EMPLOI DU ZODIAQUE POUR FIXER L'AGE DU MONDE
Les Égyptieus avaient fait le zodiaque dépositaire de l'âge dufeionde ; cet âge était fixé par le soleil de justice , le soleil Messie ,
")*« le Verbe , le BAR , la par- oie de Dieu , placé
dans le signe de la Balance, appelée de son
TOD nom MeSsiE. Ce signe , qui appartient à
l'équinoxe du printemps, ouvrit Tannée de
la création.
C'est parcequ'on n'a pas connu ce fait important , qu'on a donné au zodiaque plus de quinze mille ans d'antiquité.
L'année de la création était censée avoir commencé le 20 Mars sous le signe de la Balance. Dans cette supposition , le mois nommé Epijî , répondait au 20 Juin et au solstice d'été. Le premier des mois égyptiens
Ciceron , de nat. . . ; , *°J L
Dec, tib.jïi, §. était celui nomme Thoth* commençant le 20
56, dit, enparlant A >
de THermès égyp- Août. Les Egyptiens ont pu, dans d autres
tien: Hune Mgyp- . ,, , , ■„
ta Thoyth appel- .circonstances, commencer 1 année par Epifi;
lant: eodemque no- , %rt 1 , .. ,. , r
mine anni primus mais Epifi , dans le principe, n avait pas ete
rnensis apud eosvo~ . . , r, t •»
catur. r ou n'était pas censé avoir ete le premier
Les Ethiopiens • i u r • i» ' "I 1 *
nomment encore mois de 1 année , puisque 1 année de la creanom^HerrJès^é tîon ayant commencé au 20 Mars, ce devait SeTwe!5 m°iS être PharmuthL Et, en effet, ce mot Pha-
RMuTh ouPha-RaMaTz, le-RaMaDz-an , désignait le rétablissement des choses auparavant incinérées , mêlées et confuses ; leur débrouillement , V origine , la racine , le commencement des choses. Pour supposer un autre ordre primitif, il a fallu donner au mot Pajni,
nom du douzième mois , en supposant Epiiî le premier , une signification qu'il ne peut avoir, et abandonner celle qui lui est naturelle. On lui a fait signifier/?/* de Vannée , parcequ'en arabe, Fajne ou Ferme ( PheNeHt ), signifie fin du siècle , du temps. Le hasard a d'ailleurs voulu que dans les Dictionnaires , copiés la plupart les uns des autres, le nom du chevreau , Hebehj ou Hebeab , fut rendu par ces mots Dux gregis ; et on en a conclu qu'Epifi ouvrait Tannée , et que le chevreau zodiacal , auquel ce mois répond , était le chef des signes du zodiaque.
Je ne prétends entrer dans aucune discussion astronomique , parceque l'astrono» mie m'est entièrement étrangère ; mais je demanderai pourquoi , si le mot Payni ou Phayni répond au Sagittaire , il ne désignerait pas la destruction j la mort , faire périr > détruire , au lieu de fin du temps >fin du siècle ; et encore faudrait-il que , par fin du temps , on pût entendre la fin de V année > ce qui ne peut être , puisque le mot PhIN ou PhlNI porte le sens de la décrépitude qui résulte d'une longue suite d'année , d'un siècle d'existence.
Avec la signification que j'indique, et que
bas J»aJ
( i48 ) je croîs la seule vraie, Phayni rendrait, d'une manière simple et naturelle , le sens hiéroglyphique du Sagittaire; il désignerait les maladies pestilentielles qui ont lieu en Egypte à Tépoque où ce mois se trouvait placé ; maladies dont le hiéroglyphe était lajlèche. Le nom arahe de la flèche , NeBeL , vient de NeBeL qui , en hébreu et en chaldaïque , signifie périr par V effet de la chaleur ou de V intempérie de la saison, et qui désigne les cadavres des hommes et des animaux morts de cette manière (i).
"U Le nom arahe du Sagittaire QYS, syriaque QySTA , vient de QyS , lequel marque la dureté y la cruauté , la violence ; affliger, violenter. Enfin , au lieu de faire venir le mot égyptien Payni de l'arabe Phajne ou P henné 9 pourquoi ne serait-il pas plutôt composé de l'article égyptien P ou Ph , et de NI, IN Y, ravager, opprimer , détruire? de sorte que Payni ou Phayni serait littéralement celui qui opprime , détruit ; l'oppresseur, le destructeur. On peut bien chercher dans l'Arabe des dérivés de la langue égyp-
(i) Les Perses nomment le Sagittaire, YArc\ les Indiens, la Flèche.
tienne ; mais je ne pense pas qu'on puisse
considérer des mots égyptiens comme dérivés de la langue arabe (i).
