RESUME
En résumé, la classe des bouffons qui pendant de nombreux siècles occupa dans la société une place qui ne fut pas toujours sans importance, était composée sauf exceptions, d'individus dont la nature physique et morale était justiciable de la pathologie morbide.
C'étaient, on Ta vu, des rachitiques, des imbéciles, des idiots, des nains et même des monstres, chargés de distraire les rois et les grands par leurs saillies hardie?, leurs réponses spirituelles, leurs facéties, d'un goût souvent discutable mais se ressentant toujours de l'époque oîi ils vivaient.
S'amuser des saillies et des réparties plus ou moins spirituelles d'un imbécile, d'un idiot, paraît un paradoxe phénoménal ; c'est leur supposer de l'esprit, de l'à-propros, un certain talent d'observation et de comparaison.
Cependant rien n'esJt plus réel, et nous avons démontré comment on pouvait logiquement expliquer ce fait, en se basant sur l'étude du caractère psychologique de ces êtres incomplets et disgraciés de la nature.
RKSi-Mf': 277
L'histoire nous a cnnservé le nom de quelquesuns des fous nains cl monstres qui curent Thonucur d'amuser des souverains redoutables et souvcnL [dus redoutés encore devant qui tout s'inclinait et tout tremblait.
Si beaucoup furent d'honnêtes imbéciles, remplissant avec plus ou moins de talent un rôle que des professeurs spéciaux avaient souvent été chargés de leur apprendre, il est juste de rappeler que parmi eux il s'en trouva qui, profitant de la liberté qui leur était laissée, surent faire entendreaux rois de justes remontrances, intercéder en faveur de malheureux faussement soupçonnés et condamnés.
Ceux là relevèrent et honorèrent la profession.
Il en fut d'autres enfin, jouissant de ce que Ton pourrait appeler un esprit normal par rapport à leur état physique, qui surent faire tourner à leur profit la charge de fou et en habiles simulateurs parvinrent à acquérir des richesses souvent considérables.
Dans tous les cas, les bouffons tels que nous les font connaître les historiens sont des êtres à . part dont l'élude appartient à la pathologie et à la psychologie morbide.