‹ Foyers et coulisses (volume 2)Chapitre 26 sur 38 · MM · texte numérisé non relu

MM

Dumaine.

Taillade.

Lacressonnière.

Paul Deshayes.

Vannoy.

Laray.

Alexandre.

Faille.

Fabrègues.

Ed. Martin.

Gobin.

Fraizier.

Murray.

Perrier.

Vollet.

Rolle.

Henri Roze.

Danjou.

Bellet.

Gaspard.

DeUlle.

Neraut.

Mallet.

Dica-Petit.

Angèle Moreau, Pauline Patry.

Lacressonnière.

Marie-Laure.

Charlotte Ray-

nard.

Daubrun.

Murray , Morin.

Pauline Moreau.

DUMAINE (Louis-François)

Dumaine est né à Lieusaint (Seine-et- Marne), petit village célèbre par l'attaque de la malle-poste du Courrier de Lyon.

Ses parents étaient de braves et honnêtes cultivateurs qui ne le destinaient nullement au théâtre, mais qui ne mirent aucune entrave à son départ pour Paris.

Mme Person, sœur aînée de notre héros, était alors dans tout l'éclat de son talent; les applaudissements donnés à l'artiste firent battre le cœur de Dumaine ; lui aussi aurait bien voulu être applaudi.

Mais en attendant il lui fallait vivre ; pour cela, il était entré petit commis dans une maison de mercerie; la vocation du théâtre était en lui, il négligeait le ruban et le fil pour Victor Hugo. 11 fit tant que son patron dut le congédier.

Dumaine bien penaud, retourna chez Mme Person ; on s'occupa de lui trouver une autre place, c'était bien difficile, car on était en 1848. Enfin Alexandre Dumas prit le jeune homme en qualité de secrétaire. Une telle place n'était pas faite pour le dégoûier du théâtre; il fit partie d'une de ces troupes nomades qui exploitaient les environs de Paris. Au bout de quelque temps, sûr de lui-même, il obtint, grâce à Dumas, de débuter àla Comédie-Française, sous la direction Seveste.

PORTE SAINT-MARTIN 6i

Au bout de quelques mois passés rue de Richelieu, Dumaine, fatigué de figurer sans jouer, quitta la Comédie-Française pour le Havre où l'attendait un très-bel engagement. Il passa dix-huit mois au Havre qu'il quitta pour Marseille. Il fut bientôt très-aimé du public ; lorsqu'il tomba au sort, une représentation extraordinaire fut organisée à son bénéfice, la recette fut très belle, Dumaine put se faire remplacer sous les drapeaux.

Enfin Dumaine vint à Paris ; pendant quelque temps encore il joua sur les petits théâtres, Montmartre entre autres. Enfin, il fut engagé par M. Hostein à la Gaîté. C'était un grand pas, mais il fallait un rôle, une création.

L'Ambigu montait alors la Case de l'Oncle Tom, de M. d'Ennery, Dumaine fut recommandé à l'auteur pour le rôle de Georges le mulâtre. Desnoyers, le directeur de l'Ambigu n'hésita pas, il paya à M. Hostein lededit qui retenait notre artiste à la Gaîté; Dumaine passa alors à l'Ambigu, son succès fut très-grand.

Après la Case de F Oncle Tom, Dumaine créa le Château des Tilleuls, le Juii de Venise, l'Enfant du Régiment, le Penduy le Paradis perdu, Frère et Sœur.

César Borgia, la première pièce de MM. Crisafuili et Uevicque.

On répétait alovs César Borgia, de Se-

jour, pour Ligier à la Porte-Saint-Martin. Alors M. Denoyers, trouvant trèsbien son César Borgia, voulut le monter assez vite pour passer avant le César de la Porte Saint-Martin. En effet, le drame fut joué 13 jours après la lecture. Détail incroyable. Le secret fut gardé par tous ces jeunes artistes, car ils étaient tous jeunes et zélés. Pour aller plus vite, on répétait chez le directeur, les Amours maudits, le Fléau des mers, la Légende de F homme sans tête, la route de Brest, aujourd'hui interdite par la censure; Jocelyn, le Garde-Côte, les Viveurs de Paris, la reprise du Masque de fer. Puis, la Porte-Saint-Martin l'enleva de l'Ambigu une heure après la mort du directeur Charles Desnoyer. C'était pour Faust, comme la pièce était longue, vu sa mise en scène, on monta en attendant les Mères repenties de Mallefille et une reprise des Bohémiens de Paris, dans lesquels Dennery voulait lui faire jouer Montorgueil, mais loin de sauter sur ce premier rôle, le Régis de Plougastel de la veille et le Faust du lendemain se transforma en vieil abruti des Bohémiens, composition où il fut en effet plus que remarquable et qui rend le rôle désormais bien difficile à jouer.

Les Pirates de la Savane, Cartouche, Michacl 1 esclave, la Veille de Marengo, le

Prêteur sur gages, les Aventuriers. — Après ce drame, M. Harmand le prêta à M. Hostein pour créer au Cirque le rôle d'Ab-del-Kader dans les Massacres de la Syrie. Retour à la Gaîté pour créer les 32 Duels de Jean Gigon, la reprise du Fils du Diable, le Sonneur de Saint-Paul.

Valentine d'Armentières. — Nous passons à la nouvelle Gaite où il reprend Monte-Christo, Pontis, de la Belle Gabrielle, Pontis, de la Maison du Baigneur.

Après cela, il devient directeur de ladite Gaîté où il reste trois années et où après une brillante reprise du Paradis perdu, brillante reprise des Pirates avec Miss Menken, il monte Jean la Poste, drame inédit et en joue le principal rôle. Puis : Bas de cuir, les Treize, une reprise de la Reine Margot, où il joue Coconas.

Il cède son théâtre à M. Victor Koning et crée sous sa direction les Orphelins de Venise, la Madone des Roses.

De là passe à la Porte-Saint-Martin, pour faire sa brillante et inimitable création de Patrie, son plus gigantesque rôle et dont le souvenir est aussi impérissable que celui du succès de la pièce.

Après Patrie il s'associe avec M. Billion (!!!) pour la direction de l'Ambigu, mais bientôt il rompt son traité d'association revient à la Porte-Saint-Martin pour y

répéter Jean Valjean dans les Misérables, mais la Commune, c'est-à-dire l'incendie du théâtre arrête tout, hélas et

Dumaine, quand tout est rentré dans son état normal, revient au Châtelet pour y reprendre le rôle de Dagobert dans le Juif Errant, puis la reprise de Patrie et de la Maison du Baigneur. C'est alors que la Porte-Saint-Martin reconstruite, ses directeurs s'empressent d'engager Dumaine, espérant pouvoir lui faire jouer Triboulet dans le Roi s'amuse, de Victor Hugo, mais la censure en décide autrement et l'on doit se contenter de la reprise de Marie Tuclor, à laquelle succède Libres, une des plus belles premières qu'on ait jamais vues après Patrie , mais ce ne fut point un succès d'argent. — C'est la première fois qu on vit dans un drame le public faire bisser des vers — et c'est Dumaine qui eut cet honneur. A Libres succède une reprise de Henri III où il joue le duc de Guise.

Après vient le Tour du Monde que Dumaine a joué près de 400 fois.

Sa dernière création dans les Exilés lui fait le plus grand honneur.

Page 1