Le nom du Taureau , Aleph , le premier dans Tordre des signes du zodiaque alphabétique , comme dans Tordre des lettres de Talphabeth, signifie le premier y celui qui va devant y le chef , le conducteur ; celui qui commence après le nombre mille , qui vient le millième , ou qui date d'environ la millième année.
(i) L'article Pli, devant INI, donne l'étymologie du mot FIN , FINIR. Cet article , prononce' P devant EINE ( prétérit Hipliil d'INE ) , forme notre mot Peine , affliction et dureté de travail. Le grec icevia, PENIA , pau « vreté , misère ; le latin PiENA.
Ph-AINI ou Ph-INI , devenu le nom du destructeur , de l'oppresseur , a formé l'arabe PhENI , qui désigne la destruction , la mort ; le temps qui l'amène ; le temps de finir , de mourir; la fin du temps-, la caducité , la vieillesse.
Comme cette mort était figurée par des traits remarquables sous le double rapport , et de la pointe qui les termine , et des plumes qui sont a leur partie postérieure , le mot PEN ou PhEN , "p, a signifié pointe , angle, sommet , et penne , plume d'oiseau.
INI ou AINI, sans article, a fait le grec AIN-o<r, violent, désastreux; l'hébreu AIN, ^s, rien, néant.
Il signifie aussi vaisseau , barque , et dans le zodiaque égyptien, on trouve le Taureau sur une barque. (Voy. pi. 7, fig. 2).
11 désigne la science > la doctrine (1).
Ce nom pourrait servir à fixer l'âge du zodiaque beaucoup mieux que n'aurait pu le faire le mot Payni , lors même qu'on trouverait dans les significations de ce mot celle dejin de Vannée.
En effet ;
Aleph est le nom du taureau zodiacal , et ce nom , on vient de le voir , signifie être le premier , marcher devant , conduire ;
Il est placé en tête de l'instruction astronomique ; et si nous l'analysions , nous ver-
(1) Kou, en chinois, signifie ancien, doctrine des anciens , et Taureau et Bélier ; le premier et le dernier des signes du zodiaque. Dans l'ordre des signes , chez les Orientaux , le Taureau et le Bélier sont en effet placés à la tête des autres ; car la Vache ,Khow , ou la mugissante , GOE , rW , n'a fait que céder la première place à la Souris , dont le nom MOU ou MOUS , comme en latin est aussi le nom de la Vache ou du Taureau 9 Mou , en chinois ; dans l'hébreu et dans l'arabe PaR ou PhaR , Souris, désigne aussi le jeune Taureau. Le changement d'ordre qui paraît ici indique donc l'ordre primitif, car la souris n'a passé a la tête des signes que parce qu'elle portait le noua du jeune Taureau , du premier Taureau^
(*5i) rions qu'il signifie première instruction > premier enseignement , parceque chaque signe offre une instruction particulière.
En se référant à la chronologie mosaïque, le mot Aleph marquerait même la date de l'invention de l'astronomie. Ceci n'est pas plus extraordinaire que de déduire cette date de la signification du mot Pajni et de la présence du disque solaire dans le signe de la balance , lorsqu'on ne peut pas même interpréter un seul des signes hiéroglyphiques qui devraient nous expliquer pourquoi ce disque se trouve là.
J'ai donné des preuves assez fortes et assez multipliées de la ressemblance qui existe entre les symboles hébraïques et les symboles égyptiens; je n'ai pas besoin de rappeler que le nom de Seth était célèbre chez les Egyptiens , que l'étoile caniculaire l'étoile d'Hermès le même que Seth portait en Egypte le nom de Seth-os , on comprendra sans peine que cette terminaison OS n'est point une .finale grecque ; on a vu qu'OS ( 3.e Frag. , pag. 85) désignait une étoile, une constellation lumineuse. SeTh-OS , est donc l'étoile lumineuse de Seth.
Le lecteur sait encore que dans tout l'Orient
( ,5a ) on attribuait à ce même Hermès , à ce même Seth , l'invention de l'astronomie.
Or, les livres Ambriqaes ou Hébraïques , dépositaires de la sainte doctrine , de la science des anciens, livres dans lesquels Moïse prit les matériaux dont il composa la Genèse, attribuaient à Setb l'invention de l'astronomie.
