‹ Fous et bouffonsChapitre 16 sur 100 · Dissertation sur les tous des rois de France · texte numérisé non relu

Dissertation sur les tous des rois de France

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(l'iMi'o désignées comme devanl loiirnir les bonll'ons.

Dans les archives de la ville de Troyes, en Champagne, se tronve une lettre de Charles V, où ce prince marquant au maire et aux échevins la mort (le son fou, leur ordonne de lui en envoyer un AYdYti suivant la cuntumc. L'usage en était déjà établi et la Champagne avait apparemment l'honneur exclusif de fournir des fous à nos rois du temps de Charles V.

Le plus souvent, le bouifon ressemblait à l'Ésope de Planude. La face large, plate, la bouche grande, la peau tannée, les lèvres épaisses, pendantes, les dents noires, écartées, les yeux louches, le regard hébété avec des éclairs passagers, la tête penchée, se balançant à droite, à gauche, sur un cou volumineux, la taille ramassée, difforme, la colonne vertébrale déviée en avant, en arrière, sur les côtés, le ventre volumineux, lâche, la main épaisse et pendante sur les hanches, les jambes gauches, engorgées, et les articulations d'une grosseur énorme, la conformation du squelette vicieuse, la couleur des téguments de bistre et de safran..., etc., tel est le portrait fidèle du véritable type du bouffon de cour, le portrait que nous ont légué dans leurs chefs-d'œuvre, des graveurs, peintres et sculpteurs des siècles derniers. Voyez entre autre, au Louvre, dans le musée

Î)H FOI-S ET ROIFIONS

(les antiquités Romaines la statuette inscrite sous le n°27o, les toiles de Paul Véronèse (les noces de Cana), de Fragornad, de Ribeira. de Torbido, de Goltzius, d'Holbein, d'A. Durer..., etc. Voyez les remarquables sculdturesdesdifférenteséglises 011 furent enterrés des fous. St. -Mallion. St.-Levan en Cornouaille, St.-(Fermain-rAu\errois, à Paris (estampe). St. -Maurice de Senlis... etc., etc. Consultez les nombreuses images des manuscrits, les médailles et monnaies... et il sera facile de voir que nous sommes encore au-dessous de la vérité. Plus le fou était laid, disgracieux, contrefait, plus il avait chance delre agréé et choyé par les maîtres du château, envié et jalousé par les les valets et les pages que d'ailleurs il ne ménageait guère, et qui souvent fournissaient matière à ses lazzis et à ses quolibets. S'il arrivait que de prime saut il ne possédait pas à fond son métier, on lui donnait un maître pour le former et lui enseigner les tours les plus propres à divertir. « Un fou de bonne maison, dit le bibliophile Jacob, était élevé avec autant de soin, de peines et de frais qu'une âne savant., il avait un gouverneur., il étudiait les tours, les sauts, les réparties, les chansons... >; Il arrivait même que lorsqu'il avait mal répété sa leçon, il recevait les étrivières et qu'on l'envoyait faire pénitence aux cuisines eu compagnie des marmitons.

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Mais nous l'avons dil pins lianl, qnelqntîs-nns (le ces grolesqnos (Haicnl (l(!s hommes. Ils avaient im cœur sons leurs habits de fou, et ce cœur pouvait tout aussi bien que celui de leurs maîtres être torturé par la souffrance et animé des plus nobles, des plus grands, des plus généreux sentiments.

Dans un travail très curieux, M. Gazeau', étudie les bouffons sous le double point de vue historique etanecdolique : « Ce n'est point seulement, dit l'auteur que nous citons, dans les maisons des barons féodaux que les bouffons étaient prisés et recherchés. Ils l'étaient surtout à la Cour des princes et nous aurons à nous occuper longuement de la catégorie des bouffons de cour, sinon la plus nombreuse, au moins, la plus connue de toutes.

Mais, et voici qui paraîtra plus singulier, il y avait aussi des bouffons dans les couvents, et certains prêtres ne dédaignaient point de chercher dans leur eniretien quelque distraction aux sévérités de la discipline ecclésiastique. Le fait résulte des documents réunis au XVIII* siècle par le jurisconsulte allemand Ileinecke, plus connu sous le nom d'Heineccius (1681-1741), et le bénédictin dom Marttène, Heinecke cite une ordonnance de 789 défendant aux gens d'Église d'avoir des farceura aus'sf bien que des chiens de chasse, des fau-

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