‹ Fous et bouffonsChapitre 58 sur 100 · Portefaix · texte numérisé non relu

Portefaix

que de fumée de son roust n'esloyt tenu nourrir les facquins, et renioyt', en casqu'il ne lepayasl, qu'il luy osteroyt ses crochelz. Le facquin tire son Iribart - et se raetloyt en deffense.

L'altercation feut grande, le badault peuple de Paris accourut au débat de toutes parts. Là se trouva à propous Seigni Joan, le fol, citadin de Paris. L'ayant aperceu, le roustisseur demanda au facquin : Yeulx tu sus noslre différent croire ce noble Seigni Joan? — Ouy, par le Sambreguoy ^ respondist le facquin.

Adoncques Seigni Joan, après auoir leur discord entendre, commanda au facquin qu'il Iny tirast de son baudrier quelque pièce d'argent. Le facquin luy misten main ung tournois philippus * Seigni Joan le print et le mist sus son épaule gausche, comme explorant s'il estoyt de poids ; puis le (ympoy ^ sur la paulme de sa main gausche, comme pour entendre s'il estoyt de bon alloy; puys le posa sur la prunelle de son œil droict comme pour voir s'il estoyt bien marqué. Tout ce fait faict en grande silence de tout le badault peuple, en ferme attente du roustisseur et déses-

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