Seth, suivant les traditions hébraïques, mourut vers l'an du Monde actuel 1042; si Ton suppose que Seth découvrit les lois astronomiques environ 4° ans avant sa mort , celte découverte aura eu lieu vers l'an 1000 du Monde , à cette époque le soleil allait ouvrir l'année, en entrant dans le signe du Taureau, comment se fait-il donc que le nom du Taureau Aleph veuille dire celui qui est le mïllième , qui arrive le premier après le nombre mille ?
Mais si le Taureau fut le premier des signes du zodiaque , le Bélier dut être le dernier. Comment se fait-il encore que son nom
yi? OYN, qu'on prononce AIN , marque en effet le temps fixe , déterminé , le temps qui finit , qui termine , après lequel il n'y a rien
«pa ( AIN y rien ).
Pœcourons aux monumens et prenons le plus ancien.
P/anc/te f ff.
FIGURES iDIACALES
Dans le zodiaque d'Esné (i),le soleil s'éclip* sant ou venant d'être éclipsé , est placé sur le signe du Taureau et sur celui du Bélier; la position de ces signes annonce assez le commencement, et la fin de Tannée.
Le Taureau qui la commence est au passé , marche vers le passé ; le Bélier qui la finit , est au contraire au futur ou tourné vers le futur. ( Voy. 2.me Fragment ) ; le repos dans lequel il se trouve , désigne évidemment la fin, ici la fin de l'année.
Ce n'est pas tout. Entre ces deux signes est le serpent ailé, empruntant le nom , la tête et les ailes de Tépervier NeZ. Sous cette dénomination qui résulte de ses attributs , il est ( 3.me Frag. , pag. 86 ) , le symbole de la lumière sjdérale x celui de V origine ; de Y origine de la nature ; il marque Y époque ancien* ne > le point de départ ; le point où les choses ramenées a leurs principes et se résolvant en elles-mêmes y recommencent a être ; l'époque ou la nature se renouvelle , reparait en germer le printemps.
Le disque solaire , placé dans ce zodiaque sur le Taureau et le Bélier, n'est pas celui
(i) Planche 7 , Fig. 4»
( i54) du soleil , voiturant avec lui comme clans un
tabernacle , clans un pavillon y le réorganisateur y Menés , le Messie ; V Envoyé qui doit éclairer V univers ; le Verbe qui doit faire jaillir la lumière : c'est le soleil ramené au point de son départ où se trouve AIN, le néant. C'est le soleil ramené à son principe , prêt a se résolver en lui-même 3 prêt a rentrer dans les ténèbres et en sortant à l'instant : mourant et renaissant de lui-même comme le Phœnix, wjwg dont le nom est Ph-OYN 9 le temps fixe , déterminé. C'est le soleil finissant et recommençant sa course à ce temps fixe ; s'éclipsant, en quelque sorte, pour la finir, et sortant au même instant des ténèbres pour la recommencer. Ce n'est donc pas le disque solaire pur ;
mais le disque solaire contenu, caché à la terre par le contenant >
KJ
et formant avec lui ce hiéroglyphe,
dont la transcription alphabétique donne le mot
OB qui marque Y obscurcissement solaire , c'est-à-dire , Yéclipse de la lumière du soleil ( celle aussi de la lune ) , la lumière du soleil cachée par les nuages (i).
Si je devais traiter à fond des hiéroglyphes > je recueillerais tous les monumens qui prou-
(i) Voy. Int. , pag. xxxjx. Dans le sens moral, c'est la sagesse cachée aux profanes , ne se manifestant point encore par la rosée, par les gouttes de pluie. C'est la sagesse entourant le disque du ciel , et qui pleut la science et l'intelligence. « s^tcY)[X7)v xai 7vaxstv cuvscso)?- s£o)- |j.&qi<?sv 7) aowia. » Scientiam et cognitionem intelleclûs distillavit sapientia.
vent que l'invention du zodiaque date de l'époque fixée par le nom du Taureau; mais je le répète , et je prie le lecteur de ne pas l'oublier; je ne fais que proposer l'examen d'un nouveau moyen à employer pour parvenir à interpréter les hiéroglyphes. Ce sera donc assez, pour atteindre ce but, de citer encore un seul de ces monumens. ( Yoyez planche 7 , fig. 3 ). Je le prends dans le recueil d'antiquités publié par le comte de Caylus.
