Longin, Traité du sublime, cap. XLIII
procurer artificiellement, non pas comme autrefois en empêchant les enfants de grandir par des moyens mécaniques que nous avons signalés plus haut, mais à l'aide de certains onguents.
Quelque invraisemblable que cela paraisse, Garnier en a trouvé la preuve dans un recueil scientifique du XYIP siècle, recueil grave, sérieux et auquel les plus célèbres médecins de l'époque envoyaient leurs observations *.
« Notre esculape de Prague, qui heureusement vit encore, le docteur Joamies Marais Marci à Kronland^ philosophe mathématicien et médecin des plus célèbres, entre autres sujets dont il m'entretint à son retour d'Italie, me raconta qu'il avait été consulté par un religieux [a vtro religioso), afin de savoir si le moyen dont on se servait pour faire des nains était naturel ou inventé par le démon, ennemi du genre humain, afin d'avilir ainsi la figure humaine. Il connaissait, en effet, un pauvre homme, qui avait coutume, le jour même de la naissance de ses enfants, de leur enduire l'épine dorsale et les articulations d'un certain onguent dont il avait la recette ; il répétait cette opération jusqu'à ce que la moelle
1. Wenccslas Dobrensky di Negroporite, observ. LXXIX, artificialis Pygmaeorum efformalio, in Miscellansea curiosa medico phijsica academix naturie curiosorum, etc., Lipniae, an7io 1670, pet. in-4" cité par Garnier, Nains et géants, p. 107.
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rpinière fut tlossochéc l'I les liiiéamouls assez durcis pour euipôclier la croissance ; de celle façon les enfants restaient nains et en les offrant i^racieusemcnt aux grands seigneurs, il se conciliait leurs bonnes grâces en môme temps qu'il y trouvait un grand profit. Cet onguent était composé, disait-il, d'un triple mélange de la graisse des plus petits animaux de la création, tels que les loirs, les chauves-souris, les taupes, etc.. »
11 ne faut pas oublier non plus la version que Marco Polo ^ donnait de la fabrication des nains; il semble avoir honte à considérer ces petits êtres comme appartenant au même titre que lui à la nature humaine. Il ne voit en eux qu'une sorte de fac-similé obtenu par l'habilelé d'un fabricant.
« Je veux aussi vous prévenir que ces petits hommes de l'Inde qu'on fait voir n'en sont nullement ; mais on les fait dans ce pays (l'île de Sumatra, quil désigne sous le nom d'île de Java la petite), et voici comment : il y a en cette île une espèce de singes moult petits et ayant le visage de l'homme. On les prend et on les pelle tout entiers, en ne leur laissant de poils que pour la barbe et la poitrine, puis on les fait sécher et on les prépare avec du camphre ou autre chose, de sorte qu'on les fait passer pour des petits hom-