‹ Fragments de l'histoire religieuse et civile de la Paroisse de Saint-Nicolas [microforme]Chapitre 12 sur 85 · ALEXIS DEMERS · texte numérisé non relu

ALEXIS DEMERS

au Séminaire de Québec, il alla suivre ses cours à Montréal, avec la protection et sous la direction de son autre oncle, le père Louis (Jean Demers) qui, en mil-sept-cent-quatre-vingt-neuf, était Supérieur des Récollets et qui fut le dernier prêtre de cet ordre au Canada.

Ses études classiques terminées, M. Demers, qui aimait passionnément les sciences exactes, se sentit du goût pour le génie civil et l'arpentage ; mais, après quelque temps, il abandonna cette carrière pour embrasser l’état ecclésiastique. Coïncidence assez bizarre, pendant qu'il étudiait ainsi le génie civi', son frère Jean-Baptiste portait la soutane, et lorsqu'il revêtit, à son tour, l'habit ecclésiastique, ce même frère s’en dépouilla pour devenir arpenteur, profession qu'il exerça à Saint-Nicolas, pendant de longues années. :

Après un an et demi d’études théologiques, changeant d'idée, le jeune Jérôme Demers quitta sa robe de clerc pour entrer dans le monde.

Il revint donc chez son père.

Celui-ci, avec cette énergie froide mais résolue

qu’il communiqua à son fils, lui dit en le voyant : “C’estbien,monfils, puisque la Providence ne t'appelle pas au sacerdoce, tu feras toujours un bon citoyen. Nous allons commencer à préparer des défrichements pourle printemps prochain.” Alors, prenant une hache, il la lui donna et l’envoya couper du bois. Au bout de sept jours et demi, M. Demers vit que sa première vocation était bien celle à laquelle Dieu l’appelait. Il retourna au Séminaire et ne revint à St-Nicolas qu'une seule fois, dit-on : ce fut pour les funérailles de son père. Il fut ordonné prêtre le vingt-quatre août mil-sept-cent-quatre-vingt-dix-huit, et s’agrégea au Séminaire de Québec, un an après.

Le 10 août mil-huit-cent, il en devenait ie directeur ; en mil-huit-cent-cinq, procureur pour la première fois ; en mil-huit-cent-quinze, supérieur pour la première fois ; en mil-huit-centvingt-et-un, procureur pour la seconde fois ; en mil-huit-cent-vingt-quatre, supérieur pour la seconde fois ; en mil-huit-cent-vingt-cinq, Vicaire- Général ; en mil-huit-cent-trente-six, supérieur pour la troisième fois. Conférendaire, de mil huit-cent-quarante-deux à quarante-neuf, pen-

dant sept ans ; et membre du Conseil de l’Evêque en mil-huit-cent-cinquante. Il fut professeur de sciences et de philosophie pendant un très grand nombre d'années. Il décéda le dix-sept mai mil-huit-cent-cinquante-trois, à l’âge de soixantedix-huit ans, et fut inhumé dans la chapelle du Séminaire.

Le vingt-huit février,mil-huit-cent-trente-sept, il avait été nommé, par Mgr Signay, membre du Conseil de l'Association de la Propagation de la Foi qui eut pour son premier Président, l’hon. M. le Juge Panet, et comme Vice-Président, René Edouard Caron, plus tard Lieutenant-Gouverneur de la Province de Québec.

Voulant être oublié après sa mort, jamais il ne consentit à laisser prendre son portrait. Son désir n’a été que trop bien réalisé. M. Casault, le premier Recteur de l'Université Laval, n’a pas permis que l’on reproduisît un portrait pris secrètement par le peintre Ant. Plamondon. Il fallait, disait-il, respecter la volonté d’un homme comme M. Demers. En outre une biogr«phie par Mgr Cyrille Légaré a péri dans l’incendie du Séminaire en 1865, lorsqu'elle était à peu

près terminée. C’est une perte irréparable. Dans la préparation de cet ouvrage, l'illustre professeur de belles-lettres avait réuni, avec ce goût littéraire et délicat qui le distinguait à un dégré si éminent, tout ce que son esprit de discernement avait pu découvrir sur M. Demers, ainsi que sur l'abbé Holmes. Il avait même obtenu une lettre importante de Louis Joseph Papineau.

Tout a disparu, et nous sommes aujourd’hui plus pauvres en documents que si ce premier travail de collection de matériaux n'avait pas été fait.

Faute de ces renseignements quasi indispensables, il nous a fallu recourir aux sources naturelles de l’histoire, interroger ceux qui ont été à même de le connaître dans les dernières années de sa vie, consulter la tradition, et étudier son caractère et ses facultés intellectuelles à la pâle lueur de ses livres, seules traces vivantes que ce prêtre si érudit, que cet homme de génie, nous a léguées.

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