge avaient de l-^GS à l'"70 et même r"95. Il est à remarquer que chez ces malades, les articulations sont souvent volumineuses,le tronc etles membres manquent de symétrie et n'ont pas plus de proportion que chez ceux dont l'accroissement a été arrêté : ils ont généralement la tête trop petite ou trop grosse, ils portent fort mal leur corps : ils en sont embarrassés.

La peau, le tissu cellulaire sont d'une maigreur très prononcée ou bien dans un état d'hyperlrophie singulière, d'hypertrophie indurée^ qui grossit les formes outre mesure.

L'harmonie symétrique des deux plans du corps est souvent détruite ; il semble que dans la jonction de ces deux moitiés l'une se trouve placée

1 . Lugol, — Recherches ec observations siir les maladies scrofuleuses. Paris, 1844,

2. Voir au musée Dupuytren le squeletle d'un de ces individus.

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plus haut et plus on avant (|ii(' Taiilre. Chnz quelques enfants la poitrine est en carène, les cotes sont torilnps, le sternum fait saillie en haut et en avant, les ditTérentes pièces qui le composent se dessinent sous la peau. Le diamètre antéro-poslériour du thorax a plus d'étendue que le transversal. Cependant cette conformation vicieuse peut changer d'une manière progressive entre 8 et 12 ans, et la cage osseuse de la poitrine se rapprocher de la normale.

Le professeur Bazin insiste également sur cette déformation'. « Le thorax du scrofuleux, dit-il, estaplatie d'avant en arrière et, sur les côtés, îi sa partie supérieure, il présente une forme de quadrilatère : le sternum est souvent bombé en arrière : les membres manquent ordinairement de proportion avec le reste du corps ; de là cette gaucherie dans les attitudes et les mouvements que l'on observe chez tous les scrofuleux. La colonne vertébrale est fréquemment déviée de différentes manières ; le crâne est généralement très développé dans sa partie postérieure, le front est bas, le cou court, les mâchoires larges et fortement accusées. »

11 n'est pas rare non plus d'observer un défaut de réunion sur un ou plusieurs points de la

i. Gazette des Hôpitaux, n° 538.

ligne médiane, et ce sont les sujets scrofuleux qui présentent le plus communément des exemples d'écartement de la ligne blanche, des becs de lièvre, simples ou compliqués de la séparation des os de la voûte palatine et des deux moitiés du voile du palais.

En résumé, exagération d'une part, et de l'autre diminution des forces organiques : telle est la loi générale à l'aide de laquelle on explique presque toutes les modifications des appareils fonctionnels et organiques chez les scrofuleux. Dans tous, c'est un contraste frappant et leur aspect extérieur, leur aspect physique bizarre, difforme, grotesque, nous explique le choix que les grands faisaient de ces malheureux pour l'amusement de leurs cours.

Sous le rapport intellectuel, l'opposition n'est ni moins grande ni moins saillante. A côté de facultés brillantes de l'esprit, on rencontre l'idiotisme et lorsqu'on trouve l'intelligence, l'intelligence ordinaire s'entend, on remarque l'absence d'application et de suite dans les idées.

Le scrofuleux n'éprouve généralement aucune vivacité souteime des appétits physiques ni des facultés intellectuelles, ni des sentiments moraux. Il n'a rien de normal, rien de fort, rien de durable. Ainsi, dans le caractère, on trouve l'irascibi lité ou la mansuétude, dans les appétits brutaux, la boulimie ou l'inappétence, le désir immodéré

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ilt's riH)proclieineiits sexuels un la Iriyidilé la plus absolue.

Sans vouloir nous appesantir davantage sur ce sujet, tirons-en les conclusions qui nous paraissent en ressortir d'elles-mêmes, et tout d'abord avec l'auteur de la Psychologie morbide remarquons l'analogie entre les constitutions rachitiques, scrofuleuses, nerveuses, analogie de conformation de structure, développement exagéré du crâne et du cerveau, gonflements des articulations difformités résultant des altérations du système osseux, des os longs en particulier... etc., analogie des individus chez lesquels existent les dia- Ihèses scrofuleuses et rachitiques à titre soit simplement de prédisposition héréditaire, soit de maladie confirmée, analogie au double point de vue physique et moral avec les idiots et les imbéciles.

