C.UKI I.MSMK i
l'cpeiulaiil capables tracles i-aisuiiiiùs. St)ii\ciil, ils ne diffèrent pas des individus d'une intellii^eiice médiocre, mais ils orfrent toujours plus ou moins l'indice des caraclùres propres au créliiiisme. Esquirol a tracé en ces quelques lignes l' habitus du crëlin : « La taille est petite, la peau paie, blafarde, livide, flasque, ridée, les muscles sont mous, rétractés, sans force, leurs membres sont gros, épais, leur ventre très volumineux. La tète est plus souvent grosse, tantôt aplatie postérieurement, lanlôt déprimée au sommet. Les cheveux sont fins et blonds : les yeux sont écartés, cachés sous les arcades orbitaires et chassieux. Les paupières sont rouges et larmoyantes, le regard est louche et stupide, le nez est épaté, les lèvres sont épaisses. La langue est pendante, la bouche mi-ouverte est inondée de mucosités qui coulent sur leurs vêtements. La mâchoire inférieure est allongée : la face est bouffie, ce qui la fait paraître carrée, la physionomie sans expression est stupide. Quelques crétins ont le cou gros et court, d'autres l'ont allongé et grêle ; tous n'ont pas de goitres : la plupart ont des membres abdominaux inégaux, courts, infiltrés, leur démarche est lente, gauche etmal assurée. Ils sont d'une excessive malpropreté et de plus gloutons et très lascifs... »
Sous le rapport intellectuel, ils ressemblent aux
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idiots et les plus avancés d'entre eux aux imbéciles. Comme ces derniers, à côté d'une intelligence rudimenlaire, ils présentent quelques aptitudes spéciales et sont susceptibles d'un certain degré de développement et de culture. La mémoire est souvent très puissante chez les crétins. Elle surnage en quelque sorte au naufrage de l'intelligence prise dans son ensemble. Mais, ne l'oublions pas, la distinction des crétins en trois ordres est toute théorique ; en réalité, si au physique il y a déjà difficulté réelle à établir une distinction entre les crétineux, demi-crétins et crétins, la difficulté n'est pas moindre lorsque se basant sur l'intelligence, les qualités morales, l'instinct même, on veut établir des caractères différentiels nettement tranchés entre les crétins des divers degrés et les simples idiots ou les imbéciles. Le passage de l'un à l'autre de ces étals se fait insensiblement et il est difficile de saisir le lieu qui réunit les échelons extrêmes, et pourtant incontestablement le crétin tient de l'idiot et de l'imbécile, par rintelligence du rachitique, et du scrofuleux parle corps. Il y a un véritable métissage, palpable, tangible, indéniable, mais dont on a peine à expliquer le mécanisme de formation : c'est là un de ces nombreux secrets que la nature cache encore à nos yeux et que jusqu'à présent il ne nous est pus donné (r;ippiuiundir.
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Monstres
Nous ne pouvons quitter celle éliicîe, ou [xjufpai- Icrplusjuslemenl cette revue que nous venons de faire des racliitiques,de.s imbéciles, des idiots, etc.. qui fournissaient autrefois les boutTons, sans rappeler que des êtres plus disgraciés encore physiqueuient et moralement ont eux aussi servi de jouet et d'amusement aux riches et aux puissants. Aujourd'hui, simple objet de curiosité les monstres ont compté parmi leurs ancêtres un bouffon en litre d'office.
Mais avant, qu'on nous permette de rappeler brièvement ce qu'il faut entendre par ce mot: monstre.
Sous ce litre nous entendons désigner des êlres bizarres, qui présentent une conformation insolite dans la totalité de leurs parties ou seulement dans quelques unes d'entre elles.
Les monstres, d'après ces différentes conformations ont été divisés en: Monstres par défaut^ c'est-à-dire qui sont privés d'un ou plusieurs organes ou de diverses parties du corps... Monstres par excès, qui ont des organes plus nombreux qu'à l'ordinaire... Monstres doubles, individus qui ont été lié l'un à l'autre d'une façon plus ou moins complète. Ce sont ces derniers qui
présentent le plus d'intérêt, ce sont eu\ aussi que nous étudierons plus spécialement*.
Tout récemment, l'attention publique vient d'être rappelée sur ces individus étranges par la communication que M. P. Bert a faite sur un de .ces phénomènes observé par lui.
