‹ Fous et bouffonsChapitre 13 sur 100 · Esquirol, Des inaludies mentales, Pui-is, Soi · texte numérisé non relu

Esquirol, Des inaludies mentales, Pui-is, Soi

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lalioii. (le iiinhilitc iiilollectiielle iiue l'un ubservc cho/ la pliipai'l dos idiots et dos imbéciles ; chez los uns d'iiiio maiiiiTO pi^rmanoide et continue, chez les antres, tantôt à une époque de leur vie, tantôt à une autre, principalement durant les premières années ou bien encore par intervalles et alternant, comme cela se voit chez certains maniaques, avec un état de prostration, de stupeur. L'excitation marche souvent de pair avec la précocité d'osprit, mais ne s'accompagne généralement pas de signes capables d'inspirer aucune crainte sérieuse pour la santé morale des enfants. Cependant on observe de temps à autres quelques troubles nerveux très légers, fugaces, tels que des prodromes d'hystérie, d'épilepsie, de chorée, des terreurs nocturnes, de l'assoupissement ou môme du coma et une sorte de sommeil léthargique venant saisir les enfants dans le jour^ au milieu de leurs jeux, des ennuis, des tristesses sans motifs, certaines douleurs gravalives dans la tête, à la nuque le plus souvent, etc.

Ces enfants se font remarquer par une mobilité de pensées, une instabilité de désirs et de caprices, qui ne sont égalées que par leur turbulence, leur besoin incoercible d'aller et venir, de se mouvoir sans but déterminé, passant rapidement d'une chose à une autre, prenant puis abandonnant pour le reprendre et l'abandonner

encore l'objet qu'ils convoitent. Ceux dont Tintelligence a atteint un certain degré de développement, sont en général bavards, indiscrets, questionneurs, se répètent souvent, nient, affirment sans réflexion, mentent sans intérêt et pour le plaisir de mentir : ils font le désespoir de ceux qui s'occupent d'eux. La mère d'un idiot nous disait que vers l'âge de six ans, son fils était devenu irritable et ne pouvait demeurer un instant en place. « 11 semblait, disail-elle, que quelque chose le forçait à changer continuellement de place, sans lui permettre de rester un instant tranquille, on eut dit qu'il était mû par des ressorts. »

Quiconque a pu voir et étudier les deux petits idiots qui, sous le nom à'astecs (il y a une vingtaine d'années) ont occupé la curiosité publique peut se faire une idée de ce genre de mobilité, de ce genre de mouvement perpétuel qui distinguent quelques-uns des idiots placés dans nos hospices u Les médecins qui ont assisté à l'exhibition de ces malheureux petits êtres faite à l'Académie de médecine, ont pu remarquer comme nous, dit mon père, leur pétulance vraiment extraordinaire. Si on les prenait dans les bras, ils se débattaient avec impatience, tournaient la tête rapidement, dans toutes les directions sans arrêter leur regard sur aucun point. Abandonnés à eux-mêmes

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on les voyait cdiirii' d'un eiidroil de lu salh^ à l'autre, saidillanl, f^ambadanl, louclianl à tout, dérangeant loul, dominés, entraînés par le besoin de se mouvoir cl d'agir. »

Au lieu et place d'astecs qu'on lise inidgets, et la description sera identique pour les deux petits êtres qui se sont fait voir à Paris en 1882--1883. Aux penchants de mauvaise nature, les imbéciles, c'est-à-dire cette classe d'individus dont les facultés se sont développées jusqu'à un certain point, joignent souvent une grande faiblesse de caractère. 11 est d'autant plus facile de les entraîner à des actions blâmables, criminelles même, qu'ils sont incapables d'en comprendre la portée et les conséquences possibles, qu'aucune voix ne s'élève dans leur conscience pour les en détourner, ou tout au moins pour se faire bien entendre.

On conçoit d'après cela que les individus dont nous parlons deviennent facilement, entre les mains d'hommes intelligents et pervers des instruments extrêmement dangereux, des aides, nous ne voulons pas dire des complices, d'autant plus redoutables qu'ils n'ont pas de volonté propre et agissent irrésistiblement sous l'impulsion d'autrui. « Les imbéciles, ditEsquirol, sont généralement timides, craintifs et obéissants. » Ils ont des penchants plus ou moins impérieux

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et quelquesfois pervers. Ils volent pour satisfaire leur gloutonnerie, ils volent pour se procurer des objets de toilette ou pour tout autre motif, »

Il y aurait de longues pages à écrire si Ton voulait approfondir chaque point du caractère de l'imbécile. Tel n'est pas noire but: nous avons simplement voulu donner un tableau d'ensemble qui permît d'apprécier convenablement le rapport, la similitude que nous établissons entre les bouffons et les imbéciles, et à ce tilre nous croyons avoir assez dit.

Grétinisme

11 est peu probable que les crétins aient jamais eu l'honneur de paraître à la cour à titre de fous.

Bien qu'ils aient été et soient encore le jouet de lours concitoyens, leur intelligence était trop faible et manquait surtout de ce brio, de cette répartie vive que l'on recherchait ; s'il y en eut, ils appartenaient à cette classe de crétins physiques qui présentent d'une manière plus ou moins complète tous les caractères du type et qui cependant jouissent d'une intelligence parfaitement normale.

Les crétineux, pour nous servir d'une classification peu rigoureuse mais utile en pratique, bien que présentant une intelligence faible sont

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