Congrès médical de Lyon
3. Tborens, Du Genu vcUgum et de son traitement cMrurgieal, in Bev. se. méd. de Hayem, t. XVII, 2« fasc, p. 739.
saires; la vie de rq)érée fut sériensemeat menacée; elle finii par triompher de toutes ces complications et guérit ajHrés Téli* minatioa de plusieurs séquestres. Hais quatre mois s'étaient écoulés depuis le jour de Topération!
Ua accident dua autre genre peut se produire: je veux parier de la rupture du ligament latéral externe. Il survient de préférence chez les adolescents; à cet âge, en effet, les os sont plus résistants que les ligaments et le décollement épipbysaire est impossible, comme l'attestent les expériences de de Santi et de Mikulicz (Thorens, loc. cit.). C'est une complieation qui entrave les f(Mictions du membre pendant une période illimitée et nécessite le port dun appareil pendant des mois et des années. Je traite en ce moment un jeune homme de 17 ans, que j'ai redressé par le procédé de Delore; sur ravis d'un confrère, présent à la visite, je renonçai à faire l'ostéotomie et commençai par l'ostéoclasie. Bien mal m'en prit; car ai](jourd'hui dix-huit mois se sont passés depuis lors et il existe encore des mouvements de latéralité du genou trèsprononcés. Et certes ce n'est pas foute d'avoir immobilisé le membre; le jeune homme en question a conservé des appareils plâtrés pendant un an. Aujourd'hui il vaque à ses occupations, mais porte depuis six mois un appareil à tuteurs latéraux, qui lui est absolument indispensable pour lui permettre de marcher. Cet exemple, certes loin d'être unique, prouve donc que l'ostéoclasie manuelle est loin d'offrir une sécurité absolue: si elle ne compromet pas l'existence, elle substitue dans un certain nombre de cas, à une infirmité gênante, une infirmité plus grande encore. Ces faits constituent peut-être une exception; mais a-t-on publié tous les revers! 11 serait utile d'être fixé là-dessus, et jusqu'à présent il n'y a pas de statistique établissant la valeur comparative de l'ostéoclasie et de l'ostéotomie. Néanmoins le vent semble tourner à l'ostéotomie, si nous nous en rapportons aux dernières discussions de la Société de chirurgie. M. Terrillon, hostile pendant longtemps à l'ostéotomie, qu'il considérait comme une opération hasardeuse, préférait l'ostéoclasie à l'aide de l'appareil de Colin. Or, il vient de déclarer tout récemment, à propos d'une observation de M. Beauregard, que
si on pouvait prévoir la rupture des ligaments, on devrût préférer Fostéotomiel Or, comment prévoir cet accident? Voyons les résultats fournis par les expériences de de Santi et de Mikulicz et concluons. 1 2 expériences faites sur des cadavres de 18 à 22 ans ont provoqué 9 fois Tarracbement du ligament latéral externe; 3 fois la fracture ou Farrachement d'une parcelle du condyle externe du fémur; jamais de décollement épiphysaire (de Santi). 19 expériences sur des cadavres de 19 à 23 ans ont amené 10 fois la rupture du ligament latéral externe (Mikulicz).
Pour ma part, étant donnés les échecs et les insuccès de Tostéoclasie manuelle ou mécanique, je donne la préférence à Tostéotomie. Avec Démons j'estime «qu'une manœuvre, qui a toujours quelque chose de brutal et d'inconnu, doit être remplacée jusqu'à nouvel ordre par une méthode mieux réglée et plus sûre » •. Ce n'est pas à dire qu'on doive abuser de l'ostéotomie. Gomme l'a fait observer Verneuil*, il ne faut la pratiquer que dans les cas où la difformité constitue un obstacle sérieux à la marche. Mais à quel âge peut-on l'entreprendre? A mon avis il n'y a pas de règle fixe à établir à cet égard. Chez les enfants, bien qu'elle soit absolument exempte de dangers, elle est rarement indiquée. 11 faut que les os soient éburnés et que les tentatives d'ostéoclasie aient échoué.
Je n'ai pratiqué l'ostéotomie qu'une seule fois chez l'enfant, pour genou valgus, tandis que je fais l'ostéoclasie couramment , sans pouvoir dire exactement le chiffre que j*ai atteint. Je ne sais toutefois si à l'avenir je n'entreprendrai pas l'ostéotomie plus souvent dans le jeune âge , tant les suites m'en ont paru bénignes et les résultats satisfaisants.
Chez les adolescents et les adultes l'opération est moins innocente, comme je l'ai démontré dans le précédent travail. Mais les chiffres que j'ai donnés (2,2 ®/o de mortalité), joints à ceux qui appartiennent à Mac Ëwen (3 morts accidentelles sur 835 ostéotomies), nous autorisent à la pratiquer plus souvent qu'on ne l'a fait jusqu'à présent. Le pansement de Lister nous
1. Mac Ewen, Ostéotomie, trad. A. Demoiis, Paris, Masson, 1S82»