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a joui constarnment de la confiance des fidèles, du clergé et de nos vénérables prélats. Les premiers recouraient en foule à son ministère ; le clergé le regardait comme un père et le consultait comme un oracle ; depuis le 7 juin 1825, M. Demers n’a pas cessé d’être honoré du titre de Vicaire-Général. A ia mort de Mgr Plessis et à celle de Mgr Panet, les suffrages unanimes du peuple et du clergé le désignèrent comme coadjuteur, mais sa modestie opposa toujours un obstacle invincible à son élévation sur le siège épiscopal.
“ Dans les dernières années, on ne pouvait s’empêcher d'admirer la piété et le zèle de ce vénérable vieillard qui se ti'aïnait péniblement plusieurs fois par jour à la chapelle, tant que ses forces le lui ont permis, pour célébrer les saints mystères ou y entendre des confessions.
“Dans son agonie, quoiqu'il souffrait beaucoup, jamais, dansiles intervalles de connaissance, il n’a donné le moindre signe d’impatience. En recevant les derniers Sacrements, il se joignit autant qu'il put aux prières des assistants et de l'Eglise.
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“ On se rappelle encore avec quelle éloquence il faisait autrefois entendre la parole de Dieu dans la chaire de vérité, cette voix puissante, ce geste noble et expressif, ces images saisissantes et cette science profonde qui savait s’accommoder à la portée des moins savants.
“Le nom du vénérable M. Jérôme Demers passera donc à la posterité parmi ceux dont la vie tout entière se résume en deux mots : Pertransiit
benefaciendo.” R. I P.
(Du Canadien, 20 mai 1853.)
Après avoir reproduit l’article que nous venons de lire, le Journal de Québec (sans doute Cauchon) ajoute :
“ Il n’était pas besoin de cette notice biographique pour apprendre aux citoyens de Québec qu'en perdant le vénérable M. Jérôme Demers, ils perdent un prêtre distingué et un grand citoyen. Ils savent depuis longtemps que par sa science, ses travaux remarquables, ses services éminents et par une vie exemplaire, le regretté défunt a conquis une place élevée dans l’histoire
du pays,
“ Nous aimons à croire que les citoyens de Québec sauront rendre hommage à la mémoire de M. Demers en assistant en grand nombre à ses funérailles.”
Puis, deux jours après, le même journal écrivait :
“ Hier matin, l’on déposait dans les voûtes de la chapelle du Séminaire le corps de Messire le Vicaire-Général Demers.
“ Sa Grâce Monseigneur l’Archevêque officiait entouré d’un nombreux clergé, et les élèves du Séminaire témoignaient, par leurs chants lugubres, du regret qui suivait dans la tombe un homme aussi bon, aussi vénérable.
“ L'assistance des citoyens, pour lesquels le défunt a tant fait de toutes manières, n'était pas aussi nombreuse qu'elle eût dû l’être, bien qu'elle
se composait d’une grande partie de nos hommes d'élite.”
Voici maintenant ce qu'on lit dans l’Abeulle du 24 mai 1853 :
“ Jeudi dernier, nous annoncions la mort du
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Rvd M. Demers, Vicaire-Général et prêtre du Séminaire de Québec. Mr Demers est un de ces hommes dont la vie n’a été qu'un bienfait continuel, et qui, pouvant briller sur le théâtre du monde par leur science et leurs talents, se renferment dans les murs étroits d’un collège pour se consacrer à l'éducation du jeune âge. Qui pourrait dire ce qu’il y a de noble et de sublime dans ce dévruement du prêtre catholique? Vie d'abnégation et de sacrifice que le monde connait bien peu ou du moins semble peu connaître.
“ Pendant sa longue carrière de professeur, M. Demers a pu compter au nombre de ses disciples les hommes qui occupent aujourd’hui les premières places tant dans le monde civil que dans le monde religieux. On peut dire sans exagération qu'il est l’homme de son siècle: sa renommée comme savant est répandue dans tout le Canada, non seulement dans les villes, mais encore äans les campagnes. Qui de nous en effet n'a pas entendu nos bons villageois parler de l’homme qui lit dans les astres ?
“La mort, qui ne respecte ni les talents ni la vertu, est venue nous l’enlever, En vain l’art des mé-
decins a-t-il voulu lutter contre la maladie : contre la vieillesse, il n’y a point de remède...
“ Vendredi, Mgr l’Archevêque a chanté le services et fait les absoutes au milieu d’un nombreux clergé. Le corps a été déposé dans le caveau de la chapelle, du côté de l'epître.’
Lorsqu'il s’est agi de donner un nom à la maison du Séminaire à la Canardière, une personne de la ville, un peu surprise du choix de Maizerets, nom ignoré ou à peine connu du plus grand nombre, dit avec un petit grain de malice : “ Monsieur de Maizcrets ! c'était un grand homme, car il a été cinquante ans prêtre du Séminaire ! ”
Si le fait seul d’avoir été cinquante ans membre du Séminaire ne donne pas toujours droit au titre de grand homme; on peut dire du moins, sans crainte d'être contredit, qu'un prêtre qui, comme M. Demers a su, pendant cinquantecinq ans de dévoûment et de sacrifice consacrés à l'œuvre de cette maison, opérer de si grandes choses, Vaincre des difficultés incroyables, pour créer avec succès des moyens