‹ Fragments de l'histoire religieuse et civile de la Paroisse de Saint-Nicolas [microforme]Chapitre 26 sur 85 · APPRÉCIATION DES JOURNAUX · texte numérisé non relu

APPRÉCIATION DES JOURNAUX

“Il y a onze mois à peine, la mort enlevait au Séminaire de Québec un de ses membres, le regretté M. Holmes; aujourd'hui nous avons la douleur d'annoncer le décès de M. Jérôme Demers, Grand-Vicaire de l’Archidiocèse et ancien Supérieur de cette maison. Il a rendu son dernier soupir le 17 mai, à 8 h. 20 m. du soir, dans la 79e année de son âge, après une maladie, ou plutôt une agonie de 10 jours.

“ M. Demers naquit à St-Nicolas le ler août 1774. Son père était un respectable cultivateur qui se distingua par sa fidélité au Gouvernement britannique pendant l'invasion américaine. Arnold voulut le faire arrêter dans sa maison, mais les habitants des environs accoururent pour défendre leur compatriote ; de là des scènes de vio- Jence dont le souvenir resta toujours vivant dans

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la mémoire de M. le Grand-Vicaire Demers, quoiqu'il n'eût alors guère plus d'un an.

“ Aprèsavoir fait ses classes jusqu’en cinquième au Séminaire de Québec, il alla continuer ses études au couvent des Récollets à Montréal sous un de ses oncles et fit ses mathématiques sous M. Bossu, plus tard, prêtre du Séminaire de Québec. Il revint en 1795, étudia quelque temps l’arpentage sous M. Jeremiah McCarthy ; mais Dieu l'appelant à l'état ecclésiastique, il entra bientôt au Grand Séminaire. Ordonné prêtre le 24 août 1798, il se consacra tout entier à la belle et utile œuvre de l'instruction de la jeunesse dans le Séminaire de Québec. Il fut agrégé le 11 août 1799, et nommé directeur le 10 août 1800,

“ Pendant les 55 années qu'il a passées dans cette maison, il a presque constamment prufessé soit la Théologie, soit les Humanités ou la Philosophie, à l'exception des quelques dernières années de sa vie, durant lesquelles ses infirmités le condamnèrent à un repos plus cruel pour lui que ses infirmités elles-mêmes. Le clergé et la société entière comptent dans leurs rangs une

foule de ses anciens élèves qui ont toujours conservé pour lui la plus profonde estime. Nous ne doutons point que la nouvelle de sa mort ne leur cause la plus profonde affliction ; car en même temps qu'il leur faisait part de sa science, il gagnait leur affection par la douceur de son caractère. Sévère envers, lui-même, rigide observateur de la règle, il savait la faire observer par la seule influence de son exemple et de son autorité.

“ Outre cela, il a rempli diverses charges de la maison ; il a été supérieur pendant dix-huit ans : procureur, neuf ans; directeur du Petit-Sémi-

naire, six ans ; et directeur du Grand-Séminaire en mil huit cent quatre.

“C'est au milieu de ces nombreuses occupations qu'il a rédigé une quantité prodigieuse d'écrits pour l'usage de ses élèves du Grand et du Petit- Séminaire. Son traité de Physique et de Chimie serait sans doute, aujourd’hui, en arrière des connaissances actuelles; meis ce n'était pas moins, dans son temps, un résumé complet et fidèle de ce que la science possédait alors. On ne se figure point les difficultés qu'il eut à surmon-

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ter pour approfondir une science dans laquelle il fut à peu près son unique maître, à une époque où les instruments de physique n'éxistaient pour le Canada que dans des livres très rares. La belle collection d'instruments de fabrique européenne, que possède aujourd'hui le Séminaire, a remplacé ceux que M. Demers avait faits et souvent imaginés, afin que ses chers élèves ne fussent pas privés des avantages que procure toujours une suite régulière d'expériences.

“ Ses talents supérieurs, joints à une constitution robuste qui lui permettait un travail prolongé, le mirent en état d'approfondir, outre les sciences naturelles, les Mathématiques, la Philosophie et la Théologie. Il n’a pas peu contribué à répandre en Canada le goût de la belle architecture, et le grand nombre d’églises, au plan et à la décoration desquelles il a prêté le secours de ses conseils, attestent par leur élégance et leur régularité combien son goût était sûr et éclairé. La sculpture et la peinture lui doivent aussi plusieursde nos meilleurs artistes qu’il a encouragés et assistés,

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