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ORIGINE DES TEMPLES

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( 2597) reot l'idée des cbapitaux hiéroglyphiques >

semblables à ceux qu'on voit encore clans tous les temples de l'Egypte. Les Grecs imitèrent ces chapitaux; ils les soumirent , ainsi que le fût et la base de la colonne, à des formes, à des proportions moins variables, et se iirent passer ensuite pour les premiers inventeurs de l'architecture (1).

Quelque lieureuse que fut la disposition des colonnes , et malgré l'impossibilité de se méprendre sur Tordre des signes hiéroglypbiques , on porta l'attention jusqu'à établir l'usage de lire publiquement ces caractères aux différentes époques des travaux , pour l'explication desquels ils avaient été imaginés. On cbargea naturellement de ce

(i) Les anciens couvraient aussi quelquefois les deux pierres ou colonnes hermétiques , qu'ils plaçaient dans les lieux fréquentés. Ces sortes de constiuctions donnèrent naissance aux monumens nommés Fans de Mercure. On trouve , dans les peintures d'Herculanum> beaucoup de monumens qui rappellent cet usage , avec cette différence que ces Fans ont des proportions architecturales , tandis que les premiers n'étaient que des pierres dressées , simplement équarries et couvertes par une troisième. Ces Fans nommés , dans le concile de Leptincs , Casulœ ou petites niches, ont donné lieu a ces petites chapelles qu'on plaçait autrefois sur le bord des chemins.

( a6o ) soin les vieillards et les chefs de famille, a cause de leur expérience et de leur sagesse. Ce fut la cause première des fêtes célébrées chez les anciens à chaque néoménie , c'est-àdire, au commencement de chaque mois lt&mire (i). Dès ce moment, les interprètes des hiéroglyphes devinrent les Hermès 3 les savans, les sages de la nation; enfin et bientôt après, les chefs et les ministres du sacerdoce.

Comme ces cérémonies arrêtaient l'attention des hommes sur les bienfaits de la Providence , il était naturel , qu'après avoir annoncé les travaux auxquels on allait se livrer, on fit des voeux pour leur succès. Ces vœux exprimés hautement , se changèrent en prières , donnèrent naissance au culte public, et c'est l'origine des cérémonies religieuses. C'est également de cette époque que date la consécration des temples , et leur destination au culte public (2).

(1) Dans les caractères de l'écriture chinoise, Fimage de lune et le caractère à' époque , signifient, réunis, assemblée religieuse.

Mera. chin. , tom. 9 , pag. 3i5.

(2) On trouve dans l'histoire des Mexicains un exem-» pie de cette gradation naturelle. Les douze piliers qu'ils

Par une tradition de ces faits , les anciens attribuaient à Thoth l'invention de la théogonie, de la lyre ou du chant sacre, et du culte des dieux. Je l'ai déjà dit, et je dois le remarquer encore : le nom de David , DOD ou BOUD, de l'auteur des cantiques sacrés chez ies Hébreux, est le nom même de Thoth ou Thouth prononcé à l'égyptienne. Ce mot David ne serait donc qu'un surnom. David 9

élevèrent au Soleil dans la ville sainte , et qui avaient servi a leurs ancêtres pour observer l'ombre de cet astre ^ furent, dans la suite et par l'effet de cette consultation continuelle, vénérés comme régulateurs premiers des saisons tt des fêtes, bons conseillers et génies protecteurs des affaires des hommes.

Voy. les frag. de M. de Palin.

Quant au choix des vieillards, des chefs de famille pour expliquer les hiéroglyphes , ce fait est facile à prouver , puisque le surnom d'interprètes de la volonté , de la parole , PRES-BITA «a3-tt>*13 , qui leur fut donné , désignant des hommes remarquables par leur grand âge, passa dans les langues étrangères avec la signification d'homme âgé, en Grec, PRES-BYS et PRÈS-BYTE- R.OS , un vieillard , un ministre , un pontife , un légat > un ambassadeur, un homme chargé d'être l 'interprète , un orateur , un intercesseur , un PRETRE. De leur nom CEN , p , les Latins tirent le mot SEN-ex ; le mot sage , sap iens , A-SaP , S}ïï>-tf , vient de SaB , Z1D , qui signifie avoir les cheveux blanchis par l'âge , être vieux.

TH

jeune encore, et avant que Samuel eut versé sur sa tête l'huile de l'initiation (i), était célèbre comme joueur de harpe ou plutôt de canor > sorte d'instrument consacré aux chants religieux. Ce talent lui fit donner le nom de Thoth (2).

