QUINZIÈME FRAGMENT
DES MOEURS DE l’aRMÉE.
C’est un devoir pour tous les Frauçais de venger ceux qui sont morts avant eux dans la guerre contre la tyrannie. Si ce principe peut devenir l’esprit public, la république sera guerrière et indomptable.
Les garnisons' françaises ne peuvent recevoir d’autres capitulations que de retourner dans leur patrie , et doivent périr plutôt que de se rendre prisonnières.
Un militaire ne peut jamais rentrer dans le lieu où il est né , s’il a quitté son rang dans un combat , s’il a perdu son arme, s’il a déserté, s’il a violé la discipline, s’il a murmuré des fatigues. Le père qui embrasserait son fils après sa lâcheté, ne pourrait point porter l’écharpe de la vieillesse.
Un soldat, près duquel un autre soldat a été frappé d’une arme blanche, est déshonoré, s’il revient du combat, sans l’arme de celui qui a frappé son frère.
Un général en chef, blessé dans une bataille par une arme blanche , s’il ne l’a pas été en ralliant une troupe enfoncée, est destitué.
Le militaire qui insulte son clief ou lui désobéit , le chef qui insulte ou frappe son subordonné , sont punis de mort.
Un militaire qui vole ou commet une violence sur le territoire français, est chassé de l’armée -, il est puni de
mort si c’est en pays ennemi.
Nul ne peut quitter l’armée qu’a la fin de la guerre. Les camps sont interdits aux femmes, sous peine de
mort. ’ ^
Un soldat a le droit de porter une étoile d’or sür son
vêtement , à l’endroit où il a reçu des blessures -, les étoiles lui seront données par la patrie. S il est mutilé ou s’il a été blessé au visage , il porte l’étoile sur le
coeur.
Les noms des victoires seront inscrits au Panthéon , avec les traits de courage qui les auront signalées.
Il sera déposé dans le Panthéon des livres où seront également inscrits les noms de tous ceux de la génération présente qui ont concouru à la révolution, et qui auront spuffert ou seront morts pour elle.
On ne fera l’éloge des généraux qu’à la fin de la
guerre. . • -n
Il faut entretenir , en temps de paix , huit cent mille
hommes répartis dans toutes les places , et établir un
système de mutations et de vicissitudes de garnisons ,
pour empêcher que l’esprit de paresse ne s’introduise
dans l’armée, et pour que la république française soit
redoutée de tous les gouvernemens.