‹ Fragments de l'histoire de ma vie;Chapitre 143 sur 173 · SOUPERS CHARMANTS · texte numérisé non relu

SOUPERS CHARMANTS

goût, de tous les états, chez Mlles Arnould, Guimard, Julie et Dervieux (i).

Quels soupers eunuyeux chez les filles comme Mlles Duthé et autres qui faisaient tant les précieuses que je leur dis que j'avais un trop mauvais ton pour m'absenter quelquefois de la bonne compagnie.

Quels soupers de femmes jolies et charmantes et heureusement pour moi d'hommes maussades, dans la société de Mme de La Galissonnière où je passai un hiver. Quels soupers mêlés d'esprit, de ton provincial et de mauvais goût dans la société d'une petite Mme de Jaucourt, quoique ce fût au milieu de Paris et que ce fût un foyer d'épigrammes très bien faites et de chansons contre tout le monde.

Quelle société de bien parler et mal agir que celle de ]\Ime ... (2) dont je crois encore qu'on a augmenté les torts. Rien n'était plus joli et plus aimable qu'elle. Quelle charmante société que celle des Brochettes! On appelait ainsi sept ou huit des plus aimables femmes qui ne se quittaient pas.

(i) Mélanges, t. XVII, p. 30 : « Ceux qui soupaient chez Mlle Arnould et IMlle Julie dont pendant quelque temps les maisons étaient agréables et de bonne compagnie, étaient aimables : le chevalier de Beauveau, le chevalier de Luxembourg, le comte de Coigny, Louis de Narbonne, MM. de Ségur, M. de Voyer, le chevalier de Bouflers, Conflans même, M. le duc d'Orléans jadis, etc. »

Madeleine-Sophie Arnould, 1744-1803. Annales, t. VIII, p. 2-6.- Mélanges, t. XXVII, p. 32-33.

Marie-Madeleine Guimard, dame Despréaux, 1 743-1 81 6.

Mlle Dervieux amie de la Raucourt, épousa l'architecte Bélanger. Voir Annales, t. VIII, p. 2.

Rosalie DuTHÉ, 1 752-1 820.

(2) Nom raturé et rendu illisible.

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