‹ Fractures du corps du tibia: Contribution à l'étude des fractures du corps du tibiaChapitre 3 sur 16 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Les fractures du tibia sont parfaitement connues depuis fort longtemps au point de vue symptomatologique ; mais depuis 30 ans leur pathogénie a été élucidée et leur traitement singulièrement amélioré.

La thèse de Leriche (1873) inspirée par Tillaux, en éclaire le mécanisme.

Les appareils de Hergott (1874), de Maisonneuve (1875) et enfin celui de Hennequin le premier appareil à traction continue qui soit pratiqué marquent un très grand progrès.

D'autre part, le rôle de l’antisepsie a été immense. Grâce à elle, les fractures compliquées ne veulent plus dire mort presque fatale et le chirurgien ne pense plus à l’amputation du membre que lorsque tout est broyé. Grâce à elle aussi, les interventions sur les fragments oiseux sont devenues praticables sans danger.

ÉTIOLOGIE

Les fractures du tibia comptent parmi les plus /réquentes des fractures de l’économie.

Sur 17.142 fractures, Gurlt a trouvé 5.717 fractures du tibia, c'est-à-dire un tiers.

Sur 2398 fractures, Malgaigne a trouvé 678 fractures du tibia, c’est a dire, un peu plus du tiers.

Pour Bruns dans son article du traité de Pitha et Billroth, ces fractures ne seraient guère observées que dans la proportion de 15 à 16 °/o.

Comparativement aux fractures des extrémités du tibia, les fractures du corps sont beaucoup plus fréquentes. C’est ainsi qu'une statistique rapportée par Poncet donne pour 51 fractures : 2 en haut, 18 au milieu, 7 au tiers inférieur, 8 un peu plus bas, 14 au quart inférieur et 2 à la partie inférieure.

Les fractures du tibia se voient à tout 4ge, chez le vieillard, chez ladulte, chez l'enfant ; mais c'est surtout au milieu de la vie qu’elles se produisent, à l’époque où l'on est le plus exposé aux traumatismes violents, en même temps que l'os a perdu la souplesse des premières années. Malgaigne et Gurlt ont construit des courbes, dont le sommet correspond pour le 1” à l’âge de 35 ans et le 2° à l’âge de 40 ans.

npornts

On à aussi signalé des fractures du Uübia au moment de l'accouchement et des fractures intra-utérines. Ces dernières ont bien été étudiées par Gurll, Sperling, Hollerbusch, Stoller, Ithen, Vicoq, Braun.

Braun en cite 27 cas.

La fréquence des fractures du tibia semble varier avec les saisons. C’est en hiver qu'on en observe le plus, car c’est pendant cette période que les chutes sont le plus répétées. Sur 515 cas de fractures rapportés par Poncet, il y en avait 314 en hiver et 201 en été.

On a divisé au point de vue étiologique, les fractures du tibia en trois classes :

Factures traumatiques ;

Fractures par contraction musculaire ;

Fractures spontanées.

Les fractures spontanées qui ont été signalées dans le cancer, la tuberculose, la syphilis, le tabes, l’ostéomyélite, sont exceptionnelles.

Quant à l'existence même des fractures par contraction musculaire, elle doit être sérieusement mise en doute. Le tibia est un os trop solide pour être brisé par la seule puissance des muscles qui s’y insèrent, et Les cas qu'on fait rentrer dans cette classe sont probablement des cas de fracture par torsion.

En voici trois exemples:

De Beaumarchef cite le fait d’un homme de 45 ans qui, glissant dans un escalier, fit, le talon étant engagé, un violent effort pour ne pas tomber. La chute n’eut pas lieu, mais le Libia fut fracturé au tiers inférieur.

Gairard cite le cas d’une femme de 60 ans, chargée d'embonpoint. Elle allait sur une place très unie, crut voir un trou

Vos

fitun effort violent pour se relever sur le talon, ressentit un craquement dans sa jambe et se brisa le tibia au quart inférieur,

Royer de Mirecourt signale l'exemple d'un curé qui se fit une fracture du übia en faisant effort pour sortir son pied engagé dans un trou.

Hamilton aurait observé 8 fois des fractures du tibia produit par la seule action musculaire, 15 fois au Uers inférieur, 3 fois au tiers moyen.

Il reste donc un seul groupe important le groupe des fractures traumatiques que l’on divise en directes ou indirectes suivant que la fracture se produit au point d'application de la force ou au-delà.

Sur 67 fractures citées par Poncet, il y en avait 31 indirectes et 36 directes.

Les fractures directes sont produites par la chute d’un corps pesant sur la jambe, comme un tonneau, une pierre de taille, par le passage d’une roue de voiture, par un coup de pied, par une balle.

Les fractures indirectes sont consécutives à des chutes.

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