Les recherches que l'on a faites pour expliquer l'origine des cérémonies religieuses, sont généralement dirigées sur les erreurs qui succédèrent au culte primitif tel que je viens de le décrire. Ces erreurs vinrent de Ce que les peuples attribuèrent aux bornes hiéroglyphiques, et aux hiéroglyphes eux-mêmes, le succès des vœux qu'on adressait devant ces signes au maître du monde. Ce fut la cause de l'idolâtrie et du fétichisme ; car chaque signe, chaque symbole représenté, devint un objet de respect et bientôt d'adoration.

L'explication des colonnes hermétiques devant être publique , elle était précédée par un appel , une convocation. Lorsque les

(1) Il faut remarquer qu'on versait celte huile avec une corne , et que dans l'inscription du bas-relief égyptien qui représente l'initiation égyptienne, la fiole qui contient l'eau baptismale est rapprochée d'une corne.

(2) Voyez la note sur le Canor à la fin de ce fragment.

cérémonies religieuses furent établies , les convocations prirent un autre caractère; elles

se firent au nom de V Éternel.

On convoquait par des cris ; nous dirions par des crieurs publics. Ce mot CRI est pri- 8")? **î? mitif ; l'usage de ces sortes d'appels lui Ht signifier appeler, convoquer. Un de ses dérivés désigna les chefs de famille , que l'on nomma pour cela les convoqués. D'autres dérivés désignèrent Y oiseau, symbole de la convocation ; le pieu ou bâton sur lequel on le plaçait pour qu'il fut plus facilement aperçu; la fête qui suivait la convocation; les instructions qu'on y recevait ; les livres sacrés qu'on y lisait ; V invocation qui avait lieu après cette lecture; la danse et les jeux qui terminaient la fête.

Les mots calendes et calendrier dont on s'est servi depuis , sont également commemoratifs de la plupart de ces usages, puisque leur signification radicale est appeler , convoquer , faire assembler au son du cor; parler en figure, instruire par le moyen des figures.

Les inscriptions gravées sur les colonnes hermétiques , ne conservaient pas seulement les lois et les réglemens relatifs à la religion , à

( 264 ) l'agriculture et à l'astronomie. Dans la suite, elles servirent à retracer le souvenir des faits et la mémoire des hommes illustres, Jupiter avait consacré le souvenir de l'enlèvement d'Europe par l'érection d'une colonne. Sésostris avait marqué, par de semblables mouumens , les pays qu'il avait conquis. Àbsalon n'ayant pas d'enfans, élève une colonne pour perpétuer le souvenir de son existence. Suivant Lucien, l'âge de Cyrus était constaté par des raonumens hermétiques.

Il faut donc distinguer , dans les colonnes hermétiques , celles des premiers âges, et celles dont on usa par la suite dans toutes sortes d'occasions, soit, comme je viens de Je dire, pour retracer des faits, soit pour marquer les limites des contrées, soit enfin pour transmettre à la postérité le souvenir des personnes décédées. Ces dernières colonnes ou pierres dressées , furent généralement placées sur des tombeaux.

On donnait aux colonnes, dont se servaient les interprètes des hiéroglyphes , un nom qui en faisait Connaître l'usage, Ces noms devinrent ceux de plusieurs divinités. Bientôt ils autorisèrent l'addition que l'on fit à ces colonnes, en ajoutant, sur chacune d'elles, la

( 265 ) tête de la divinité figurée par ces bornes symboliques , puis on ajouta à l'extrémité inférieure de ces termes une imitation grossière des pieds.

Les chaugemens successifs qui suivirent ceux-ci sont connus , et il est inutile de les décrire.

Les pierres dressées, les bornes ou les co* Ion nés relatives aux limites , restèrent ordinairement sans inscriptions. D'autres pierres dressées, comme celle de Caran y consacrée par Jacob, étaient, à proprement parler, des autels rustiques. Car c'est encore une cbose à remarquer , que l'usage de sacrifier sur ces sortes de monumens, vient de l'emploi des colonnes hermétiques.

Ces pierres étaient nommées pierres ointes ou pierres d'adoration.

D'autres pierres dressées servaient à transmettre le souvenir d'une alliance entre plusieurs personnes , entre deux nations. Chacune des parties contractantes consacrant un monument de ce genre dans le lieu où l'on se trouvait , si le nombre des personnes qui faisaient partie de l'alliance était considérable, il en résultait un nombre considérable de pierres dressées dans un même lieu, et

( 266 ) Ton conçoit que souvent elles devaient occuper un grand espace. La difficulté de se procurer des pierres monumentales , faisait qu'on se contentait quelquefois d'élever uu tas ou un monceau de pierres de moindre volume (i).

