‹ Fous et bouffonsChapitre 3 sur 100 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

Mais, de dos jours, on peut sans trop de témérité donner une explication de ces apparentes anomalies des facultés intellectuelles, et disons-lf do suite, ces alternatives de raison et de folie, ces éclairs d'intelligence qui sont dûs à une sorte d'éréthisme cérébral passager modiflant plus ou moins profondément, d'une manière inégale, l'état habituel de Tintelligence, constituent un état réellement morbide.

Les bouffons, les nains, les géants mêmes, appartiennent tous à la grande famille des rachitiques, et l'esprit d'à-propos qui les faisait remarquer n'était qu'une conséquence naturelle de leur état physique.

Pour affirmer le bien fondé de noire opinion, nous passerons tout d'abord en revue les caractères morphologiques qui distinguent les rachitiques, les faibles d'esprit, les imbéciles — etc.

Puis nous étudierons les nains, les géants, les bouffons de cour aux différentes époques de l'antiquité jusqu'à nos jours et dans les divers pays.

Enfin, comme conséquence de cette opinion que pour nous ces individus sont de véritables êtres pathologiques, nous examinerons l'influence des maladies aiguës sur leur intelligence, ainsi que le parti habile que certains d'entre eux surent tirer de leur difformité.

Les sources auxquelles nous avons puisé nos

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rciiseiyiieiiieiils liislori([iies suiil luulLiple.s ; j)ai'iiii les principales nous citerons : Brantôme, Villehois, les mémoires de l'Académie royale des sciences, Sauvai, les comptes de l'argenterie des rois de France, le bibliophile Jacob... etc.

Depuis plusiiiurs années déjà, nous avions commencé les recherches nécessaires à ce travail, mais nos occupations et les devoirs de notre profession nous avaient empêché jusqu'à ce jour de Icscolligcr. En J882 parut un très intéressant mémoire de M. Gazeausur les Fous et Bouffons, et en 1884, un autre de M. Garnicr sur les Nains et Géants, rédigés tous deux au point de vue purement historique et anecdotique; nous avons été heureux de constater que nos recherches concordaient avec celles de ces auteurs, et la lecture de ces ouvrages n'a fait que nous confirmer dans l'opinion que nous avons émise, à savoir que l'étude psychologique des Fous et Bouffons, Nains et Géants, rentre réellement dans le domaine de la pathologie mentale.

Paris, 20 mars 188;;.

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