Analogie du développement des facultés intellectuelles morales et instinctives, vitalité exubérante dans le premier âge, précocité d'esprit. . , etc.

Si ensuite, nous reportant à des travaux antérieurs de mon père on veut bien se rappeler que les fous et les idiots proviennent d'une même souche, que la différence qui existe entre eux au point de vue symptomatologique, tient uniquement à ce que la cause morbifique a exercé son action à des époques différentes de la vie, nous

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pouvons et nous devons nécessairement conclure que les individus entachés de vices scrofuleux et rachitiques présentent physiquement, moralement les mêmes conditions d'organisation que les aliénés.

Faibles d'Esprit

Après avoir sis^nalé deux dos principales affections qui ont un égal retentissement sur le physique et le moral, nous sommes amenés à étudier certains individus jouissant le plus ordinairement d'une bonne constitution physique et dont les facultés morales et affectives seules ont reçu une atteinte plus ou moins profonde. Les premiers qui se présentent à nous constituent pour ainsi dire le trait d'union entre l'homme sain d'esprit et l'aliéné que l'on a si justement appelé « par déiaut » (imbéciles, idiots, crétins...): ce sont les faibles d'esprit.

Au premier abord l'aspect de ces individus ne présente rien qui les différencient des autres hommes, mais pour peu qu'on les étudie on détail, on est frappé de l'étrangeté de leur mise, et le même étonnement se manifeste quand on veut scruter un peu leur intelligence, leur savoir. — Chez eux

FMHLKS n'i;si'iMr 3'i

11. lit est ^iiptMlicit'l : sans opinions personnelles, ils prennent leurs idées toiiles laites chez l'un, chez l'autre, où ils les trouvent: Sans aucune initiative, ilsclierchenl instincteuient quelqu'un à ([ni obéir. Leur mise est extravagante : ils no redoutent pas, recherchent même des vêtements à coupe excentrique, et leur goût pour les couleurs vives et éclatantes leur fera choisir les étoffes les jilus disparates.

Rappelant tous les travaux de ses devanciers, M. Dagonet a tracé un portrait de tous points exact du faible d'esprit ': « Parmi les faibles d'esprit, les uns sont d'une indolence extrême et se trouvent sous l'influence d'un état dépressif, les autres au contraire sont d'une pétulance sans bornes, semblent être gouvernés par une puissance expansive. Ces derniers se meurent continuellement : ils veulent se montrer utiles et nécessaires partout et eu toutes les occasions, et ont été bien décrits par Lafontaine dans sa fable de (( le coche et la mouche. » Ils se livrent avec ardeur à une foule de travaux qu'ils abandonnent avec autant de facilité qu'ils avaient mis d'empressement à les entreprendre.

Sous le rapport des facultés intellectuelles, l'association des idées laisse beaucoup à désirer...

1 . Dagonet. Souveau fruité (lémentairp et pratique des maladies ntentalea. Paris, I87fi.

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ils savent cependant facilement imiter, mais lorsqu'ils puisent leur inspiration en eux-mêmes, ils tombent dans le grotesque : il existe chez eux une grande mobilité d'esprit, ils n'ont aucune énergie de volonté. Ils sont suceptibles d'une bonne éducation, mais ils se feront toujours remarquer en société par la fatuité qui leur est inhérente et dont ils ne sauraient se dépouiller. Le simple d'esprit a beaucoup de penchant à parler seul ; d'autres fois il est très bavard en société, s'écoute parler et rit des saillies qu'il croit avoir dites. Sa conversation est stérile : elle peut briller par les dehors et à première vue un homme de cette catégorie peut paraître instruit, mais on s'aperçoit bien vite que ces dehors brillants sont trompeurs et cachent un esprit borné, incapable de raisonner juste, de juger les choses à leur véritable point de vue, un esprit simplement recouvert d'un vernis de faits historiques plus ou moins bien classés dans une mémoire fonctionnant machinalement.