Lorsque les hiéroglyphes , d'abord assez mal exécutés , puis abrégés à différentes époques , étaient placés sur des piliers de bois , ils semblaient , au premier aspect, imiter les sinuosités qui paraissent sur un bois rongé par les vers ; cette apparence , cette similitude qui frappait tous les regards, fit qu'où nomma ces piliers S1M1L , mot dont la signification radicale hiéroglyphique était vermoul-ure3 et qui désigna par la suite une image y une idole, une statue , un s\va\i\~acre ; une smnï'itude (2).

Les caractères dont se servaient les premiers habitans de la Chine, offraient la même

(1) Genèze, ch. 3i , v. 45? 4^ > 47* Josué, ch. 4? y. 2 , 3 , 2 1 , 22 , 23 , 24 , 25.

(2) b^D SiMiL ou SiMuL et SfMouL. Ce mot est composé de D S ou DD SiS , vers , et de 7Q MiL ou MouL , dont la signification est couper , briser, moudre , dans le sens qu'il a dans notre mot ver-moulu, qui rend exactement l'hébreu ^D-D Si-MouL.

ressemblance ; et ]e nom qu'on donne à ces caractères sert à le faire sentir. ( Montucci , remarq. philologiques ).

Ceci explique ce que les anciens racontent de l'origine de la gravure, qu'ils disent avoir commencé par l'imitation des sinuosités du Lois vermoulu. On a même prétendu que les Grecs avaient d'abord employé pour cachets des morceaux de bois ainsi travaillés par les vers. Probablement , par ce mot cachets, il faut entendre des Phylactères semblables aux Abraxas ou aux Amulettes.

La coutume de graver des inscriptions sur les monumens hermétiques, se conserva jusqu'au temps où ces sortes de termes eurent pris tout-à-fait la forme statuaire, ce Les Egyp- » tiens, dit Winkelmann , mettaient ces ins- » criptions sur la base et sur la colonne con- » tre laquelle la figure était appuyée ; les » Grecs les plus anciens et les Etrusques en » chargeaient la figure même ». Enfin, l'écriture alphabétique étant inventée depuis longtemps , l'usage des inscriptions devint inutile , et les artistes les remplacèrent en mettant leurs noms au bas de leurs ouvrages, ou en y mettant le nom de la personne représentée.

Je ne nie dissimule point que les différentes origines expliquées dans ce résumé, perdent, malgré la force qu'elles se prêtent mutuellement^ le caractère de vérité que leur donneraient les considérations préliminaires, et les autorités dont je les ai dépouillées pour abréger ce fragment ; peut-être même leur nouveauté leur donnera- t-elle l'apparence du paradoxe. Mais doit-on repousser une idée parcequ'elle est nouvelle? et parceque 1-e temps a fait oublier quelques vérités historiques, devons-nous renoncer à l'espoir de les retrouver?

La cause de la forme de la poésie est un de ces faits inconnus ; on a vainement cherrcbé à l'expliquer par des conjectures et des systèmes. Les anciens chantaient leurs poésies , et la poésie primitive était consacrée à la Divinité : les premiers poèmes furent tous religieux. Nous avons vu qu'on attribuait à Thauth l'invention de la théogonie ainsi que celle des chants sacrés : il nous reste à expliquer comment l'usage des hiéroglyphes contribua à la création de la poésie.

On confond ordinairement la forme de la poésie avec son essence. Un peuple peut avoir une langue très riche , et connaître depuis long - temps l'écriture alphabétique', sans

( 2$9 ) savoir qu'il existe un art de soumettre ses pensées à une fornie régulière, et de les renfermer dans un nombre prescrit de syllabes. LesTartares, avant d'avoir fait la conquête de la Chine, n'avaient aucune idée de la poésie. Chez les Hébreux, la poésie n'était point soumise à la forme régulière que lui ont donné les Grecs et d'autres peuples. L'inspiration poétique faisait le poète. Les Grecs euxmêmes reconnaissaient que la forme , sans laquelle aujourd'hui nous ne concevons pas que la poésie puisse exister, n'était pas absolument nécessaire à la poésie épique. Un temps vient où la vieillesse et l'oubli d'une langue dérobent, pour toujours à nos sens , les beautés et les grâces de la forme de la poésie ; mais la pensée qui en est l'essence , immortelle comme l'intelligence qui l'a produite , triomphe du temps et de la mort des nations. Nous sommes obligés d'admirer, sur parole^ la forme des vers d'Homère; eh ! comment pourrions-nous en juger? nous ne connaissons pas même la véritable prononciation des lettres de l'alphabeth grec.

