BRAS
Obs. GV. Fracture compliquée de Vhumérus, Guérison sous le Lister en trente jours, sous six pansements.
Birkel, Joseph, 12 ans, entre le 10 septembre 1881 an n« 4 de la salle 103.
Fracture compliquée de plaie du tiers moyen de l'humérus par une machine à battre, datant de quinze jours.
Plaie béante de 8 centimètres de longueur; bourgeons blafards, atoniqnes. Le fragment supérieur de la fracture fait issue au dehors, n est en partie nécrosé et a une étendue de 3 centimètres. Le fragment inférieur cheyauche sous le fragment supérieur. Faciès anémique, teint liyide; a eu des frissons le jour de son entrée, suivis d'une élévation de température à 39,2.
Le 12 septembre on élargit la plaie sous le spray et Ton résèque 5 centimètres dn bout supérieur, 2 du bout inférieur. Le périoste reste adhérent aux parties molles voisines. Écarteinent des deux fhigments après la résection = 7 centimètres. Tampon de mousse-* Une phéniquée déposée pendant vingt-quatre heures dans la plaie. Ni réunion , ni suture. Appareil plâtré circulaire et fenêtre.
Le 13. Temp. matin 38,9. Soir 39,9. Premier pansement.
Le 14. Temp. matin 38,5. Soir 38,9. Deuxième pansement Pas de pus.
Le 16. Temp. matin 38,3. Soir 38,6. Le malade se relève visiblement.
Le 17. Temp. matin 37. Soir 38.
' Le 18. Temp. matin 37. Soir 37,4. Troisième pansement: bourgeonnement actif. Presque pas de pus. A partir de ce jour la température reste normale.
Les pansements subséquents furent effectués le 22 , le 27 septembre et le 2 octobre. Guérison déûnitive le^lO octobre.
Consolidation le 25 suivant. L'appareil plâtré est supprimé. Exeat le 14. Raccourcissement = 4 centimètres. Mouyements parfaits.
Obs. CVI. Fracture compliquée oblique du tiers inférieur de rhumerus. Pansement antiseptique, Guérison au bout de deux mois après élimination de deux séquestres,
Y., Léon, 1 1 ans. Fracture oblique du tiers inférieur de rhuméms, causée par un quartier de rocher détaché d'un vieux château. Plaie de 2 centimètres de diamètre à la face interne du membre communiquant avec la fracture. Vastes plaies de la face dorsale et palmaire de Tavant-bras. Le blessé est traité en ville. Immobilisation difficile à cause des plaies de Tavant-bras. Pansement avec mousseline phéniquée préparée eztemporairement. Bande de tarlatane neuve servant de contention. Pansement renouvelé tous les six jours.
Au bout de cinq semaines on put appliquer un appareil plâtré circulaire. Consolidation trois semaines plus tard (août 1881).
En septembre , élimination de deux séquestres longs de 2 </, et 2 cent une très.
A partir de ce jour la cicatrisation se fit rapidement et trois semaines plus tard la guérison était définitive.
Obs. GVII. Fracture pénétrante de l'épicondyle. Tentatives de conservation. Résection tardive de l'extrémité inférieure de l'humérxu. Lister, Guérison. Ankylese partielle,
Robert Willenberg entre le 5 septembre 1881 au u^ 24 de la salle 103. Fracture verticale du condyle externe de l'humérus par coup de pioche. Le condyle et l'épicondyle sont compris dans un lambeau cutané , dont les bords sont irréguliers, déchiquetés et renversés de haut en bas. Articulation du coude largement béante; tête du radius visible au fond de la plaie. Je vois le blessé une heure et demie après l'accident et procède séance tenante à la désinfection de la plaie, au moyen de la solution forte; le lambeau est ramené dans sa position normale et suturé grosso modo à l'aide de quatre sutures entrecoupées. Drain. Attelle de bois excavée à angle droit, recouverte de ouate et de gutta-percha. Lister.
Jusqu'au 17 suivant la plaie ne fournit que peu de suppuration; mais à partir de cette époque, le lambeau s'étant en partie gangrené, la suppuration devint plus abondante. La température oscille entre 37,4 et 39,6.
Le 18. Contre-ouverture à la partie antérieure du bras, au niveaa du pli du coude. Drainage.
Le 20. Suppuration abondante, nécessitant nn pansement quoti^' dien. Temp. soir 39,4.
Le 23. Œdème dn i)ras et de Tayant-bras. Temp. soir 40. Le 5 octobre, la fièvre est toujours excessive; la température oscille entre 38,4 et 40,5 le soir. Imminence de phlegmon sur le dos de la main; la plaie granule vigoureusement.