Dans une conversation, le faible d'esprit pour exprimer les choses les plus simples se servira de périphrases, et aura recours aux expressions sonores et ronflantes. Il ajoute volontiers foi aux contes qu'on lui débite. Il se laisse facilement entraîner dans les erreurs les plus grossières des préjugés populaires : Aussi ces malades sont-ils

KAIULKS i)'i:si'i;ir 8a

p.•ll•licllIi^^e^lOMl les victimes des charlalans, rie la siiperstilion.... Le sens moral cependant existe t'iiez ces individus et peut êlre perfectionné. Le simple d'esprit est très vantard et par cela môme qu'il est très poltron, il vous entretiendra constamment soit do ses duels, soit des dangers qu'il a courus dans telle ou telle circonstance, espérant se rendre intéressant par là. Alors seulement dans ce cas, il donne essor à son imagination, qui devient réellement féconde. Il est très susceptible et par contre très irritable. Lorsqu'une querelle est survenue entre lui et une personne de son entourage il se démène comme un possédé : gesticule, élève la voix et cela d'autant plus fort qu'il voit son adversaire plus intimidé : on voit qu'il cherche à s'exciter, mais tout cela tombe comme par enchantement devant un maintien ferme et calme... Il est bouffi de prétention. Si sa position sociale le met en relation avec de hauts personnages, il ne manquera pas de faire valoir ses relations comme un mérite personnel et il citera à tous propos les noms de ces personnes. Il est fier et hautain envers ses supérieurs. Ses sentiments affeclifs sont le plus souvent exagérés et empreints du cachet de l'égoïsme. S'il a des enfants, il ne saura pas bien les diriger. Il les aimera d'une affection aveugle qui ne lui permettra pas de s'imposer le moindre sacrifice dans

3fi FOT'S F.T POITFONS

«es sentiments pour assurer l'avenir de ces mêmes enfants... 11 demande à être plaint ou choyé et est malheureux si on ne s'occupe pas de de lui... Peu apte à envisager avec rectitude la somme de ses capacités inlellectuelles, il se croit généralement incompris et au-dessus de la position sociale qu'il occupe...

A un degré plus avancé dans l'échelle morbide, après le faible d'esprit se place Vimbécile,

Imbécillité

Depuis longtemps la distinction avait été faite et dans son traité sur V Entendement Immain, Locke, frappé de l'association vicieuse des idées, en avait fait le caractère particulier de la folie etcherchanl à différencier les fous des imbéciles il dit : « 11 me semble que le défaut des imbéciles vient du manque de vivacité, d'activité et de mouvement dans les facultés inlellectuelles, par où ils se trouvent privés de l'usage de la raison ; les fous au contraire semblentêtre dans l'extrémité opposée, car il ne me paraît pas que ces derniers aient perdu la faculté de raisonner : mais ayant joint mal à propos certaines idées, ils les prennent pour des vérités et se trompent de la môme manière que ceux qui raisonnent juste sur de faux principes. Après avoir converti leurs propres

IMlU^r.ILMTK 'M

fantaisies en roalilés, [)ar la l'orce de leur imagiiialioii, ils OQ tirent des conclusions souvent fort sages. Ainsi vous verre/ un fou (|ni s'imaginanl être roi, prétend par une juste conséquence être servi, obéi et honoré selon sa dignité. D'autres qui ont cru être de verre ont pris les précautions nécessaires pour euipècher leur corps de se casser. De là vient ([u'uii honnue fort sage et de très bon sens en toute autre chose, peut être aussi fou, sur un certain article qu'aucun de ceux qu'on enferme dans les petiles maisons, si par quelque violente impression qui se soit fait subitement dans son esprit ou par une longue application à une espèce particulière de pensées, il arrive que des idées incompatibles soient jointes si fortement ensemble dans son esprit, qu'elles y demeurent innées. Mais il y a des degrés de folie aussi bien que d'imbécillité, cette union déréglée d'idées étant plus ou moins forte dans les unes que dans les autres ; en un mot il me semble que ce qui fait la différence des imbéciles avec les fous, c'est que les fous joignent ensemble des idées mal assorties et forment ainsi des propositions extravagantes, sur lesquelles néamoinsiis raisonnent juste, au lieu que les imbéciles ne forment que très peu ou point de propositions et ne raisonnent presque pas. » Si celte distinction est juste, vraie en certains

points, il s'en faut bien qu'on puisse l'appliquer à tous les aliénés : plusieurs des variétés du délire de l'intelligence ne tiennent pas à une association vicieuse des idées ; tous les délires des passions ont un principe enlièrement différent. La définition de Locke concernant la folie ne serait applicable qu'à un certain nombre de> aliénés que l'on désigne encore sous le nom de Monomaniaques.

