TRAITEMENT
Que faire qnand on est appelé auprès d’une malade qui vient de se fracturer le tibia?
Il faut examiner avec soin le membre blessé et voir si l’on a affaire à une fracture en bec de flûte, ou à une fracture spiroïde, étudier de près le déplacemént et mesurer le raccourcissement. 3 cas peuvent se présenter : 4° il n’y pas de déplacement, ou bien la réduction est facile et facilement maintenué ; 2° il y a déplacement, chevauchement, raccourcissement el la réduction est difficilement maintenue. 3° la fracture est compliquée.
1% Cas. — IT faut appliquer immédiatement un appareil oläâtré. C’est la pratique que nousavons su suivre ‘ dans le service de M. Terrier et nous la croyons excellente, car de ce fait que les fragments sont de suite bien immobilisés, le gonflement de la jambe est moindre. Il y a2 sortes d'appareils plâtrés que que l’on appliquera a la jambe, la goutüière d’Hergott ou l'appareil de Maisonneuve.
Nous donnons la préférence à l'appareil plâtré de Maisonneuve plus facile à tailler et qui maintient mieux le pied. Donc on taillera 2 attelles, l’une postérieure et l’autre bi-latérale, en étrier, devant remonter toutes les deux au-dessus du genou et envelopper les 2/3 de la jambe. Deux aides
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sont destinés à faire l’un la contre-extension, l’autre l’extension. Le premier tiendra la cuisse à pleines mains ; l’autirera sur le pied. Ce dernier embrassera de sa main gauche l'extrémité inférieure de la jambe, ayant sur son pouce sa une malléole et un doigt sur l’autre ; sa main droite embrassera le pied, le pouce étant placé sur la plante, et les doigts sur le dos. Il tirera en maintenant le pied à angle droit sur la jambe et en faisant en sorte que le gros orteil, la face interne du genou et l’épine iliaque antéro-supérieure soient sur une même ligne. Ceci fait l'opérateur s'assure que les fragments sont b'enen place et applique son appareil.
L'extension et la contre-extension sont maintenues jusqu’à ce que le plâtre soit assez sec pour assurer la contention. Cet appareil est laissé 30 à 40 jours en place. On peut être obligé de le refaire dans les deux premières semaines, par suite de la diminution de volume du membre, l'épanchement s'étant résorbé.
2e Cas. — Il y a raccourcissement et réduction difficile. Il faut encore faire la réduction immédiate el appliquer l'appareil de Hennequin.
Dans cette variété de fracture, la réduction ne peut pas toujours être faite sans anesthésiques. Si le malade souffre trop ou si sa résistance musculaire est telle qu’on puisse difficilement la vaincre, on se trouvera bien d'attendre quelques heures, après lui avoir donné du chloral, de la morphine, et au besoin après avoir fait l'extension continue . avec des poids. Beaucoup de chirurgiens font la réduction sous chloroforme, éther ou bromure d’éthyle.
Une fois cette réduction faite, on applique l'appareil de Hennequin. Cet appareil se compose d’un cadre métallique formant une sorte de boîte quadrangulaire dont les
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arêtes seules existeraient. Lés arêtes inférieures, horizontales, plates reposent sur le plan du lit. Les arêtes verticales sont composées de deux tiges entrant l’une dans l’autre et fixées par une vis. On comprend par conséquent qu'on puisse les rallonger ou les raccourcir à volonté de façon à pouvoir rectifier le plan du lit. Les arêtes supérieures sont obliques en bas et en avant. Sur chacune d’elles glissent deux poulies munies inférieurement de crochets. Les deux poulies de chaque côté supportent chacune une chaîne, et les deux chaînes sont unies inférieurement par une tige métallique antéro-postérieure. On comprend facilement qu'on maintiendra horizontale cette tige en accrochant les chaînes à des points différents de leur hauteur. Les deux tiges métalliques antéro-postérieures sont unies entre elles par 3 sangles indépendantes qu'on accroche et décroche à volonté. L'ensemble des poulies, des chaînes, des tiges horizontales et des sangles constitue le hamac jambier.
A la partie postérieure de l’appareil se trouve le hamac crural. Ge hamac se compose d’un cadu métallique en V ouvert en avant. La courbe del’U, postérieure, estrembourrée pour ne pas blesser les téguments de la cuisse. Sur ce cadre est lacée une sangle unique. Il est relié à l’appareil. 1° par une fourche à crémaillère coudée à angle droit et dont les extrémités s'engagent dans des fenêtres pratiquées dans les branches de l’U ; 2° par une longue bandelette perforée, articulée à la partie convexe de l’U et reçue dans un coulisseau soudé à la base dePappareil.
Cette disposition permet de faire varier à volonté l’angle d'inclinaison du hamac, de le rapprocher ou de l’éloigner, tout en l’adoptant à toutes les cuisses des adultes.
Sur les 2 tiges verticales antérieures du cadre de l'appareil