Le 7. Ghloroformisation pour explorer les parties et faire , le cas échéant, la résection du fragment détaché. L'anesthésie obtenue, on constate dans Tintérieur de l'article de nombreuses fongosités; le condyle et Tépicondyle sont en voie de nécrose; Textrémité infé*^ rieure de l'humérus est cariée. La résection de cette extrémité est pratiquée séance tenamte. Excision des fongosités et du condyle détaché. Désinfection avec chlorure de zinc (solution </io). Drains. Incision du phlegmon du dos de la main. Lister. Attelle en bois ut tuprà.
Le 25 octobre. Â partir de cette époque la température reste normale. Le blessé se lève depuis quelques jours. Plaie en voie de cicatrisation. Pansement tous les quatre à cinq jours.
Le 5 novembre on supprime l'attelle; la guérison est à peu près effectuée.
Le 2 décembre. Mouvements excessivement limités; semi-ankylose à angiç droit.
Le 20 janvier. Les mouvements reviennent peu à peu. Le blessé iait le métier d'infirnorier dans le service. Électrisation du membre.
PSEUDARTHROSES.
La première opératioa de ce genre que j'ai pratiquée , a été publiée in Gazette médicale^ Strasbourg, 1877, n° 9. Je la résume très^sommairement ici:
Obs. CVIH. Pseudarihrose de Vhumérus consécutive à une fracture obliqua par coup de pied de cheval chez un homme de 3 1 ans, Mbridement du foyer : faisceau musculaire interposé entre les deux fragments osseux. Section de ce faisceau; avivement des fragments avec le ciseau et le maillet. Réunion des fragments à Faide d'une vis d'acier. Réunion, Drain. Lister. Gouttière plâtrée postérieure. Consolidation au bout de huit semaines.
Obs. GIX. Pseudarthrose du fémur {sus-condy tienne). Résection des fragments. Coaptation à l'aide d'une vis d'acier. Lister. Guérison au bout de soixante-onze jours. Raccourcissement de 4</s centiniètres,
Laurent fionmiensatt, de MUnster, 39 ans, entre le 10 février 1880 à la Maison de santé des diaconesses pour une fracture non consolidée du fémur, siégeant au-dessus des condyles et datant du 5 sep-
tembre 1879. Il eut à cette époque la cuisse prise entre un mur et la roue d'une Yoiture pesamment chargée. Il en résulta une fracture trôs-oblique de l'extrémité inférieure du fémur, située à deux travers de doigt au-dessus de la rotule, et compliquée d'une plaie située au côté interne du membre , dont la cicatrice mesure actuellement 5 centimètres. Hémorrhagie abondante lors de l'accident. La .plaie, d'après les renseignements fournis par notre confrère le docteur Dietz, ne communiquait pas directement avec le foyer de la fracture : elle fut pansée avec de l'alcool camphré et se cicatrisa au Ji)Out de trois semaines. La fracture fut traitée par l'extension continue pendant le même laps de temps; puis, pendant deux mois, par rimmobilisation au moyen d'un appareil plâtré. Au bout de ce temps, le blessé essaya de marcher avec des béquilles,. mais le moindre mouvement provoquait des douleurs , si bien qu'il dut se soumettre à une nouvelle immobilisation jusque dans les premiers jours de février. A cette époque, la consolidation ne s'étant pas effectuée et le fémur faisant une forte saUlie en dehors, le blessé me fut adressé.
État actuel. Émaciation considérable; teint cachectique. Le fragment supérieur du fémur, oblique de haut en bas et de dedans en dehors, fait sous la peau une saillie considérable, à deux travers de doigt au-dessus de la rotule; le fragment inférieur, constitué par les condyles fémoraux, est en partie ankylosé avec le genou; aussi la mobilité est-elle difQcilement constatée.
Opération le 18 février. Précautions antiseptiques habituelles. Bande d'Esmarch. Incision de 15 centimètres le long ûu/ascia lata, mettant la fracture à nu. La pointe du fragment supérieur e£fleure la face externe du condyle externe, qui se trouve excavée et rugueuse; entre les deux fragments on constate la présence d*an tissu fibreux dense, criant sous le scalpel; pas trace d'ossiflcation. Le fragment inférieur, constitué en grande partie par les condyles fémoraux, présente une saillie oblique, longue de 3 centimètres, dont la pointe est logée sous les muscles; après avoir bien dégagé les deux fragments, j'en résèque les pointes sur une étendue de 1 centimètre et enlève avec le ciseau et le maillet des copeaux sur toute leur longueur, de manière à les aviver bien régulièrement. Le tissu fibreux intermédiaire est excisé avec des ciseaux. Perforant ensuite ces fragments à l'aide d'un drill, je les maintiens en contact à l'aide d'une vis en acier. Désinfection du foyer avec solution forte. Suture des parties molles avec flls de soie phéniqués. Denx tubes à drainage allant jusqu'à l'os. Lister. Extension continue au moyen d'un poids de 2 kilos, portée le surlendemain à 6 kilos.