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APERÇU

SUR QUELQUES USAGES ET SUR PLUSIEURS INVENTIONS , DONT LES PREMIERS MONUMENS DE L ART PARAISSENT AVOIR ETE- LA CAUSE.

N convient assez généralement que la découverte de l'agriculture et de l'astronomie a dû précéder celle de la plupart des arts et des sciences. Lorsque les hommes eurent trouvé le moyen de mesurer le temps, et établi l'ordre qu'il fallait suivre dans les travaux de l'agriculture , les chefs des familles, les pasteurs des peuples, cherchèrent nécessairement un moyen pour faciliter la connaissance de ces travaux et celle de l'ordre dans lequel ils devaient être entrepris. Ce moyen fut le même que celui dont les Scythes se servirent, long temps après, pour engager Darius à ne pas leur faire la guerre. Il consistait à exposer , dans un lieu convenu , les instrumens nécessaires aux travaux qui devaient occuper le laboureur. À ces signes

symboliques on joignait ceux qui pouvaient désigner l'époque de Tannée dans laquelle on se trouvait.

Seth ^ ou un personnage de ce nom , recueillit ces instructions, et conçut l'idée d'imiter la forme des objets symboliques, et pour prévenir toute cause d'oubli, de les dessiner ou graver sur le bois ou sur la pierre. Nous avons vu que les anciens avaient conservé religieusement le souvenir de deux colonnes symboliques , sur lesquelles ses descendais gravèrent , en caractères hiéroglyphiques , toutes les instructions qu'il leur avait transmises.

Ces instructions avaient été gravées sur des piliers ou troncs d'arbres dépouillés de leur écorce. Ce fait est incontestable , puisque le mot EQ ou EQE qui désigne un tronc d'ar- pn TVpn bre , un pilier , un terme, une borne j signifie aussi graver ; sculpter en figures ; figure gjuvéej sculptée; loi écrite; décret , précepte concernant la religion et la police

L'obligation de rendre la signification du nom de Seth, fit changer ces troncs d'arbres en de véritables colonnes équarries , lesquelles portèrent son nom STè-le.

Ces colonnes, d'abord au nombre de deux,

( 256) furent ensuite sextuplées. On dressa, de cette manière , une colonne pour chaque mois-? elles composèrent le premier calendrier (r).

Il fallut alors prévenir des méprises funestes , et ne pas se fier entièrement à la mémoire pour reconnaître , au bout d'un an, les signes et les colonnes qu'on devait consulter. L'ordre et la disposition de ces signes et de ces colonnes ne furent donc pas arbitraires.

On obvia h tous les inconvéniens en disposant ces colonnes trois par trois, pour les faire répondre aux quatre points cardinaux.

Cette disposition fut long- temps conservée , même après l'invention de récriture alphabétique ; et l'on voit encore , dans la pagode de Verdapetha ,. au Cap Comorin , les douze signes du zodiaque placés dans cet ordre. Par une espèce de tradition de ces origines , les Egyptiens avaient consacré au soleil, dans le temple d'Héliopolis , douze colonnes qui désignaient ces douze signes. Les Arabes attribuent l'origine du zodiaque

(i) Ce qu'il y a de singulier, c'est qu'un des signes abrégés du nombre 12 > forme le nom même de Thoth,

yn Tho.

(257 ) à douze colonnes ou tours (i) que les anciens élevaient dans» un grand cercle.

De la disposition de ces colonnes vint l'usage d'orienter les monumens, et de s'orienter soi-même en adorant. Cet usage est prouvé par les pyramides, monumens à quatre faces; par les temples anciens, dont l'entrée était toujours placée du coté de l'orient; par ceux même qu'on ouvrait à F occident , afin que le peuple, en entrant dans le temple, eut le visage tourné du coté de l'orient. Le sphinx de la grande pyramide , placé à l'orient, indiquait l'entrée du monument.

Cette disposition des colonnes hermétiques donna lieu , selon toute apparence , à la division occidentale de l'année en quatre saisons au lieu de trois.

Ainsi les signes du printemps furent placés en face de l'orient ; ce qui indiquait , d'une manière bien simple, qu'ils ouvraient Tannée. Les colonnes , dépositaires des signes de l'été, regardèrent le midi , celles de l'automne l'occident, et celles de l'hiver le nord.

Les figures hiéroglyphiques étaient néces-

(i) On a vu que par le mot tour, il faut souvent entendre une colonne y un obélisque.

( 258 ) sairement placées sur chaque colonne de haut en bas; et pour les lire toutes , il fallait suivre l'ordre des colonnes qui était de droite à gauche, d'orient en occident. (Voy. pi. i3). De là vint la manière orientale d'écrire les hiéroglyphes , et même les caractères alphabétiques , sur des colonnes de haut en bas > et de droite à gauche.

Enfin, lorsque ces colonnes, ainsi placées sur quatre faces , eurent dans la suite été couvertes pour être garanties des outrages de l'air, elles donnèrent l'idée des temples proprement dits, et de l'emploi de colonnes dans ces monumens. (Voy. pi. i3, fïg. 2). C'est donc ici qu'il faut placer l'origine vraie , et si inutilement cherchée depuis Vitruve , de l'architecture et des ordres qui la distinguent de la maçonnerie ; car avant l'invention des temples , et par conséquent de l'architecture , les hommes connaissaient déjà l'art de bâtir. La planche 14 montre la disposition de ces mêmes colonnes dans une espace de terrain consacré nommé Ternplum , et entouré d'un mur pour le défendre.

Ces colonnes étaient couronnées par quelques attributs symboliques relatifs aux travaux de chaque mois. Ces attributs donné-

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