‹ Fous et bouffonsChapitre 11 sur 100 · IMBÉCILLITÉ · texte numérisé non relu

IMBÉCILLITÉ

l*oiir peu (lu'on éliidic ces ôtres incom})lf'ls. (111 esl di' siiili' frappé de rinégalilé avec lacpielle leurs ditrérenls sens sont atteints. Ils présentent à cet égard les différences les plus absolues. L'ouïe uolannnenl peut manquer coniplélenient ou acquérir une finesse et une précision remarquables, alors que le goût, l'odorat ou le tact restent plus ou moins obtus.

Sous le rapport intellectuel, moral, les différences ne sont pas moins sensibles.

De même que nous l'avons vu pour les organes de relation, l'insuffisance est loin de porter à un degré égal sur toutes les facultés, sauf, bien enlendu le cas rare d'ailleurs d'une dégradation absolue. Tandis que certaines facultés sont complètement ou presque complètement absentes, il en est d'autres au contraire qui sont susceptibles d'un assez grand développement. Tantôt c'est la mémoire qui est excessivement étendue, alors que le jugement ou l'association des idées manque complètement, et encore la mémoire peutelle être grande sur certains points limités, le calcul, la gréographie, l'histoire, les noms d'hommes, les dates, la musique.., par exemple et faire défaut sur tout le reste. Parfois cependant leur esprit brille d'un éclat inaccoutumé et c'est alors qu'on reste stupéfait de leurs réparties vives et fines. Mais, extrêmes en tout, ces esprits ne

procèdent que par sauts et par bonds. Cette activité désordonnée ne se révèle que par d'éclatantes lueurs qu'une obscurité profonde suit immédiament. Tantôtleur pensée est raide, fixe, défiante, comme celle des monomaniaques, tantôt voilée, mystérieuse, prophétique, comme celle decertains fous religieux, pleine d'irritation et de colère comme celle des maniaques.

Ce que nous rencontrons pour les facultés intellectuelles, nous le retrouvons également pour les facultés morales et affectives qui peuvent être incomplètes ou absentes sans qu'il y ait un rapport de proportion constante entre le développement des uns et celui des autres. 11 est un certain nombre d'imbéciles qui ont le sentiment du bien et du mal, du tien et du mien. Presque tous sont gourmands et gloutons et savent mettre au service de leurs défauts une certaine astuce. Parfois ils se montrentalfectueux et reconnaisssanis pour leurs parents ou les personnes qui prennent soin d'eux; dans d'autres moments au contraire, indifférents et ingrats. Très souvent ils se livrent sans aucun motif soit sur des animaux soit sur leurs semblables, à des actes du méchanceté qui paraissent révoltants, ainsi que nous avons eu occasion de le signaler *.

1. L homicide comtnis par les enfants. Asselin éditeur, Paris,

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