DICA-PETIT
L'Etoile féminine de la Porte-Saint- Martin.
C'est à ce théâtre qu'elle débuta en mars 1868, à la reprise de Glenarvon de Malleiîlle. Elle joua ensuite Nos ancêtres d'Amédée Rolland. Sans être des plus vifs, le succès qu'elle obtint dans ces deux pièces fut très-honorable. On s'accorda à lui trouver de grandes qualités, de la chaleur dans le débit, une grande distinction. Mais tout cela manquait de forces.
Sur ces entrefaites la Porte-Saint-Martin ferma; les artistes restés sans engagement se mirent en société, louèrent la salle Ventadour et inaugurèrent leurs représentations par Madame de Chamblay d'Alexandre Dumas. Dica-Petit fut Madame de Chamblay, son succès fut très-grand, surtout au 4e acte. Dumas et ses interprètes ne purent malheureusement conjurer le mauvais sort qui semble attaché à ce pauvre Ventadour. La pièce n'eut que quelques représentations, quand on la reprit lors de la réouverture de la Porte- Saint-Martin.
Dica-Petit était à l'Ambigu, le rôle de Madame de Chamblay échut à Mlle Rousseil.
A l'Ambigu, Dica-Petit débuta par le Sacrilège, drame de MM. Th. Barrière et Léon Beauvallet. Après cela, elle créa la Princesse Rouge, de Plouvier ; la Famille des Gueux, de Glaretie ; les Quatre Henri, de Léon Beauvallet ; Richelieu a Fontainebleau et l'Héritage Fatal, de Maurice Goste et Jules Dornay. Aucune de ces pièces ne fut un succès ; Touroude, que le Bâtard venait de faire connaître, apporta à l'Ambigu la Charmeuse, la pièce obtint un très-grand succès, Dumaine fut admirable, Mlle Dica-Petit fut la Charmeuse, son rôle était loin d'être sympathique, elle sut cependant se faire applaudir, après le troisième acte on la rappela avec Dumaine.
Quand la guerre arriva, Dica-Petit était à Bruxelles, où elle obtint de très-grands succès dans le répertoire d'Augier, Sardou et Dumas fils.
Elle revint à Paris en 187-2 . et joua au Châtelet dans le Miracle des Roses.
Elle fut en même temps que Mlle Tholer de la Comédie-Française engagée pour jouer une des Deux Reines, de Legouvé.
M. Hostein l'engagea à la Renaissance pour Thérèse Raquin, la pièce n'obtint que peu de succès, mais justice fut rendue aux interprètes, à Dica-Petit en tète. Elle avait
été parfaite. Ce succès la fit engager à Porte-Saint-Martin. Dans toutes les pièces créées ou reprises à ce théâtre, Mlle Dica- Petit fut très-applaudie. Milacly, de la Jeunesse des Mousquetaires , lui valut de nombreux éloges.
Mlle Dica-Petit est jeune, elle n'a pas donné toute la mesure de son talent, nous la croyons plutôt faite pour les théâtres de genre Vaudeville ou Gymnase que pour la Porte-Saint-Martin.
Ses dernières créations l'avaient mise complètement en lumière. La Russie s'est empressée de faire à Mlle Dica-Petit un engagement considérable. Mlle Dica-Petit a accepté, peut-être a-t-elle eu tort.
M"e ANGÈLE MOREAU
Une trouvaille du regretté Ghotel, le célèbre directeur du théâtre Montmartre qui pour être un des plus petits de Paris n'est pas celui qui a fourni le moins de grands artistes.
C'est en effet, au théâtre Montmartre qu'a débuté Mlle Angèle Moreau.
Les succès qu'elle obtint attirèrent sur elle l'attention des directeurs de la Porte- Saint -Martin.
Sa première création à ce théâtre eut lieu dans Libres. Elle reprit ensuite le
rôle du page Alphonse dans Henri III et sa cour.
Son grand succès, le rôle qui la mit en évidence fut celui de Louise dans les Deux Orphelines.
Après cela, M. d'Ennery n'hésita pas à lui confier le rôle d'Aouda dans le Tour du Monde.
Mlle Angèle Moreau est une de nos meilleures ingénues de drame.