‹ Fragments d'histoire de ChypreChapitre 1 sur 29 · IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES · texte numérisé non relu

IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDOT FRÈRES

HIIB JACOB; N* 58

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Je laisse aiu fragments admis dans ce recoeil la forme même qu'ils ont dans le livre d où ils sont extraits.

Il serait saperfla d'expliquer longuement aux lecteurs de la Bibliothèque la nécessité de cet avertissement préalable. Aucun d'eux n*ignore que les conditions de publicité de la revue et du livre sont aussi différentes que celles de la dissertation et de rhistoîre.

La revue, la revue scientifique surtout, comme la nôtre, ainsi que la dissertation, a son public particnlier, public choisi, avec qui l'on semble être depuis longtemps en connaissance, tenant compte de tout effort consciencieux indépendamment du résultat, d'autant plus disposé à l'indulgence qu'il sait les difficultés du métier, et permettant qu'on lui parle quelquefois avec nu ton d'intimité que l'histoire ne tolère jamais. Le livre, comme rhistoire, s'adresse en effet (bien qu'il n'y parvienne pas toujours) à un public plus nombreux, moins rapproché, à peu près inconnu, qu'on suppose, à tort ou à raison, plus exigeant, et demandant à être traité toujours avec beaucoup de gravité et de respect. La dissertation conserve sous bien d'autres rapports encore l'avantage de l'indépendance. Elle peut refuser d'obéir à la loi de l'unité : à son gré, elle insiste, ou passe rapidement sur les incidents; elle éloigne ce qui lui semble moins curieux; elle appelle facilement les aperçus ou les détails les plus éloignés, quand ils lui plaisent. L'histoire n'est pas libre de choisir ainsi dans sa donnée, au détriment des autres, les circonstances et les hommes qui offrent le plus d'originalité et de nouveauté. Il lui faut diriger vers un même but et dans un même esprit toutes les parties de sa composition ; suivre, sans rien laisser de saillant en arrière, toutes les situations, et exposer la marche générale des événements pas à pas, toujours à peu près dans une égale mesure. Pour elle , linédit n'jijoute absolument rien à la

vaiear réelle des faits, et u'autorfse aucaiie digression. Lesdocaments historiques le plus anciennement et le pins soavent publiés ont à ses yeux le même prix que les chroniques les plus rares : celui-là seul que leur donnent Tauthenticité et la Téracité. C'est à Thistorien à démêler ce que Tignorance ou la passion ont pu mettre d'erreurs et de contradictions dans ces monuments. Il doit se dévouer résolftjnent à son œuvre : tout consulter^ tout vérifier, juger et choisir, en recherchant sincèrement la vérité seule; puis, quand il croit l'avoir trouvée , clairement et sobrement l'exposer. Son écueil principal, le défaut que le lecteur lui pardonnera le moins, n*est-il pas eu effet le désir de tout dire?

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