‹ Fr. Schubert: sa vie, ses œuvres, son tempsChapitre 12 sur 33 · SEJOUR A GRATZ · texte numérisé non relu

SEJOUR A GRATZ

(H. Kieissle, p. 398 et 403 et 4C4.)

TROIS LETTRES A M"* PAGHLER (1). ,

12 Juin 1827.

Gracieuse et noble dame«

Je ne comprends pas comment j'ai pu mériter l'offre amicale que vous avez bien voulu me faire par votre lettre adressée à Jenger [2]. Mais, puisque vous m'en jugez digne Je ne puis qu'accepter une invitation qui, non-seulement me permettra de visiter la charmante ville de Gratz, mais, encore, me donnera Thonneur de faire la connaissance de votre gracieuse personne.

Je demeure, avec un profond respect, noble dame, votre bien dévoué,

Franz SCHUBERT.

Gracieuse dame.

Je puis le dire maintenant : quel bon séjour j'ai fait à Gratz ! A Vienne, je n'ai rien dans la tête (elle est pourtant assez grosse), ni franchise, ni

(1) Marie Léopoldine Kosehak, femme de Charles Pachler, était une exceUente pianiste, quijoaait admirablement la musique de Beethoven. (3) Ami commun de Schubert et de la famille Pachler.

cordialité, ni pensées vraies, ni paroles sensées, ni actions ingénieuses, — vide complet ! — Au milieu de ce caquetage confus (1), on ne sait si on est sensé ou inepte. — Pas un moment de joie intime. A Gratz, au moins, j*ai trouvé des façons simples et ouvertes dont j'eusse voulu jouir plus longtemps. Je. n'oublierai ni Taimable hôtesse, ni Charles, ni le petit Faust, ni cette chère maison où je viens de passer les meilleurs jours de ma vie. Dans Fespérance de vous envoyer un témoignage convenable de ma gratitude,

Laissez-moi me dire, noble dame, avec un profond respect,

Votre tout dévoué, Franz SCHUBERT.

J*espère, dans quelques jours, pouvoir vous envoyer mon livret d'opéra (2) .

Vienne, 12 octobre 18S7.

Noble dame,

Je vous envoie une pièce à quatre mains pour le petit Faust (8). Je ctsim qu'il ne la trouve pas de son goût ; jesens que je ne l'ai pas assez travaillée. J'espère que vous êtes en meilleure santé que moi. J'ai encore mes maux de tête hsd)ituels. Je présente au docteur Charles mes vœux de bonheur pour sa fête. Je l'avertis que ce paresseux de M. G... a entre mains, depuis bientôt un mois, sous prétexte de le lire, mon livret d'opéra, et que je ne puis plus le ravoir. Du reste, je suis, avec respect, votre toiyours bien dévoué,

Franz SCHUBERT.

(1) IL Kreiiale/ait miMqaer que la lettre n'est pas flattevie pour la société de Vienne.

(2) Sans doate AifoMo et Ettreiltu (S) Agé de sept ans.

LETTRES DIVERSES - ista. —

CHaari Krelule, p. 417, 435, 487, 515.)

LETTRE A ANSELME HUETTENBRENNER .

iSjMifier 18SI.

Bien cher ami, tu dois f étonner de mè voir mettre la main à la plume, mais si j'écris, c'est que j*y ai intérêt. Écoute plus tôt : il va y avoir chez toi, à Gratz, un concours pour une place vacante de professeur de dessin à l'école normale principale. Mon frère Charles, que tu connais peut-être, désirerait bien obtenir cette place, n a un talent trè&-convenable, soit comme peintre paysagiste , soit comme dessinateur. Si tu pouvais lui être utile dans cette circonstance, je t'en serais infiniment obligé. Mon frère est marié, il a de la famille, et serait bien heureux de trouver une position sûre. J'espère que tu vas bien, ainsi que ta chère famille et tes frères. Je les salue tons du meilleur de mon cœur. J'ai fait un nouveau trio (1) pour piano, vio^ Ion et violoncelle; il a été exécuté avec un grand succès chez Schuppanzigh. M. Bochlet, Schuppanzigh et Linke l'ont merveilleutement joué. As-tu &it

(1) Le trio en mi béinol.

— ne -

quelque chose de nouveau (1 )?— A propos: mes deux lieder (2) parattronlils enfin, sapprement? Je le renouvelle mes prières à cette occasion et je te remercie d'avance de ce que tu feras pour mon frère et pour moi. Dans Tattente d'une bonne réponse, je reste ton fidèle ami jusqu'à la mort,

Franz SCHUBERT.

A l'Éditeur prodst, au sujet du trio en m béuol

Honoré Monsieur,

Le chiffre d'œuvre du trio est cent. Je désire que l'édition soit sans fautes ; j'y tiens beaucoup. Le morceau ne sera dédié à personne, excepté à ceux auxquels il fera plaisir. C'est la plus fructueuse des dédicaces.

Avec mes compliments, Franz SCHUBERT.

A JENGER

. Le 25 BCptembre 1828.

J'ai déjà donné à Haslinger (4) la deuxième partie du Voyage d'hiver ; quant au voyage à Gratz, ce ne sera pas pour à présent. Ni tedips ni argent. J'accepte la proposition du docteur Menz. Je suis au dépourvu. J'ai toujours du plaisir à entendre chanter Schœnstein; tu pourras me trouver samedi, dans l'après-midi, au café, chez Bogner, rue du Chanteur, entre quatre et cinq.

Ton ami,

Mon adresse, à Neuewieden, rue Firmian, n*»694, deuxième étage, tout

droit.

(1) Anselme Hatteobreoner avait écrit qoelques eomposiiions fort prisées de Schubert, entre autres PÀUence. RochUtz dans une lettre à Haslinger du 9 Janvier 182$, fait l'éloge d'une sonate de piano.

(S) À la forét^ — Sur le Pant^ parues effectivement à Gratz plus tard.

(S) Courte et résolue, dit H. de Krelssle : Schubert 1*» prenait de haut avec les éditeurs.

ih) Editeur.

 M. SOMNLEITHNBR (1).

Cher monsieur Sonnleithner, vous savez quel accueil a été fait au dernier quatuor ; le public en a assez. Peut-être réussiraitril présenté sous une forme nouvelle ; mais on peut compter sur quelque chose de plus sûr. Mon avenir me tient au cœur, et vous-même, qui vous intéressez à mes efforts, je m'en flatte, vous comprenez qu'il vaut bien mieux que j'aille en avant sans m'arréter à votre honorable proposition...

Votre bien dévoué, SCHUBERT.

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