‹ Fous et bouffonsChapitre 72 sur 100 · ANGOULEVENT · texte numérisé non relu

ANGOULEVENT

Nicolas Joubert, sieur d'Angoulevent, eut une

certaine renommée sous les règnes d'Henri IV et de Louis XIII. Il portait le noni de prince des sots ou prince de h sotie, c'est-à-dire des fous.

Il appartenait en effet à la confrérie qui, pendant le moyen âge, représentait les mystères ; il eut même un procès avec les comédiens de l'hôtel de l^ourgogne, mais « il gagna sa cause contre les maistres de la confrérie de la Passion et gouverneurs de l'hoslel de Bourgogne pour la préséance et plusieurs profits et droicts pour ledict prince des sois prétendus. »

Si sous le règne de Henri IV, Angoulevent ne vit pas toujours ses plaisanteries réussir, il jouit en revanche d'une assez grande faveur près de Louis XIII. Ce prince aimait à s'entourer de bouffons qui le distrayaient de ses humeurs noires, dues à l'état de sa santé'. 11 paraît même qu'il admettait des fous à ses conseils, si l'on s'en rapporte à ce mot de Sully : « Sire, lorsque le roi votre père, de glorieuse mémoire, me faisait l'honneur de me consulter sur les affaires de son

1. Louis XIII avait "ia santù la plus robuste. Mais les singuliers procédés de la science médicale du temps l'épuisèrcnl de bonne heure. En une seule année, Bouvart, son médecin, le fit saigner quarante-sept fois, lui fit prendre deux cent douze purgations et deux cent quinze lavements. L'infortuné prince mourut à Tâge de quarante-deux ans. Quelle constitution eut pu longtemps résister au traitement de ces « médc cins de Molière ? » (Note de Gazcan .)

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