‹ Fous et bouffonsChapitre 83 sur 100 · V. ïissot, Ouv. cit · texte numérisé non relu

V. ïissot, Ouv. cit

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faire entendre sa lecture et recevoir leurs complimenls, car aussitôt qu'ils eurent rendu cet hommage, on les renvoya chacun chez eux: les uns disgraciés à cause de leur fermeté, les autres décorés à cause de leur bassesse. Le manuscrit de Catherine fut enfermé dans une cassette précieuse pour être montré aux curieux.

On laissa une espèce de comité pour s'occuper de la rédaction des lois, et lorsque les favoris ou les ministres curent quelques protégés dont ils ne savaient que faire, ou un bouffon qu'ils voulaient entretenir sans qu'il leur en coûtât rien, ils le faisaient nommer membre de ce comité, pour lui en faire tirer les appointements. L'auteur de ce mémoire a connu un certain Métrophane Papow, bouffon^ bigot et explicateur des songes d'une dame de la cour, qui était membre de cette commission ! Il n'avait jamais entendu parler de l'instruction pour le code et n'était pas en état de la lire ':...

Les folles non plus n'étaient pas inconnues à la cour de Russie, ainsi qu'il résulte du passage suivant:

1. L'inslniction de celle préface est fidèlement lin'-e de Montesquieu et de Bédaria, que M. F. de B. qui s'était chargé de la traduire, ne crut pouvoir mieux faire qu'en copiant le texte de ces fan?.eux écrivains, (Noie de l'auteur des Mémoires secrets sur la Russie.)

FOIS. luissiiî 23?)

.... « (lalhorine avail formé avec ses favoris et SOS courtisans et ses dames affidées une société l»lus intime : cotte société se réunissait deux ou trois fois la semaine sous le nom de Petit hermitinjo. On y était souvent masqué et il régnait la plus grande privante.

... « L. Narisclikin y faisait le môme rôle que Roquelaure à la cour de Louis XIV, et une folle en titre, nommée Matrona Danilowna, le secondait: c'était une vieille radoteuse dont tout l'esprit consistait à dire les polissonneries les plus saugrenues. Comme elle avait le droit qu'ont tous les fous, celui de tout dire, elle était accablée de cadeaux par les bas courtisans ' »

Enfin, ainsi que nous l'avons dit dans des pages précédentes, dans certains pays de l'Orient, dans la petite Russie, la Turquie, l'Afrique..., etc.il existe encore de nos jours des nains qui jouent le même rôle, remplissent les mêmes fonctions que leurs ancêtres. Pour compléter l'analogie et prouver combien ces nations sont demeurées les fidèles gardiennes de la tradition, et ont su résister aux lumières de la civilisation, on y trouve également des fous.

Les princes et les hauts personnages des pays du Caucase, de la Mingrélie, par exemple, ont des

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