‹ Fragments de l'histoire de ma vie;Chapitre 135 sur 173 · LES CHANOINESSES DE MONS · texte numérisé non relu

LES CHANOINESSES DE MONS

républicaines de Vandernoot à qui elles fournissaient quarante hommes pour sa sotte croisade? Cette canaille à la tête de laquelle les Arenberg, les Ursel, les Mérode, les Lannoy, misérables révolutionnaires, n'avaient eu ni l'esprit ni le courage de se mettre, ayant été chassée, l'archiduchesse fit son entrée à Mons. Les chanoinesses n'illuminent pas, mais elles me font dire qu'elles ne l'osent pas, puisqu'elles n'ont pas illuminé pour la gouvernante générale.

Je donnai encore ce jour-là une f jte à tous les émigrés et émigrettes. J'envoyai des caporaux d'ordonnance au Chapitre les inviter de manière à faire croire à ces dames, en voyant ces ambassadeurs, qu'elles étaient moins priées d'y venir que commandées.

Si j'avais tué le comte Palfy, son fils, qui n'était pas au monde, n'aurait pas épousé ma chère Féfé.

Si j'avais tué un gros comte de Duras, sa fille pour la même raison, n'aurait pas épousé mon fils Louis (i). Mais ce second beau-père au lieu de s'y exposer, m'attendit à une porte par laquelle je l'avais vu sortir avec plaisir, l'ayant envoyé promener pour une petite insolence, m'offensa bien davantage (que par un malentendu qui nous avait un peu brouillés) (2), par ses joues collantes de sueur contre les miennes, que j'essuyai, en même temps qu'il essuyait les larmes de tendresse pour moi, qui coulaient de ses yeux.

(i) Louis épousa le 27 avril 1803, Louise van der Noot, comtesse DE Duras, baronne de Carloo.

(2) Dans S en marge : « que par un... brouillé ».

J'ai su plus de secrets, j'ai été mêlé même dans des affaires, fait des plans de campagne, ai été instruit de projets importants à vingt-cinq ans, que depuis l'âge où l'on pouvait et devait avoir confiance en moi. Mémoires, pièces intéressantes, des archives de la guerre et des bureaux de Versailles, correspondance de M, de Lacy avec l'impératrice et deux empereurs, celle de la première avec M. de Kaunitz qu'elle trahissait en l'envoyant à M. de Lacy, lettres du maréchal Daun, etc.

Celui-ci demanda à tous les généraux un plan de campagne. J'avais vu celui de Loudon qui était d'entrer en Silésie par le centre, celui de Lacy par la gauche. Je proposai d'entrer par la droite, dans le plan dont je fus chargé par O'Donnel (i), l'un des hommes les plus aimables que j'ai connus. — Faites ce que vous voulez, me dit-il, car aussi bien on ne suivra que celui de Lacy. Et moi je vas chez ma petite Augusta.

C'était une demoiselle de Hagen qui l'aimait à la folie malgré ses presque soixante ans. Ne voilà-t-il pas que le duc d'Arenberg me charge aussi de lui faire un plan pour la cour. — Faisons, me dis-je, du neuf. Je me suis bouché à moi-même par mon plan pour O'Donnel, la dernière des entrées en Silésie. Prenons la Saxe de revers et de longueur. Alons chercher l'aile gauche des Français à Halberstadt, allons avec eux faire le siège de Magdebourg, menaçons Berlin, faisons tomber Dresde,

(i) Charles, comte O'Donnel, 1715-1771.

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