‹ Foyers et coulisses (volume 4)Chapitre 17 sur 32 · BERTHELIER · texte numérisé non relu

BERTHELIER

Fit partie du quatuor qui inaugura lo genre opérette au petitthéàtredes Cliamps- Elysées (qui devait devenir plus tard les Bouffes). Il y créa Giraticr dans les Deux AveurfJes. Puis passa des Champs-Elysées

à la place Favart, où il ne brilla pas comme trial. Le Palais-Royal et les Bouffes ne fiqent pas non plus sa célébrité. Berthelier épousa Mil'' Frasey, la charmante artiste rui créa Peajz-d'ylweàlaGaîté. Mais Berthelier ne devait pas goûter longtemps les joies du mariage. Aubout de quelquesmois, j^jme Berthelier mourut de frayeur à la suite d'un incendie qui s'était déclaré dans une loge de son théâtre. Berthelier, tout à sa douleur, quitta le tlîéàtre pendant plusieurs mois, puis y rentra par la porte des Variétés, où il débuta dans l'Oiseau fait son nid. Son succès y fut très-modéré. Il fut plus heureux dans les Cent Vierges, dans la Veuve du Malabar, et dans la récente reprise de la Vie parisienne, prouvant ainsi que le chanteur agréable l'emporte beaucoup sur le comédien. Berthelier ne songeait guère cà briller au théâtre , alors qu'il était homme de confiance chez un anglais qui lui laissait conduire ses chevaux, qu'il conduisait d'ailleurs d'une façon remarquable.

Dix pages de ce petit volume ne suffiraient pas pour la liste des chansonnettes créées par Berthelier, et composées spécialement pour lui, par Gustave Nadaud, Edmond Lhuillier, Tréfeu, et tous les maîtres du genre.

Nous nous contenterons de rappeler :

le Baptême du p'tit ébéniste , les Plaisirs

de la campagne. C'est ma Fille, Une drôle de Soirée, Un Monsieur agacé, l'Invalide a la tête de bois.

Berthelier est le premier chanteur de chansonnettes comiques, c'est incontestable. Aussi ne donne-t-on pas une soirée dans la haute société, ou une représentation à bénéfice, sans que notre artiste n'y prête spontanément son concours. Le prête-t-il pour rien? je ne crois pas, car ce n'est pas en chantant à l'œil qu'il aurait pu collectionner les belles et solides maisons en pierres de taille qu'il possède sur les hauteurs de Montmartre, et dont il ne mangera pas le revenu, soyons-en sûr, car Berthelier est d'une économie... Billionesque.

Berthelier vous évite la peine et les frais d'un voyage à Marseille. Dites-lui bonjour, il vous répond, et son accent vous transporte immédiatement sur la Cannebière..., troun de l'air de bagasse.

P. S. Encore un artiste favorisé du petit Dieu malin. — Qui ne se souvient du bruit que fit sa liaison avec une diva célèbre entre toutes ? ? ? ? ?

BOUVENHÉ DIT BARON

Fils de M'^« Raucourt la comédienne.

Qui ditBaron, dit le carabinier... de

Briffands. — Qui dit le carabinier, dit Baron.

C'est un type excentrique fort rccréatit' à étudier. Quelles bonnes tètes il se fait pour jouer les vieilles ganaches ! Physi- ({uement parlant, Baron est assez beau garçon (taille de tambour major), mais quel organe!! ! Il a autant de trous dans la voix que Vavasseur en a sur la figure.

Il fallait l'entendre dire, dans Toto citez Tata : « Je les adore, ces crapauds-là.» On se tordait de rire chaque fois que le vieux pion répétait cette phrase. Baron avait du reste parfaitement composé ce rôle, qui n'avait pas plus de trente lignes, et que le dernier comparse eût assurément refusé comme indigne... de son talent !

Baron est marié et père de deux bébés qui, s'ils n'ont pas encore son organe, ont du moins son physique; on n'est pas plus le périrait... de son père.

Baron habite Colombes, où il se livre à l'élevage des lapins et au dressage des pigeons. En somme, un excellent garçon et un acteur justement désolé qu'on ne lui confie que des rôles épisodiques, alors qu'il a pertinemment prouvé qu'il est capable de jouer au premier plan, il Fa prouvé dans le rôle du marquis, dans la Petite Marquise. Baron a voulu, lui aussi, faire de la direction ; mais il en a eu bien vite assez ; au bout de six mois , il eollo({uait le théâtre de la Tour-

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d'Auvergne à M. T-harles Bridaiilf, qui le dirige encore aujourd'hui , ooncurremment avec le théàlre Déjazef. Qui sait même s'il n'en dirigera pas trois l'année prochaine. « Quand on prend des théâtres, on n'en saurait trop prendre! » Baron s'est cru un moment baron pour tout de bon. J'ai sous les yeux une de ses cartes ainsi libellées :

Baron de la Tour d'Auvcrr/nc

Il est cependant devenu un marquis fort firôle dans la Petite Marquise.

HITTEMANS

Un Belge... oh 1 mais là, Belge... à couper au couteau, ce n'est pas un premier prix du Conservatoire. Il a fait ses premières armes en plein air, sur les théâtres des saltimbanques. — Nous ne pouvons que complimenter le pitre qui a sauté presque d'emblée des tréteaux de la foire sur les planches des Variétés,

Une reprise du Chapeau de paille d'Italie, et ses créations du Toui' du Cadran, des Cent Vierrfes, et de Qui veut voir la Lune? (revue du théâtre du Chàteau-d'Eau) ont puissamment contribué à le mettre en relief.

Avant son départ pour la Russie, Hittemans occupnit aux Variétés la loge de Kopp, qui s'est suicide il y a deux ans. Cette loge mérite une mention particulière. Elle a pour ameublement un grand fauteuil sexagénaire, deux pelitcs planchettes pour supporter les ingrédients du maquillage, une vieille table et une grande armoire que Kopp avait appelée lo tombeau des secrets. C'est en effet sur cette armoire que le regretté comique inscrivait, en regard de nombreuses initiales, les chiffres des sommes d'argent qu'il avait prêtées à ses camarades. — Hittemans, qui a le culte du souvenir, a bien fait de respecter les chiffres de l'armoire de Kopp-Pythagore.

Hittemans a la manie d'allonger le texte de ses rôles, et cela, dit-on, avec l'intention de couper les effets de ses camarades. ?????

Dire qu'il aurait pu jouer à l'Ambigu, dans le Borgne, et allonger la prose de iNI. Loyau de Lascy ! ! !

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