La forme de la poésie n'est donc pas inspirée par la nature a tous les hommes ; elle a donc une cause extérieure qui lui est , ea

( 27° ) quelque sorte, étrangère ; et cette cause , îa

voici :

La disposition régulière des hiéroglyphes sur les colonnes sacrées et sur d'autres monumens religieux, donna naissance à la forme de la poésie.

Les instructions que ces monumens conservaient, constituèrent son essence.

Les anciens mettaient en vers leurs lois et leurs préceptes moraux; ils considéraient, à cette époque, les poètes comme des législateurs. La poésie était alors la voix des Dieux, la parole de vérité et de sagesse. Le poète était Ymterprète de cette parole. Ce sont les significations exactes des deux mots poète et poésie.

Cultivée uniquement dans les temples, la poésie devint une langue sacrée; elle divinisa , en quelque sorte , ceux qui la parlèrent , et il fallut être placé près de l'autel •YIP ou du trône pour oser la parler. Le mot SIRe qui , dans la langue hébraïque , désigne les hymnes sacrés, désigne aussi, comme en français, l'autorité suprême. C'est pour cela que, dans la suite, les chefs du sacerdoce prirent le titre de rois.

Ce titre , dans le principe , signifiait seu-

( 271 ) îement chantre sacré. Néanmoins, la gloire cle chanter les Dieux était réservée aux chefs des peuples, aux souverains; il fallait être élevé en puissance pour célébrer dignement la puissance du maître du monde ; et l'on pensait que de simples sujets ne devaient pas se constituer les intermédiaires entre tout un peuple et la Divinité.

Quant à la forme de la poésie, la disposition régulière des hiéroglyphes lui donna > ai -je dit, la naissance. Ces hiéroglyphes étaient gravés, de haut en bas, sur plusieurs rangs de même proportion ou longueur. La forme carrée des stèles ou colonnes hermétiques , obligea d'abord à cette division égale» Cette première symétrie en entraîna une seconde, celle des caractères, établie par le nombre. Chaque ligne des hiéroglyphes devait renfermer un sens complet, la clarté de la phrase l'exigeait absolument. Bientôt on s'appliqua à renfermer chaque phrase d'un monument ou d'une colonne dans un nombre égal de caractères. Ce furent les premiers vers hiéroglyphiques semblables à ceux des hiéroglyphes chinois (i).

(1) La forme de la poèMe par le nombre des syllabes ou des mots , ne paraît pas être due a l'Egypte ; du moins,

Lorsqu'on traduisit ces caractères dans la langue parlée , leur ordre et leur symétrie donnèrent ridée de l'ordre et de la symétrie des expressions, ce furent les premiers vers syllabiques. Cet ordre et cette symétrie étaient d'autant plus faciles à imiter, que la langue pariée n'était alors composée que de monosyllabes 11 suffisait de traduire chaque hiéroglyphe par l'expression équivalente, on avait autant de mots, de syllabes dans une phrase que dans l'autre, et cela suffisait pour former des vers ; en sorte que la versification des mots s'établit sans même qu'on songeât à rétablir.

Ces vers étaient encore sans harmonie ; mais le chant perfectionna presqu'aussitot ce que le hasard avait fait découvrir. On voulut chanter, dans les cérémonies religieuses, les préceptes, les lois et les allégories gravées sur les monumens et transcrites dans la langue

jusqu'à présent, rien ne le laisse conjecturer. Il est vrai que nous ne connaissons pas encore la langue monosyllabique des premiers Égyptiens , celle qu'ils parlaient avant qu'on eut compose, par l'effet de la transcription des hiéroglyphes en caractères alphabétiques , la langue ambrique ou hébraïque. Quant au copte , je ne sais si les anciens Égyptiens y avaient introduit l'usage de la versification proprement dite , comme elle existe dans le copte moderne*

( 273 ) parlée ; il fallut soumettre la prosodie fie chaque mot au mouvement de la phrase musicale , et les vers furent scandés.

Enfin, lorsqu'on ne fut plus assujettis à traduire ; lorsqu'il fut permis au génie des hommes de toutes les classes d'ajouter de nouveaux chants, allégoriques aux chants des anciens, cette liherté acheva de perfectionner l'art de la versification (i).

