‹ Fous et bouffonsChapitre 19 sur 100 · NAINS · texte numérisé non relu

NAINS

Dans l'antiquité, à l'époque de la formation des premiers empires, les disgraciés de la nature étaient relativement rares : aussitôt, en eifet, que l'enfant était né, on le portait, en Grèce, aux anciens de la cité : s'il ne présentait aucune conformation vicieuse, il était déclaré apte à être élevé. S'il était contrefait, il ne pouvait plus reparaître au foyer de la famille, on le transportait au bord d'un gouffre auprès du mont Taygèle.

A Rome, si l'enfant venait au monde avec une difformité, les parents ne devaient l'exposer avant que les voisins eussent donné leur assentiment '. En Gaule, en Scandinavie, les nouveaunés' mal conformés étaient impitoyablement sacrifiés.

Mais peu à peu on se relâcha de cette sévérité si contraire aux lois de la nature : tout d'abord on les éleva dans l'ombre et le mystère : puis pro-

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