Ce monument représente un faisceau de papyrus, prenant la forme d'une barque, une des formes signifiées par le mot Aleph. Sur ce faisceau sont placés , à droite et regardant le passé , Horus ou le Soleil ; la lumière solaire , AUR ; le Soleil naissant, le Soleil à son AUR-ORe , sortant du sein des eaux ( de V infini ^ de l'espace) , comme la tige de Lotus sur laquelle il est assis. A gauche et tourné vers l'orient, c'est-à-dire, regardant l'avenir , un cynocéphale debout et ayant les mains élevées. Ce faisceau est terminé du côté du soleil par le signe du Taureau , au passé ; et de l'autre côté, où se trouve le cynocéphale , par celui du Bélier, au futur. Au reste, je n'insiste point sur ces distinctions
( i57 ) du passé et du futur, parceque j'ignore sî le
graveur a rendu le sujet dans le sens même
de l'original.
Le faisceau de Papyrus, dans les hiéroglyphes , désignait les temps anciens , les temps primitif s y ce qui est très ancien. Cette signification nous a été transmise par Horapollon , et Ton en trouve la trace dans la langue hébraïque. ALiM y désigne un faisceau , et nbtf tient à OLiM ou ALiM de la même langue, et dS^ qui signifie autrefois , le temps caché > le premier temps ; celui de la jeunesse ; V enfance du temps , le premier ci 'ge du monde. Cette signification , rapprochée du premier et du dernier signe zodiacal , ne peut indiquer que Vannée ancienne , lorsque le soleil l'ouvrait par le signe du Taureau , et la fermait par celui du Bélier.
Si l'on veut connaître le sujet de ce petit monument , il suffira de remarquer que le cynocéphale, d'après l'explication donnée par Horapollon , désigne la lune et sa conjonction avec le soleil , et que le cynocéphale porte ici le symbole de la lumière éclipsée.
Que debout et les mains levées au ciel , comme dans ce monument , il marque le lever de la lune.
En sorte que ce tableau hiéroglyphique
( i58 ) est relatif à une conjonction de la lune avec le soleil y laquelle eut lieu le matin au lever du soleil • et lorsque cet astre ouvrait Vannée en entrant dans le signe du Taureau , ce qui est Vannée ancienne.
Si les Égyptiens avaient cru sincèrement à cette antiquité de quinze mille ans que leur attribuaient, en apparence, certains zodiaques, et dont ils se flattaient devant les profanes et les étrangers , l'auteur de ce monument , ou plutôt l'auteur du dessin primitif dont ce monument n'est qu'un extrait et la copie, aurait-il donné à l'année qui s'y trouve signifiée l'épithète de très ancienne, et employé , pour l'exprimer , un hiéroglyphe qui rappelle le souvenir d'une époque cachée ? époque qui est celle où les hommes, encore dans l'ignorance, ne connaissaient pas même, disait-on ^ les premières découvertes de l'agriculture , et se trouvaient réduits à chercher leur nourriture dans la racine de quelques plantes, et particulièrement en Egypte dans celle du papyrus ; ce qui les fit nommer Pa» pjrophages (i).
(i) Le nom de cette racine est en arabe , NaBeCh , de fpj , NaBE 7 vous remarquerez que ce nom est celui des Nabi , des Prophètes , des Sages.
Les Égyptiens distinguaient plusieurs créations ou plusieurs émissions du Verbe > de la Parole; du Silé y de l'Envoyé, du Messie ; du Messie envoyé pour éclairer le monde et renouveler la face de la terre» Le texte de Moïse le prouve. Ou sait que le mot Bail A , créer, de la Genèse > ne peut , de même que le Ktizein des 70 et le creare de la Vulgate, se xtiÇsiv restreindre à cette signification particulière de produire quelque chose de rien. ( Voyez le Dict. de Leigh ).
Les Egyptiens faisaient symboliquement sortir le monde de Yœitfàe Cneph; j'en ai parlé avec assez de détails dans le troisième Fragment. Cet œicfse nommait BaR du nom même de la création; il procédait de la bouche de Cneph; il était son fils , son verbe, sa parole; sa parole lumineuse éclairant le monde ; c'est la signification du mot BAR : ainsi parler c'était créer ; et lorsque Moïse , dans le premier chapitre de la Genèse, répète à chaque nouvelle création et Dieu dit , cela veut dire et Dieu créa.
