DES PILONES DES TEMPLES EGYPTIENS DU TEMPS DE JOSEPH
L'analyse hiéroglyphique de l'hébreu pourrait éclaircîr bien des doutes et ramener à bien d^s faits inconnus. Je n'ignore pas qu'une sorte de défaveur est toujours attachée à tout ce q<ii est systématique , et que des exemples tels que ceux que je viens de donner , perdent , dans leur isolement , la plus grande pauie de la force que leur donnerait l'ensemble du travail que j'avais entrepris. Quoiqu'il en soit, je n'en suivrai pas moins l'esprit de ce même travail dans l'examen du sujet qui nous occupe ; vrai ou faux, il serait assez curieux de trouver, en suivant ce sys-
Le bélier joue le principal rôle dans ce bas-relief; il y désigne le fort, le puissant , V'S , aussi est-il placé sur la tête du monarque avec un des symboles du NaZaréat les plumes ( NaTZ , yj ) de Fépervier. Il se trouve aux deux extrémités d'une barque qui occupe le milieu du tableau. Ces deux têtes de bélier que je donne ici séparément 9 sont enrichies , l'une du symbole de la guerre 7 la mouche ou scarabée , yy$ , pendant a un anneau ; ce qui désigne la puissance , la force militaire , l'ordre militaire ; l'autre du R.aBiD ou collier des initiés, avec le RaBO ou cjiiarré qui désigne les RaBi , les grands de félat. On remarquera que le symbole de la guerre est aussi accompagné du Rabid, ce qui désigne les chefs , les initiés de l'ordre militaire.
terne , la description de quelques monument égyptiens donnée par Moïse et se rapportant au temps même de Joseph j de pouvoir , a l'aide de cette description, en reproduire la forme tellement exacte, qu'on ne puisse la méconnaître. Un mot de»Jacob à ses enfans, et particulièrement adressé à Joseph, élevé à la qualité de prince , initié aux secrets des mystères dont les temples étaient l'asile , interprète des sphinx qui gardaient les avenues et les secrets de ces temples , va justifier si la chose est possible.
Jacob bénit Joseph et lui dit : « Les béné- » dictions que je vous donne dureront comme » les colonnes des maisons du mystère » .
ïïian ThAUTh, les bornes , les colonnes y les
obélisques ;
nya* GuiBO-TH, des maisons, des édifices.
Q^y OULiM , du secret y des choses cachées
et anciennes.
On traduit ordinairement ce passage par ces mots : «Mes bénédictions dureront jus- » qu'aux limites des colines du siècle » , ou « égaleront la hauteur des montagnes éter- » nelles », ou, suivant la Bible de Genève , «jusqu'au bord des coteaux d'éternité».
Toutes ces traductions n'offrent aucun sens; la Vulgate, les Septante, la Paraphrase chai-
C 217 ) daïque ; et les Versions samaritaine , arabe et
syriaque sont également insignifiantes. Tout prouve donc l'obscurité du passage, et la nécessité de recourir à une nouvelle interprétation.
Mais ce passage n'est obscur que parcequ'on na point fait attention aux lieux où se trouvait Jacob; parcequ'on a ignoré la valeur du surnom donné à Josepb par le roi d'Egypte, le motif du titre de nazaréen donné à ce même Josepb par Jacob. Cependant la présence du nom de Tboth , nom si célèbre en Egypte, aurait dû mettre sur la voie et faire soupçonner qu'ici Jacob faisait usage d'une locution proverbiale' particulière à l'Egypte, usitée parmi les initiés et peut-être parmi le peuple.
Les TbOTb ou TbAUTb, en Egypte, sont les obélisques et non les simples bornes ou pierres dressées. Ces obélisques, ces colonnes équarries, ces stèles désignaient lajïn, V extrémité 9 les limites d'une chose,, parcequ'on les plaçait devant cette chose même , comme ils le sont devant les temples égyptiens à l'extrémité antérieure la plus éloignée du sanctuaire, dans lequel la science sacrée,, la sainte doctrine restait eu dépôt et cachée
au vulgaire; les deux obélisques signalaient , non seulement l'entrée de ces mêmes temples, mais encore la science qu'Hermès avait gravée ou fait graver sur deux colonnes, lesquelles servaient alors de tables de la loi.
Les murs de ces temples ou demeures sacrées étaient inclinés comme les montagnes; et cette apparence montanéiforme était particulièrement affectée aux pylônes placés derrière les obélisques. On a vu ( pages 1 1 , 12 , 34 y 74 y 77 y 9 ^a cause du respect des Egyptiens pour ces formes en montagnes , en collines. On sait maintenant qu'elles désignaient l'initiation , les mystères, et qu'elles rappellaient le nom d'Hermès. Le mot GuiBO, employé par Moïse, indique cette inclinaison , ce talus des temples égyptiens. 11 ne signifie pas seulement une colline, une montagne peu élevée , mais un édifice élevé en colline , ou ayant la pente d'une montagne.
Reste le mot OULiM ; employé pour exprimer l'idée de temps > de durée, il n'a qu'une signification dérivée ; il désigne proprement ce qui est caché au vulgaire, ce qui est secret et tenu dans le mystère. C'est dans les temples qu'étaient déposés les secrets de l'Egypte ; ainsi la maison ; V édifice du m j stère ne peut
( 2l9 ) être qu'un temple. Cette maison, cet édifice avait la forme pyramidale des montagnes et des collines , le sens du mot GuiRO le dit; elle était accompagnée d'obélisques, de grandes pierres dressées , nommées ThAUTh. Reconnaissons ici les pylônes pyramidaux précédés de deux obélisques , et qui , par leur hauteur et leur forme , semblable à celle des montagnes , annoncent un édifice mystérieux , Tentrée d'un temple , et devancent l'avenue des sphinx , symboles de la science secrète conservée dans ces temples.
thw ma rnaui
Je n'insisterai pas sur les conséquences qui résultent de tout ce que je viens de dire pour
prouver les progrès des arts chez les Egyptiens à l'époque que j'ai fixée. Le monument , dont je donne ici la figure , nous retrace la borne ou colonne hermétique , ayant déjà subi de grandes modifications. Il ne nous reste plus qu'à chercher les autres formes de ces monumens singuliers dans les siècles antérieurs à celui qui nous a servi de point de départ.