‹ Fragments de chirurgie antiseptiqueChapitre 52 sur 95 · C. FRACTURES COMPLIQUÉES DES MEMBRES · texte numérisé non relu

C. FRACTURES COMPLIQUÉES DES MEMBRES

La gravité des fractures compliquées était telle, en général, il y a une dizaine d'années, que la plupart des chirurgiens avaient pour règle de pratiquer l'amputation primitive ou hâtive. Ceux qui retardaient le moment de Tintervention, voyaient succomber les trois quarts de leurs blessés. Ceux qui rejetaient l'amputation, les perdaient tous, ou peu s'en fallait. Sur ce point il ne saurait exister le moindre doute; sans pouvoir prouver par des chifiGres le bilan de la mortalité , à la suite de ces traumatismes, je rappellerai les faits présentés par Volkmann, au sixième congrès des chirurgiens allemands. Cet auteur rapporte qu'en 1872-1873 il tenta la conservation pourl6 cas de fractures compliquées de plaie et que 12 succombèrent rapidement à la pyohémie. Depuis l'introduction de la méthode antiseptique, non-seulement on conserve plus d'existences, mais encore de membres. C'est ainsi que le même chirurgien, sur une séhe de 75 fractures compliquées, observées sur 73 malades^ de 1873 à 1877, ne perdit pas un seul blessé. Ces chiffires, reproduits bien souvent, sont un des plaidoyers les plus éloquents en faveur de la méthode listérienne.

Sans être aussi imposante , ma statistique n'en offre pas moins on intérêt réel. Avant le Lister, j'ai traité 7 fractures com-

pliqnées, dont 5 suivies d'amputation avec succès*. Deux fois seulement j*ai pu conserver le membre ; mais j'ajoute que ces deux malades ont été traités en ville. Depuis le Lister je n'ai amputé que 2 malades pour fracture compliquée' (abstraction faite de deux blessés entrés au service pour fracture avec gangrène du membre inférieur'), et traité par la conservation 36 blessés, dont 13 fractures compliquées des membres et 23 ostéotomies (v. chap. précédent), tous soignés à Thôpital, dans un vieux bâtiment, qui ne brille certes ni par le confort, ni par Taménagement de ses salles et où naguère encore la pyohémie exerçait ses ravages d'une façon désastreuse.

Je ne m'étendrai pas sur les précautions à prendre pour le traitement de ces lésions. On trouvera tous les renseignements désirables dans l'excellent Manuel de chirurgie antiseptique de Lucas-Ghampionnière^

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