‹ Fous et bouffonsChapitre 75 sur 100 · ANGLETERRE · texte numérisé non relu

ANGLETERRE

Comme en France, les fous de cour en Angle-

terre avaient le droit de dire beaucoup de sottises sans offenser. Shakspeare, cet immortel génie, mit dans plusieurs de ses drames, des bouffons en scène : tel est entre autres, Trinculo, un des personnages de « la Tempêle », Lancelot Jobbo, du marchand de Venise, Pierre de Touche, de « comme il vous plaira, » et le bouffon du « roi Lear ». etc. etc.

Celui-ci n'est pas à proprement parler un bouffon : c'est un conseiller fidèle presqu'un ami qui fait entendre au roi son maître des vérités... vraies, si on peut s'exprimer de la sorte, lorsqu'il lui dit par exemple « insensé qui se fie à la douceur d'un loup apprivoisé, à la santé d'un cheval, à l'amitié d'un jeune homme, ou aux serments d'une courtisane ! » ' ou bien essayant de le distraire en lui débitant celte prédiction grotesque ^ :

Quand le brasseur

Et le prédicateur,

L'un pour sermon, l'aulre pour bière,

Ne donneront que de l'eau claire ;

Sur les modes du jour lorsque nos grands seigneurs

En remontreront aux tailleurs ;

Qu'on ne brûlera plus que les trompeurs de filles,

Ces fléaux de familles ;

Quand tout plaideur aura raison ;

Que nul fils de bonne maison

Ne fuira le regard d'un créancier avide,

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