Je ne pousserai pas plus loin mes recherches sur un sujet dont on appréciera autant que moi l'importance. Les nombreuses ramifications dont il est susceptible, commencent à ni' éloigner de l'histoire des monumens de l'art que seuls j'avais en vue. Soit que de faux raisonnemens m'aient égaré , ou que quelques idées heureuses m'aient laissé entrevoir un rayon de la vérité, la crainte de trop abuser de la complaisance du lecteur, m'oblige de m'arrêter. Et pour finir, en rappelant un usage des colonnes hermétiques que j'ai oublié de signaler , je poserai ici les bornes qui doivent fixer le terme d'une course que^ peut- être, j'ai entreprise avec trop de

témérité.

(i) Voyez la note ci-après.

-Ljes prêtres égyptiens cultivaient avec soin la musique. Le célèbre Orphée , et Linus qui Fa précédé , furent instruits par eux. Pythagore , leur élève , mettait la musique au nombre des remèdes du corps et de famé. Mais ce qu'on ne sait pas , c'est que les prêtres égyptiens ,. "P nommés CIN-s , donnèrent leur nom au chant grave et mélancolique, au chant religieux, et à ces harpes, à ces lyres sacrées, si goûtées dans l'antiquité; ainsi , *^2 el]es furent nommées CAN-or ou GIN-or ; de la vint le

juvuoa iQj\j ^5 Chinois, le KIN-uR-a des Grecs. Les sons nobles et majestueux de cet instrument , élevaient l'ame et calmaient les passions ; aussi fut- il particulièrement réservé aux SAPH-s , aux Sages , de le toucher. Le CIN-oR du thoth des Hébreux , de David , calmait les emportemens de Saùl, et chassait l'esprit de haine qui l'obsédait. Les Chinois attribuent a leur KIN les mêmes effets. Du mot CAN-oR. ou CIN-or est venu le latin G AN-OR , harmonie; CAN-0,/e chante ; le français, C AN-tique , GHAN-t , etc. , etc.

Ce n'est pas tout. Moïse semble placer l'invention

du CIN-oR. avant le déluge (i). Celle du KIN,, chez les

Chinois , est aussi ancienne. Moïse place a la même

époque l'invention d'un autre instrument de musique ;

2X2 il nomme celui-ci OGAB ou AGAB ; or, OGAB-E ou

HSAV AGAB-E signifie amour } galanterie , chansons gracieu*

(1) Genèse 4 > v- 2I-

ses; de ce mot vient en grec AGAPE , amour, galan- a-faizri terie , caresse , et AGAP-ao , j'aime. Voilà donc deux a^axaco instrumens de musique qui , par leur nom seul , annoncent une très grande perfection dans l'art musical, un système complet établissant deux modes généraux , à l'un desquels appartenait le chant grave , noble et mélancolique , le chant des Saph , des Sages et le CIN-oR ; et à l'autre , la musique légère , vive et galante , les chants d'amour et l'AGAB. Veut -on savoir, maintenant, de quelle manière les traducteurs ont rendu ce passage si précieux du premier livre de Moïse ; la voici : « Jubal fut » le père de ceux qui jouent de la harpe et de l'orgue ». Je demande quel fruit on peut retirer d'une semblable traduction ? Cependant l'intention de Moïse , dans le choix des mots qu'il emploie, était bien facile à deviner.

Voilà donc un fait inconnu qu'il faudra nécessairement joindre à l'histoire de la musique chez les anciens peuples , et, en particulier, chez les Egyptiens et chez les Hébreux.

Eufin les CIN-s , les prêtres égyptiens , et en général les Cohens primitifs , ont inventé la poésie ; ce mot signifie parole de Dieu ou parole divine. La poésie hymnique, la première de toutes les poésies, se chantait, et par suite , toute espèce de poésies , était accompagnée du CIN-oR ou de la lyre. Or, on nomma ce chant majestueux , dont le souvenir subsiste dans toutes les langues , le chant des vieillards , des hommes sur le déclin de la vie , des hommes blanchis par l'âge , en un mot , le chant des CIN-s ou des ClGN-es ; car, pour représenter le CIN , chantant les louanges de la Divinité , le musicien blanchi par l'âge , ils figuraient, dit Horapol^

Ion , 'nn CIGN-e ( CYCN-on zograplwusi ).. (i) Tulle est donc l'origine de la fable relative au chant des cygnes , lequel , disait-on , devenait plus noble et plus harmonieux, lorsqu'ils voyaient approcher la fin de leur existence»

Telle est 7 en outre , l'étymologie du nom donné a cet oiseau symbolique.

(i) ^srjovxa [xoofuxov 6ouXo{j,svoi crevai , xuxvov ^(ù7oa»ou<yiv, outot 7«p tq^otcctov [xz'koç aiïzi -yTîpasy.cùv.

Senem musicum volentes commonstrare cycnum pingunt : (juod hic senescens sum'issimum edal concentum.

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