Or, ces mêmes Egyptiens plaçaient lapre* miére création , la première émission du J^erbe au départ des sphères dans le signe de la Balance. Voilà le fait et la cause de l'erreur où
( i6o) sont tombés Dupuis et les astronomes modernes qui l'ont suivi Certes , il est bien extraordinaire que ceux qui se sont appuyés de la présence du disque solaire (je devrais dire du pavillon de SiLÉ ) , dans le signe de la Balance, pour attribuer au zodiaque plus de quinze mille ans d'antiquité , malgré le vide affreux dans lequel ils se plongent , pour en suivre l'existence et en expliquer la conservation dans une succession de plus de neuf mille ans , il est bien extraordinaire , dis je , qu'ils n'aient pas vu que le zodiaque, cbez les anciens, n'était pas seulement le tableau de la marche annuelle du soleil, mais encore le monument historique de la marche de cet astre, depuis l'époque où l'on plaçait la création du monde et le débrouilleraient du cahos. Les sa vans qui font leur étude de l'histoire de l'astronomie , devaient plus que personne pressentir l'existence de ce fait , d'ailleurs facile à déduire de certaines traditions. Le passage suivant , extrait du mémoire de M. Dupuis, imprimé à la suite du traité d'astronomie par Lalande, devait mettre sur la voie. « Les Égyptiens , dit l'auteur , faisaient » commencer l'univers à la Balance > et fai- » saient partir de ce point toutes les sphères.
( i6i ) » Les Perses fixaient la création de toutes » choses au départ des sphères au Taureau. » Le Scoliaste de Ptolémée lui-même distin- » gue plusieurs créations, et, entre autres, » la primitive , celle qu'Esculape disait avoir » eu lieu sous la Balance » .
On n'a pas ouhlié qu'ÀS-CLEPI , Esculape , Y homme h tête de chien > est Hermès , l'inventeur de l'astronomie. Or, cet Hermès, le même que Seth , avait existé avant le déluge , et la division du zodiaque en 36o parties ou degrés , est conforme à celle que Tannée avait alors ; voyez-en la preuve dans l'histoire du Calendrier par Court de Gébelin.
Comme ce zodiaque était censé dater du jour même de la création , l'idée se conserva long- temps que le monde avait commencé le jour correspondant à celui qui ouvre l'année.
Pour maintenir cette tradition, on l'exprimait symboliquement par des œufs coloriés qu'on se donnait en cadeau le premier jour de l'an. II œuf ^ on vient de le voir et on l'avait vu encore précédemment , désignait la création y et il en portait le nom. La couleur dont on le peignait, était celle de la lumière, du calorique nommé AUR , feu et lumière , 71a
( Ifo )
par Moïse, dans le célèbre fiât lux ; et remarquez que cet écrivain sacré , élevé clans la science secrète de l'Egypte , ayant à représenter la masse inerte de l'univers, le Tohu- Bohiiy le vide de la nature avant le renouvellement des êtres animés et organisés , fait allusion au symbole de Vœuf, en disant que cette masse était couvée ( c'est l'expression même dont il se sert ), par le souffle de Dieu; par l'esprit , la chaleur vivifiante de Dieu.
Les prêtres égyptiens qui, du temps d'Hérodote , attribuaient à leur monarchie, lorsqu'ils parlaient aux étrangers , une antiquité de près de douze mille ans, interprétaient le zodiaque comme l'ont interprété les astronomes modernes ; jaloux de leur science ', ils en gardaient la véritable interprétation, et ne la communiquaient que dans les mystères. Il leur était d'autant plus facile d'en imposer, même sans recourir au zodiaque , que , dans le principe, ils avaient eu des années de quatre et même d'un seul mois (i).
(i) Atyoîmoiç Bs, jjnQVtaioç- ?)v o svtauxoç, stta tsi^a-
JEgyptiïs menstruus annus fuit; mox quadrimestris , ut ferunL
Plutarclii Numa.
Lorsque la division de l'année dut être changée , les Égyptiens inventèrent de nouveaux zodiaques nommés Tables astronomiques y et qui marquaient exactement les révolutions des planètes, le lever et le coucher des étoiles ; tel fut le cercle d'or d'Osymandias ou 1SO-MANDÈS.
Je borne ici tout ce qu'il était nécessaire de dire sur l'existence d'un alphabeth zodiacal dans l'alphabeth de la langue hébraïque , et sur l'usage qu'on a fait de ce zodiaque pour fixer l'âge du monde. Je crois être fondé 9 par l'alphabeth zodiacal , à n'attribuer au zodiaque que quarante-cinq ou quarante-huit siècles au plus d'existence ; et par l'usage qu'on a fait du zodiaque , je pense avoir expliqué la cause de l'erreur, qui a pu faire croire que ce zodiaque avait plus de quinze mille ans d'antiquité. Il ne me reste plus qu'à reproduire , dans leur ordre, les caractères de cet alphabeth véritablement primitif. Le voici :
i. N, A, Aleph, le Taureau > le Bœuf .