‹ Foyers et coulisses (volume 2)Chapitre 29 sur 38 · ALEXANDRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE

Alexandre Augustin Guillemet est né à Paris le 21 juin 1814.

Son père, ancien soldat, exerçait la profession modeste de perruquier. Alexandre apprit l'état d'ébéniste. Tous les soirs le jeune ouvrier allait à Bobino, au Lazari.

Les jours de fêtes, quand il possédait dix sous, il s'offrait les émotions de l'Ambigu. C'est ainsi que la vocation le prit. Comme tant d'autres, il commença à jouer dans des parties d'amateurs. Un beau jour, il obtint un engagement de figurant à raison de quinze sous par soirée. Il cabotina dans les environs de Paris, enfin, sur la recommandation d'Albert, il fut engagé par MM. Cormon et Dutertre, à raison de 45 fr. par mois, le double de ce qu'il avait avant de partir au régiment. Petit à petit sa position s'améliora ; il devint chef des chœurs puis deuxième régisseur. Plusieurs fois il remplaça au pied levé des camarades indisposés; Char-

POPTE SAINT-MARTIN 81

les- Perey, dans Paul et Virginie et Laurent, dans les Bohémiens de Paris.

En 1847, Hostein, qui avait été directeur de la scène à l'Ambigu, prit la direction du théâtre Historique ; il engagea immédiatement Alexandre, qui se lit remarquer dans le Chevalier d'Harmental, la Guerre des Femmes, le Chevalier de Maison-Rouge, etc., etc.

A la fermeture de l'Historique, il suivit son directeur à la Gaîté. C'est là qu'il devait obtenir ses premiers grands succès : Fouinard, du Courrier de Lyon , fut une révélation. Il joua bientôt après Panet des Cosaques, puis successivement des rôles importants dans les Paysans, Cartouche, Y Escamoteur, le Savetier de la rue Quincampoix, la mère Moscou de la Fille des Chiffonniers, etc., etc.

Alexandre ne quitta pas la Gaîté de 1850 à 1874 ; toutes les directions qui se succédèrent à ce théâtre s'empressèrent de conserver un artiste aussi précieux que modeste. Il fut de toutes les pièces jouées jusqu'en 187 i.

MM. Ritt et Larochelle ont eu ï excellente idée d'engager Alexandre pour le Tour du Monde et de le garder, nous ne pouvons que les en féliciter.

LARAY

Nature sympathique, artiste très-osfimable, Lara y a joué un peu de tout, les grands premiers rôles de drame et de comédie, les jeunes premiers, les grands premiers comiques 11 débuta à 20 ans à peine à la Porte-Saint-Martin en 1818 ; il la quitta en 1819 pour y rentrer en 1850. Pas plus là qu'au Cirque où il entra en 1851, il n'eut occasion de se faire remarquer. Ses premiers succès datent de 185 i. Lorsqu'il fut engagé à l'Odéon, il créa là divers rôles de jeune premier avec un réel succès, notamment dans Mauprat et Y Usurier de Village.

Il revint encore à la Porte-Saint-Martin en 1859 où il créa Ottavio, de la Tireuse de Cartes. En 1861 il fut engagé au théâtre du Parc à Bruxelles; il joua là un grand nombre de jeunes premiers du répertoire moderne.

L'année suivante, il était engagé toujours à Bruxelles aux galeries Saint-Hubert, et joua dans les drames créés à ce théâtre les Dumaine et les Mélingue et créa Jean Valjean, des Misérables de Victor Hugo.

En 1866 il était à Rouen, en 1867 à Lille. Il fut alors réengagé à la Po:te-Saint-Martin, où il rentra par GJenarvon. Il créa ensuite A os Ancêtres d'Amédée Rolland.

A la faillite de Marc Fournier il fut engagé au Châtelet où il joua le Comte d'Essex, Y Armurier de Santiago, Thôodoros, les Blancs et les Bleus.

En 1869, retour à l'Odéon où il crée entr'autres le Bâtard de Touroude, YAlfranchi, et V Antre.

La guerre arrive, après la Commune, Laray revint au Châtelet où il créa Maretti de Daniel Manin. Il fut ensuite engagé par MM, Ritt et Larochelle, pour la Nouvelle-Porte-Saint-Martin, ce qui ne l'empêcha pas d'aller créer plusieurs pièces à Cluny.

Comme on voit, Laray est un artiste voyageur.

Page 1