Il s'agit d'un enfant de cinq ans, du sexe masculin, qui a deux têtes, deux thorax, quatre bras, un seul abdomen et une seule paire de jambes. La fusion de ces deux individus se fait à l'ombilic ou si l'on veut c'est un être double au-dessus de l'ombilic simple au-dessous. Il y a deux cœurs, quatre poumons, deux estomacs, probablement deux duodénum. Au-dessous, l'unité analomique est nette pour l'anus, les organes génitaux et les membres inférieurs. Mais si, dans cette partie inférieure il y a nettement unité analomique, il y a dualité physiologique. Chacun de ces deux monstres se rapporte au membre inférieur qui est de son côté : ils jouent, ils se battent à l'aide de leurs jambes qu'ils opposent Tune à l'autre. Ces deux êtres se ressemblent par les traits du visage. Ils jouissent d'une intelligence assez développée. Ils parlent français, italien et allemand. Ils sont bien portants. Ils ne peuvent marcher : Ils sont distincts et indépen-
1. Voir spécialement le Iravail liu L)f E. .Mai lin, intitulé Les inoiiatre" (le/jiiis VontiffiiUé jiisqiià nus jours . Ruinwald ISSu.
:\roNS'rRKS .^.T
danls riiii dt' Tmilre dans leurs cllbrts inlellectuols : ils dorment el. mangent alternativement et indépendamment l'un de l'autre. La sensation de la laiiu et de la soif est également indépendante. Si Tun mange cela ne suffit pas à l'autre. La dualité dii restomac entraîne la dualité de la réplétion et de la satisfaction. Ce monstre, ajoute V. Bert, \'ivra-l-il? Il n'y a pas déraison pour qu'il ne vive pas. Toutefois, les chances de mort sont double puisque la mort de l'un entraîne la mort de l'autre...
Sous le rapport psychique, les montres doubles, quand ils parviennent à vivre peuvent avoir des constitutions psychiques différentes ;
Sans vouloir faire l'historique des monstres les plus célèbres citons seulement les frères siamois qui vécurent jusqu'à l'âge de 63 ans, se marièrent et eurent des enfants. Distincts et indépendanls l'un de l'autre dans leurs efforts intellectuels, la dualité morale était chez eux bien tranchée; tristesse de Lnn, joie de l'autre, le calme et la colère, l'entretien entièrement différent qu'ils pouvaient soutenir avec plusieurs personnes, la sobriété de l'un et la tendance de l'autre à se livrer à la boisson, etc.
De même en était-il de Ritta et de Christina observées par M. Serres*.
1 . Serres, Théorie des format ioii'i et des dé/ormntiotis orga-
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Les jumelles de Piesboure. qui élaient réunies seulement par l'extrémité postérieure du thorax, difTéraient complètement de caractère. L'une était belle, douce, posée, peu sensuelle, l'autre laide méchante, querelleuse, ardente. Les violences de ];i dernière contre sa sœur et leurs disputes étaient si fréqueuies que, dans le couvent 011 le cardinal de Saxe, Zeits, les avait placées, on se vit obligé de leur affecter une surveillante qui ne les quittait point. Elles vécurent en dépit de leur désunion jusqu'à l'âge de 22 ans.
Le fou de Jacques lY d'Ecosse (1488-4r>13). était un monstre double.
Des deux êtres qui le composaient l'un était plein d'intelligence et de verve. Il était bon musicien et, par sa beauté aussi bien que par son esprit, charmait les dames de la cour. L'autre au contraire était lourd, idiot et ivrogne, à tel point qu'il finit par tuer son frère en mourant lui-même alcoolique, (les deux êtres n'étaient jamais d'accord : ils se battaient et s'arrachaient la bouteille des mains, l'un pour boire, l'autre pour la jeter',
niques appiiguée à l'anatomifi de Hitfa-C/iristina (Mémoires de l'Académie des sciences, 1832).
1. Dans ces cas, loi-sqiic l'un des deux ("•Ires est mortollomcnl atteint, c'est l'autre, celui qui reste bien portant, qui meurt le premier. C'est l?i un fait d'observation qui n'a pas encore reçu (l'explication satisfaisante.
.MONSIUKS "i"»
lîitMi que ce fait iluhoiilfon de Jacques IV soit le seul (lui nous soit coniui, il nous a paru néanmoins assez intéressant et assez curieux pour motiver les quelques lignes précédentes et mériter d'arrêter un instant l'attention.
FOIS ET lîOrFFONS