INTRODUCTION
La chirurgie ^ été profondément révolutionnée depuis Fapparition de la méthode antiseptique.
Le pronostic des opérations graves a subi sous son influence une amélioration considérable.
Lapyémie, Férysipèle, les complications ordinaires des plaies ont sinon disparu, du moins diminué dans une très-forte proportion. Ce fait ressort de la comparaison des statistiques anciennes avec celles de ces dernières années.
La rareté relative des accidents nosocomiaux, à la suite des opérations, a eu pour conséquence une diminution considérable de la mortalité dans les services de chirurgie. Si Ton ne sauve pas tous aes malades, on peut hardiment affirmer, sans risquer de paraître exagéré, qu*on en sauve Ténorme majorité. Toujours est-il qu'il faut tenir compte de la nature du traumatisme, du milieu, de l'âge et de la constitution du blessé, de ses çialadies antérieures, de son état diathésique, etc.
Kou-seulement la plupart des opérés échappent à la mort, mais ils guérissent ou peuvent guérir avec une rapidité étonnante.
La moyenne de la cure, à la suite des traumatismes chirurgicaux, a subi comme la mortalité une baisse considérable. Pour n'en citer qu'un exemple, je choisirai parmi toutes les opérations celle qui, d'un avis unanime, est considérée comme une des plus graves, si grave, qu'il y a 10 ans à peine, l'Académie de médecine et la Société de chirurgie l'avaient entièrement proscrite. Je veux parler de la résection du genou. M. Poinsot, dans un récent mémoire inséré dans les Bulletins
de la Société de chirurgie de Paris, t. Y, n"* 6, a établi que la moyenne de la cure était de 5 mois 12 jours; or, d'après ce môme auteur, elle est tombée dans les 8 dernières années à 2 mois 27 jours. Je prouverai plus loin, par des faits personnels, que ces données sont l'expression de la vérité.
A quoi sont dus ces résultats ? Disons-le tout de suite : c^est à la réunion immédiate. De Faveu de tous les chirurgiens, le pansement de Lister permet de la tenter là où, récemment encore, elle était sévèrement proscrite.
On ne craint plus, à Fheure actuelle, de réunir les plaies. Bien au contraire : on cherche à réaliser cette réunion dans presque tous les cas; si elle échoue quelquefois, on ne tarde pas à en découvrir la cause dans quelque négligence de la part du chirurgien ou de ses aides.
Dans un long mémoire adressé à la Société de chirurgie de Paris, le 22 mars 1876, et intitulé : De la Réunion immédiate sou^ le pansement de Lister, j'ai cherché à faire ressortir les conditions qui la favorisent.
J'aurais à m'excuser de reprendre aujourd'hui ce même thème; mais outre que mon mémoire n'a pas été publié, le sujet est d'une actualité telle, qu'il importe de mettre au jour le plus de faits possible, afin que, réunissant dans un seul et môme travail tous les documents que la science possède, on arrive à établir d'une manière positive la valeur clinique des procédés antiseptiques.
En ce qui concerne le pansement de Lister, ma conviction personnelle est solidement établie. Faible dans le principe, elle s'est affermie par une expérience de 4 nouvelles années, qui m'ont rendu un des partisans les plus convaincus de la nouvelle méthode. Puissé-je entraîner mes lecteurs et les convaincre que dans la pratique des hôpitaux , j'insiste là-dessus, il n'y a point ou peu de salut sans Lister.
Les faits sur lesquels se base ce travail sont au nombre d*environ 200. lis comportent les opérations graves les plus variées, telles qu'amputations, résections, extirpation de tumeurs de toute nature, ligature des gros troncs artériels et veineux, ouverture des séreuses articulaires ou autres (arthrotomie, kélotomie, ovariotomie, etc.).
La plupart d*entre eux sont inédits; quelques-uns ont déjà été publiés isolément; d'autres ont fait Fobjet de mémoires ou de conmiunications à TAcadémie de médecine, à la Société de chirurgfie de Paris et à la Société de médecine de Stras* bourg. Je les reprends ici, ne pouvant les passer sous silence dans un travail destiné à faire connaître l'ensemble des résultats obtenus sous le pansement de Lister.