‹ Fous et bouffonsChapitre 36 sur 100 · Garnier. Ouv. cité, p · texte numérisé non relu

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saut et fut jugé digne de remporter un deuxième prix.

Charles II, avait encore des nains : « Ne croyez pas, dit M"e d'Aulnoy ', que leurs majestés soient environnées de personnes de la cour quand elles dînent: Il y a tout au plus quelques dames du palais, des menins et quantité de naines et de nains. » Parmi eux cependant il y en avait un qui avait plus d'importance que les autres :

u Je n'ai jamais rien vu de si joli que le nain. du Roy, qui s'appelle Loidsillo. 11 est né en Flandre et d'une petitesse merveilleuse, parfaitement bien proportionne. Il a le visage beau, la tête admirable et de l'esprit^ plus qu'on ne peut se l'imaginer, mais un esprit sage et qui sait beaucoup. Quand il va se promener, il y a un palefrenier monté sur un cheval qui porte devant lui un cheval nain qui n'est pas moins bien fait en son espèce que son maître en la sienne. On porte ce petit cheval jusqu'au lieu où Louisillo le monte, car il serait trop fatigué s'il fallait qu'il allât sur ses jambes, et c'est un plaisir de voir l'adresse de ce petit animal et celle de son maître lorsqu'il lui fait faire le manège. Je vous assure que quand il est monté dessus, ils ne font pas plus de trois

1. M« la comtesse d'Aulnoy. La Cour et la ville de Madrid, vers la fin d te XV 11^ siècle, relation du voyage d'Espagne Paris, 18"34.

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quartiers de haiileiir. Il disait l'autre joiu* fort sérieusement qu il voulait foniballre les taureaux à la première fêle, pour l'amour de .^a maîtresse doua Elvira. C'est une petite fille de sept ou huit ans d'une beauté admirable. La reine lui a recommandé d'être son galant. »

]VP® de Villars ', dont le mari était ambassadeur de France en Espagne, parle aussi de Louisillo en ces termes :

« Le roi a un petit nain flamand, qui entend et parle très bien français. Il n'aidait pas peu à la conversation. On fit venir une des filles d'honneur en garde-infante pour me faire voir cette machine. Le roi me fit demander comment je la'-trouvais, et je répondis (au nain) que je ne croyais pas qu'elle ait jamais été inventée pour un corps humain. Il me parut assez de mon avis ».

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