D'une manière générale, les imbéciles n'offrent pas les déformations corporelles que nous trouvons chez les idiots : plusieurs ont une taille élevée, acquièrent des proportions régulières ; le visage, sans présenter une coupe parfaite, tend par l'assemblage et l'expression des traits à se rapprocher du visage des autres hommes. Chez les femmes on rencontre quelquefois une véritalable beauté. En 1883, il y avait à la Clinique des maladies mentales, dans le service du professeur Bail, deux jeunes filles imbéciles qui pouvaient passer pour très joUes. C'est ce qui explique, disons-le en passant, que de telles femmes trouvent assez souvent des maris qui se contentent d'un médiocre développement de l'intelligence pourvu que le physique soit à leur gré.

La plupart des imbéciles connaissent l'importance des soins de propreté, plusieurs aiment les habits éclatants et la parure, et si leurs gestes,

i.Miticf.iLi.ni':

jeiir allure, la hi/.arreiic do Irur mise ik; trahissaient pas souvent la faiblesse de leur esprit, peut-être ne soupçonnerait-on pas toujours de suite les conditions filcheuses oii se trouve leur entendement.

Les idées qui naissent, qui jaillissent pour mieux dire dans l'esprit des imbéciles ont de la force et de la justesse, mais la durée en est trop rapide, et elles cèdent leur place à d'autres idées ou s'éteignent avant que leurs conséquences aient pu se développer. Souvent, avec des paroles gaies, suivies, on voit coïncider un air de tristesse, des pleurs et des sanglots, ou bien réciproquement, avec un air de bonheur, des paroles exprimant des idées affligeantes ; des passions exagérées, bizarres par leur caractère ou leur apparition inattendue, la brusquerie de leur chute, la variation de leur durée..., etc., complètent la scène.

Parfois, l'imperfection cérébrale s'e traduit par une déformation physique extérieure. Excessivement variées dans leurs manifestations, les plus frappantes portent sur la tête, le crâne, la face et en particulier sur la cavité buccale, dont l'altération la plus habituelle est l'étroitesse des arcades dentaires, liée à la voussure exagérée de la voûte palatine: souvent aussi on voit des dents surnuméraires parfois en nombre considérable. Les

oreilles sont aussi fréquemment mal conformées, désourlées, trop détachées du crâne et ressemblent assez aux oreilles de certains singes. Chez eux on trouve assez souvent des déformations rachitiques plus ou moins prononcées et surtout des mains courtes et massives, des pieds bots, des hémiplégies partielles, enfin, dans les cas les plus graves, des atrophies unilatérales du corps, qui s'accompagnent de contractures permanentes, surtout de Favant-bras sur le bras et de la main sur l'avant-bras. Les tics, les mouvements aulomaliques, sont très fréquents : beaucoup de ces imbéciles se balancent sans cesse, tournent sur eux-mêmes, encensent, font l'ours, pour employer une expression en usage dans les services spéciaux, ne peuvent tenir en place, font des grimaces... etc; ils réalisent en quelque sorle le mouvement perpétuel. C'est là un phénomène bien curieux, bien étrange, qui frappe d'élonnement ceux qui pour la première fois visileiit un service où sont réunis ces malheureux.

Les organes des sens sont ou du moins paraissent ordinairement assez bien conformés. La vue, le goût, l'odorat, sont le plus souvent intacts; mais en revanche le sens du toucher laisse à désirer, et leur maladresse manuelle doit êlre en grande partie attribuée à l'imperfection de leur lact.

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