‹ Fragments d'études pathologiques et cliniquesChapitre 16 sur 56 · APOPLEXIE. — TRAITEMENT CURATIF · texte numérisé non relu

APOPLEXIE. — TRAITEMENT CURATIF

OU (.langereuse. Dans les cas d'hémorrhagie peu grave il peut se faire qu'au bout de quelques mois la paralysie persiste, après réparation probable de la lésion cérébrale. Cette persistance peut dépendre de l'inertie fonctionnelle elle-même, qui, par sa durée, peut amener l'atrophie consécutive des organes de l'innervation et des muscles. On peut alors tenter le traitement de la paralysie.

Dans les cas d'hémorrhagie plus grave, un laps de temps plus long est nécessaire à la réparation des lésions, et les chances de guérison des accidents consécutifs sont moindres.

Quant aux moyens à employer, ils sont les mêmes, quelle que soit du reste la cause de Vinertie fonctionnelle; seulement l'indication d'agir arrive plus tôt ou plus tard, selon la nature de la lésion.

Si l'indication de combattre l'inertie fonctionnelle est tardive dans les cas d'hémorrhagie, elle se produit beaucoup plus tôt, et peu de temps après l'attaque, dans les cas oii cette dernière peut être attribuée à une simple irrégularité de la circulation, ou à des tumeurs susceptibles de résolution.

L'ictus paralytique, suite de tumeur syphilitique, exige, aussitôt que possible, une médication spécifique appropriée. Un traitement mercuriel ou iodique méthodique peut suffire pour amener, à lui seul, la disparition progressive des lésions fonctionnelles consécutives, paralytiques ou psychiques.

Si après ce traitement, dirigé contre la cause, les lésions fonctionnelles persistent, elles deviendront à leur tour l'objet d'un traitement consécutif.

L'indication de combattre la paralysie consécutive peiU être remplie par une série de moyens qui tous ont pour but d'exciter l'action fonctionnelle des organes frappés d'inertie. Ce sont : a) les excitants périphériques des nerfs sensitifs et moteurs, ou des muscles eux-mêmes, les frictions sèches ou

NÉVUOPATIllES.

slimulantes, le massage, les bains et douches, l'emploi des thermes, tels que PCefTers (canton de Saint-Gall, Suisse), Wildbad (Wurtemberg), Gastein (Styrie), l'hydrothérapie, et enfm, moyen le plus puissant de tous, le galvanisme, dont l'emploi s'est généralisé depuis les beaux travaux de Duchenne (de Boulogne).

La difficulté matérielle a été écartée par M. Gaiffe, dont l'appareil portatif, d'un maniement simple et facile, satisfait à toutes les exigences. L'emploi journalier du galvanisme réduit à néant les appréhensions autrefois émises par Moulin et Dubois de Rochefort. En l'appliquant à une époque suffisamment éloignée de l'attaque, en le graduant selon les forces des malades,' nous en avons souvent obtenu de bons résultats, et jamais il n'a produit d'accidents sérieux.

h) Certains excitants spécifiques internes ont été préconisés et employés dans tous les cas de paralysie. Nous voulons parler des préparations de noix vomique, de la brucine et de la strychnine. Ces agents exercent une action spéciale sur la moelle épinière, dont ils augmentent l'excitabilité.

Leur utilité, dans les cas de paralysie consécutive à l'apoplexie, est fort douteuse. Dans tous les cas, leur emploi prolongé n'est pas sans danger. Le sulfate de strychnine ne doit être administré qu'à dose faible d'abord (1 milligramme), mais progressivement jusqu'à production de légères secousses^ ou d'un peu de roideur. Il est prudent de ne pas insister, si, après avoir reproduit plusieurs fois une action physiologique manifeste, l'influence thérapeutique ne se produit pas simultanément.

c) L'excitant le plus naturel, et aussi l'un des plus efficaces, c'est l'exercice même de la fonction. Dès que le mouvement reparaît dans un membre paralysé, V exercice gradué, progressif, volontaire est le plus puissant moyen de rétablir, autant que

APOPLEXIE

— TllAlTEMENT CUJRATIF.

possible, l'intégrité fonctionnelle. On obtient ce résultat par l'emploi méthodique des exercices gymnastiques. Des appareils spéciaux, destinés à provoquer la contraction et à mettre en action certains groupes de muscles, les fléchisseurs, les extenseurs, peuvent être utilisés.

La persistance des lésions fonctionnelles psychiques exige moins l'emploi d'agents pharmaceutiques spéciaux qu'une hygiène convenable; le bon sens et le tact pratique suffisent pour régler l'exercice fonctionnel, et pour écarter du malade toute excitation nuisible ou dangereuse.

Traitement prophylactique. La multiplicité des causes qui peuvent préparer et produire une attaque d'apoplexie ne permet pas d'établir des règles générales pour le traitement préservatif. Nous avons déjà exposé plus haut les préceptes hygiéniques applicables à la plupart des cas. Pour éviter des répétitions inutiles, nous croyons pouvoir nous dispenser d'y revenir. Quant à reprendre une à une les principales conditions étiologiques et les indications qu'elles fournissent, celte revue impliquerait l'exposé du traitement applicable à toutes les maladies qui peuvent provoquer non-seulement l'attaque, mais la lésion cérébrale, cause de l'attaque.

Un tel exposé dépasserait les limites de ce travail. L'indication se déduit du reste si naturellement de l'étude étiologique, qu'il est inutile de la formuler d'une manière spéciale et détaillée. Il nous suffit d'avoir établi les principes d'une prophylactique rationnelle.

ScttilMtlNBKUaïiR-'HECHT.

(Extrait de V Encyclopédie médicale.)

Page 1